Du Shahed basique à l’arme intelligente guidée par satellite
Pour comprendre l’ampleur du changement, il faut revenir à ce qu’était le Shahed-136 à l’origine. Un drone iranien relativement simple. Un moteur, une charge explosive, un système de navigation par GPS, et un bruit caractéristique — ce bourdonnement grave et menaçant que les Ukrainiens ont appris à reconnaître dans la nuit. Le drone volait vers des coordonnées préprogrammées et s’écrasait sur sa cible. Pas de guidage en temps réel. Pas de possibilité de correction en vol. Une arme redoutable par son nombre et son coût réduit, mais prévisible. Les défenses ukrainiennes avaient appris à l’intercepter. Les hélicoptères armés de mitrailleuses lourdes s’étaient révélés particulièrement efficaces contre ces cibles lentes volant à basse altitude.
L’intégration de Starlink change tout. Avec une connexion satellite à haut débit, le Shahed devient un drone de reconnaissance et de frappe piloté en temps réel. L’opérateur, confortablement installé en territoire russe, voit ce que voit le drone grâce à une caméra embarquée. Il peut ajuster la trajectoire, sélectionner sa cible dynamiquement, contourner les défenses repérées, et frapper avec une précision chirurgicale. Plus question de viser des coordonnées fixes. Le drone peut désormais poursuivre des cibles mobiles. Comme ces hélicoptères près de Kropyvnytskyi. Comme n’importe quel véhicule militaire ukrainien. Comme n’importe quel soldat isolé dans une tranchée. Le Shahed n’est plus un missile guidé par inertie. C’est devenu un prédateur intelligent avec des yeux partout et un cerveau à des milliers de kilomètres.
Ce qui me frappe, c’est la rapidité de cette évolution. Il y a à peine quelques mois, on parlait de terminaux Starlink trouvés sur des drones de reconnaissance russes. On se rassurait en se disant que c’était expérimental, improvisé, limité. Et puis les images sont arrivées : des terminaux attachés avec des attaches de câble en plastique sur des drones Molniya. Artisanal, bricolé, presque amateur. Aujourd’hui, selon Beskrestnov, l’intégration est devenue standard. La Russie a industrialisé le processus. Elle a transformé une improvisation de terrain en capacité opérationnelle.
L’immunité face à la guerre électronique ukrainienne
Le problème majeur, celui qui donne des sueurs froides aux stratèges ukrainiens, c’est l’immunité au brouillage électronique. Depuis le début de la guerre des drones, l’Ukraine a massivement investi dans la guerre électronique. Des systèmes capables de brouiller les fréquences radio utilisées pour contrôler les drones, de perturber les signaux GPS, de rendre aveugle et sourd l’ennemi technologique. Ces systèmes ont prouvé leur efficacité contre les drones FPV classiques, dont la portée est limitée par les ondes radio conventionnelles. Mais Starlink ? C’est une autre histoire. La liaison satellite, par nature, contourne les dispositifs de brouillage terrestres. Le signal vient de l’espace. Il est crypté, à large bande passante, et pratiquement impossible à intercepter ou à perturber avec les moyens actuels.
Beskrestnov l’a dit sans détour : les drones équipés de Starlink ne sont pas susceptibles d’être neutralisés par la guerre électronique. Ils frappent leur cible avec précision sous le contrôle d’un opérateur situé en Russie. C’est un avantage asymétrique considérable. L’Ukraine avait réussi à établir une forme d’équilibre dans la guerre des drones en développant ses capacités de brouillage. Cet équilibre vient d’être rompu. Les Shaheds sur Starlink représentent une nouvelle classe de menace contre laquelle les contre-mesures existantes sont inefficaces. Il faudra développer de nouvelles solutions, de nouvelles technologies, de nouvelles tactiques. Et cela prendra du temps. Du temps pendant lequel des soldats ukrainiens mourront sous les frappes de drones qu’ils ne peuvent plus neutraliser.
Le paradoxe Starlink : l'arme à double tranchant
Comment la Russie a mis la main sur la technologie américaine
SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, a toujours nié vendre des terminaux Starlink à la Russie. La position officielle est claire : le service n’est pas actif en territoire russe, aucun équipement n’a été expédié vers ce pays, et si des magasins russes prétendent vendre Starlink, ils escroquent leurs clients. La réalité du terrain raconte une autre histoire. Dès février 2024, les services de renseignement ukrainiens signalaient un usage systémique de Starlink par les forces russes le long de la ligne de front. Les terminaux arrivent par des pays tiers, achetés sur le marché gris, revendus à prix d’or. Le Pentagone lui-même a reconnu le problème et travaille avec SpaceX pour tenter de désactiver les terminaux utilisés illégalement. Mais malgré ces efforts, les drones russes continuent de voler avec Starlink à leur bord.
En mai 2024, John Plumb, alors secrétaire adjoint à la Défense pour la politique spatiale au Pentagone, annonçait que l’usage russe de Starlink avait été contré avec succès. Cette déclaration optimiste n’a pas résisté à l’épreuve des faits. Les mois suivants ont vu une multiplication des observations de terminaux Starlink sur des drones russes. D’abord sur les Molniya. Puis sur les BM-35. Et maintenant sur les Shaheds. Chaque fois, les experts ukrainiens documentent, alertent, avertissent. Chaque fois, la réponse arrive trop tard. Le problème structurel est évident : SpaceX ne peut pas facilement désactiver des terminaux sans affecter aussi les utilisateurs légitimes ukrainiens. Et la Russie l’a bien compris. Elle a trouvé une faille dans le système et l’exploite méthodiquement.
Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cette situation. D’un côté, Starlink a été présenté comme le sauveur des communications ukrainiennes. Zelensky lui-même a remercié publiquement Musk. Des dizaines de milliers de terminaux ont été envoyés pour maintenir l’Ukraine connectée malgré les destructions russes. De l’autre côté, cette même technologie permet désormais à la Russie de frapper avec une précision accrue des cibles ukrainiennes. On ne peut pas ignorer ce paradoxe. La question qui me hante : était-ce évitable ? Quelqu’un, quelque part, aurait-il pu anticiper et empêcher cette dérive ?
Les restrictions de SpaceX et leurs limites
La position de SpaceX sur l’usage militaire de Starlink a toujours été ambiguë. En février 2023, Gwynne Shotwell, présidente de l’entreprise, déclarait que Starlink n’avait jamais été conçu pour être weaponisé. L’entreprise a pris des mesures pour limiter la capacité de l’Ukraine à utiliser le service pour contrôler des drones offensifs. Elon Musk lui-même a refusé d’activer Starlink au-dessus de la Crimée lors d’une attaque ukrainienne planifiée contre la flotte russe de Sébastopol en 2023. Sa justification : ne pas être complice d’un acte de guerre majeur et d’une escalade du conflit. Une décision qui a provoqué la fureur de Kyiv et que beaucoup considèrent comme ayant permis à la flotte russe de continuer à bombarder les villes ukrainiennes avec des missiles Kalibr.
L’ironie cruelle de l’histoire, c’est que cette prudence à l’égard de l’Ukraine n’a pas empêché la Russie de s’approprier la technologie. Musk a refusé d’aider l’Ukraine à frapper la flotte russe, invoquant le risque d’escalade. Mais les drones Shaheds équipés de Starlink frappent désormais l’Ukraine, et personne ne semble capable de les arrêter. Les restrictions imposées par SpaceX n’ont affecté qu’un seul camp : celui qui se défend contre une invasion. Le camp qui attaque a trouvé le moyen de contourner toutes les limitations. Cette asymétrie est difficile à accepter. Elle pose des questions fondamentales sur le rôle des entreprises technologiques dans les conflits armés, sur leur responsabilité, sur les limites de leur neutralité prétendue.
Les implications tactiques et stratégiques
Une portée de frappe étendue à 2000 kilomètres
Le Shahed-136 possède une autonomie de vol d’environ 2000 kilomètres. Sans liaison satellite, cette portée était limitée par la nécessité de préprogrammer une trajectoire et une cible fixes. Avec Starlink, cette contrainte disparaît. Un opérateur en Russie peut suivre et guider un Shahed sur toute la distance de son vol, du décollage à l’impact. Cela signifie que n’importe quel point du territoire ukrainien peut être atteint par un drone piloté en temps réel, capable d’ajuster sa course, d’éviter les défenses, et de sélectionner sa cible au dernier moment. La menace ne se limite plus aux zones proches de la ligne de front. Elle s’étend à l’ensemble du pays. Lviv. Odessa. Kyiv. Aucune ville n’est à l’abri.
Les analystes de Defense Express, un média militaire ukrainien, soulignent les implications en matière de renseignement. Un Shahed équipé d’une caméra et d’une liaison Starlink devient un outil de reconnaissance à longue portée capable de transmettre des images en temps réel. Il peut repérer les positions de la défense antiaérienne ukrainienne, identifier des cibles d’opportunité, guider d’autres frappes. La transformation est profonde. Le drone kamikaze stupide devient un système de surveillance et de frappe intégré. Et la Russie, qui coopère non seulement avec l’Iran mais aussi avec d’autres États et groupes, pourrait partager cette technologie. Les implications dépassent le conflit ukrainien. Elles concernent la sécurité internationale.
Je repense à ces images de drones Shahed survolant Kyiv la nuit, leurs silhouettes sombres se découpant contre le ciel éclairé par les explosions. Des dizaines, parfois des centaines dans une seule nuit. L’Ukraine a appris à les abattre, à les traquer, à les intercepter. Elle a développé des systèmes de défense, des drones intercepteurs, des équipes de chasseurs de Shaheds. Et maintenant, la règle du jeu change. Ces mêmes drones pourraient bientôt esquiver les intercepteurs, contourner les positions de défense, frapper là où on ne les attend pas. La guerre des drones entre dans une nouvelle phase, et l’Ukraine n’est pas prête.
Les hélicoptères chasseurs de drones menacés
L’attaque près de Kropyvnytskyi visait spécifiquement des hélicoptères. Ce n’est pas un hasard. Depuis le début des attaques massives de Shaheds, l’Ukraine a déployé des hélicoptères Mi-8 et Mi-24 armés de mitrailleuses lourdes pour intercepter ces drones à basse altitude. Une tactique efficace contre des cibles lentes et prévisibles. Les pilotes ukrainiens ont abattu des centaines de Shaheds de cette manière, devenant des héros de la défense aérienne. Mais cette exposition les rendait vulnérables à une contre-attaque. La Russie l’a compris. Elle a développé des variantes de Shaheds équipées de missiles antiaériens Igla ou Verba, transformant les chasseurs en proies. L’ajout de Starlink aggrave encore le danger : un opérateur peut désormais identifier un hélicoptère approchant et déclencher une frappe ciblée.
Le 4 janvier 2026, les forces ukrainiennes ont abattu un Geran-2 équipé d’un système de défense aérienne portatif. Une première qui confirmait les craintes des analystes. Les Shaheds ne sont plus seulement des munitions rôdeuses offensives. Ils deviennent des pièges aériens. Beskrestnov lui-même a noté que la Russie avait expérimenté avec des missiles R-60 air-air avant de se tourner vers les Igla et Verba, plus légers et plus faciles à intégrer. La combinaison d’un guidage satellite via Starlink et d’une capacité d’auto-défense antiaérienne transforme le Shahed en une plateforme redoutablement polyvalente. Les pilotes d’hélicoptères ukrainiens, ces hommes et ces femmes qui risquaient déjà leur vie pour protéger leur pays, font maintenant face à un danger exponentiellement accru.
La réponse ukrainienne et les défis à venir
Beskrestnov, l’homme qui avait prévenu
Serhii Beskrestnov n’est pas un inconnu dans les cercles de défense ukrainiens. Cet expert en communications radio et en guerre électronique a créé, au début de l’invasion, un canal Signal rassemblant des spécialistes militaires et civils pour échanger sur les problèmes techniques de la guerre moderne. Son groupe, Military Signalmen, est devenu une ressource précieuse pour les soldats sur le terrain, confrontés à des défis technologiques complexes. Flash, comme on le surnomme, parcourt la ligne de front dans son van noir équipé d’antennes, analysant les signaux ennemis, documentant les nouvelles menaces, partageant ses découvertes avec plus de 127 000 abonnés sur les réseaux sociaux. Il est à la fois chercheur, lanceur d’alerte et conseiller informel des forces armées.
Sa nomination officielle comme conseiller du ministre de la Défense Mykhailo Fedorov est une reconnaissance de son expertise et de son travail. Mais elle arrive dans un contexte difficile. Les avertissements de Beskrestnov sur l’usage de Starlink par la Russie n’ont pas été suffisamment pris en compte. Le problème a été minimisé, ignoré, parfois nié. Et maintenant, l’Ukraine fait face à une menace qu’elle aurait pu anticiper et préparer. Le nouvel conseiller ne mâche pas ses mots : l’Ukraine a besoin de solutions proactives, pas de réactions tardives. Son équipe devra travailler d’arrache-pied pour rattraper le retard. La question est de savoir si le temps accordé sera suffisant.
Est-ce que quelqu’un m’a écouté ? Non. Ces mots de Beskrestnov résonnent comme un constat d’échec collectif. Pas le sien. Celui d’un système qui n’a pas su entendre les alertes, qui n’a pas voulu voir la menace émerger. On peut accuser la bureaucratie, la lenteur institutionnelle, les rivalités internes. Mais au final, ce sont des soldats qui paient le prix. Des pilotes d’hélicoptères qui décollent sans savoir si leur prochaine mission sera leur dernière. Des équipes de défense antiaérienne qui voient leurs contre-mesures devenir obsolètes. Je ne peux pas m’empêcher de penser : combien d’autres avertissements sont ignorés en ce moment même ?
Les pistes pour contrer la menace
Face à cette nouvelle menace, l’Ukraine n’est pas totalement démunie. Mais les solutions disponibles sont imparfaites et demanderont du temps. La première piste est la coopération avec SpaceX pour identifier et désactiver les terminaux utilisés par la Russie. Les Ukrainiens ont proposé des algorithmes de détection et travaillent avec l’entreprise américaine pour cibler les usages illicites. Mais cette approche se heurte à des obstacles techniques : comment distinguer un terminal russe d’un terminal ukrainien dans une zone de combat ? Comment désactiver sélectivement sans perturber les communications alliées ? Les résultats jusqu’ici ont été décevants. La Russie continue d’opérer ses drones malgré les efforts de blocage.
Une deuxième piste est le développement de nouvelles contre-mesures électroniques capables de perturber les liaisons satellites. Un défi technologique considérable qui nécessiterait des investissements massifs et un temps de développement important. L’Ukraine peut compter sur l’aide de ses alliés occidentaux dans ce domaine, mais les solutions ne sont pas disponibles à court terme. En attendant, l’accent est mis sur le renforcement des défenses conventionnelles : multiplication des drones intercepteurs FPV, amélioration des systèmes de détection visuelle et acoustique, adaptation des tactiques d’interception. L’Ukraine a produit jusqu’à 1500 drones intercepteurs par jour début 2026, un effort industriel remarquable. Mais ces drones sont conçus pour intercepter des Shaheds prévisibles, pas des drones pilotés en temps réel capables d’esquiver.
Les responsabilités en question
SpaceX et le dilemme de la neutralité technologique
La situation met en lumière un problème fondamental de notre époque : le rôle des entreprises technologiques dans les conflits armés. SpaceX n’est pas un fabricant d’armes. Starlink a été conçu pour fournir internet aux zones reculées, pas pour guider des drones kamikazes. Mais la technologie ne connaît pas de frontières morales. Un outil peut être utilisé pour le bien ou pour le mal, selon les mains qui s’en emparent. Elon Musk a tenté de maintenir une forme de neutralité, refusant d’aider l’Ukraine à frapper des cibles militaires russes tout en continuant à fournir le service au pays envahi. Cette position équilibriste est devenue intenable. D’un côté, Musk est accusé par les Ukrainiens de les avoir abandonnés au moment critique. De l’autre, sa technologie équipe désormais les armes russes.
