Des milliards et des milliards d’euros
Rutte n’a pas seulement rejeté l’idée d’une armée européenne. Il l’a ridiculisée avec des chiffres. Des chiffres qui donnent le vertige. Si l’Europe voulait vraiment voler de ses propres ailes, a-t-il expliqué aux eurodéputés, il faudrait dépenser bien plus que les 5% du PIB actuellement prévus pour la défense et les investissements de sécurité. Il faudrait construire sa propre capacité nucléaire. « Ça coûte des milliards et des milliards d’euros », a-t-il lancé. Et même avec tout cet argent, l’Europe perdrait quelque chose d’irremplaçable : « le garant ultime de notre liberté, le parapluie nucléaire américain ». Sa conclusion, cinglante : « Alors bonne chance! »
L’argument du parapluie nucléaire est massue. L’Europe compte aujourd’hui deux puissances nucléaires : la France et le Royaume-Uni. Ensemble, elles possèdent environ 500 têtes nucléaires. Les États-Unis? Plus de 5 000. Sans même parler des systèmes de livraison, des sous-marins lanceurs d’engins, des bombardiers stratégiques, de toute l’infrastructure qui va avec. Reproduire cette puissance prendrait des décennies. Et coûterait une fortune que personne, en Europe, n’est prêt à dépenser. Rutte le sait. Les eurodéputés le savent. Tout le monde le sait. C’est précisément pour ça que cet argument est si efficace. Et si douloureux à entendre.
Il y a quelque chose de profondément humiliant dans cette équation. L’Europe, avec ses 450 millions d’habitants, son PIB comparable à celui des États-Unis, ses siècles d’histoire militaire, ses traditions, ses armées, ses généraux, ses académies, ses industries de défense, serait incapable de se défendre seule. C’est ce qu’on nous dit. Continuez à payer, continuez à obéir, continuez à remercier. Et surtout, surtout, ne rêvez pas trop fort. Les rêves, c’est pour les enfants.
La duplication qui affaiblit
Au-delà du coût, Rutte a soulevé un autre argument : la duplication des efforts. Créer une force européenne séparée de l’OTAN signifierait dupliquer des structures, des commandements, des capacités qui existent déjà. « Je pense qu’il y aura beaucoup de duplication », a-t-il averti. « Et je vous souhaite bonne chance si vous voulez le faire, parce qu’il faudra trouver les hommes et les femmes en uniforme — ils s’ajouteront à ce qui existe déjà. » En clair : l’Europe n’a déjà pas assez de soldats pour remplir ses engagements actuels envers l’OTAN. Où trouverait-elle les effectifs pour une armée parallèle?
La critique vise directement la proposition d’Andrius Kubilius, le commissaire européen à la Défense. En janvier 2026, lors d’une conférence en Suède, Kubilius avait proposé la création d’une « force militaire européenne permanente et puissante de 100 000 soldats ». L’idée : remplacer potentiellement les 100 000 militaires américains stationnés en Europe si Washington décidait de les retirer. Kubilius avait même proposé un « Conseil de sécurité européen » regroupant 10 à 12 pays membres, potentiellement avec le Royaume-Uni. Une architecture ambitieuse. Que Rutte vient de balayer d’un revers de main. « Ça compliquera les choses », a-t-il tranché. « Poutine adorera ça. Alors réfléchissez-y à deux fois. »
Section 3 : Le spectre de Poutine brandi comme épouvantail
L’argument qui tue le débat
Invoquer Vladimir Poutine dans un débat sur la défense européenne, c’est comme brandir un crucifix devant un vampire. Ça fige tout. Ça interdit la réplique. Qui oserait défendre une position que le maître du Kremlin « adorerait »? Rutte le sait parfaitement. C’est pour ça qu’il a utilisé cet argument. La Russie de Poutine est en guerre contre l’Ukraine depuis bientôt trois ans. Elle menace les pays baltes. Elle multiplie les provocations contre la Finlande et la Suède, nouveaux membres de l’OTAN. Elle consacre 40% de son budget national à la défense, soit 200 milliards de dollars par an. Face à cette menace, toute division européenne serait suicidaire. C’est l’argument. Et il est difficile à contrer.
Pourtant, on peut se demander si cet argument n’est pas un peu trop commode. Si l’Europe est si vulnérable face à la Russie, n’est-ce pas précisément parce qu’elle a négligé sa défense pendant des décennies, comptant sur les États-Unis pour la protéger? Et si cette dépendance est le problème, pourquoi serait-elle aussi la solution? Rutte lui-même a rappelé que la Russie « pourrait être prête à utiliser la force militaire contre l’OTAN dans les cinq prochaines années ». Cinq ans. C’est demain. Et l’Europe est censée continuer à rêver pendant ce temps? Ou se réveiller et commencer à construire quelque chose de solide?
Je me souviens d’une phrase de De Gaulle : « Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. » Trump l’incarne à la perfection. Il menace ses alliés, il exige des tributs, il traite les relations internationales comme des transactions immobilières. Et on voudrait nous faire croire que notre sécurité dépend de sa bonne volonté? Que notre avenir repose sur le fait qu’il continue à trouver l’OTAN « utile »? Il y a quelque chose de profondément malsain dans cette dépendance. Quelque chose qui ressemble à de la servitude volontaire.
L’Europe divisée face à son destin
Le plus frappant, dans cette affaire, c’est la division européenne. D’un côté, ceux qui appellent à l’émancipation : l’Espagne de José Manuel Albares, qui demande une « coalition des volontaires » pour la sécurité européenne. Le commissaire Kubilius, qui propose son armée de 100 000 hommes. Certains eurodéputés qui s’inquiètent de la fiabilité américaine. De l’autre, les tenants du statu quo : les pays d’Europe de l’Est, traumatisés par leur histoire avec la Russie, qui voient dans les États-Unis le seul rempart crédible. L’OTAN elle-même, institution qui n’a aucun intérêt à se voir marginaliser. Et Rutte, gardien du temple transatlantique, qui veille à ce que personne ne s’écarte du chemin.
