Skip to content
L’Europe frappe du poing sur la table : sans nous, pas de paix en Ukraine
Crédit: Adobe Stock

Wadephul pose les conditions : pas de négociation sur nos têtes

La déclaration de Johann Wadephul n’est pas un simple communiqué diplomatique de plus. C’est un coup de semonce. Une mise en garde adressée autant à Washington qu’à Moscou. « Une chose doit toujours être claire », a-t-il martelé. L’Europe n’acceptera pas d’être mise devant le fait accompli. Elle n’acceptera pas qu’on décide de son avenir dans son dos. Le ministre allemand sait de quoi il parle. Depuis des mois, les rumeurs circulent sur les propositions américaines qui, selon certaines sources, auraient pu impliquer des concessions européennes sans consultation préalable. Des garanties de sécurité floues. Des arrangements territoriaux négociés entre Washington et Moscou. Des engagements qui auraient engagé l’OTAN sans l’aval explicite de ses membres européens.

Wadephul a déjà joué un rôle clé dans ce dossier. Lors des négociations de Genève quelques semaines plus tôt, il avait obtenu que « toutes les questions concernant l’Europe et celles concernant l’OTAN soient retirées du plan » proposé par l’administration Trump. Un « succès décisif », selon ses propres termes. La preuve que la voix européenne peut peser — à condition qu’elle se fasse entendre. Mais le travail n’est pas terminé. Loin de là. Car si les États-Unis peuvent jouer les facilitateurs, ils ne peuvent pas — ils ne doivent pas — décider seuls du sort du continent européen. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps quand il s’agit de protéger les infrastructures critiques ou d’imposer des sanctions contre la flotte fantôme russe », a ajouté le ministre allemand, faisant référence aux menaces hybrides qui pèsent sur la région baltique.

Ce qui me frappe dans les mots de Wadephul, c’est leur clarté. Pas de langue de bois. Pas de formules alambiquées. Une position nette : la Russie est et reste la plus grande menace pour la sécurité et la liberté en Europe. Point. Dans un monde où les politiques passent leur temps à nuancer, à équilibrer, à ménager la chèvre et le chou, entendre un ministre allemand parler aussi directement est presque rafraîchissant. Presque. Parce que ce qu’il dit est aussi terriblement inquiétant.

L’Allemagne en première ligne : entre alliance transatlantique et autonomie stratégique

L’Allemagne de 2026 n’est plus celle de 2022. Le « Zeitenwende » — ce fameux « tournant historique » annoncé par le chancelier Scholz au lendemain de l’invasion russe — a porté ses fruits. Le budget de la défense a explosé. Les livraisons d’armes à l’Ukraine se sont multipliées. Et la diplomatie allemande, longtemps accusée d’être trop complaisante avec Moscou, a radicalement changé de ton. Wadephul incarne cette nouvelle posture. Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Merz n’est pas un novice. Membre du Bundestag depuis 2009, spécialiste des questions de défense et de politique étrangère, il connaît les dossiers sur le bout des doigts. Il sait que la relation transatlantique reste « indispensable » pour la sécurité européenne. Mais il sait aussi que les Européens « ne peuvent pas compter exclusivement sur elle ».

C’est là tout le paradoxe de la position allemande — et plus largement européenne — en 2026. D’un côté, l’Alliance atlantique reste le pilier de la défense collective. L’article 5 de l’OTAN demeure la garantie ultime face à une agression russe. De l’autre, l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche pour un second mandat a ravivé les inquiétudes sur la fiabilité de l’engagement américain. Les Européens doivent « de plus en plus prendre leur sécurité en main », martèle Wadephul. Non pas contre les États-Unis, mais en complément. En partenaires adultes, pas en vassaux dépendants. C’est un équilibre délicat. Un exercice de funambule diplomatique que l’Allemagne tente de maîtriser tout en gardant les yeux fixés sur l’objectif principal : « la liberté et la sécurité de l’Ukraine en tant qu’État souverain ».

Sources

Sources primaires

Ministère fédéral allemand des Affaires étrangères – Communiqué de presse sur le départ de Wadephul pour la Lettonie et la Suède – 26 janvier 2026
Ukrinform – Europe must be at table in peace talks on Ukraine – Wadephul – 26 janvier 2026
Nations Unies – Briefing du Conseil de sécurité sur la situation humanitaire en Ukraine – janvier 2026

Sources secondaires

Euronews – Germany slams Russia’s ‘stubborn insistence’ on Ukraine territorial claims – 26 janvier 2026
ABC News – Russia, Ukraine and US hold 1st trilateral talks since start of war – 24 janvier 2026
NBC News – Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time – 23 janvier 2026
CBS News – Trilateral peace talks concluded constructively, Ukraine’s Zelenskyy says – 25 janvier 2026
CNN – Russian strikes and the coldest winter in years leave Ukrainians out in the cold – 17 janvier 2026
CBC News – Kyiv residents stranded in tower blocks as Russia targets power system – 25 janvier 2026
Al Jazeera – Updates: First day of trilateral talks on Russia-Ukraine war ends in UAE – 23 janvier 2026
Atlantic Council – The US is taking action against Russia’s shadow fleet – 22 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu