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L’Iran après le massacre : quand un régime choisit de tuer son propre peuple pour survivre
Crédit: Adobe Stock

Des ordres venus du sommet

Ce qui s’est passé entre le 8 et le 10 janvier 2026 n’est pas le fruit du chaos. C’est le résultat d’une décision politique. Selon Amnesty International, les ordres de tirer à balles réelles sur les manifestants sont venus directement du Guide suprême Ali Khamenei et des hauts responsables du régime. Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty, a été catégorique : « Les autorités ont délibérément eu recours à des massacres de masse contre des manifestants qui exigeaient un changement fondamental. » Ce n’était pas de l’autodéfense. Ce n’était pas une réponse proportionnée. C’était une extermination calculée. Les tireurs étaient positionnés sur les toits des immeubles résidentiels, des mosquées, des postes de police. Ils tiraient dans la foule avec des fusils automatiques, des mitrailleuses lourdes, des fusils à pompe chargés de billes métalliques. Les instructions étaient claires : viser les parties vitales.

Le 4 janvier, avant même le pic de violence, les forces de sécurité en tenue anti-émeute ont pris d’assaut l’hôpital Imam Khomeini à Ilam. Ils ont attaqué le personnel médical avec du gaz lacrymogène et des tirs de chevrotine. Ils ont arrêté des manifestants blessés directement dans leurs lits d’hôpital. Dans plusieurs cas documentés, ils les ont exécutés sur place. Les hôpitaux, censés être des sanctuaires, sont devenus des pièges. Les familles qui cherchaient leurs proches ont découvert des scènes d’horreur. Une femme a retrouvé le corps de son neveu « parmi des centaines de cadavres » dans un hôpital de Téhéran. Un homme a identifié sa femme, abattue d’une balle dans la gorge alors qu’elle marchait à ses côtés. « N’importe qui à qui vous parlez ces jours-ci a un parent, un ami ou une connaissance qui a été tué ou blessé », a confié un témoin à Human Rights Watch.

Il y a un détail dans les témoignages qui me glace le sang. Les familles qui viennent réclamer les corps de leurs proches sont parfois obligées de payer. De payer quoi? Le prix des balles qui ont tué leurs enfants. Vous avez bien lu. Le régime iranien facture les munitions aux familles des victimes. C’est au-delà de la cruauté. C’est un message. Un message qui dit : « Nous pouvons vous tuer, et vous paierez pour le privilège. » Face à une telle monstruosité, les mots manquent. Mais le silence serait pire.

Le black-out numérique : tuer dans l’ombre

Le 8 janvier 2026, au moment précis où les massacres ont commencé, le gouvernement iranien a coupé Internet et les services téléphoniques dans tout le pays. Ce n’est pas une coïncidence. C’est une tactique éprouvée. En novembre 2019, lors des manifestations contre la hausse du prix de l’essence, le régime avait fait exactement la même chose. Le résultat : plus de 1 500 morts selon les estimations, dans un quasi-silence médiatique. Cette fois, l’échelle est différente. Le black-out a duré des jours. Pendant ce temps, les forces de sécurité ont pu massacrer sans témoin. Sans vidéo en direct. Sans tweets. Sans appels à l’aide. Les familles n’avaient aucun moyen de savoir si leurs proches étaient vivants ou morts. Les journalistes n’avaient aucun moyen de vérifier les informations. Le monde entier était aveugle.

Mais le régime a sous-estimé la détermination des Iraniens. Des vidéos ont quand même filtré. Des images floues, granuleuses, filmées au péril de la vie de ceux qui les ont captées. On y voit des rangées de sacs mortuaires à la morgue de Kahrizak. On y voit des corps alignés au cimetière de Behesht Zahra. On y entend des témoignages glaçants. « Ils tiraient sur tout le monde », raconte un survivant. « Ils ne faisaient pas la différence entre ceux qui manifestaient et ceux qui passaient simplement dans la rue. » Selon Iran International, des sources à l’intérieur du pays estiment que le bilan pourrait atteindre 12 000 à 20 000 morts. CBS News a rapporté des estimations similaires. Un médecin interrogé par le magazine Time a évoqué le chiffre de 30 000. Ces chiffres sont impossibles à vérifier avec certitude. Mais même les estimations les plus basses — autour de 3 500 selon Iran Human Rights — feraient de ce massacre le plus meurtrier de l’histoire moderne de l’Iran.

Sources

Sources primaires

Amnesty International – « Iran: Massacre of protesters demands global diplomatic action to signal an end to impunity » – 14 janvier 2026
Human Rights Watch – « Iran: Growing Evidence of Countrywide Massacres » – 16 janvier 2026
Iran Human Rights (IHRNGO) – « At Least 3,428 Protesters Killed in Iran » – Janvier 2026
Human Rights Activists News Agency (HRANA) – Rapports quotidiens sur les arrestations et décès – Janvier 2026
Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme – Déclaration de Volker Türk – 13 janvier 2026

Sources secondaires

CNN – « Iran protests updates » – 12-15 janvier 2026
CBS News – « Over 12,000 feared dead after Iran protests » – Janvier 2026
NPR – « Deaths from Iran’s crackdown on protests pass 2,500 » – 14 janvier 2026
Al Jazeera – « ‘Change is inevitable’: What is next for Iran? » – 24 janvier 2026
Iran International – « At least 12,000 killed in Iran crackdown during internet blackout » – 13 janvier 2026
Iran International – « The dead of Iran’s protests, and the stories yet untold » – 9 janvier 2026
ABC News – Reportage sur la fin des manifestations – 19 janvier 2026
Time Magazine – Enquête sur le bilan des victimes – Janvier 2026
International Crisis Group – Analyse d’Ali Vaez sur l’avenir de l’Iran – Janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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