Le fantasme des 5 % et la réalité des 10 %
Mark Rutte ne s’est pas contenté de mots. Il a sorti les calculettes. Et les chiffres qu’il aligne sont censés couper court à tout débat. Selon lui, si l’Europe veut vraiment se défendre seule — sans le parapluie nucléaire américain, sans les forces armées stationnées sur le continent, sans la protection de Washington — il faudrait consacrer non pas 5 % du PIB à la défense, comme convenu entre alliés au sommet de La Haye, mais 10 %. Le double. Une somme colossale. Une montagne financière que personne, dit-il, n’est prêt à gravir. « Vous devrez développer votre propre arsenal nucléaire — cela coûte des milliards et des milliards d’euros », martèle-t-il. Et d’enfoncer le clou : « Dans ce scénario, vous perdriez le garant ultime de notre liberté : le parapluie nucléaire américain. »
Le raisonnement est implacable. Du moins en apparence. Car derrière ces chiffres se cache une réalité que Rutte préfère taire : le PIB cumulé des alliés européens de l’OTAN dépasse largement l’économie russe. De très loin. La Stratégie de défense nationale américaine 2026, publiée par le Pentagone, le reconnaît elle-même : « La Russie n’est pas en position de viser une hégémonie européenne. » Autrement dit, l’Europe a les moyens économiques de se défendre. Ce qui lui manque, c’est autre chose. Une volonté politique. Une vision commune. Un courage que personne ne semble vouloir assumer. Et Rutte, plutôt que d’encourager cette émancipation, préfère entretenir le mythe de notre impuissance congénitale.
Ces chiffres, je les ai regardés longtemps. 5 %. 10 %. Des milliards. On nous noie sous les pourcentages pour mieux nous faire oublier l’essentiel : à quel moment avons-nous décidé que notre sécurité ne valait pas un effort supplémentaire ? À quel moment avons-nous accepté que notre liberté dépende du bon vouloir d’un homme qui menace nos alliés ? Je ne dis pas que l’autonomie stratégique serait facile. Je dis que la présenter comme impossible est un choix politique. Pas une fatalité mathématique.
Trump, ce bienfaiteur inattendu selon Rutte
Mais le plus surprenant, dans cette intervention devant le Parlement européen, c’est le crédit que Mark Rutte accorde à Donald Trump. Non content de le défendre, il lui attribue les mérites des avancées récentes en matière de dépenses militaires. « L’objectif de 2 % du PIB atteint par tous les pays de l’OTAN à la fin 2025 n’aurait jamais, jamais été atteint sans Trump », affirme-t-il. Et de préciser, comme pour enfoncer le clou : « Pensez-vous vraiment que l’Espagne, l’Italie, la Belgique et le Canada auraient décidé de passer de 1,5 % à 2 % sans le président Trump ? Pas question ! »
La logique est celle du bon flic et du mauvais flic. Trump menace, insulte, humilie. Et les Européens, terrorisés, ouvrent les cordons de leur bourse. C’est efficace, certes. Mais est-ce vraiment le modèle d’alliance que nous voulons ? Une relation basée sur la peur, le chantage, la menace permanente de l’abandon ? Rutte semble le penser. Il loue cette méthode brutale comme s’il s’agissait d’une thérapie de choc salutaire. Pendant ce temps, la Première ministre danoise, elle, rappelle que si les États-Unis prenaient le Groenland, ce serait « la fin de l’OTAN ». Deux visions du monde. Deux réalités irréconciliables. Et au milieu, les peuples européens, spectateurs impuissants de leur propre destin.
La proposition Kubilius : 100 000 soldats pour l'Europe
Un commissaire qui ose penser autrement
Face à ce discours de soumission, certains osent encore lever la voix. Andrius Kubilius, le commissaire européen à la Défense, est de ceux-là. Le 11 janvier 2026, depuis Sälen, en Suède, l’ancien Premier ministre lituanien a lancé une proposition qui a fait l’effet d’une bombe : créer une force militaire européenne permanente de 100 000 soldats. L’équivalent exact du contingent américain actuellement stationné en Europe. Symboliquement, le message est puissant. L’Europe pourrait se doter d’une capacité égale à ce que les États-Unis déploient sur son sol. Elle pourrait, si elle le voulait vraiment, assumer sa propre protection.
Kubilius ne s’arrête pas là. Il propose également la création d’un « Conseil de sécurité européen » regroupant les grandes puissances du continent — y compris, potentiellement, le Royaume-Uni, bien qu’il ne fasse plus partie de l’Union européenne. « Il y aurait 10 à 12 membres, au total, qui auraient pour tâche de discuter des sujets essentiels en matière de défense », explique-t-il. L’objectif : accélérer la prise de décision, aujourd’hui paralysée par la règle de l’unanimité. Créer une gouvernance agile, capable de répondre aux crises. Bâtir, enfin, cette autonomie stratégique dont on parle depuis des décennies sans jamais la concrétiser.
Les obstacles politiques et juridiques
Mais entre le rêve et la réalité, il y a un gouffre. Et Mark Rutte le sait. C’est d’ailleurs sur ce gouffre qu’il appuie pour discréditer les propositions de Kubilius. « Je pense qu’il y aura beaucoup de duplications et je vous souhaite bonne chance si vous voulez le faire, parce qu’il faudra trouver les hommes et les femmes en uniforme — ils s’ajouteront à ce qui existe déjà », lance-t-il. L’argument est simple : l’Europe n’a pas assez de soldats. Créer une armée européenne en parallèle de l’OTAN reviendrait à étirer des forces déjà insuffisantes. À diviser pour mieux affaiblir. À offrir à Poutine, sur un plateau d’argent, exactement ce qu’il espère : une Europe fragmentée, incapable de se coordonner.
Juridiquement aussi, les obstacles sont immenses. Les décisions militaires restent la compétence exclusive des États membres. Elles requièrent l’unanimité au Conseil européen. La Commission peut proposer, financer, standardiser, stimuler l’industrie de défense. Mais elle ne peut pas créer ni déployer une force sans l’accord intergouvernemental de 27 pays aux intérêts parfois divergents. L’Allemagne hésite encore entre son pacifisme historique et la nécessité de se réarmer. La France défend jalousement son autonomie nucléaire. Les pays de l’Est veulent une OTAN forte, pas une Europe qui ferait cavalier seul. Chacun tire dans une direction différente. Et Rutte, en bon tacticien, exploite ces divisions pour mieux les entretenir.
Ce qui me frappe, dans tout cela, c’est l’absence totale d’ambition. On nous dit que c’est trop dur, trop cher, trop compliqué. Que les obstacles sont insurmontables. Mais depuis quand l’Europe a-t-elle renoncé à construire l’impossible ? L’euro, c’était impossible. Schengen, c’était impossible. La reconstruction d’après-guerre, c’était impossible. À chaque fois, des voix se sont élevées pour dire que ça ne marcherait jamais. Et à chaque fois, l’Europe a prouvé qu’elle savait se dépasser. Pourquoi la défense serait-elle le seul domaine où nous accepterions de baisser les bras ?
Le spectre du parapluie nucléaire
Une dépendance vieille de huit décennies
Au cœur de l’argumentation de Mark Rutte, il y a un concept que personne n’ose vraiment remettre en question : le parapluie nucléaire américain. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, depuis près de 80 ans, l’Europe vit sous la protection de l’arsenal atomique des États-Unis. C’est cette menace de représailles nucléaires qui, en théorie, dissuade tout agresseur de s’en prendre au Vieux Continent. C’est ce bouclier invisible qui a permis à l’Europe de se reconstruire, de prospérer, de vivre en paix pendant des décennies. Sans jamais avoir à se poser la question de sa propre capacité de dissuasion.
Mais cette protection a un prix. Et ce prix, c’est la dépendance absolue. « En ce qui me concerne, jamais », a répondu Rutte quand on lui a demandé si l’Europe pourrait un jour se passer du soutien américain. « L’histoire nous a réunis. Le parapluie nucléaire américain est notre garantie ultime en matière de sécurité. » Des mots définitifs. Sans appel. Comme si l’avenir était déjà écrit. Comme si l’Europe était condamnée, pour l’éternité, à rester dans l’ombre de son grand protecteur américain. Peu importe qui occupe la Maison-Blanche. Peu importe les menaces proférées. Peu importe les humiliations subies.
La France et son arsenal solitaire
Pourtant, l’Europe n’est pas totalement démunie. La France possède son propre arsenal nucléaire. Le Royaume-Uni aussi. Deux puissances atomiques, deux sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU, deux capacités de dissuasion indépendantes. Ne pourrait-on pas imaginer un « parapluie nucléaire européen » qui s’étendrait à l’ensemble du continent ? Le chancelier allemand Friedrich Merz a d’ailleurs évoqué cette piste, déclarant vouloir « discuter avec les Britanniques et les Français pour savoir si leur protection nucléaire pourrait s’étendre à l’Allemagne ». Le président Macron a accepté d’ouvrir ce débat.
Mais la doctrine française repose sur deux piliers intangibles : l’autonomie de décision et l’ambiguïté stratégique. Paris décide seul, sans consultation préalable, de l’emploi de sa force de frappe. Et cette force est dimensionnée pour protéger les intérêts vitaux de la France — un concept volontairement flou qui laisse planer le doute sur ce qui pourrait déclencher une riposte nucléaire. Étendre cette protection à l’ensemble de l’Europe impliquerait de partager cette décision, de clarifier les engagements, de bouleverser une doctrine vieille de plusieurs décennies. Un changement de paradigme que ni Paris ni Londres ne semblent prêts à assumer.
La fracture transatlantique s'élargit
Quand Trump secoue les fondations de l’Alliance
Ce qui rend les déclarations de Rutte si troublantes, c’est le contexte dans lequel elles s’inscrivent. Donald Trump n’a jamais caché son mépris pour l’OTAN. Dès son premier mandat, il la qualifiait d’« obsolète ». Il accusait les Européens de profiter de la générosité américaine sans rien donner en retour. Il menaçait de retirer les troupes américaines du continent. Aujourd’hui, de retour au pouvoir, il va plus loin encore. Il exige le Groenland. Il brandit la menace de tarifs douaniers comme une arme de chantage. Il évoque la possibilité de redéployer les forces américaines vers l’Asie pour se concentrer sur la Chine.
Et face à cela, que fait le secrétaire général de l’OTAN ? Il défend Trump. Il le loue. Il lui attribue les mérites du réarmement européen. La dissonance cognitive est totale. D’un côté, un président américain qui menace un État membre de l’Alliance. De l’autre, le chef de cette même Alliance qui affirme que « les États-Unis viendront à la rescousse » de l’Europe en cas de besoin. Comment croire encore à cette promesse quand celui qui la formulerait en dernier ressort vient de menacer de prendre par la force un territoire danois ? La confiance, une fois brisée, ne se reconstruit pas avec des mots. Elle se reconstruit avec des actes. Et les actes de Trump, pour l’instant, ne parlent que de menaces et de chantage.
J’ai repensé à cette phrase de Mette Frederiksen : une prise de contrôle américaine du Groenland signifierait « la fin de l’OTAN ». Elle a raison. Parce que l’OTAN repose sur un principe simple : l’attaque contre l’un est une attaque contre tous. Si un membre de l’Alliance peut menacer un autre membre sans conséquence, alors ce principe n’existe plus. Il devient une fiction juridique, un bout de papier sans valeur. Et pourtant, Rutte continue de défendre l’indéfendable. Comme si les mots pouvaient encore masquer la réalité qui nous explose au visage.
Les Européens face à leur destin
Dans ce chaos, les Européens se retrouvent face à un choix existentiel. Continuer comme avant, en espérant que Trump finisse par se calmer, que l’Amérique revienne à la raison, que le parapluie nucléaire continue de les protéger malgré tout. Ou prendre leur destin en main, accepter les sacrifices financiers et politiques que cela implique, et bâtir enfin cette autonomie stratégique dont on parle depuis si longtemps. La première option est confortable. Elle ne demande aucun effort. Elle permet de continuer à vivre comme si de rien n’était. Mais elle nous laisse à la merci du bon vouloir d’un homme imprévisible.
La seconde option est douloureuse. Elle implique de consacrer des centaines de milliards d’euros à la défense. De restructurer des industries militaires fragmentées. De surmonter des divergences politiques profondes entre 27 États membres. De repenser notre rapport à la guerre, à la puissance, à la dissuasion. Mais c’est peut-être le prix de notre liberté. Le prix pour ne plus dépendre des humeurs d’un président américain. Le prix pour regarder l’avenir sans craindre d’être abandonnés du jour au lendemain. Mark Rutte nous dit que c’est impossible. Mais Rutte défend aussi un homme qui menace nos alliés. Peut-être que son jugement n’est pas aussi fiable qu’il le prétend.
L'Ukraine, otage de ces divisions
Sans les Américains, pas de soutien suffisant
Au-delà des grandes déclarations, il y a une réalité qui s’impose : l’Ukraine. Depuis février 2022, ce pays se bat contre l’invasion russe avec le soutien de l’Occident. Un soutien massif, coordonné, qui a permis à Kyiv de résister bien au-delà de ce que beaucoup prédisaient. Mais ce soutien repose en grande partie sur les États-Unis. Les livraisons d’armes américaines, les renseignements satellitaires, les systèmes de défense anti-aérienne — tout cela vient en majorité d’outre-Atlantique. Et Mark Rutte le rappelle sans détour : « L’Europe ne peut subvenir sans les États-Unis aux besoins militaires de l’Ukraine. Il n’y a pas de solution de rechange. »
C’est peut-être l’argument le plus percutant de Rutte. Tant que l’Europe n’aura pas développé ses propres capacités industrielles, tant qu’elle ne sera pas en mesure de produire suffisamment de munitions, de blindés, de missiles, elle restera dépendante de Washington. L’Union européenne a certes débloqué un prêt de 90 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine. C’est colossal. Mais cela ne suffit pas à compenser ce que les Américains apportent en termes de matériel militaire. La guerre en Ukraine a révélé une vérité que personne ne voulait voir : l’industrie de défense européenne est atrophiée, incapable de monter en puissance rapidement, prisonnière de logiques nationales qui empêchent toute économie d’échelle.
Le dilemme moral et stratégique
Et c’est là que le dilemme devient vertigineux. Abandonner l’Ukraine pour affirmer une indépendance européenne qui n’existe pas encore ? Ou continuer à dépendre de Trump pour sauver un pays qui se bat pour des valeurs que nous prétendons défendre ? Il n’y a pas de bonne réponse. Seulement des choix impossibles. Rutte a choisi son camp : celui de la dépendance assumée, au nom de l’efficacité immédiate. C’est une position défendable. Mais elle a un coût : celui de notre dignité collective. Celui de notre capacité à dire non quand on nous menace. Celui de notre liberté de choisir notre propre destin.
L’Ukraine, elle, ne peut pas se permettre le luxe de ces débats philosophiques. Elle se bat. Elle meurt. Elle espère que l’Occident tiendra sa promesse de ne pas l’abandonner. Et pendant que nous discutons de pourcentages de PIB et de parapluies nucléaires, ses soldats tombent sur le front. Ses villes sont bombardées. Ses enfants grandissent dans les abris. C’est peut-être cela, la vraie question : sommes-nous prêts à faire les sacrifices nécessaires pour défendre nos valeurs ? Ou préférons-nous sous-traiter cette responsabilité à quelqu’un d’autre, même quand ce quelqu’un d’autre menace nos propres alliés ?
Je pense souvent à ces soldats ukrainiens. À ce qu’ils doivent penser de nos débats européens. De nos hésitations. De nos calculs. Eux n’ont pas le choix. Ils se battent parce que l’alternative, c’est la disparition. Et nous, pendant ce temps, nous nous demandons si nous pouvons nous permettre de dépenser un peu plus pour notre défense. Il y a quelque chose d’obscène dans ce décalage. Quelque chose qui devrait nous faire honte.
Conclusion : L'heure des choix
Un réveil brutal mais nécessaire
Les déclarations de Mark Rutte ont au moins un mérite : elles clarifient les termes du débat. L’Europe ne peut pas, dans son état actuel, se défendre seule. C’est un fait. Les capacités militaires manquent. L’industrie de défense est fragmentée. La volonté politique fait défaut. Le parapluie nucléaire américain reste, pour l’instant, irremplaçable. Mais ce constat d’impuissance ne doit pas devenir une fatalité acceptée. Il doit être le point de départ d’une transformation profonde. Pas dans dix ans. Pas dans vingt ans. Maintenant. Parce que Trump est à la Maison-Blanche. Parce que Poutine continue sa guerre. Parce que le monde change et que nous ne pouvons pas rester figés dans un modèle qui ne fonctionne plus.
La proposition d’Andrius Kubilius — 100 000 soldats européens, un Conseil de sécurité dédié — mérite d’être prise au sérieux. Pas comme une alternative à l’OTAN, mais comme un complément. Comme une première étape vers une Europe capable d’assumer ses responsabilités. Comme un signal envoyé au monde que nous ne sommes pas condamnés à la vassalité. Rutte dit que Poutine adorerait cette idée. Mais Poutine adore surtout une Europe divisée, paralysée, incapable de prendre des décisions. Et en ridiculisant ceux qui osent penser autrement, c’est exactement cette Europe-là que Rutte perpétue.
La question qui reste
Au fond, la vraie question n’est pas de savoir si l’Europe peut se défendre seule. C’est de savoir si elle le veut vraiment. Si les citoyens européens sont prêts à accepter les sacrifices que cela implique. Si les gouvernements sont prêts à dépasser leurs égoïsmes nationaux. Si les industries sont prêtes à se restructurer. Si nous sommes prêts, collectivement, à regarder le monde tel qu’il est et non tel que nous voudrions qu’il soit. Mark Rutte nous dit de « continuer à rêver ». Peut-être a-t-il raison. Peut-être que l’autonomie stratégique européenne n’est qu’un rêve. Mais les rêves, parfois, deviennent réalité. Quand on a le courage de les poursuivre.
L’Europe a survécu à pire. Aux guerres mondiales. Aux totalitarismes. Aux crises économiques. À chaque fois, elle s’est relevée. À chaque fois, elle a trouvé les ressources pour se réinventer. La crise actuelle — cette fracture avec Washington, ces menaces sur le Groenland, cette incertitude sur l’avenir de l’OTAN — pourrait être le catalyseur d’une nouvelle transformation. Ou le début d’un déclin irréversible. Le choix nous appartient. À nous, Européens. Pas à Trump. Pas à Rutte. À nous.
En écrivant ces lignes, je me demande ce qu’on racontera dans cinquante ans. Comment on décrira cette période étrange où le chef de notre alliance nous disait de continuer à rêver. Où un président américain menaçait nos alliés. Où nous hésitions, paralysés, incapables de choisir notre propre destin. J’espère qu’on dira que ce fut le moment du réveil. Le moment où l’Europe a compris qu’elle ne pouvait plus compter sur personne d’autre qu’elle-même. Mais j’ai peur, aussi. Peur qu’on dise simplement : ils n’ont pas osé. Ils ont continué à rêver. Et puis ils se sont réveillés trop tard.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, des relations transatlantiques et des enjeux de défense européenne. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements diplomatiques, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent notre sécurité collective.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : déclarations officielles de Mark Rutte au Parlement européen et au Forum économique mondial de Davos, communiqués de l’OTAN, transcriptions officielles publiées sur le site de l’Alliance atlantique, déclarations des responsables politiques européens.
Sources secondaires : publications de médias reconnus internationalement (Euronews, The Globe and Mail, Washington Post, Le Temps, La Libre Belgique, France Info), analyses d’instituts de recherche (IFRI), dépêches d’agences de presse.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques transatlantiques et de sécurité européenne contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
NATO Transcript – Remarks by NATO Secretary General at World Economic Forum, Davos – 21 janvier 2026
Euronews – Rutte defies MEPs and praises Trump as ‘very important’ to NATO – 26 janvier 2026
The Globe and Mail – NATO’s Rutte dismisses calls for separate European army prompted by Trump fears – 26 janvier 2026
Sources secondaires
Washington Post – NATO chief wishes ‘good luck’ to those who think Europe can defend itself without US help – 26 janvier 2026
France Info – Menaces sur le Groenland : ce que l’on sait de l’accord trouvé entre Donald Trump et l’Otan – 22 janvier 2026
Le Temps – Derrière le revirement de Donald Trump à Davos sur le Groenland, le rôle crucial du secrétaire général de l’OTAN – 22 janvier 2026
La Libre Belgique – Nous ne pourrons jamais protéger l’Europe sans les États-Unis – 25 janvier 2026
Le Journal du Dimanche – Une force militaire européenne permanente de 100 000 hommes : le commissaire européen à la Défense prône la constitution d’une armée commune – 11 janvier 2026
La Presse – Union européenne : Le responsable de la défense souhaite une armée commune – 11 janvier 2026
TRT Français – Continuez de rêver : l’OTAN rejette l’idée d’une Europe se défendant seule – 26 janvier 2026
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