Naissance d’une arme révolutionnaire
Pour comprendre comment l’Ukraine a abattu un Shahed-107 avec un drone fait maison, il faut remonter à 2024. Cette année-là, une organisation bénévole appelée Wild Hornets — les « Frelons Sauvages » — décide de s’attaquer au problème des drones kamikazes russes par une approche radicalement nouvelle. Au lieu de tirer des missiles coûteux à plusieurs centaines de milliers de dollars sur des cibles à quelques milliers, pourquoi ne pas utiliser des drones contre des drones ? L’idée paraît folle. Elle est brillante.
Le STING — littéralement « piqûre » en anglais — naît de cette philosophie. C’est un drone FPV (vision à la première personne) transformé en munition rôdeuse. Son pilote le contrôle via des lunettes de réalité virtuelle, voyant exactement ce que voit la caméra embarquée. Les premiers modèles atteignaient 160 km/h. Les versions actuelles frôlent les 315 km/h. Assez rapide pour rattraper n’importe quel Shahed en vol de croisière — ces derniers plafonnent autour de 120 km/h. Le STING peut monter jusqu’à 3 kilomètres d’altitude, là où les drones ordinaires perdent le signal et tombent. Il est équipé du Hornet Vision, une caméra thermique développée spécifiquement pour repérer les signatures infrarouges des moteurs ennemis dans l’obscurité.
Il y a quelque chose de profondément satisfaisant dans cette histoire. L’Iran envoie ses drones high-tech. La Russie les utilise pour terroriser des civils. Et une bande de bénévoles ukrainiens, des geeks, des passionnés de drones de course, des ingénieurs en T-shirt, développe dans des garages la parade qui va les ridiculiser tous. Le STING, c’est la revanche des nerds. C’est la preuve que l’innovation ne s’achète pas — elle se crée. Avec de la passion, de la colère, et beaucoup de café froid à 3h du matin.
Comment on abat un Shahed-107 : anatomie d’une interception
L’opération du 24 janvier s’est déroulée comme une chorégraphie mortelle. Les radars ukrainiens détectent d’abord les signatures des drones entrants. L’alerte est donnée à l’unité Sky Wars. Les pilotes de STING reçoivent les coordonnées approximatives. Ils lancent leurs intercepteurs, ces petits frelons électroniques qui s’élancent dans la nuit glaciale de janvier. Sur les écrans thermiques, les Shahed apparaissent comme des points lumineux — la chaleur de leurs moteurs trahit leur position. Le pilote ajuste sa trajectoire. Il accélère. Le STING se rapproche, se rapproche encore.
Puis c’est l’impact. Pas besoin d’ogive explosive sophistiquée. La vitesse combinée des deux appareils — le STING à plus de 300 km/h, le Shahed à 120 km/h — génère une énergie cinétique suffisante pour désintégrer les deux engins. Le drone iranien s’effondre, ses 15 kilos d’explosifs détonant parfois dans la chute, parfois s’écrasant inertes au sol. Vingt-deux fois cette nuit-là, le scénario s’est répété. Vingt-deux drones russes et iraniens transformés en confettis métalliques. Parmi eux, ce Shahed-107 flambant neuf, à peine sorti des chaînes de production de Téhéran. Bienvenue en Ukraine. Fin du voyage.
Section 3 : Wild Hornets — les frelons sauvages qui changent la guerre
Une armée de bénévoles contre les drones du Kremlin
Wild Hornets n’est pas une entreprise de défense traditionnelle. C’est une organisation caritative, un collectif bénévole qui fabrique des armes de guerre dans des ateliers improvisés. Ses fondateurs viennent du monde du drone racing — ces compétitions où des pilotes font voler des quadricoptères à des vitesses folles à travers des parcours d’obstacles. Quand la Russie a envahi l’Ukraine, ces passionnés ont compris que leurs compétences pouvaient servir à autre chose qu’à des trophées. Ils ont transformé leurs jouets en armes. Et leurs armes sont devenues révolutionnaires.
Le modèle de Wild Hornets repose sur le crowdfunding et les dons. Des Ukrainiens de la diaspora, des sympathisants du monde entier, financent la production de STING et d’autres drones intercepteurs. Chaque appareil coûte entre 3 000 et 5 000 dollars — une fraction du prix d’un missile sol-air. En échange, le gouvernement ukrainien a mis en place un système de primes : pour chaque Shahed détruit par leur technologie, les développeurs reçoivent 20 000 dollars. C’est du capitalisme de guerre à l’état pur. Et ça fonctionne. Wild Hornets aurait contribué à la destruction de centaines de drones ennemis depuis le début de ses opérations.
Le 47e Brigade « Magura » : des chasseurs d’élite
Les drones STING ne valent rien sans les hommes et les femmes qui les pilotent. L’unité Sky Wars de la 47e Brigade mécanisée « Magura » est devenue l’une des plus redoutables de l’armée ukrainienne. Ces pilotes sont formés pendant des mois à traquer des cibles en mouvement, à voler dans des conditions météorologiques extrêmes, à opérer de nuit avec uniquement des caméras thermiques pour guides. Certains utilisent encore des commandes manuelles. D’autres bénéficient de systèmes assistés par intelligence artificielle qui aident au verrouillage des cibles.
Le bilan du 24 janvier — 22 cibles en 6 heures — illustre leur efficacité létale. C’est presque 4 drones abattus par heure. Une cadence de feu que même les systèmes de défense aérienne traditionnels peinent à égaler. Et pour une fraction du coût. Un missile Patriot coûte environ 4 millions de dollars. Un STING coûte 5 000 dollars. L’Ukraine peut se permettre de perdre des centaines de STING pour détruire chaque Shahed. En réalité, le taux de succès moyen des drones intercepteurs ukrainiens atteint 68%, selon le président Zelensky. Deux tirs sur trois font mouche. C’est remarquable pour une technologie aussi jeune.
Je pense souvent à ces pilotes. Ces gamins — parce que beaucoup sont jeunes — assis dans des bunkers, les yeux rivés sur des écrans, qui passent leurs nuits à chasser des drones dans le ciel. Ils ne voient jamais leurs cibles en vrai. Ils ne voient que des pixels, des signatures thermiques, des trajectoires sur des cartes. Et pourtant, chaque fois qu’ils appuient sur la gâchette, ils sauvent des vies. Le Shahed qui n’atteint pas sa cible, c’est un immeuble qui ne s’effondre pas. C’est une famille qui dort tranquille. C’est un enfant qui se réveille le lendemain. Ces pilotes sont des héros. Et personne ne connaît leurs visages.
Section 4 : 40 000 drones intercepteurs — l'Ukraine passe à l'échelle industrielle
Le pari fou du ministère de la Défense
Le 20 janvier 2026, quatre jours avant l’interception du Shahed-107, le ministre ukrainien de la Défense Mykhailo Fedorov annonçait un objectif stupéfiant : livrer 40 000 drones intercepteurs aux forces armées d’ici la fin du mois. Quarante mille. En quelques semaines. C’est l’équivalent de la production aéronautique d’un pays moyen pendant une décennie. Et l’Ukraine compte le faire en un mois. Le programme, lancé début 2025, a été développé en coopération avec des unités militaires ukrainiennes et des institutions de recherche internationales. Il marque le passage de l’artisanat à l’industrie de masse.
Les chiffres de production ukrainienne défient l’entendement. En 2025, le pays a fabriqué plus de 3 millions de drones tous types confondus. Trois millions. C’est plus que le nombre de soldats russes déployés en Ukraine depuis le début de l’invasion. Et pour 2026, l’objectif est encore plus ambitieux. L’Ukraine déploie désormais environ 1 500 drones anti-Shahed par jour. Chaque jour. C’est une armée volante, une essaim permanent qui patrouille le ciel ukrainien 24 heures sur 24. La Russie peut envoyer des centaines de drones kamikazes chaque nuit. L’Ukraine peut en détruire davantage encore.
L’économie de la guerre des drones
Faisons le calcul. Un Shahed-136 coûte environ 20 000 dollars à produire. Un Shahed-107, plus sophistiqué, coûte probablement le double ou le triple. Un missile Patriot capable de les abattre coûte 4 millions de dollars. C’est un ratio de 200 pour 1. Chaque Shahed détruit par un Patriot représente une victoire tactique mais un désastre économique. À ce rythme, même les arsenaux américains se vident. Les drones intercepteurs changent radicalement cette équation. Un STING à 5 000 dollars contre un Shahed à 20 000 dollars : ratio de 4 pour 1 en faveur de la défense. Multipliez par des milliers d’interceptions, et vous comprenez pourquoi l’Ukraine mise tout sur cette technologie.
Le modèle économique mis en place par Kyiv est ingénieux. Les entreprises de défense qui développent des drones intercepteurs reçoivent une prime de 20 000 dollars pour chaque Shahed détruit. C’est quatre fois le coût de production d’un STING. Autrement dit, chaque interception réussie finance la production de plusieurs nouveaux intercepteurs. Le système s’autoalimente. Plus les Ukrainiens abattent de drones, plus ils peuvent en fabriquer. Plus ils en fabriquent, plus ils en abattent. C’est un cercle vertueux qui transforme chaque nuit de bombardement russe en investissement pour la défense aérienne ukrainienne.
Vous voulez savoir ce qui me frappe le plus dans cette histoire ? C’est le renversement complet des rapports de force économiques. La Russie, avec son budget militaire de 100 milliards de dollars, ses usines d’armement soviétiques, ses réserves de matériel, est en train de se faire battre sur le terrain de l’efficacité par un pays dont le PIB est dix fois inférieur. L’Ukraine n’a pas plus d’argent. Elle a plus d’intelligence. Plus de créativité. Plus de désespoir aussi — et le désespoir, parfois, c’est le meilleur moteur d’innovation qui soit.
Section 5 : Le Shahed-107 — radiographie d'un prédateur
Ce que révèlent les débris
Les services de renseignement ukrainiens ont récupéré plusieurs Shahed-107 plus ou moins intacts depuis leur première apparition en Ukraine en novembre 2025. L’analyse de ces épaves raconte une histoire troublante. Le fuselage est en fibre de carbone de haute qualité, renforcé d’éléments en aluminium — un mélange qui garantit légèreté et résistance. La configuration des ailes est haute, avec une envergure de 3 mètres, permettant un vol stable à basse altitude. L’empennage en X à l’arrière assure la stabilité aérodynamique pendant les manœuvres d’approche finale.
Mais c’est l’électronique qui intrigue le plus les analystes. Le Shahed-107 embarque un système de navigation à quatre antennes CRPA — une technologie anti-brouillage normalement réservée aux équipements militaires de pointe. Couplé à un module de navigation inertielle (IMU), il permet au drone de continuer sa mission même si les signaux GPS sont perturbés. Certaines versions seraient même capables de transmission vidéo en temps réel, permettant à un opérateur distant d’identifier visuellement sa cible avant l’impact. Ce n’est plus un simple drone kamikaze. C’est une munition intelligente.
La piste des composants occidentaux
Les révélations du HUR sur l’origine des composants sont accablantes. Malgré des années de sanctions internationales, l’Iran continue d’assembler ses drones avec des pièces fabriquées en Occident et en Asie. Les microcontrôleurs américains. Les capteurs suisses. Les moteurs chinois. Les composants électroniques japonais et taïwanais. Tout un réseau d’approvisionnement clandestin qui contourne les embargos, utilise des sociétés-écrans, fait transiter la marchandise par des pays tiers. Le Shahed-107 est un Frankenstein technologique, assemblé à partir de pièces détournées du monde entier.
Cette réalité pose des questions dérangeantes. Comment des composants américains se retrouvent-ils dans des armes utilisées pour bombarder des civils ukrainiens ? Qui profite de ce commerce ? Quelles entreprises ferment les yeux — ou pire, participent activement — à ce trafic ? Le Shahed-107 qui s’est écrasé le 24 janvier portait en lui les traces d’une mondialisation des armements qui échappe à tout contrôle. Et chaque débris analysé par les Ukrainiens ajoute une pièce au puzzle de ce scandale mondial.
Section 6 : La révolution de la défense aérienne — ce que l'Ukraine enseigne au monde
Quand les missiles deviennent obsolètes
Les états-majors du monde entier observent la guerre en Ukraine avec une attention fébrile. Ce qui s’y passe remet en question des décennies de doctrine militaire. La défense aérienne traditionnelle — radars géants, batteries de missiles, centres de commandement bunkerisés — coûte des milliards de dollars et prend des années à déployer. Elle est efficace contre les avions de combat et les missiles balistiques. Mais contre des essaims de drones à 20 000 dollars pièce ? C’est comme utiliser un lance-roquettes pour chasser des moustiques. Techniquement possible. Économiquement suicidaire.
L’Ukraine est en train d’inventer une nouvelle approche. Une défense aérienne en couches, où les missiles coûteux sont réservés aux menaces les plus dangereuses — missiles de croisière, missiles balistiques, avions de combat — tandis que les drones bon marché s’occupent des menaces bon marché. C’est du bon sens économique appliqué à la guerre. Et ça fonctionne. Le taux d’interception des Shahed par l’Ukraine dépasse les 80% certaines nuits. Avec des drones de 5 000 dollars. Les généraux de l’OTAN prennent des notes.
Ce que l’Ukraine fait avec les drones intercepteurs, c’est exactement ce que les manuels militaires disaient impossible. Battre une menace high-tech avec une réponse low-tech. Transformer une faiblesse — le manque de missiles coûteux — en force — la production de masse de drones bon marché. C’est de l’aikido militaire. Utiliser la force de l’adversaire contre lui. La Russie envoie des centaines de Shahed ? Parfait. Chaque Shahed détruit rapporte 20 000 dollars à l’industrie de défense ukrainienne. Merci Moscou. Continuez.
Les leçons pour les armées occidentales
Les États-Unis ont lancé en urgence des programmes de développement de systèmes anti-drones inspirés de l’expérience ukrainienne. L’armée américaine teste des lasers et des micro-ondes capables de griller l’électronique des drones en approche. L’Allemagne accélère le déploiement de ses systèmes MANTIS. La France réfléchit à des essaims de drones défensifs. Tout le monde a compris que la prochaine guerre — où qu’elle soit — ressemblera à celle-ci. Pas à celles d’avant.
Mais copier l’Ukraine n’est pas si simple. Ce qui fait la force des Wild Hornets et de leurs semblables, ce n’est pas seulement la technologie. C’est la culture d’innovation décentralisée. C’est la capacité à passer du prototype à la production de masse en quelques semaines. C’est l’agilité d’une startup appliquée à la guerre. Les armées occidentales, avec leurs processus d’acquisition qui prennent des années, leurs appels d’offres kafkaïens, leurs bureaucraties étouffantes, auront du mal à reproduire ce modèle. L’Ukraine innove parce qu’elle n’a pas le choix. Les autres innovent quand ça les arrange.
Section 7 : Le duel technologique — Iran, Russie et la course à l'armement drone
Téhéran face à ses limites
L’Iran a bâti sa réputation sur ses drones bon marché. Les Shahed-136 étaient censés être l’arme parfaite : assez simples pour être produits en masse, assez efficaces pour terroriser les populations civiles. Mais les Ukrainiens ont appris à les abattre. D’abord avec des mitrailleuses. Puis avec des missiles portables. Maintenant avec des drones intercepteurs. Le Shahed-107 était censé être la réponse — plus rapide, plus précis, plus résistant au brouillage. Il n’aura fallu que quelques semaines pour que les Ukrainiens trouvent la parade.
La course à l’armement entre Téhéran et Kyiv ressemble à un éternel jeu du chat et de la souris. L’Iran améliore ses drones. L’Ukraine améliore ses défenses. L’Iran ajoute des systèmes anti-brouillage. L’Ukraine développe des intercepteurs autonomes capables de poursuivre leur cible sans signal radio. L’Iran augmente la vitesse de ses appareils. L’Ukraine augmente celle des siens. Pour l’instant, les Ukrainiens gardent une longueur d’avance. Mais la partie est loin d’être terminée.
