Quand l’électricité devient une arme
La guerre énergétique est devenue l’un des aspects les plus cruels — et les plus efficaces — du conflit russo-ukrainien. Depuis l’automne 2022, la Russie a fait de la destruction systématique des infrastructures électriques ukrainiennes une stratégie assumée. L’objectif était simple et brutal : plonger l’Ukraine dans le noir et le froid pour briser le moral de la population. Forcer les civils à fuir. Pousser Kyiv à capituler. Des milliers de missiles de croisière, des centaines de drones Shahed iraniens ont été lancés contre les centrales électriques, les sous-stations, les lignes à haute tension ukrainiennes. Le résultat : des millions de personnes sans électricité pendant des jours, parfois des semaines. Des hôpitaux qui opèrent à la lampe frontale. Des enfants qui font leurs devoirs à la bougie.
Mais l’Ukraine a survécu. Et désormais, elle riposte. La frappe sur la sous-station Kirova de Louhansk s’inscrit dans cette nouvelle phase du conflit. Une phase où Kyiv applique à son agresseur la même médecine qu’elle a reçue. Les cibles : les centrales thermiques russes, les raffineries de pétrole, les dépôts de carburant, les sous-stations électriques — y compris celles situées en territoire occupé. Selon le président Volodymyr Zelensky, les frappes ukrainiennes ont déjà réduit la capacité de raffinage russe de 20%. Les prix de l’essence en Russie atteignent des records. Des régions entières, y compris la Crimée occupée, subissent des rationnements de carburant. La guerre que Poutine pensait gagner en quelques semaines se transforme en cauchemar économique.
On me demande parfois si c’est « moral » de frapper des infrastructures civiles. La question me fait sourire — amèrement. Où était cette préoccupation morale quand les missiles russes pulvérisaient les centrales ukrainiennes ? Quand des bébés naissaient dans des maternités sans électricité ? Quand des personnes âgées mouraient de froid dans leurs appartements parce que le chauffage ne fonctionnait plus ? La Russie a lancé cette guerre énergétique. L’Ukraine ne fait que répondre. Et franchement, si frapper une sous-station à Louhansk permet de détourner des ressources russes, de compliquer leur logistique, de saper le moral de l’occupant — alors oui, c’est de la guerre. Une guerre que l’Ukraine n’a pas choisie mais qu’elle a bien l’intention de gagner.
L’effet domino sur les territoires occupés
La frappe sur Louhansk n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une série d’opérations qui ciblent systématiquement les territoires occupés par la Russie. Ces dernières semaines, des explosions ont été signalées à Alchevsk, également dans l’oblast de Louhansk, où une sous-station électrique a été touchée, provoquant des pannes généralisées. À Sverdlovsk, un dépôt de munitions a été détruit par des drones ukrainiens. À Bohdanivka, un autre dépôt russe a explosé dans une série de déflagrations qui ont duré plusieurs heures. L’Ukraine frappe méthodiquement, systématiquement, avec une précision qui démontre l’efficacité de ses services de renseignement.
Pour les habitants des territoires occupés, cette réalité est terrifiante. Ils vivent sous occupation russe, souvent contre leur gré, et se retrouvent pris entre deux feux. Les autorités d’occupation sont incapables de garantir leur sécurité. Les défenses aériennes russes, censées être parmi les meilleures au monde, ne parviennent pas à intercepter toutes les menaces. Et chaque frappe rappelle que l’Ukraine n’a pas abandonné ces terres. Qu’elle considère toujours Louhansk, Donetsk, la Crimée comme son territoire. Et qu’elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour rendre l’occupation aussi coûteuse que possible. La sous-station Kirova n’est qu’un symbole parmi d’autres. Un symbole qui dit : « Vous êtes chez nous. Et nous ne l’oublions pas. »
Le contexte stratégique : Louhansk dans la guerre d'usure
Une région au cœur des ambitions russes
L’oblast de Louhansk occupe une place centrale dans la stratégie russe depuis le début du conflit. Avec son voisin Donetsk, il forme ce que Moscou appelle le « Donbass » — une région industrielle riche en charbon et en acier que la Russie revendique comme historiquement et culturellement liée à elle. En 2014, des séparatistes soutenus par Moscou ont proclamé l’indépendance de la « République populaire de Louhansk ». En septembre 2022, après des référendums fantoches organisés sous la contrainte des armes, Poutine a officiellement annexé la région — une annexion que la communauté internationale refuse de reconnaître. Aujourd’hui, la Russie contrôle la quasi-totalité de l’oblast de Louhansk. Mais ce contrôle est de plus en plus contesté.
Les frappes ukrainiennes sur Louhansk démontrent que le contrôle territorial ne signifie pas la victoire. La Russie peut bien planter ses drapeaux sur les bâtiments publics, installer ses administrateurs, imposer ses lois — elle ne peut pas empêcher les missiles et les drones ukrainiens de frapper. Elle ne peut pas protéger les infrastructures qu’elle prétend avoir « intégrées » à son territoire. Elle ne peut pas offrir aux habitants qu’elle prétend avoir « libérés » une vie normale, sécurisée, paisible. Chaque explosion à Louhansk est un démenti cinglant au narratif du Kremlin. Un rappel que cette guerre est loin d’être terminée. Et que l’Ukraine, malgré tout ce qu’elle a perdu, n’a pas renoncé à récupérer ce qui lui appartient.
La logistique russe sous pression
Au-delà de l’impact sur les civils, les frappes sur les infrastructures énergétiques des territoires occupés ont des conséquences militaires directes. L’électricité ne sert pas qu’à chauffer les appartements et à éclairer les rues. Elle alimente les centres de commandement, les systèmes de communication, les ateliers de réparation de véhicules, les hôpitaux militaires, les dépôts logistiques. Chaque heure sans courant à Louhansk, c’est de la capacité opérationnelle russe qui s’érode. Des communications qui se compliquent. Des équipements qui ne peuvent pas être entretenus. Une machine de guerre qui grince.
Les forces armées russes dépendent lourdement de la logistique ferroviaire pour acheminer hommes, munitions et équipements vers le front. Or, les chemins de fer fonctionnent à l’électricité. Les aiguillages, les systèmes de signalisation, les stations de triage — tout cela nécessite un approvisionnement électrique constant. En frappant les sous-stations comme celle de Kirova, l’Ukraine ne se contente pas de punir l’occupant. Elle entrave sa capacité à faire la guerre. Elle rallonge les délais d’acheminement. Elle force Moscou à détourner des ressources pour protéger et réparer des infrastructures situées loin du front. C’est de la guerre asymétrique à son meilleur : frapper là où ça fait mal, avec des moyens limités mais bien employés.
Il y a quelque chose de fascinant — et de tragique — dans cette guerre d’infrastructures. On ne parle pas de chars qui s’affrontent, de tranchées qui se prennent et se reprennent. On parle de transformateurs, de turbines, de lignes à haute tension. Des choses abstraites, techniques, ennuyeuses en temps de paix. Mais en temps de guerre, ces choses-là deviennent des questions de vie ou de mort. Une sous-station qui tombe, c’est un hôpital qui passe sur générateur. C’est une maison de retraite où les résidents grelottent. C’est un enfant qui fait ses devoirs à la bougie. Des deux côtés de la ligne de front, la même souffrance. La même absurdité. La seule différence, c’est qui a commencé. Et ça, on ne devrait jamais l’oublier.
L'impact humanitaire : civils pris au piège
Vivre sous occupation et sous les bombes
Pour les habitants de Louhansk qui n’ont pas pu — ou pas voulu — partir, la vie est devenue un exercice de survie quotidien. Coincés entre une occupation russe qu’ils n’ont pas choisie et des frappes ukrainiennes qu’ils ne peuvent pas éviter, ils naviguent dans un monde où chaque journée apporte son lot d’incertitudes. L’électricité fonctionne par intermittence. L’eau courante n’est pas garantie. Les prix ont explosé tandis que les salaires et les pensions stagnent. Les médicaments manquent dans les pharmacies. Les hôpitaux fonctionnent avec des moyens réduits. Et maintenant, les infrastructures énergétiques qui permettaient encore un semblant de normalité sont ciblées.
Les témoignages qui filtrent de Louhansk — malgré la censure et la surveillance imposées par les autorités d’occupation — dressent un tableau sombre. Des personnes âgées qui passent leurs journées emmitouflées dans des couvertures, économisant le moindre kilowatt. Des parents qui se demandent comment ils vont nourrir leurs enfants quand les magasins sont vides et les prix prohibitifs. Des malades chroniques qui ne trouvent plus leurs médicaments. Et désormais, la peur supplémentaire des frappes. La peur de se retrouver sans chauffage en plein hiver. La peur de voir l’obscurité s’abattre sur leur quartier, sans savoir quand la lumière reviendra. Ces gens ne sont pas des combattants. Ils ne sont pas des ennemis. Ils sont des victimes — victimes de l’occupation russe, victimes de la guerre que Poutine a lancée.
Le dilemme moral des frappes sur les infrastructures
La question se pose, inévitablement : est-il acceptable de frapper des infrastructures qui servent aussi des civils ? Le droit international humanitaire est clair en théorie : les installations servant uniquement à des fins civiles ne peuvent pas être ciblées. Mais la réalité de la guerre est plus complexe. Une sous-station électrique alimente-t-elle uniquement des foyers ? Ou sert-elle aussi des installations militaires, des centres de commandement, des lignes logistiques ? Dans le brouillard de la guerre, la distinction s’estompe. Et l’Ukraine argue — non sans raison — qu’elle applique à la Russie exactement les mêmes méthodes que la Russie lui applique depuis des années.
La Russie a lancé plus de 5 000 drones et missiles contre l’Ukraine rien qu’en novembre 2025. Huit attaques massives ont ciblé les infrastructures énergétiques ukrainiennes depuis octobre. À Kyiv, les habitants ont connu des coupures de courant allant jusqu’à 16 heures par jour. Près de 60% de la capitale était encore sans électricité douze jours après les frappes dévastatrices du début janvier 2026. Face à cette réalité, l’Ukraine a fait un choix : riposter avec les mêmes armes. Frapper les centrales russes. Cibler les raffineries. Détruire les sous-stations — y compris celles de Louhansk. C’est brutal. C’est contestable. Mais c’est de la guerre. Et la guerre, Poutine aurait dû y penser avant de l’avoir déclenchée.
Je ne vais pas faire semblant que cette situation ne me trouble pas. Des civils souffrent à Louhansk. Des personnes âgées, des enfants, des malades — des gens qui n’ont rien demandé à personne. Et d’un autre côté, des civils souffrent à Kharkiv, à Kyiv, à Odessa. Les mêmes personnes âgées, les mêmes enfants, les mêmes malades. La différence ? Les Ukrainiens ont été attaqués. Ils n’ont pas choisi cette guerre. Les habitants de Louhansk, eux, vivent sous un régime qui a choisi de les « libérer » par la force — une « libération » qui ressemble furieusement à une occupation. Je compatis avec leur souffrance. Sincèrement. Mais je refuse de mettre sur le même plan l’agresseur et l’agressé. L’Ukraine se défend. C’est son droit. C’est son devoir.
La réponse russe : impuissance et propagande
Des défenses aériennes débordées
La frappe sur Louhansk expose une réalité que le Kremlin préférerait cacher : les défenses aériennes russes ne sont pas invincibles. Malgré les milliards investis dans les systèmes S-300, S-400, Pantsir et autres, les drones et missiles ukrainiens parviennent régulièrement à atteindre leurs cibles. À Belgorod, à Koursk, en Crimée, et maintenant à Louhansk — les explosions se multiplient sur le territoire que Moscou prétend contrôler. Les blogueurs militaires russes — habituellement prompts à célébrer les « victoires » de l’armée — commencent à poser des questions embarrassantes. Pourquoi les défenses n’interceptent-elles pas ces attaques ? Où sont les systèmes censés protéger la population ?
La vérité, c’est que la Russie fait face à un dilemme impossible. Elle ne peut pas déployer suffisamment de systèmes de défense aérienne pour protéger simultanément le front, les grandes villes russes, et les territoires occupés. Quelque chose doit céder. Et ce sont souvent les infrastructures des régions périphériques — comme Louhansk — qui en paient le prix. L’Ukraine l’a compris et exploite cette faiblesse méthodiquement. Chaque frappe réussie force Moscou à redéployer des ressources, à disperser ses défenses, à faire des choix douloureux. C’est de l’attrition à grande échelle. Et pour l’instant, l’Ukraine semble gagner cette bataille.
Le narratif qui s’effrite
Pour la propagande russe, chaque frappe sur le territoire « russe » — qu’il s’agisse de la Russie proprement dite ou des régions annexées — est un cauchemar de communication. Comment expliquer à une population à qui on a promis une « opération militaire spéciale » rapide et victorieuse que des missiles ukrainiens frappent désormais des villes russes ? Comment justifier que les habitants de Louhansk — censés avoir été « libérés » et « réintégrés à la mère patrie » — vivent dans la peur et le froid ? La télévision d’État oscille entre deux narratifs contradictoires : minimiser les dégâts pour ne pas alarmer, ou dramatiser les attaques pour justifier la poursuite de la guerre.
Mais les images qui circulent sur les réseaux sociaux racontent une autre histoire. Elles montrent des quartiers plongés dans l’obscurité. Des files d’attente devant des points de distribution d’eau. Des familles qui s’organisent pour survivre aux coupures. Ces images, le Kremlin ne peut pas les contrôler totalement. Et elles sapent lentement le narratif d’une Russie toute-puissante, protectrice de ses citoyens. Les habitants de Louhansk se sont fait promettre la sécurité et la prospérité sous la bannière russe. Ils ont reçu la guerre et la misère. Combien de temps encore accepteront-ils cette réalité ? C’est la question que Poutine devrait se poser. Mais qu’il préfère sans doute ignorer.
Perspectives : une guerre qui s'éternise
L’escalade contrôlée
La frappe sur Louhansk s’inscrit dans une escalade progressive mais délibérée du conflit. Au début de la guerre, les Occidentaux refusaient catégoriquement que leurs armes soient utilisées contre le territoire russe. Cette ligne rouge s’est estompée au fil des mois. Les HIMARS américains frappent désormais Belgorod. Les missiles Storm Shadow britanniques atteignent la Crimée. Les drones ukrainiens de fabrication nationale vont jusqu’à Moscou. Et les territoires occupés comme Louhansk sont devenus des cibles légitimes aux yeux de Kyiv — et de plus en plus, aux yeux de la communauté internationale.
Cette escalade comporte des risques. Poutine a maintes fois brandi la menace nucléaire, promettant des « conséquences » à quiconque attaquerait le « territoire russe ». Mais jusqu’ici, ces menaces sont restées des mots. L’Ukraine a franchi toutes les « lignes rouges » que Moscou avait tracées — et le ciel ne lui est pas tombé sur la tête. Cette réalité a encouragé Kyiv à aller plus loin, à frapper plus fort, à cibler des objectifs de plus en plus ambitieux. La sous-station Kirova de Louhansk n’est qu’un exemple parmi d’autres. D’autres suivront. Et la question n’est plus de savoir si l’Ukraine va continuer à frapper en territoire occupé — c’est acquis. La question est de savoir jusqu’où elle ira. Et comment Moscou répondra.
Vers une paix impossible ?
Pendant que les missiles pleuvent et que les infrastructures brûlent, des voix s’élèvent pour appeler à la paix. Des pourparlers sont évoqués. Des médiateurs se proposent. Mais la réalité du terrain rend tout accord extrêmement difficile. La Russie exige la reconnaissance de ses annexions — y compris Louhansk. L’Ukraine refuse catégoriquement d’abandonner ses territoires. Les positions sont irréconciliables. Et chaque frappe, de part et d’autre, rend un compromis un peu plus improbable. Comment négocier la paix quand les bombes continuent de tomber ? Comment faire confiance à un adversaire qui détruit vos centrales électriques pendant que vous parlez ?
La frappe sur Louhansk illustre cette impasse. Elle montre que l’Ukraine n’a pas l’intention de renoncer à ses territoires occupés. Qu’elle continuera à se battre, avec tous les moyens à sa disposition, pour rendre l’occupation insupportable. Et que toute « paix » qui consacrerait les gains territoriaux russes serait, pour Kyiv, une capitulation inacceptable. De son côté, la Russie semble incapable de reculer sans perdre la face. Poutine a investi trop de capital politique dans cette guerre pour accepter un compromis qui ressemblerait à une défaite. L’impasse est totale. Et en attendant qu’elle se dénoue, les civils — de Louhansk comme de Kharkiv — continuent de souffrir.
Je termine cet article avec un sentiment d’épuisement. Pas physique — moral. Cette guerre dure depuis bientôt quatre ans. Quatre ans de destructions, de morts, de souffrances. Quatre ans pendant lesquels le monde s’est habitué à voir des villes bombardées, des civils tués, des infrastructures pulvérisées. Et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Pas les sanctions. Pas les livraisons d’armes. Pas les condamnations internationales. La guerre continue. Les missiles continuent de voler. Les sous-stations continuent d’exploser. À Louhansk aujourd’hui. À Kharkiv demain. Et après-demain, où ? Je n’ai pas de réponse. Personne n’en a. Mais je sais une chose : tant que cette guerre durera, je continuerai à la raconter. Parce que l’oubli serait pire que tout.
Conclusion : Le symbole d'une guerre sans fin
Une frappe qui résonne au-delà de Louhansk
La frappe sur la sous-station Kirova de Louhansk ne sera probablement pas retenue comme un tournant majeur de cette guerre. Elle ne changera pas le cours du conflit. Elle ne forcera pas Poutine à négocier. Elle ne libérera pas les territoires occupés. Mais elle est un symbole. Le symbole d’une Ukraine qui refuse de se résigner. Qui continue de se battre avec les moyens dont elle dispose. Qui rappelle à son agresseur — et au monde entier — que l’occupation d’un territoire ne garantit ni la paix ni la sécurité. Que la guerre a un prix. Et que ce prix, la Russie aussi devra le payer.
Pour les habitants de Louhansk, cette nuit de janvier 2026 restera gravée dans les mémoires. Le bruit des explosions. L’obscurité soudaine. Le froid qui s’installe. La peur de ce qui pourrait suivre. Ils n’ont pas choisi cette guerre. Ils n’ont pas choisi l’occupation. Ils n’ont pas choisi de devenir des cibles. Mais c’est leur réalité. Une réalité qu’ils partagent, d’une certaine manière, avec les habitants de Kharkiv, de Kyiv, de toutes ces villes ukrainiennes qui vivent sous les bombes depuis bientôt quatre ans. La souffrance ne connaît pas de frontières. Elle ne distingue pas les nationalités. Elle frappe aveuglément, des deux côtés d’une ligne de front qui n’aurait jamais dû exister.
Et maintenant ?
La sous-station Kirova sera réparée. Les techniciens russes travailleront jour et nuit pour rétablir le courant. Les habitants de Louhansk retrouveront l’électricité — jusqu’à la prochaine frappe. Parce qu’il y aura une prochaine frappe. Et encore une après. C’est le cycle infernal de cette guerre d’usure où chacun cherche à épuiser l’autre. Où chaque infrastructure détruite doit être reconstruite pour être ciblée à nouveau. Où l’énergie humaine, financière, matérielle se dissipe dans un gouffre sans fond. Et pendant ce temps, la vie continue — ou plutôt survit — de part et d’autre du front.
Quelque part à Louhansk, une famille s’endort dans le froid, en espérant que le chauffage reviendra demain. Quelque part à Kharkiv, une autre famille vit exactement la même chose. Deux villes. Deux pays — ou un seul, selon le point de vue. Une seule guerre. Et personne pour leur dire quand tout cela finira. La seule certitude, c’est que l’Ukraine continuera de frapper. Que la Russie continuera de répondre. Et que les civils, comme toujours, paieront le prix le plus lourd. C’est ça, la guerre. C’est ça, la réalité. Et c’est pour ça qu’il faut la raconter. Pour que personne n’oublie.
Je pose ma plume avec une question qui me hante. Combien de sous-stations devront encore exploser ? Combien de familles devront encore grelotter dans le noir ? Combien d’enfants devront encore grandir avec la guerre comme seul horizon ? Je n’ai pas de réponse. Personne n’en a. Mais je sais que quelque part à Louhansk, cette nuit, quelqu’un regarde par la fenêtre un ciel d’encre, sans étoiles, sans lumière. Et quelque part à Kharkiv, quelqu’un d’autre fait exactement la même chose. Deux regards qui se croisent peut-être, par-delà les lignes de front. Deux humanités qui souffrent de la même folie. Un jour, peut-être, cette guerre finira. Un jour, peut-être, les lumières reviendront — pour de bon. En attendant, il reste le froid. Le noir. Et l’espoir, têtu, irrationnel, que demain sera meilleur qu’aujourd’hui.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, militaires et stratégiques qui façonnent le conflit russo-ukrainien. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies des belligérants, à comprendre les implications des opérations militaires, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur cette guerre qui redéfinit l’ordre mondial.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués des forces armées ukrainiennes, déclarations officielles des autorités ukrainiennes, rapports des agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse), données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Sources secondaires : publications spécialisées dans le suivi du conflit ukrainien (Kyiv Independent, Kyiv Post, Militarnyi), analyses d’experts militaires et géopolitiques (Institute for the Study of War, Critical Threats), médias d’information reconnus internationalement (Al Jazeera, BBC, The Guardian).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue du conflit russo-ukrainien depuis février 2022.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Militarnyi – Ukrainian Defense Forces Strike Electrical Substation in Occupied Luhansk – 26 janvier 2026
Kyiv Independent – Explosions reported in occupied Luhansk, Ukrainian official suggests ammunition depots hit – Janvier 2026
Forces armées ukrainiennes – Communiqués officiels sur les frappes en territoire occupé – Janvier 2026
Agence internationale de l’énergie (AIE) – Ukraine’s Energy Security and the Coming Winter – 2025-2026
Sources secondaires
Al Jazeera – Russia targets Ukraine’s energy as trilateral talks loom – 23 janvier 2026
Critical Threats – Russian Offensive Campaign Assessment – Décembre 2025-Janvier 2026
Kyiv Post – Ukraine Hits Belgorod Thermal Plant in Possible HIMARS Strike – 24 janvier 2026
Lawfare – Russia and Ukraine Pummel Each Other’s Energy Infrastructure – 2025
Brookings Institution – Ukraine’s energy sector is a key battleground in the war with Russia – 2025
Russia Matters (Harvard) – The Russia-Ukraine War Report Card – 14 janvier 2026
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