Une campagne systématique contre l’or noir russe
L’attaque du 26 janvier s’inscrit dans une séquence ininterrompue de frappes contre l’infrastructure pétrolière russe. Le 21 janvier, c’était la raffinerie Afipsky, également dans la région de Krasnodar, qui était visée. Cette installation, d’une capacité de 9,1 millions de tonnes par an — soit environ 180 000 barils par jour — avait déjà été touchée en décembre. Le schéma est toujours le même : des drones de longue portée, des frappes nocturnes, des incendies qui mobilisent les pompiers pendant des heures. La nuit du Nouvel An 2026, l’Ukraine avait frappé simultanément la raffinerie Ilsky et la célèbre raffinerie de Tuapse — l’une des dix plus grandes de Russie, capable de traiter 12 millions de tonnes de produits pétroliers par an.
La raffinerie de Tuapse joue un rôle clé dans l’approvisionnement militaire russe. Sa frappe a endommagé l’unité de traitement primaire ELOU-AVT-12 et d’autres installations complexes. Un coup dur pour la logistique de guerre de Moscou. Quelques jours plus tôt, le 25 décembre 2025, c’était la raffinerie de Novoshakhtinsk dans la région de Rostov-sur-le-Don qui était frappée — cette fois avec des missiles Storm Shadow britanniques. L’état-major ukrainien avait alors précisé que cette installation était « l’un des principaux fournisseurs de produits pétroliers dans le sud de la Russie » et qu’elle approvisionnait directement les forces armées russes. Le message est clair : chaque raffinerie touchée, c’est du carburant en moins pour les tanks, les blindés, les avions qui frappent l’Ukraine.
On a longtemps cru que l’Ukraine ne pouvait que subir. Encaisser les coups. Compter ses morts. Supplier l’Occident pour des armes qui arrivaient au compte-gouttes. Et puis quelque chose s’est passé. Kiev a compris que la meilleure défense, c’est parfois l’attaque. Que frapper les raffineries russes, c’était affaiblir la machine de guerre ennemie plus sûrement que n’importe quelle ligne de tranchées. Que chaque litre de carburant qui ne sort pas d’une raffinerie en flammes, c’est un char qui n’avancera pas, un avion qui ne décollera pas, un missile qui ne sera pas lancé. La guerre de l’énergie est devenue le nouveau front. Et sur ce front-là, l’Ukraine marque des points.
L’extension du champ de bataille jusqu’à la mer Caspienne
L’audace ukrainienne ne se limite pas aux raffineries du sud de la Russie. Mi-décembre 2025, les drones de Kyiv ont frappé des cibles encore plus lointaines : les plateformes pétrolières offshore de la mer Caspienne. Le 14 décembre, la plateforme de forage Grayfer était touchée. Résultat : les 14 puits du site ont été mis hors service. Une production de 3 500 tonnes de pétrole par jour stoppée net. Le module de traitement du gaz et de pompage a été endommagé. Trois jours plus tôt, le 11 décembre, c’était le champ Vladimir Filanovsky qui était visé — décrit comme « un joyau du portefeuille de Lukoil ». Plus de 20 puits suspendus.
Les responsables ukrainiens ont qualifié ces frappes lointaines d’ouverture d’un « deuxième front en Caspienne ». Un message stratégique adressé à Moscou : même vos installations les plus éloignées ne sont plus à l’abri. Même vos « lignes de vie économique les plus reculées » peuvent être atteintes. Cette capacité de projection à longue distance change la donne. Elle oblige la Russie à disperser ses moyens de défense aérienne sur un territoire immense. Elle force le Kremlin à repenser sa stratégie de protection des infrastructures critiques. Elle démontre que les drones ukrainiens — notamment le nouveau missile Flamingo — peuvent porter leur charge bien plus loin que les modèles précédents.
Les conséquences économiques : le prix du pétrole qui ne coule plus
Une capacité de raffinage amputée de 17 %
Les chiffres sont implacables. Selon les calculs de Reuters, les frappes ukrainiennes récentes ont réduit la capacité de raffinage de la Russie de 17 %. En termes concrets : environ 1,1 million de barils par jour ne sont plus traités. C’est l’équivalent de la production quotidienne de certains pays producteurs de taille moyenne. C’est un manque à gagner considérable pour le budget russe, qui dépend largement des revenus pétroliers pour financer sa guerre. Chaque raffinerie endommagée, c’est une capacité de production qui met des semaines, parfois des mois à être restaurée. Les pièces de rechange sont difficiles à obtenir à cause des sanctions. Les techniciens qualifiés manquent. La reconstruction est lente et coûteuse.
Les conséquences se font sentir sur le terrain russe. Des pénuries de carburant sont signalées dans certaines régions. Des files d’attente apparaissent aux stations-service. Les prix de l’essence augmentent. Le gouvernement russe a dû reconduire l’interdiction d’exporter de l’essence jusqu’à la fin de l’année — une mesure destinée à préserver l’approvisionnement intérieur, mais qui prive le pays de précieuses devises étrangères. Plus surprenant encore : la Russie a commencé à importer de l’essence, notamment de Chine. Un comble pour le deuxième producteur mondial de pétrole. Un signe que les frappes ukrainiennes commencent à produire des effets tangibles sur l’économie de guerre russe.
Il y a quelque chose de presque surréaliste dans cette situation. La Russie, géant pétrolier, puissance énergétique mondiale, contrainte d’importer de l’essence. La Russie, qui utilise ses hydrocarbures comme arme géopolitique depuis des décennies, obligée de rationner son propre carburant. La Russie, qui se vantait de pouvoir tenir indéfiniment face aux sanctions occidentales, forcée de reconnaître que ses raffineries brûlent plus vite qu’elle ne peut les réparer. Ce n’est pas encore l’effondrement. Mais c’est une fissure. Une fissure qui s’agrandit à chaque drone qui atteint sa cible.
L’objectif ukrainien : assécher la machine de guerre
La stratégie ukrainienne est limpide : priver Moscou des revenus pétroliers qui financent la guerre. Chaque raffinerie touchée, c’est moins d’argent pour acheter des missiles, des drones Shahed, des munitions nord-coréennes. Chaque dépôt en flammes, c’est du carburant qui ne parviendra pas aux unités combattantes sur le front. L’Ukraine ne peut pas rivaliser avec la Russie en termes de masse — ni en hommes, ni en matériel, ni en profondeur stratégique. Mais elle peut frapper intelligemment. Cibler les points névralgiques. Exploiter les faiblesses d’un adversaire dont le territoire immense est impossible à défendre partout à la fois.
Le dépôt pétrolier de Zhutovskaya, frappé le 10 janvier 2026 dans la région de Volgograd, illustre cette approche. L’état-major ukrainien a confirmé que ce dépôt approvisionnait directement les forces russes. En le détruisant, l’Ukraine ne se contente pas de faire des dégâts matériels. Elle complique la logistique de l’armée adverse. Elle oblige les Russes à trouver des sources d’approvisionnement alternatives, plus éloignées, plus coûteuses. Elle ralentit le tempo des opérations ennemies. C’est une guerre d’attrition économique, menée en parallèle de la guerre de positions sur le front. Et cette guerre-là, l’Ukraine la mène avec une efficacité croissante.
La réponse russe : entre déni et représailles
Les communiqués officiels et la réalité des flammes
Face à ces frappes répétées, la communication russe oscille entre minimisation et silence. Lors de l’attaque sur la raffinerie Afipsky le 21 janvier, les autorités régionales ont affirmé que « les débris du drone sont tombés sur le territoire de l’installation et ont causé un incendie, qui a été rapidement maîtrisé ». Aucune victime, aucun dommage à l’infrastructure, assurait-on. Bloomberg a précisé ne pas pouvoir vérifier ces affirmations de manière indépendante. L’opérateur de l’installation, ForteInvest, n’a pas répondu aux demandes d’information sur l’impact potentiel sur les taux de traitement. Le silence est parfois plus éloquent que les communiqués.
Le ministère russe de la Défense publie régulièrement des bilans des drones abattus. Dans la nuit du 20-21 janvier 2026, il revendiquait l’interception de 75 drones ukrainiens, dont 45 dans la seule région de Krasnodar. Des chiffres impressionnants sur le papier. Mais qui posent question quand on constate que des raffineries continuent de brûler nuit après nuit. Soit les systèmes de défense anti-aérienne russes ne sont pas aussi efficaces qu’annoncé. Soit le nombre de drones lancés par l’Ukraine dépasse la capacité d’interception. Probablement un peu des deux. Le résultat est là : malgré les interceptions revendiquées, les frappes passent, les cibles sont touchées, les flammes illuminent le ciel russe.
Les communiqués officiels russes sont devenus un genre littéraire à part entière. « Incendie rapidement maîtrisé. » « Aucun dommage significatif. » « Tous les drones abattus. » Et pourtant, les images satellites montrent des installations en ruine. Les vidéos des habitants montrent des flammes qui dévorent les réservoirs. Les pénuries de carburant se multiplient. Il y a un décalage croissant entre le récit officiel et la réalité observable. Un décalage que même la propagande la plus rodée ne parvient plus à masquer. La vérité a tendance à s’imposer, surtout quand elle brûle à plusieurs centaines de degrés.
Les représailles sur l’infrastructure ukrainienne
Face aux frappes ukrainiennes sur son infrastructure énergétique, Moscou répond par des attaques massives sur le réseau électrique ukrainien. Le 10 janvier 2026, jour où l’Ukraine frappait le dépôt de Zhutovskaya, la Russie lançait un nouveau missile hypersonique ainsi que des drones et d’autres armes sur Kyiv. Résultat : des perturbations dans l’approvisionnement électrique et le chauffage de la capitale, en plein hiver. Des millions d’Ukrainiens privés de courant alors que les températures plongent sous zéro. La guerre des infrastructures se joue des deux côtés. Avec une différence de taille : l’Ukraine cible des installations industrielles. La Russie vise les civils.
Le 21 janvier 2026, une attaque de drone sur les terminaux pétroliers de la région de Krasnodar a fait trois morts et huit blessés dans le village de Volna. Quatre réservoirs de produits pétroliers ont pris feu sur le territoire portuaire. Le gouverneur Veniamine Kondratiev a confirmé le bilan sur Telegram. Ces victimes russes sont les dommages collatéraux d’une guerre que leur propre gouvernement a déclenchée. Une guerre qui revient désormais frapper le sol russe. Une guerre dont les citoyens russes ordinaires commencent à payer le prix, eux aussi. Pas au même degré que les Ukrainiens, bien sûr. Mais suffisamment pour que la réalité du conflit devienne tangible au-delà des communiqués victorieux de la télévision d’État.
La dimension technologique : les drones changent la guerre
L’innovation ukrainienne face au géant russe
L’Ukraine a fait de la guerre des drones un domaine d’excellence. Faute de pouvoir rivaliser avec l’aviation russe, Kyiv a misé sur ces engins sans pilote, moins coûteux, plus faciles à produire en masse, capables d’atteindre des cibles à des centaines de kilomètres. Le résultat est spectaculaire. Des raffineries situées à plus de 1 000 kilomètres de la ligne de front sont désormais à portée de frappe. Les plateformes pétrolières de la mer Caspienne, à plus de 1 500 kilomètres, ont été touchées. Le nouveau missile Flamingo, développé localement, étend encore la portée des frappes ukrainiennes. Ce n’est plus seulement la région de Krasnodar qui tremble. C’est l’ensemble de l’infrastructure énergétique russe qui devient vulnérable.
Cette capacité de frappe à longue distance pose un défi stratégique majeur à Moscou. La Russie est un pays immense — le plus grand du monde en superficie. Défendre chaque raffinerie, chaque dépôt, chaque installation critique est impossible. Les systèmes de défense anti-aérienne, aussi sophistiqués soient-ils, ne peuvent pas être partout. Et les drones ukrainiens, produits en quantités croissantes, saturent les défenses. Pour chaque drone abattu, un autre passe. Et il suffit d’un seul pour mettre le feu à une raffinerie. Le rapport coût-efficacité est dévastateur pour la Russie. Un drone coûte quelques dizaines de milliers de dollars. Les dégâts qu’il cause se chiffrent en dizaines de millions.
David contre Goliath. L’image est éculée, mais elle s’impose. L’Ukraine, pays plus petit, moins peuplé, moins riche, réussit à frapper le colosse russe là où ça fait mal. Avec des moyens limités. Avec de l’ingéniosité. Avec une détermination que trois ans de guerre n’ont pas entamée. Ces drones qui traversent des centaines de kilomètres pour aller frapper une raffinerie, ce n’est pas juste de la technologie. C’est une revanche. C’est la preuve qu’on peut se défendre même quand on est plus petit. Qu’on peut faire mal même quand on a moins de moyens. Qu’on peut refuser de perdre même quand tout le monde vous avait condamné.
L’escalade technologique et ses limites
La guerre des drones connaît une escalade permanente. D’un côté, l’Ukraine améliore constamment ses engins — portée accrue, précision améliorée, capacité à éviter les défenses. De l’autre, la Russie renforce ses systèmes anti-aériens, déploie des brouilleurs, tente de contrer la menace. Une course aux armements technologiques qui s’accélère de mois en mois. Les frappes ukrainiennes de janvier 2026 montrent que Kyiv garde pour l’instant l’avantage. Mais rien n’est acquis. Moscou dispose de ressources considérables pour améliorer ses défenses. La question est de savoir qui innovera le plus vite.
Il y a aussi la question des fournisseurs. L’Ukraine développe ses propres drones, mais reçoit également une aide occidentale croissante. Les missiles Storm Shadow britanniques ont été utilisés pour frapper la raffinerie de Novoshakhtinsk en décembre. L’autorisation donnée par Washington et Londres d’utiliser des armes à longue portée contre le territoire russe a changé la donne. Elle permet à l’Ukraine de frapper plus loin, plus fort, avec des munitions plus précises que ses drones artisanaux. Cette dimension internationale ajoute une couche de complexité au conflit. Et fait peser sur les Occidentaux une responsabilité directe dans les frappes sur le sol russe.
Le contexte géopolitique : une guerre qui s'enracine
Bientôt quatre ans de conflit
Le 24 février 2026 marquera le quatrième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine. Quatre ans de guerre. Quatre ans de destructions. Quatre ans de morts — plus de 1,2 million de pertes côté russe selon les estimations ukrainiennes, des dizaines de milliers de civils et de soldats ukrainiens tués. Quatre ans qui ont redessiné la carte de l’Europe. Qui ont brisé l’illusion d’une paix perpétuelle sur le continent. Qui ont réveillé l’OTAN de sa torpeur. Qui ont montré que la guerre conventionnelle, celle des tranchées et des bombardements, celle qu’on croyait appartenir au passé, restait une possibilité terrifiante au XXIe siècle.
Dans ce contexte, les frappes sur les raffineries russes prennent une signification particulière. Elles montrent que l’Ukraine n’est pas en train de perdre. Qu’elle conserve une capacité offensive. Qu’elle peut porter la guerre sur le territoire de l’agresseur. C’est un message adressé autant à Moscou qu’à l’Occident. À Moscou : vous ne pouvez pas nous envahir impunément, nous frapperons en retour. À l’Occident : votre soutien porte ses fruits, continuez à nous armer. L’Ukraine se bat sur plusieurs fronts — militaire, économique, diplomatique. Et sur chacun de ces fronts, elle refuse de céder.
Quatre ans. Bientôt quatre ans que cette guerre dure. Quatre ans que des gens meurent. Quatre ans que des villes sont rasées. Quatre ans que des familles sont séparées, des vies brisées, des destins anéantis. On s’y est presque habitué. C’est devenu un bruit de fond, une ligne dans les journaux, une notification qu’on balaie sur son téléphone. Mais pour ceux qui sont là-bas, c’est le quotidien. C’est le réveil en sursaut quand les sirènes hurlent. C’est le froid quand le chauffage ne marche plus. C’est l’absence de ceux qui ne reviendront pas. On ne devrait jamais s’habituer à la guerre. Jamais.
Les perspectives de paix et l’ombre de Trump
La question de la paix plane sur ce conflit comme un mirage dans le désert. Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche en janvier 2025, a promis de mettre fin à la guerre rapidement. Un an plus tard, la guerre continue. Les négociations avancent au compte-gouttes. Les positions restent inconciliables. Moscou exige la reconnaissance de ses conquêtes territoriales. Kyiv refuse de céder un pouce de son territoire. L’Occident hésite entre soutien à l’Ukraine et lassitude face à un conflit qui s’éternise. Dans ce contexte, les frappes sur les raffineries peuvent être lues comme un message de Kyiv : nous avons des cartes à jouer, nous ne négocierons pas en position de faiblesse.
Le président Zelensky a répété sa volonté de récupérer tous les territoires occupés, y compris la Crimée. Une position maximaliste que certains jugent irréaliste. Mais qui reflète le sentiment d’une nation qui refuse de capituler après avoir subi tant de souffrances. Les frappes sur l’infrastructure pétrolière russe s’inscrivent dans cette logique. Affaiblir l’ennemi. Lui faire payer le prix de son agression. Démontrer que la victoire russe n’est pas inévitable. Que le temps ne joue pas forcément en faveur de Moscou. Que chaque jour qui passe, c’est une raffinerie de plus en flammes, un milliard de moins dans les caisses du Kremlin, un pas de plus vers l’épuisement d’un agresseur qu’on croyait invincible.
Conclusion : Le feu qui ne s'éteint pas
Une guerre d’usure aux conséquences imprévisibles
La frappe sur la raffinerie Slavyansky du 26 janvier 2026 n’est qu’un épisode parmi d’autres dans cette guerre d’usure. Demain, ce sera une autre installation. Après-demain, une autre encore. L’Ukraine a démontré sa capacité à frapper le cœur économique de la Russie. Elle a prouvé que les drones pouvaient changer le cours d’un conflit. Elle a montré qu’un pays plus petit, moins puissant, pouvait tenir tête à un géant. Mais la guerre est loin d’être finie. Les mois, peut-être les années à venir verront cette confrontation se poursuivre. Avec son lot de destructions, de souffrances, de morts.
Ce qui se joue en Ukraine, c’est plus qu’un conflit territorial. C’est l’avenir de l’ordre international. C’est la question de savoir si un pays peut envahir son voisin impunément. C’est le test de la solidarité occidentale face à l’agression. C’est la démonstration que la résistance est possible, même face à un ennemi plus puissant. Chaque raffinerie qui brûle en Russie, c’est un message envoyé au monde : l’Ukraine ne se rendra pas. Elle se battra. Jusqu’au bout s’il le faut. Avec les moyens qu’elle a. Avec l’aide qu’on lui donne. Avec une détermination que trois ans de guerre n’ont pas entamée.
Je pense à ces Ukrainiens qui, quelque part dans un hangar, assemblent les drones qui partiront frapper les raffineries russes. Des techniciens, des ingénieurs, des gens ordinaires transformés en artisans de guerre par la nécessité. Je pense à ces pilotes qui, dans l’obscurité, guident leurs engins vers des cibles situées à des centaines de kilomètres. Je pense à ce qu’ils ressentent quand ils voient les flammes sur leurs écrans. La satisfaction du travail accompli ? Le soulagement d’avoir frappé l’ennemi ? Ou simplement l’épuisement de ceux qui se battent depuis trop longtemps ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est qu’ils continuent. Nuit après nuit. Frappe après frappe. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que leur pays est en guerre. Parce que capituler n’est pas une option.
Le prix de la résistance
Cette nuit du 26 janvier 2026, la raffinerie Slavyansky brûlait dans le sud de la Russie. Une installation parmi d’autres. Un incendie parmi d’autres. Une frappe parmi d’autres. Mais derrière chaque flamme, il y a une histoire. Celle d’un pays qui refuse de mourir. Celle d’une nation qui se bat avec ce qu’elle a. Celle d’un peuple qui a choisi la résistance plutôt que la soumission. Les raffineries brûleront encore. Les drones continueront à traverser le ciel nocturne. La guerre poursuivra sa course sanglante. Jusqu’à quand ? Personne ne le sait. Ce qu’on sait, c’est que ce soir, quelque part en Ukraine, un autre drone est en train d’être préparé. Pour la prochaine frappe. Pour la prochaine nuit. Pour la prochaine bataille dans cette guerre qui ne s’arrête pas.
Les flammes de Slavyansky finiront par s’éteindre. Les pompiers russes maîtriseront l’incendie. Les équipes de réparation commenceront leur travail. Et pendant ce temps, à Kyiv, à Kharkiv, à Dnipro, des Ukrainiens regarderont leur téléphone, verront la nouvelle de la frappe, et ressentiront peut-être un bref instant de satisfaction. Avant de retourner à leur quotidien de guerre. Avant la prochaine alerte. Avant le prochain bombardement. Avant la prochaine tragédie. Car c’est ça, la guerre. Un feu qui ne s’éteint pas. Une douleur qui ne passe pas. Une histoire qui ne finit pas. Pas encore.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, militaires et stratégiques qui façonnent ce conflit. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies militaires, à comprendre les enjeux économiques de la guerre énergétique, à contextualiser les frappes ukrainiennes dans le cadre plus large de la guerre russo-ukrainienne et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent l’équilibre des forces.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux militaires et économiques qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels de l’état-major ukrainien, déclarations du Centre ukrainien de contre-désinformation, communications des autorités régionales russes (gouverneurs, quartiers généraux opérationnels), dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Bloomberg, Associated Press).
Sources secondaires : analyses de médias spécialisés (Kyiv Independent, Kyiv Post, The Moscow Times, OilPrice.com, Rigzone), rapports d’instituts de recherche, données de la communauté OSINT (Exilenova+), publications de Defense Express et RFE/RL.
Les données statistiques citées (capacité de raffinage, pertes de production, nombre de barils) proviennent de calculs de Reuters et d’estimations d’analystes du secteur énergétique.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre de la guerre russo-ukrainienne, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue du conflit et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les belligérants.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Bloomberg News — Ukraine Says It Attacked Small Oil Refinery in Southern Russia — 26 janvier 2026
Reuters — Calculs sur la réduction de la capacité de raffinage russe — janvier 2026
État-major ukrainien — Communiqués sur les frappes contre les infrastructures russes — janvier 2026
Ministère russe de la Défense — Bilans des interceptions de drones — janvier 2026
Gouvernement régional de Krasnodar — Déclarations officielles sur les incidents — janvier 2026
Sources secondaires
Kyiv Independent — Ukraine confirms drone strike on oil refinery in Russia’s Krasnodar Krai — 26 janvier 2026
Rigzone — Russia Says Ukraine Attacked Afipsky Refinery Overnight — 21 janvier 2026
OilPrice.com — Ukraine Hits Slavyansky Oil Refinery and Rostov Depot in Overnight Deep Strikes — décembre 2025
The Moscow Times — Ukrainian Drone Attacks Spark Blazes at Seaport and Oil Refinery in Southern Russia — 25 décembre 2025
NPR — Ukrainian drones set fire to Russian oil depot after Moscow launches new hypersonic missile — 10 janvier 2026
Kyiv Post — Analysis: Ukraine Punches Back Against Russia, No Letup to Oil Refinery Strikes — janvier 2026
Defense Express — Ukrainian Forces Strike russian Oil Refineries and Targets in Occupied Territories — janvier 2026
RFE/RL — Ukraine’s Long-Distance Drones Take Toll On Russia’s Oil Business — janvier 2026
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