Skip to content
Mark Rutte lâche une bombe au Parlement européen : sans les États-Unis, l’Europe est une proie
Crédit: Adobe Stock

Le spectre du Groenland

Pour saisir la charge émotionnelle de cette intervention, il faut remonter quelques jours en arrière. L’Europe sort d’une semaine cauchemardesque. Donald Trump, à peine installé dans son nouveau mandat, a renouvelé ses menaces sur le Groenland, ce territoire danois semi-autonome que le président américain convoite ouvertement. Des menaces de tarifs douaniers, des déclarations incendiaires, une rhétorique qui flirte avec l’annexion pure et simple d’un territoire appartenant à un allié de l’OTAN. Au Danemark, c’est la stupeur. La première ministre Mette Frederiksen parle de « fin de l’OTAN » si Washington persiste. La crise menace de faire imploser l’Alliance atlantique de l’intérieur.

C’est dans ce contexte volcanique que Mark Rutte a rencontré Trump au Forum économique mondial de Davos, quelques jours plus tôt. Les deux hommes ont négocié. Un « cadre d’accord » a émergé, dont les détails restent flous, mais qui aurait apaisé les tensions immédiates. Trump a finalement exclu publiquement le recours à la force pour s’emparer de l’île arctique. Une victoire diplomatique pour Rutte ? Peut-être. Mais à quel prix ? Le secrétaire général de l’OTAN est désormais perçu par certains comme un homme qui fait la cour au président américain, qui le défend même quand il menace des alliés européens. Devant le Parlement européen, Rutte a choisi son camp : il préfère un Trump imprévisible mais engagé plutôt qu’une Europe seule face à ses démons.

Que ressentent les Danois ce matin ? Leur territoire est convoité par leur propre allié, et le chef de l’OTAN vient de dire que Trump « mérite d’être défendu ». Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette séquence. Comme si les règles du jeu avaient changé sans que personne ne nous prévienne. Comme si la loyauté entre alliés était devenue une notion flexible, négociable au gré des rapports de force. Je me demande combien de citoyens européens réalisent à quel point leur sécurité dépend des humeurs d’un seul homme à Washington.

L’Ukraine en toile de fond

Et puis il y a l’Ukraine. Toujours l’Ukraine. La guerre qui dure depuis bientôt quatre ans. Les forces russes qui grignotent du terrain. Les infrastructures énergétiques ukrainiennes qui s’effondrent sous les bombardements. Rutte a salué l’Union européenne pour avoir mis sur pied un prêt de 90 milliards d’euros à Kyiv. Mais il a immédiatement tempéré : l’Europe « ne peut pas actuellement fournir presque assez de ce dont l’Ukraine a besoin ». Il a exhorté les parlementaires à faire preuve de « flexibilité », à ne pas exiger que cet argent serve uniquement à acheter des armes fabriquées en Europe. Une façon polie de dire que l’industrie de défense européenne est incapable de répondre à la demande. Que sans les arsenaux américains, l’Ukraine serait déjà à genoux.

Les chiffres de défense européens commencent certes à bouger. Tous les alliés de l’OTAN ont atteint l’objectif de 2 % du PIB fin 2025, contre seulement trois pays en 2014. La Pologne caracole à 4,5 %, la Lituanie à 4 %, la Lettonie à 3,7 %. L’Estonie vise 5 % dès 2026. Les pays de l’Est, ceux qui sentent le souffle de la Russie sur leur nuque, ont compris le message depuis longtemps. Mais l’Allemagne ? La France ? Les grands pays d’Europe occidentale restent englués dans des débats budgétaires sans fin, des arbitrages politiques paralysants, une incapacité chronique à se projeter dans un monde où la guerre n’est plus une hypothèse lointaine mais une réalité quotidienne à deux mille kilomètres de Berlin.

Sources

Sources primaires

NATO – NATO Secretary General attends meeting of the European Parliament’s Committee on Security and Defence – 26 janvier 2026
NATO – Remarks by NATO Secretary General at World Economic Forum, Davos – 21 janvier 2026
NATO – Defence expenditures and NATO’s 5% commitment – Janvier 2026
NATO – Defence Expenditure of NATO Countries (2014-2025) – 2025

Sources secondaires

The Washington Post – NATO chief wishes ‘good luck’ to those who think Europe can defend itself without US help – 26 janvier 2026
CNN – NATO chief says Europe should ‘keep on dreaming’ if it thinks it can defend itself without the US – 26 janvier 2026
Euronews – Rutte defies MEPs and praises Trump as ‘very important’ to NATO – 26 janvier 2026
DutchNews.nl – « We cannot do without US support, » says Nato chief Mark Rutte – 26 janvier 2026
The Philadelphia Inquirer – NATO chief wishes ‘good luck’ to those who think Europe can defend itself without U.S. help – 26 janvier 2026
Carnegie Endowment for International Peace – Taking the Pulse: Can Europeans Build Their Independent Extended Nuclear Deterrent? – Avril 2025
Atlantic Council – Reading between the lines of the new France-UK nuclear entente – Juillet 2025
Brookings Institution – Should Europeans develop an independent nuclear deterrent? – 2025
EU Council – EU defence in numbers – Janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu