Skip to content
Les drones Shahed russes désormais pilotés via Starlink : le cauchemar technologique que l’Ukraine redoutait vient de se matérialiser
Crédit: Adobe Stock

Du Shahed basique à l’arme intelligente guidée par satellite

Pour comprendre l’ampleur du changement, il faut revenir à ce qu’était le Shahed-136 à l’origine. Un drone iranien relativement simple. Un moteur, une charge explosive, un système de navigation par GPS, et un bruit caractéristique — ce bourdonnement grave et menaçant que les Ukrainiens ont appris à reconnaître dans la nuit. Le drone volait vers des coordonnées préprogrammées et s’écrasait sur sa cible. Pas de guidage en temps réel. Pas de possibilité de correction en vol. Une arme redoutable par son nombre et son coût réduit, mais prévisible. Les défenses ukrainiennes avaient appris à l’intercepter. Les hélicoptères armés de mitrailleuses lourdes s’étaient révélés particulièrement efficaces contre ces cibles lentes volant à basse altitude.

L’intégration de Starlink change tout. Avec une connexion satellite à haut débit, le Shahed devient un drone de reconnaissance et de frappe piloté en temps réel. L’opérateur, confortablement installé en territoire russe, voit ce que voit le drone grâce à une caméra embarquée. Il peut ajuster la trajectoire, sélectionner sa cible dynamiquement, contourner les défenses repérées, et frapper avec une précision chirurgicale. Plus question de viser des coordonnées fixes. Le drone peut désormais poursuivre des cibles mobiles. Comme ces hélicoptères près de Kropyvnytskyi. Comme n’importe quel véhicule militaire ukrainien. Comme n’importe quel soldat isolé dans une tranchée. Le Shahed n’est plus un missile guidé par inertie. C’est devenu un prédateur intelligent avec des yeux partout et un cerveau à des milliers de kilomètres.

Ce qui me frappe, c’est la rapidité de cette évolution. Il y a à peine quelques mois, on parlait de terminaux Starlink trouvés sur des drones de reconnaissance russes. On se rassurait en se disant que c’était expérimental, improvisé, limité. Et puis les images sont arrivées : des terminaux attachés avec des attaches de câble en plastique sur des drones Molniya. Artisanal, bricolé, presque amateur. Aujourd’hui, selon Beskrestnov, l’intégration est devenue standard. La Russie a industrialisé le processus. Elle a transformé une improvisation de terrain en capacité opérationnelle.

L’immunité face à la guerre électronique ukrainienne

Le problème majeur, celui qui donne des sueurs froides aux stratèges ukrainiens, c’est l’immunité au brouillage électronique. Depuis le début de la guerre des drones, l’Ukraine a massivement investi dans la guerre électronique. Des systèmes capables de brouiller les fréquences radio utilisées pour contrôler les drones, de perturber les signaux GPS, de rendre aveugle et sourd l’ennemi technologique. Ces systèmes ont prouvé leur efficacité contre les drones FPV classiques, dont la portée est limitée par les ondes radio conventionnelles. Mais Starlink ? C’est une autre histoire. La liaison satellite, par nature, contourne les dispositifs de brouillage terrestres. Le signal vient de l’espace. Il est crypté, à large bande passante, et pratiquement impossible à intercepter ou à perturber avec les moyens actuels.

Beskrestnov l’a dit sans détour : les drones équipés de Starlink ne sont pas susceptibles d’être neutralisés par la guerre électronique. Ils frappent leur cible avec précision sous le contrôle d’un opérateur situé en Russie. C’est un avantage asymétrique considérable. L’Ukraine avait réussi à établir une forme d’équilibre dans la guerre des drones en développant ses capacités de brouillage. Cet équilibre vient d’être rompu. Les Shaheds sur Starlink représentent une nouvelle classe de menace contre laquelle les contre-mesures existantes sont inefficaces. Il faudra développer de nouvelles solutions, de nouvelles technologies, de nouvelles tactiques. Et cela prendra du temps. Du temps pendant lequel des soldats ukrainiens mourront sous les frappes de drones qu’ils ne peuvent plus neutraliser.

Sources

Sources primaires

Ukrainska Pravda – « Russians begin using Shahed drones operated via Starlink, says expert » – 25 janvier 2026
Telegram de Serhii Beskrestnov (Flash) – Publication sur les Shaheds Starlink – 25 janvier 2026
Ukrinform – « Fedorov appoints tech blogger Serhii ‘Flash’ Beskrestnov as advisor » – 25 janvier 2026
SpaceX – Déclarations officielles sur l’usage de Starlink en Russie – 2024-2026

Sources secondaires

Kyiv Post – « More Russian Drones Spotted with Starlink » – 12 janvier 2026
Defense Express – « Russia Equipped Shahed-136 with Starlink » – septembre 2024
Defence Blog – « Russia equips kamikaze drones with Starlink » – 15 décembre 2025
Militarnyi – « Russians Install Starlink on BM-35 Kamikaze Drone » – 16 janvier 2026
MIT Technology Review – « Meet the radio-obsessed civilian shaping Ukraine’s drone defense » – septembre 2024
Newsweek – « Ukraine Discovers Starlink on Downed Russian Shahed Drone » – 29 septembre 2024
Critical Threats / ISW – Russian Offensive Campaign Assessments – janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu