Des mots qu’on n’entend jamais d’un gouverneur républicain
Le gouverneur du Vermont, Phil Scott, n’est pas un radical. C’est un républicain modéré, réélu plusieurs fois dans un État qui penche démocrate. Un homme mesuré, prudent dans ses déclarations. Ce qu’il a écrit sur les réseaux sociaux le 25 janvier 2026 a donc fait l’effet d’une bombe. Assez, a-t-il lancé. Il n’est pas acceptable que des citoyens américains soient tués par des agents fédéraux pour avoir exercé leurs droits constitutionnels de manifester contre leur gouvernement. Puis il est allé plus loin. Beaucoup plus loin.
Au mieux, a écrit Scott, ces opérations fédérales d’immigration sont un échec total de coordination des pratiques de sécurité publique, de formation et de leadership. Au pire, c’est une intimidation fédérale délibérée et une incitation contre les citoyens américains qui aboutit au meurtre d’Américains. Le mot est lâché. Meurtre. Un gouverneur républicain accuse l’administration Trump de meurtre. Dans n’importe quel autre contexte, ce serait inimaginable. Dans celui-ci, après les images de Pretti abattu en pleine rue, ça ressemble à ce que beaucoup pensent tout bas.
L’appel à suspendre les opérations
Phil Scott ne s’est pas arrêté au constat. Il a demandé au président Trump de suspendre ces opérations, de désamorcer la situation et de recentrer le gouvernement fédéral sur les criminels étrangers véritablement dangereux. C’est une demande simple, raisonnable. C’est aussi une gifle monumentale pour une administration qui martèle depuis des semaines que ses agents sont des héros et que quiconque s’oppose à eux est un agitateur d’extrême gauche.
Le Vermont est loin du Minnesota. Phil Scott n’a rien à gagner politiquement à s’opposer à Trump sur ce dossier. Mais il a vu les vidéos. Il a vu un homme se faire abattre alors qu’il tenait un téléphone. Il a entendu l’administration le traiter de terroriste. Et quelque chose s’est brisé. Quelque chose qui ressemble à la limite de ce qu’un homme peut accepter de voir faire au nom de son parti.
Section 3 : Kevin Stitt et la question que personne ne veut poser
Quel est l’objectif final?
Le gouverneur de l’Oklahoma, Kevin Stitt, est un républicain d’une autre trempe. C’est un allié de Trump. Il a collaboré avec l’ICE l’année dernière dans le cadre de l’opération Guardian, qui a permis l’arrestation de 120 immigrants illégaux à la frontière avec le Texas. Ce n’est pas un opposant au président. C’est quelqu’un qui croit à l’application de la loi sur l’immigration. Et pourtant, sur CNN dimanche, il a dit quelque chose qu’aucun républicain n’ose normalement formuler.
La mort d’Alex Pretti est une vraie tragédie, a déclaré Stitt. Les Américains n’aiment pas ce qu’ils voient en ce moment. Puis il a posé la question qui fait mal : Quel est l’objectif final? Est-ce de déporter chaque personne qui n’est pas citoyenne américaine? Je ne pense pas que ce soit ce que les Américains veulent. Cette question, personne dans l’entourage de Trump ne veut y répondre. Parce que la réponse honnête serait trop révélatrice. Parce que la réponse honnête montrerait que cette opération au Minnesota n’est plus vraiment une question d’immigration.
Kevin Stitt a mis le doigt sur quelque chose d’essentiel. Depuis des semaines, on nous parle de criminels dangereux, de violeurs, de meurtriers qu’il faut expulser. D’accord. Personne ne conteste ça. Mais Alex Pretti n’était pas un criminel. Renée Good, tuée le 7 janvier, n’était pas une criminelle. Ce sont des citoyens américains, nés sur ce sol, qui ont été abattus pour s’être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Alors oui, la question de Stitt mérite une réponse. Quel est l’objectif? Jusqu’où ça va aller? Et combien d’Américains vont encore mourir avant que quelqu’un appuie sur le bouton pause?
Personne n’aime les fédéraux dans son État
Stitt a ajouté une phrase qui résonne particulièrement chez les conservateurs : Personne n’aime que les fédéraux viennent dans son État. C’est l’un des piliers de la pensée républicaine : la méfiance envers le gouvernement central, la défense des droits des États, la résistance à l’ingérence fédérale. Or, ce qui se passe au Minnesota, c’est exactement ça. 3 000 agents fédéraux déployés dans un seul État. Plus de trois fois le nombre de policiers de Minneapolis. Une occupation de fait.
Pour un républicain traditionnel, c’est un cauchemar philosophique. Tout ce qu’ils ont toujours dénoncé quand c’était un président démocrate qui le faisait. Et maintenant, c’est leur propre camp qui le fait. Avec des morts à la clé. Stitt a conclu en disant que les esprits s’échauffent et qu’il faut calmer les choses. C’est un appel au bon sens. C’est aussi un aveu que la situation échappe à tout contrôle.
Section 4 : Les sénateurs républicains qui demandent des comptes
Cassidy, Tillis, Collins, Murkowski : la liste qui s’allonge
Au Congrès, la fissure s’élargit. Le sénateur Bill Cassidy de Louisiane, qui fait face à un challenger soutenu par Trump pour sa réélection, a qualifié les événements de Minneapolis d’incroyablement troublants. La crédibilité de l’ICE et du DHS sont en jeu, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Il réclame une enquête conjointe fédérale et étatique complète. Pas une enquête interne. Pas un rapport bidon. Une vraie investigation.
Le sénateur Thom Tillis de Caroline du Nord a appelé à une enquête approfondie et impartiale. Il a ajouté : Tout responsable de l’administration qui précipite un jugement et tente de clore une enquête avant qu’elle ne commence rend un incroyable mauvais service à la nation et à l’héritage du président Trump. C’est une critique directe de Stephen Miller, de Kristi Noem, de tous ceux qui ont traité Pretti d’assassin avant même que l’encre de son acte de décès ne soit sèche.
Les questions qui dérangent le Parti républicain
Les sénatrices Susan Collins du Maine et Lisa Murkowski de l’Alaska ont rejoint le chœur des voix dissidentes. Le représentant Michael McCaul du Texas, ancien président du comité de la Sécurité intérieure, demande lui aussi des explications. Le président actuel de ce comité, Andrew Garbarino, a convoqué des témoignages des dirigeants de l’ICE, du CBP et des services de citoyenneté.
Ce qui se joue ici dépasse la mort d’un seul homme. C’est la cohérence idéologique du Parti républicain qui est mise à l’épreuve. Comment défendre le Deuxième Amendement quand un citoyen armé légalement est abattu pour avoir porté une arme qu’il avait le droit de porter? Comment prôner les droits des États quand 3 000 agents fédéraux occupent un État contre la volonté de ses élus? Comment faire confiance au gouvernement quand ce gouvernement ment sur ce que les vidéos montrent clairement?
Section 5 : Alex Pretti, l'homme derrière les gros titres
Un infirmier qui soignait ceux que l’Amérique oublie
Alex Pretti n’était pas un militant professionnel. Il n’était pas un agitateur. Il était infirmier en soins intensifs à l’hôpital des vétérans de Minneapolis. Chaque jour, il s’occupait d’anciens soldats américains, de ceux qui avaient servi leur pays et que le pays avait souvent oubliés. Ses collègues le décrivent comme quelqu’un d’intelligent, de passionné, profondément engagé dans son métier. Ses voisins le connaissaient comme le type qui apportait des hot-dogs aux fêtes de quartier et promenait son chien dans le voisinage.
Il n’avait aucun casier judiciaire. Aucun antécédent violent. Il possédait une arme de poing 9 mm pour laquelle il avait un permis de port valide délivré par l’État du Minnesota. Porter une arme lors d’une manifestation est légal dans cet État. Pretti n’a jamais sorti cette arme. Les vidéos le montrent tenant son téléphone, pas son pistolet. Quand les agents l’ont plaqué au sol, ils ont découvert l’arme dans son holster. C’est à ce moment-là qu’ils ont ouvert le feu. Sur un homme déjà maîtrisé.
Il y a un détail qui me hante. Alex Pretti avait participé aux manifestations contre la mort de Renée Good, tuée le 7 janvier par un autre agent de l’ICE. Ses parents lui avaient dit d’être prudent. Il avait promis qu’il le serait. Deux semaines plus tard, il mourait à moins de trois kilomètres de chez lui. En essayant de protéger quelqu’un. En faisant ce que les infirmiers font : se mettre entre le danger et les autres. Comment peut-on qualifier ça de terrorisme? Comment peut-on appeler ça une attaque?
La voix des parents qui refuse de se taire
Les parents d’Alex Pretti ont publié une déclaration déchirante. Nous avons le cœur brisé mais nous sommes aussi très en colère, ont-ils écrit. Les mensonges écœurants racontés sur notre fils par l’administration sont répugnants et dégoûtants. Ils décrivent ce que montrent les vidéos : leur fils tenant son téléphone dans la main droite, sa main gauche vide levée au-dessus de sa tête pour se protéger pendant qu’on lui aspergeait le visage de gaz poivré.
Alex ne tient clairement pas une arme quand il est attaqué par les brutes meurtrières et lâches de l’ICE de Trump, ont écrit ses parents. S’il vous plaît, faites connaître la vérité sur notre fils. C’était un homme bon. Ce sont des mots qu’aucun parent ne devrait avoir à écrire. Ce sont des mots que des millions d’Américains ont lus. Et qui contredisent point par point la version officielle de l’administration.
Section 6 : La version de l'administration contre ce que montrent les vidéos
Assassin, terroriste domestique, agresseur armé
Dans les heures qui ont suivi la mort d’Alex Pretti, la machine de communication de l’administration Trump s’est mise en marche. Stephen Miller, conseiller adjoint à la Maison-Blanche, a publié des messages parlant d’un assassin et d’un terroriste domestique. La secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem a déclaré que Pretti avait brandi son arme et attaqué les agents. Elle a affirmé qu’il était venu pour perpétuer la violence, qu’il avait commis un acte de terrorisme domestique, et que ce sont les faits.
Le commandant du Border Patrol, Gregory Bovino, est allé encore plus loin. Il a prétendu que Pretti voulait infliger un maximum de dégâts et massacrer les forces de l’ordre. L’avocat général adjoint Todd Blanche a parlé d’une décision en une fraction de seconde que les agents ont dû prendre. Le directeur du FBI Kash Patel a déclaré : Vous n’avez pas le droit d’attaquer des agents des forces de l’ordre dans ce pays sans conséquences.
Ce que les vidéos montrent vraiment
Sauf que les vidéos racontent une tout autre histoire. L’Associated Press a analysé plusieurs vidéos d’amateurs. Dans aucune d’entre elles, Pretti n’est vu tenant une arme. Pas une seule. Il tient son téléphone. Il est aspergé de gaz poivré. Il est poussé au sol par plusieurs agents. Et c’est à ce moment-là, alors qu’il est déjà maîtrisé, que les coups de feu retentissent. Une dizaine de balles tirées sur un homme à terre.
Le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, a confirmé que Pretti était un propriétaire d’arme légal avec un permis de port valide. Il n’avait aucun casier judiciaire. Aucun antécédent de violence. Les vidéos montrent qu’il s’est interposé après qu’un agent a poussé une femme au sol. Il a essayé de la protéger. C’est pour ça qu’il est mort.
Section 7 : Renée Good, la première victime qu'on voudrait oublier
Une mère de famille abattue dans sa voiture le 7 janvier
Alex Pretti n’est pas la première victime. Le 7 janvier 2026, Renée Good, 37 ans elle aussi, a été tuée par un agent de l’ICE nommé Jonathan Ross à Minneapolis. Elle était dans sa voiture, arrêtée perpendiculairement dans la rue. L’administration a prétendu qu’elle avait tenté de renverser un agent avec son véhicule. Les vidéos montrent autre chose. Elles montrent l’agent Ross contourner tranquillement la voiture, téléphone à la main pour filmer, avant de tirer trois coups de feu.
Good était citoyenne américaine, mère de trois enfants, diplômée de l’Université Old Dominion. Sa mère l’a décrite comme l’une des personnes les plus gentilles qu’elle ait jamais connues. Extrêmement compatissante. Elle a pris soin des gens toute sa vie. Elle aussi a été qualifiée de terroriste domestique par l’administration. Elle aussi a été présentée comme une menace mortelle. Les vidéos contredisent cette version.
Deux citoyens américains. Deux personnes de 37 ans. Deux morts en moins de trois semaines dans la même ville. Deux fois, l’administration a raconté une version des faits que les vidéos contredisent. Deux fois, on nous a dit que les agents avaient agi en légitime défense. Deux fois, les images montrent autre chose. Combien de fois encore? Combien de morts? Combien de mensonges? À quel moment on dit stop?
Minneapolis sous occupation
Depuis le 6 janvier 2026, le Department of Homeland Security a déployé environ 2 000 à 3 000 agents dans la région de Minneapolis-Saint Paul. Plus de trois fois le nombre total de policiers du département de police de Minneapolis. C’est ce que le gouverneur Tim Walz appelle une campagne de brutalité organisée contre le peuple de notre État. Ce que le procureur général du Minnesota Keith Ellison qualifie d’invasion fédérale des Twin Cities.
Les manifestations n’ont pas cessé depuis la mort de Renée Good. Plus de 10 000 personnes ont défilé dans les rues le 17 janvier. Des milliers d’autres ont participé à des veillées aux chandelles après la mort de Pretti. La ville qui a vécu le meurtre de George Floyd en 2020 revit un cauchemar. Minneapolis est épuisée. Et la colère monte.
Section 8 : Le paradoxe républicain sur le Deuxième Amendement
Quand porter une arme légalement devient un crime capital
L’ironie de cette situation n’échappe à personne. Le Parti républicain est le parti du Deuxième Amendement. Le parti qui défend le droit de porter des armes. Le parti qui a élevé Kyle Rittenhouse au rang de héros national après qu’il a abattu deux personnes lors d’une manifestation au Wisconsin en 2020. Trump l’a rencontré. Tucker Carlson l’a interviewé. Il a été acquitté au nom de la légitime défense.
Et maintenant, Alex Pretti. Un homme qui portait une arme légalement. Qui avait un permis valide. Qui n’a jamais sorti cette arme de son holster. Qui a été abattu par des agents fédéraux. Et l’administration demande : Pourquoi était-il armé? Comme si le simple fait de porter une arme légale justifiait de mourir. Le Minnesota Gun Owners Caucus a répondu clairement : Chaque Minnesotan pacifique a le droit de porter des armes, y compris lors de manifestations ou en exerçant ses droits du Premier Amendement. Ces droits ne disparaissent pas quand quelqu’un est armé légalement.
L’ancienne représentante Marjorie Taylor Greene brise les rangs
Même Marjorie Taylor Greene, l’une des figures les plus trumpistes du Congrès, a pris ses distances. Porter légalement une arme n’est pas la même chose que brandir une arme, a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux. Je soutiens les droits des Américains au Premier et au Quatrième Amendement. Il n’y a rien de mal à manifester pacifiquement et légalement et à filmer. Quand Marjorie Taylor Greene critique les tactiques de l’ICE, c’est que quelque chose a profondément dérapé.
Le NRA lui-même a appelé à attendre une enquête complète avant de faire des généralisations. C’est un langage diplomatique, mais c’est aussi une façon de dire que la version de l’administration ne tient pas la route. Les défenseurs du droit de porter des armes se retrouvent dans une position impossible : défendre leur idéologie ou défendre une administration qui tue des citoyens armés légalement.
Section 9 : Tim Walz, le gouverneur qui refuse de plier
Une confrontation directe avec la Maison-Blanche
Le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, a mené la charge contre l’administration Trump. Ancien candidat à la vice-présidence, il connaît la politique nationale. Et il ne mâche pas ses mots. Qu’est-ce qu’on doit faire pour que ces agents fédéraux quittent notre État? a-t-il demandé lors d’une conférence de presse. Vous pensiez que la peur, la violence et le chaos étaient ce que vous vouliez de nous? Alors vous sous-estimez clairement les gens de cet État et de cette nation.
Walz a contacté la Maison-Blanche pour demander le retrait des agents. Il a dit n’avoir aucune confiance dans la capacité de Trump à faire ce qu’il faut. Il a accusé l’administration de fabriquer des récits avant même qu’une enquête soit menée. Avant toute investigation, les personnes les plus puissantes du gouvernement fédéral inventent des histoires, a-t-il déclaré. Pour construire un narratif.
Tim Walz a posé une question simple à la fin de sa conférence de presse. Une question pour tous les Américains qui regardaient. « De quel côté voulez-vous être? » C’est une question qui résonne. Parce qu’il ne s’agit plus de politique migratoire. Il s’agit de savoir si on accepte qu’un gouvernement abatte ses propres citoyens et mente ensuite sur ce qui s’est passé. Il s’agit de savoir si les vidéos comptent. Si la vérité compte. Si la vie d’un infirmier de 37 ans compte. De quel côté voulez-vous être?
L’accusation d’insurrection retournée
Trump a accusé Walz et le maire de Minneapolis Jacob Frey d’inciter à l’insurrection par leur rhétorique pompeuse, dangereuse et arrogante. C’est une accusation lourde. C’est aussi un retournement étonnant venant d’un président qui a lui-même été accusé d’inciter à l’insurrection après le 6 janvier 2021. Walz a répondu en demandant aux Minnesotans de ne pas mordre à l’hameçon. Ils veulent un spectacle, a-t-il dit. On ne peut pas leur donner.
La tension entre l’État et le gouvernement fédéral atteint un niveau qu’on n’a pas vu depuis des décennies. Un juge fédéral a accordé une ordonnance restrictive temporaire obligeant le gouvernement à préserver toutes les preuves liées à la mort de Pretti. C’est un premier pas vers une enquête indépendante. C’est aussi un signe que les tribunaux commencent à s’inquiéter de ce qui se passe au Minnesota.
Section 10 : Le spectre du shutdown et les enjeux politiques
Les démocrates menacent de bloquer le financement du DHS
La mort d’Alex Pretti a des conséquences qui dépassent le Minnesota. Au Congrès, les démocrates du Sénat menacent de bloquer le financement du Department of Homeland Security dans le prochain budget fédéral. Le chef de la minorité Chuck Schumer a annoncé qu’il voterait contre toute mesure incluant l’allocation proposée pour le DHS. Si les républicains ne trouvent pas un compromis, le gouvernement pourrait fermer d’ici vendredi.
C’est un levier politique majeur. Et c’est un dilemme pour les républicains. Défendre l’ICE coûte que coûte? Ou reconnaître que quelque chose ne va pas? Le sénateur Deb Fischer du Nebraska, qui fait face à une réélection difficile, a essayé de naviguer entre les deux. Mon soutien au financement de l’ICE reste le même, a-t-elle écrit. Mais nous devons aussi maintenir nos valeurs fondamentales en tant que nation, y compris le droit de manifester et de se rassembler.
Une année électorale sous haute tension
La mort de Pretti survient à un moment critique pour le Parti républicain. Les élections de mi-mandat approchent. L’approbation de la gestion de l’immigration par Trump a chuté. Selon un sondage AP-NORC, seulement 38% des Américains approuvent sa politique migratoire, contre 49% en mars. C’est une chute de 11 points. Et les images de Minneapolis n’aident pas.
Chris Madel, un avocat républicain qui se présentait au poste de gouverneur du Minnesota, a annoncé son retrait de la course. Il a dit ne plus pouvoir soutenir le parti pour ce qu’il a appelé des actes de représailles. Il a accusé les républicains nationaux de rendre presque impossible pour un républicain de gagner une élection dans tout l’État du Minnesota. C’est un aveu brutal de l’impact politique de cette crise.
Section 11 : Les voix qui s'élèvent de partout
Des anciens présidents aux syndicats d’infirmières
Les réactions à la mort d’Alex Pretti ont traversé tout le spectre politique. Les anciens présidents Barack Obama et Bill Clinton ont publié des déclarations condamnant le meurtre. Obama a qualifié la mort de tragédie déchirante et appelé les Américains à se lever pour leurs valeurs. Il a critiqué l’administration pour avoir offert des explications publiques qui ne sont pas informées par une enquête sérieuse et qui semblent être directement contredites par les preuves vidéo.
Le syndicat National Nurses United, fort de 225 000 membres, a qualifié l’ICE de menace pour la santé publique et appelé à son abolition. L’American Nurses Association a demandé une enquête complète et sans entraves rendue publique. Le syndicat des joueurs de la NBA a soutenu les manifestations. Lors du match des Timberwolves contre les Warriors dimanche, une minute de silence pour Pretti a été suivie de cris de Fuck ICE dans le stade.
Les PDG du Minnesota demandent une désescalade
Même le monde des affaires réagit. Des PDG d’entreprises basées au Minnesota, dont plusieurs du classement Fortune 500, ont publié une déclaration commune appelant à une désescalade immédiate des tensions. C’est inhabituel. Le monde des affaires préfère généralement rester à l’écart des controverses politiques. Mais quand les rues de Minneapolis ressemblent à une zone de guerre, quand des milliers de personnes manifestent chaque jour, quand la réputation de l’État est entachée à l’échelle mondiale, le silence n’est plus une option.
Le gouverneur de l’Illinois JB Pritzker a appelé son ami Walz pour lui rappeler à qui il avait affaire : une administration Trump qui ment. Il lui a conseillé de rappeler aux résidents leur droit de manifester, mais de ne pas mordre à l’hameçon et de ne pas sombrer dans la violence. C’est exactement ce que l’administration voudrait, selon Pritzker, pour pouvoir déclarer la loi martiale.
Section 12 : Ce que cette crise révèle sur l'Amérique
Un pays qui ne croit plus ce que son gouvernement lui dit
Au fond, cette crise révèle quelque chose de plus profond que la mort d’un homme ou les tactiques de l’ICE. Elle révèle une fracture dans la confiance. Les Américains ont vu les vidéos. Ils ont entendu la version officielle. Les deux ne correspondent pas. Et de plus en plus de gens, y compris des républicains, refusent de croire ce que leur gouvernement leur dit. Quand Phil Scott parle de meurtre, quand Kevin Stitt demande quel est l’objectif, quand Bill Cassidy dit que la crédibilité est en jeu, ils expriment ce que des millions pensent.
La confiance, une fois perdue, est difficile à regagner. L’administration Trump a menti trop souvent, trop vite, trop effrontément sur ce qui s’est passé à Minneapolis. Les vidéos sont là. Elles ne mentent pas. Et chaque fois qu’un responsable affirme que Pretti était un terroriste ou un assassin, chaque Américain qui a vu les images sait que ce n’est pas vrai.
Je termine cet article avec une image en tête. Celle d’Alex Pretti, allongé sur un trottoir de Minneapolis, criblé de balles. Un homme qui soignait des vétérans. Un homme qui filmait avec son téléphone. Un homme qui essayait de protéger quelqu’un. Mort à 37 ans. À moins de trois kilomètres de chez lui. Et je me demande : à quel moment l’Amérique s’est-elle habituée à ça? À quel moment est-il devenu normal que des agents du gouvernement abattent des citoyens et mentent ensuite sur ce qui s’est passé? À quel moment on a accepté que ce soit acceptable? Parce que ce n’est pas acceptable. Ça ne l’a jamais été. Et si des gouverneurs républicains commencent enfin à le dire, peut-être qu’il n’est pas trop tard. Peut-être que cette mort, comme celle de Renée Good avant elle, ne sera pas vaine. Peut-être que quelque chose va changer. Mais pour ça, il faudra que d’autres voix s’élèvent. Il faudra que d’autres personnes disent : assez. C’est ce que Phil Scott a dit. C’est ce que Kevin Stitt a dit. C’est ce que les parents d’Alex Pretti ont dit. Et c’est ce que je dis. Assez.
L’héritage de Minneapolis
Minneapolis a déjà vécu ça. En 2020, George Floyd est mort sous le genou d’un policier. Le monde entier a regardé. Des manifestations ont éclaté partout. Des changements ont été promis. Certains ont été réalisés. Beaucoup restent à faire. Et maintenant, six ans plus tard, la même ville vit un nouveau cauchemar. Des agents fédéraux au lieu de policiers locaux. Mais la même dynamique. Des vidéos qui contredisent la version officielle. Des familles qui pleurent. Une communauté traumatisée.
La différence, cette fois, c’est que la critique vient aussi de l’intérieur. Du Parti républicain. Des gouverneurs conservateurs. Des sénateurs qui ont toujours soutenu l’application stricte des lois sur l’immigration. Quand ces voix s’élèvent pour dire que quelque chose ne va pas, c’est que quelque chose ne va vraiment pas. Minneapolis est devenue le symbole d’une Amérique où la vérité et le pouvoir ne parlent plus le même langage. Où les images contredisent les discours. Où des citoyens meurent et des responsables mentent. L’histoire jugera.
Conclusion : De quel côté voulez-vous être?
La question que Tim Walz pose à l’Amérique
Tim Walz a posé la question. De quel côté voulez-vous être? Ce n’est pas une question partisane. Ce n’est pas une question de gauche ou de droite. C’est une question humaine. Êtes-vous du côté de ceux qui croient ce qu’ils voient de leurs propres yeux? Ou de ceux qui croient ce que le pouvoir leur dit de croire? Êtes-vous du côté d’un infirmier de 37 ans abattu sur un trottoir? Ou de ceux qui le traitent de terroriste?
Les gouverneurs républicains qui s’expriment ont fait leur choix. Phil Scott, Kevin Stitt, les sénateurs qui demandent des enquêtes, les défenseurs du Deuxième Amendement qui s’interrogent. Ils ont vu les vidéos. Ils ont entendu les mensonges. Et ils ont dit : non. Pas ça. Pas en notre nom. C’est courageux. C’est rare. C’est peut-être le début de quelque chose.
L’Amérique à la croisée des chemins
La mort d’Alex Pretti ne sera pas la dernière. Tant que 3 000 agents occuperont le Minnesota, tant que l’administration refusera de reconnaître ses erreurs, tant que les vidéos montreront une chose et les discours officiels une autre, la tension ne fera que monter. D’autres Américains risquent de mourir. D’autres familles risquent d’être brisées. D’autres mensonges risquent d’être racontés.
Mais quelque chose a changé. Des voix républicaines se sont élevées. Pas pour défendre les manifestants. Pas pour attaquer Trump. Simplement pour dire la vérité. Pour demander des comptes. Pour rappeler que dans une démocratie, le pouvoir ne peut pas tuer ses citoyens et mentir ensuite impunément. C’est peu. C’est fragile. Mais c’est un début. Alex Pretti mérite que ce début devienne quelque chose de plus. Son nom mérite d’être prononcé. Sa vie mérite d’être honorée. Sa mort mérite d’être comprise. Et l’Amérique mérite de savoir la vérité.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques politiques, sociales et institutionnelles qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les événements, à comprendre les enjeux de pouvoir, à contextualiser les décisions et à proposer des perspectives analytiques sur les crises qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : déclarations officielles des gouverneurs Phil Scott et Kevin Stitt, communiqués de la famille Pretti, déclarations du département de la Sécurité intérieure, vidéos analysées par l’Associated Press et les médias nationaux.
Sources secondaires : PBS News, Associated Press, Time Magazine, Fortune, Al Jazeera, The Hill, ABC News, NBC News, CNN, Irish Times, Fox News, Star Tribune de Minneapolis.
Les données et citations proviennent de sources vérifiées et datées de janvier 2026. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
Wikipedia – Killing of Alex Pretti – 26 janvier 2026
Wikipedia – Killing of Renee Good – 26 janvier 2026
Déclaration des parents d’Alex Pretti – publiée via le sénateur Bernie Sanders – 25 janvier 2026
Déclaration du gouverneur Phil Scott – X/Twitter – 25 janvier 2026
Interview du gouverneur Kevin Stitt – CNN State of the Union – 26 janvier 2026
Sources secondaires
PBS News – Republican calls are growing for a deeper investigation – 26 janvier 2026
Time Magazine – Republicans Break With Trump Over Fatal Minneapolis Shooting – 26 janvier 2026
Fortune – Republican groundswell for ICE investigation grows – 26 janvier 2026
The Hill – Vermont’s Phil Scott condemns CBP’s fatal shooting – 26 janvier 2026
Al Jazeera – Minnesota Gov Walz demands Trump remove border agents – 25 janvier 2026
Fox News – Republican governor believes Trump is getting bad advice – 26 janvier 2026
ABC News – Republican calls growing for deeper investigation – 25 janvier 2026
Irish Times – Minneapolis shooting: Trump says he is on similar wavelength – 26 janvier 2026
NBC News – Renee Nicole Good identified – 9 janvier 2026
NPR – Minneapolis shootings raise questions about use-of-force – 26 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.