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L’île Oleksiivskyi abandonnée par les Russes : quand le moral des troupes de Poutine s’effondre dans le Kherson
Crédit: Adobe Stock

Kherson sous le feu permanent

La région de Kherson vit depuis des mois sous un déluge de fer et de feu. Chaque jour apporte son lot de bombardements, de frappes de drones, d’obus qui s’abattent sur des villages où des civils s’accrochent à leur terre malgré tout. Le 25 janvier 2026, les compteurs affichaient 138 affrontements sur l’ensemble de la ligne de front ukrainienne. Cent trente-huit moments où des hommes se sont retrouvés face à face avec la mort. Et parmi ces affrontements, ceux du secteur de Kherson occupent une place particulière. Car ici, le fleuve Dnipro trace une frontière naturelle que les Russes tentent désespérément de franchir, tandis que les Ukrainiens défendent chaque mètre carré avec une détermination qui force le respect.

Les tentatives russes de prendre pied sur la rive droite du Dnipro se sont multipliées ces derniers mois. L’île Kozatsky, voisine d’Oleksiivskyi, a été le théâtre de débarquements avortés fin 2024. À chaque fois, le même scénario : des embarcations russes qui s’approchent sous le couvert de la nuit, des forces ukrainiennes qui les repèrent, des drones qui fondent sur les assaillants, des corps qui flottent au matin. Voloshyn avait alors déclaré que l’ennemi « avait subi des pertes et n’avait pas réussi à débarquer ». Des mots sobres pour décrire ce qui ressemble à des missions suicides imposées à des soldats dont le seul crime est d’avoir été mobilisés. Ces hommes-là, ceux qui ont survécu à Kozatsky, sont peut-être ceux qui ont finalement craqué sur Oleksiivskyi. Combien de tentatives ratées avant de baisser les armes ? Combien de camarades noyés avant de décider que ça ne valait plus la peine ?

Il y a quelque chose de profondément humain dans cet abandon. Derrière le vocabulaire militaire — « état moral bas », « repositionnement », « pression ennemie » — se cache une vérité simple : des hommes ont refusé de mourir pour rien. Ils ont regardé autour d’eux, ils ont vu les corps de leurs camarades, ils ont compté les jours sans relève, sans ravitaillement décent, sans espoir de victoire. Et ils sont partis. Pas en héros. Pas en traîtres. Juste en humains qui ont choisi la vie. Je ne sais pas si l’histoire retiendra leurs noms. Mais quelque part, dans le silence de cette île abandonnée, il y a une forme de résistance. Pas contre l’Ukraine. Contre l’absurdité de cette guerre.

La pression ukrainienne ne faiblit pas

Ce que les Forces de défense ukrainiennes ont accompli dans le secteur sud relève d’une stratégie patiente et méthodique. Sans disposer de la supériorité numérique de l’adversaire, sans bénéficier des stocks d’artillerie apparemment inépuisables de Moscou, les Ukrainiens ont compensé par l’intelligence tactique, la maîtrise des drones et une connaissance intime du terrain. Chaque position russe sur les îles du delta du Dnipro est devenue un piège. Les observateurs ennemis, censés surveiller les mouvements ukrainiens, se retrouvaient eux-mêmes observés, ciblés, harcelés vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le régiment Raid des Forces de systèmes sans pilote ukrainiennes a notamment démontré une efficacité redoutable, frappant même des « chars-tortues » russes — ces véhicules blindés recouverts de plaques de protection improvisées qui témoignent du désespoir de l’armée russe face aux drones ukrainiens.

La 46e Brigade aéroportée séparée de Podillia a également marqué les esprits ces derniers jours en détruisant chars et véhicules motorisés russes à l’aide de drones. Ces images, diffusées sur les réseaux sociaux ukrainiens, montrent une armée qui a su s’adapter, innover, transformer chaque dollar d’aide occidentale en résultat concret sur le terrain. Face à cela, les troupes russes semblent souvent démunies, coincées entre des ordres venus de loin et une réalité de terrain qui ne correspond à aucun plan. Les régiments de la 98e Division VDV — les parachutistes d’élite de Moscou — continuent certes d’opérer dans la direction de Kherson. Mais même l’élite a ses limites. Et quand les meilleurs soldats russes ne parviennent pas à tenir une île face à la pression ukrainienne, c’est tout l’édifice militaire russe qui vacille.

Sources

Sources primaires

Ukrinform – Russian forces abandon positions on Oleksiivskyi Island – Voloshyn – 26 janvier 2026
État-major général des Forces armées ukrainiennes – Rapport quotidien sur les pertes ennemies – 26 janvier 2026
Forces de défense du Sud de l’Ukraine – Déclarations de Vladyslav Voloshyn – 26 janvier 2026

Sources secondaires

Institute for the Study of War (ISW) – Russian Offensive Campaign Assessment – Janvier 2026
Critical Threats – Russian Offensive Campaign Assessment, January 7, 2026
Council on Foreign Relations – War in Ukraine Global Conflict Tracker – Janvier 2026
Kyiv Independent – Ukraine repelling Russian attempt to gain foothold in Kherson Oblast – 2025-2026
RBC-Ukraine – Russia-Ukraine war frontline updates – Janvier 2026
Global Security – 61,605 combat engagements and nearly 2 million shellings: front-line overview for 2025 – Janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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