La Russie à la traîne
Et la Russie dans tout ça ? Elle regarde. Elle copie. Elle échoue. Moscou avait une industrie des drones quasi inexistante avant la guerre. Elle a tenté de la développer à marche forcée, mais elle reste dépendante des livraisons iraniennes et des composants chinois. Les drones russes — Lancet, Zala, Orlan — sont efficaces mais produits en quantités insuffisantes. Les Shahed iraniens comblent le vide. Sans l’Iran, la Russie n’aurait tout simplement pas les moyens de maintenir sa campagne de bombardements contre l’infrastructure ukrainienne.
L’ironie est cruelle. La Russie, qui se présentait comme une superpuissance technologique, dépend de l’Iran pour ses drones et de la Corée du Nord pour ses obus d’artillerie. Deux pays sous sanctions internationales. Deux parias de la communauté mondiale. C’est l’alliance des désespérés, des exclus du commerce international qui se serrent les coudes. Et en face, l’Ukraine, avec ses Wild Hornets, ses startups de défense, ses bénévoles qui fabriquent des armes dans leurs garages, démontre qu’on peut faire mieux avec moins. Beaucoup mieux.
Quand je regarde cette guerre des drones, je vois deux visions du monde qui s’affrontent. D’un côté, des régimes autoritaires — Russie, Iran — qui misent sur la masse, la brutalité, l’écrasement. De l’autre, une démocratie en guerre de survie qui mise sur l’intelligence, l’innovation, la créativité. Et pour l’instant, c’est la créativité qui gagne. Pas parce qu’elle est moralement supérieure — elle l’est, mais ce n’est pas le point. Parce qu’elle est plus efficace. Plus adaptable. Plus rapide. La guerre moderne appartient aux agiles, pas aux massifs. Et l’Ukraine est agile. Désespérément, magnifiquement agile.
Conclusion : La piqûre du frelon change la guerre
Une victoire qui en annonce beaucoup d’autres
Le Shahed-107 abattu le 24 janvier 2026 n’est qu’un drone parmi des milliers. Sa destruction ne changera pas le cours de la guerre à elle seule. Mais ce qu’elle symbolise est immense. C’est la preuve que l’Ukraine peut s’adapter plus vite que ses ennemis. Que chaque nouvelle arme iranienne ou russe trouvera sa parade ukrainienne en quelques semaines. Que la technologie et l’ingéniosité peuvent compenser le manque de ressources. Que David, avec son STING de 5 000 dollars, peut terrasser Goliath avec son Shahed de 50 000.
Les prochaines semaines verront le déploiement de 40 000 nouveaux drones intercepteurs dans le ciel ukrainien. Quarante mille frelons supplémentaires, prêts à piquer. La Russie peut envoyer ses essaims de Shahed. L’Iran peut développer des modèles toujours plus sophistiqués. Ils se heurteront à un mur de drones, piloté par des jeunes Ukrainiens en lunettes VR, financé par des dons du monde entier, produit dans des ateliers qui ressemblent plus à des makerspaces qu’à des usines d’armement. C’est la guerre du XXIe siècle. Et l’Ukraine est en train de l’écrire.
En repensant à cette nuit du 24 janvier, je me demande ce que pensait le pilote du STING qui a abattu le Shahed-107. Est-ce qu’il savait qu’il faisait l’histoire ? Est-ce qu’il savait que son geste — ce simple appui sur un joystick — serait analysé par des stratèges du monde entier ? Probablement pas. Il faisait juste son boulot. Protéger son pays. Protéger les siens. Et dans ce geste simple, répété des milliers de fois chaque nuit par des centaines de pilotes anonymes, il y a quelque chose de profondément humain. La volonté de survivre. De se battre. De ne jamais céder. C’est ça, l’Ukraine. Des gens ordinaires qui font des choses extraordinaires. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que c’est ça ou mourir.
La chasse continue
Cette nuit, pendant que vous lirez ces lignes, d’autres Shahed traverseront le ciel ukrainien. D’autres STING s’élanceront à leur poursuite. D’autres pilotes, les yeux fatigués, les doigts crispés sur les manettes, traqueront des signatures thermiques sur des écrans verdâtres. D’autres explosions illumineront brièvement la nuit glaciale. D’autres drones iraniens tomberont en morceaux sur la terre ukrainienne gelée. C’est le quotidien de cette guerre. Le rythme implacable de la défense aérienne au XXIe siècle. Un duel invisible, technologique, mortel, qui se joue chaque nuit au-dessus de millions de civils endormis.
Le frelon ukrainien a piqué. Et il piquera encore. Jusqu’à ce que le dernier Shahed soit abattu. Jusqu’à ce que le dernier drone iranien s’écrase au sol. Jusqu’à ce que le ciel d’Ukraine redevienne ce qu’il aurait toujours dû être : un espace de paix, pas un champ de bataille. Ce jour viendra. Et quand il viendra, on se souviendra de ces pilotes de STING, de ces Wild Hornets, de ces innovateurs fous qui ont changé les règles du jeu. On se souviendra du 24 janvier 2026. Le jour où un drone fait maison a abattu la fierté de l’arsenal iranien. Le jour où les frelons ont prouvé qu’ils pouvaient vaincre les étoiles.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, militaires et technologiques qui façonnent les conflits contemporains. Mon travail consiste à décortiquer les évolutions tactiques, à comprendre les innovations sur le champ de bataille, à contextualiser les choix stratégiques des belligérants et à proposer des perspectives analytiques sur cette guerre qui redéfinit l’art militaire du XXIe siècle.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes de ce conflit. Mon rôle est de donner du sens aux images et aux données qui nous parviennent du front, de les situer dans leur contexte technologique et historique, et d’offrir une lecture critique qui dépasse le simple décompte des pertes.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des forces armées ukrainiennes, publications de la 47e Brigade mécanisée « Magura », rapports du renseignement militaire ukrainien (HUR), déclarations du ministère ukrainien de la Défense, données de l’OSINT (renseignement en sources ouvertes).
Sources secondaires : analyses de UNITED24 Media, Defence Express, Eurasian Times, TVP World, Gwara Media, UA News, publications spécialisées en défense et armement, rapports d’analystes militaires reconnus internationalement.
Les données techniques sur le Shahed-107 proviennent des analyses du renseignement ukrainien publiées dans les médias spécialisés. Les informations sur le programme de drones intercepteurs proviennent des déclarations officielles du gouvernement ukrainien et des organisations impliquées.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre de l’évolution de la guerre des drones en Ukraine et de la révolution technologique en cours, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue du conflit ukrainien depuis février 2022.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
UNITED24 Media – Ukraine Shoots Down Iranian Shahed-107 Using Homegrown Interceptor Drone – 24 janvier 2026
Forces armées ukrainiennes – Communiqué de la 47e Brigade mécanisée « Magura » – 24 janvier 2026
Ministère ukrainien de la Défense – Annonce du programme de 40 000 drones intercepteurs – 20 janvier 2026
Direction du renseignement de la défense d’Ukraine (HUR) – Analyse technique du Shahed-107 – janvier 2026
Sources secondaires
Eurasian Times – Russia Unleashes Shahed-107! Ukraine’s Interceptor Drone « Stings » Brand New Iranian Kamikaze UAV – janvier 2026
Defence Express – Inside the Shahed-107 Drone: Ukraine Maps Out Iran’s Latest Kamikaze UAV – janvier 2026
TVP World – First combat downing of Iran’s Shahed-107 drone confirmed by Ukraine – janvier 2026
UA News – Wild Hornets show first shoot-down of new Shahed-107 drone – décembre 2025
UNITED24 Media – Ukraine Is Now Deploying 1,500 Anti-Shahed Drones a Day—and It’s Changing the Air War – janvier 2026
Gwara Media – Ukraine downs new Iranian Shahed-107 – janvier 2026
Slate.fr – L’Ukraine veut produire 40 000 drones intercepteurs par mois – janvier 2026
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