Le Pentagone lui-même reconnaît que le problème persiste malgré les efforts de coordination avec SpaceX. Les terminaux Starlink continuent d’arriver en Russie par des canaux détournés. Les mesures de géoblocage sont contournées. Les désactivations individuelles sont insuffisantes face à l’ampleur du phénomène. La vérité est que SpaceX, malgré ses déclarations de bonne volonté, n’a pas les moyens ou la volonté de contrôler totalement l’usage de sa technologie. La constellation Starlink compte des milliers de satellites, des millions de terminaux. La supervision parfaite est une illusion. Et dans cette zone grise, la Russie a trouvé l’espace nécessaire pour exploiter la faille.
Il y a des moments où je me demande si nous avons pleinement mesuré ce que signifie vivre dans un monde où la technologie avance plus vite que notre capacité à la contrôler. Starlink a connecté des millions de personnes à internet, permis à des communautés isolées d’accéder à l’information, maintenu l’Ukraine en ligne pendant une invasion. C’est aussi devenu un vecteur de mort, guidant des drones sur des cibles humaines. Musk, avec toute son intelligence et ses ressources, n’a pas pu empêcher cette dérive. Peut-être personne ne le pouvait. Mais les victimes de ces frappes, elles, ne philosophent pas sur les dilemmes technologiques. Elles meurent. Et quelqu’un, quelque part, devra répondre de cette réalité.
L’urgence d’une réponse internationale
La menace posée par les drones Starlink dépasse les frontières ukrainiennes. Si la Russie peut intégrer cette technologie dans ses Shaheds, d’autres acteurs le peuvent aussi. Des États hostiles. Des groupes terroristes. Des organisations criminelles. La portée de 2000 kilomètres des Shaheds signifie qu’ils pourraient frapper des cibles en Europe centrale si lancés depuis le territoire russe. La possibilité de les guider en temps réel les rend imprévisibles, difficiles à intercepter, redoutablement efficaces. Ce n’est plus seulement un problème ukrainien. C’est un défi sécuritaire pour l’ensemble du continent. Les discussions européennes sur un Drone Wall, un bouclier anti-drones continental, prennent une urgence nouvelle dans ce contexte.
Washington doit accélérer, selon les analystes de Defense Express. L’usage de Starlink par la Russie représente une menace non seulement pour l’Ukraine, mais pour tous les alliés des États-Unis. La coopération russe avec l’Iran, la Corée du Nord et d’autres régimes hostiles suggère que cette technologie pourrait être partagée, exportée, proliférer. Les terminaux Starlink trouvés sur les drones russes portent des numéros de série traçables. Les canaux d’approvisionnement pourraient être identifiés et fermés. Mais cela nécessite une volonté politique et une coordination internationale qui semblent faire défaut. En attendant, les Shaheds continuent de voler, guidés par la technologie qui devait démocratiser l’accès à internet, transformée en arme de guerre.
Conclusion : Une guerre technologique qui échappe à tout contrôle
Le prix de l’inaction
Les hélicoptères frappés près de Kropyvnytskyi ne sont que le début. Si la Russie déploie massivement des Shaheds équipés de Starlink, l’Ukraine fera face à une menace d’un genre nouveau. Des drones capables de frapper n’importe où sur son territoire, guidés en temps réel, insensibles au brouillage électronique, potentiellement armés de systèmes antiaériens pour se défendre contre les intercepteurs. Le cauchemar logistique et tactique est considérable. Et les solutions ne sont pas prêtes. Beskrestnov l’a dit avec une franchise brutale : on savait que ça allait arriver. On a été prévenu. Personne n’a écouté. Maintenant, il faut rattraper le retard avec des vies humaines en jeu.
La nomination de Beskrestnov comme conseiller est un premier pas. Son expertise, sa connaissance du terrain, sa capacité à anticiper les évolutions technologiques de l’ennemi sont des atouts précieux. Mais un seul homme ne peut pas inverser une dynamique systémique. L’Ukraine a besoin de ressources, de technologies, de partenaires prêts à s’engager pleinement. Elle a besoin que SpaceX trouve un moyen de bloquer les terminaux russes. Elle a besoin que ses alliés occidentaux accélèrent le développement de contre-mesures. Elle a besoin de temps. Et le temps, dans cette guerre, se mesure en morts. Chaque jour de retard a un coût humain. Ce coût est inacceptable.
La guerre des drones ne fait que commencer
En janvier 2026, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, les lignes de front sont relativement stabilisées, mais la guerre technologique fait rage. Les Shaheds sur Starlink représentent la dernière évolution d’un conflit qui a vu naître des innovations mortelles à un rythme sans précédent. Des drones FPV bon marché aux munitions rôdeuses sophistiquées, des systèmes de guerre électronique aux intercepteurs automatisés, chaque camp cherche l’avantage technologique décisif. L’intégration de la connectivité satellite dans les armes offensives ouvre un nouveau chapitre de cette course aux armements. Un chapitre que l’Ukraine aurait préféré ne jamais lire.
Et maintenant ? Beskrestnov a promis que son équipe travaillerait de manière proactive, qu’elle anticiperait les prochains coups de l’ennemi plutôt que de subir ses innovations. C’est la seule voie possible. La technologie ne s’arrête pas. Elle ne connaît pas de répit. La Russie continuera d’exploiter chaque faille, de détourner chaque outil, de transformer chaque innovation civile en arme de guerre. L’Ukraine n’a pas d’autre choix que de faire de même, plus vite, plus intelligemment. La survie de la nation en dépend. Les Shaheds continuent de voler dans la nuit ukrainienne. Mais désormais, quelqu’un les guide de très loin. Et ce quelqu’un vise juste.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, technologiques et militaires qui façonnent le conflit russo-ukrainien. Mon travail consiste à décortiquer les évolutions tactiques, à comprendre les implications stratégiques des nouvelles technologies de guerre, et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent ce conflit.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte technologique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : publications sur Telegram de Serhii « Flash » Beskrestnov, communiqués du ministère ukrainien de la Défense, déclarations officielles de SpaceX, rapports du Pentagone américain.
Sources secondaires : Ukrainska Pravda, Defense Express, Kyiv Post, MIT Technology Review, Newsweek, Institute for the Study of War (ISW), analyses d’experts en guerre électronique et technologies militaires.
Les informations sur l’usage de Starlink par la Russie, la nomination de Beskrestnov comme conseiller ministériel, et l’attaque de Shaheds près de Kropyvnytskyi ont été croisées entre plusieurs sources indépendantes. Les analyses concernant les implications tactiques et stratégiques reflètent une synthèse des évaluations d’experts cités dans les sources consultées.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles en date du 25 janvier 2026. Mon rôle est d’interpréter ces faits et de leur donner un sens cohérent dans le cadre de l’évolution technologique de la guerre en Ukraine.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Ukrainska Pravda – « Russians begin using Shahed drones operated via Starlink, says expert » – 25 janvier 2026
Telegram de Serhii Beskrestnov (Flash) – Publication sur les Shaheds Starlink – 25 janvier 2026
Ukrinform – « Fedorov appoints tech blogger Serhii ‘Flash’ Beskrestnov as advisor » – 25 janvier 2026
SpaceX – Déclarations officielles sur l’usage de Starlink en Russie – 2024-2026
Sources secondaires
Kyiv Post – « More Russian Drones Spotted with Starlink » – 12 janvier 2026
Defense Express – « Russia Equipped Shahed-136 with Starlink » – septembre 2024
Defence Blog – « Russia equips kamikaze drones with Starlink » – 15 décembre 2025
Militarnyi – « Russians Install Starlink on BM-35 Kamikaze Drone » – 16 janvier 2026
MIT Technology Review – « Meet the radio-obsessed civilian shaping Ukraine’s drone defense » – septembre 2024
Newsweek – « Ukraine Discovers Starlink on Downed Russian Shahed Drone » – 29 septembre 2024
Critical Threats / ISW – Russian Offensive Campaign Assessments – janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.