Cette division n’est pas nouvelle. Depuis des décennies, l’idée d’une défense européenne autonome revient périodiquement sur la table. Et depuis des décennies, elle se heurte aux mêmes obstacles : le coût, la complexité, les divergences nationales, et surtout, la certitude confortable que les États-Unis seront toujours là. Sauf que cette certitude vient de prendre un sacré coup. Trump a menacé de sortir de l’OTAN. Il a exigé que l’alliance l’aide à « prendre » le Groenland. Il a imposé des ultimatums tarifaires à ses propres alliés. La Première ministre danoise Mette Frederiksen a dit qu’une prise de contrôle américaine du Groenland signifierait « la fin de l’OTAN ». Nous y sommes presque. Et on nous demande de continuer à rêver?
Section 4 : La crise du Groenland en toile de fond
Quand Trump joue avec le feu transatlantique
Pour comprendre le contexte dans lequel Rutte s’est exprimé ce lundi 26 janvier, il faut revenir sur les semaines qui viennent de s’écouler. Depuis le début du mois, Donald Trump a multiplié les déclarations incendiaires sur le Groenland. Il veut ce territoire. Il le considère comme vital pour la sécurité nationale américaine. Et il n’exclut pas l’usage de la force pour l’obtenir. Le 17 janvier, il a franchi un cap en annonçant des tarifs douaniers punitifs contre huit pays européens : Danemark, Norvège, Suède, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas et Finlande. 10% à partir du 1er février, augmentant à 25% en juin. Le motif? Ces pays avaient envoyé des troupes au Groenland dans le cadre d’exercices OTAN. Trump y a vu une provocation.
La réaction européenne a été unanime : refus total. Emmanuel Macron a qualifié les menaces tarifaires d’« inacceptables ». Keir Starmer a dénoncé l’idée d’« appliquer des tarifs à des alliés pour avoir poursuivi la sécurité collective de l’OTAN ». Des milliers de personnes ont manifesté à Copenhague et à Nuuk, la capitale groenlandaise, sous le slogan « Make America Go Away ». Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a été clair : « Trump n’obtiendra pas le Groenland. Ce n’est pas à vendre. » Même au sein du Parti républicain, des voix se sont élevées contre cette folie. La sénatrice Lisa Murkowski a parlé de tarifs « inutiles et punitifs ». Le sénateur Thom Tillis a qualifié la stratégie de « stupide au-delà de l’imaginable ».
Rutte le pompier, Rutte le sauveur
C’est dans ce contexte explosif que Mark Rutte est entré en scène. Au Forum économique mondial de Davos, le 21 janvier, il a rencontré Trump en marge des discussions. Et miracle : quelques heures plus tard, le président américain annonçait qu’il renonçait à ses tarifs et qu’il avait trouvé un « framework » d’accord avec le secrétaire général de l’OTAN. Les détails restent flous — on parle de sécurité arctique, de présence accrue de l’OTAN dans la région, de discussions tripartites entre États-Unis, Danemark et Groenland. Mais l’essentiel est là : la crise a été désamorcée. Rutte a réussi là où tout le monde avait échoué.
Ce succès diplomatique explique en partie le ton de Rutte devant le Parlement européen. Fort de sa victoire à Davos, il peut se permettre de défendre Trump avec encore plus de vigueur. Regardez, semble-t-il dire, la méthode fonctionne. La flatterie, la diplomatie personnelle, les messages amicaux sur Truth Social — tout ça marche. Pourquoi changer de stratégie? Pourquoi risquer de froisser un homme qu’on a réussi à apprivoiser? Sauf que cette logique a une faille évidente : elle fait de l’Europe l’otage permanent des humeurs d’un seul homme. Aujourd’hui Trump. Demain, qui sait?
Il y a un proverbe qui dit qu’on ne peut pas danser avec le loup sans finir par lui ressembler. Rutte danse avec Trump depuis des mois. Il le flatte, il le cajole, il l’appelle « daddy ». Et ça marche, apparemment. Mais à quel prix? Au prix de dire aux Européens qu’ils ne peuvent pas rêver d’autonomie. Au prix de défendre un homme qui menace nos alliés. Au prix de transformer l’OTAN en club de supporters de Trump. Est-ce vraiment le rôle du secrétaire général de l’alliance atlantique?
Section 5 : Les propositions européennes balayées
Le plan Kubilius mort-né
Le 11 janvier 2026, lors d’une conférence sur la sécurité en Suède, le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius avait présenté une vision ambitieuse. Son constat de départ : si les Américains quittent l’Europe, comment créer un « pilier européen de l’OTAN »? Qui sera le commandant suprême européen? Comment remplacer les 100 000 soldats américains stationnés sur le continent? Sa réponse : une force militaire européenne permanente, puissante, de 100 000 hommes. « Est-ce que les États-Unis seraient plus forts s’ils avaient 50 armées d’États au lieu d’une seule armée fédérale? », avait-il demandé. « La réponse est non. Alors qu’est-ce qu’on attend? »
Kubilius avait aussi proposé la création d’un « Conseil de sécurité européen » regroupant 10 à 12 membres clés, incluant potentiellement le Royaume-Uni. Un organe capable de prendre des décisions rapides sur les questions de défense. Une structure inspirée du Conseil de sécurité des Nations Unies, mais adaptée aux réalités européennes. Des sondages dans plusieurs pays — Espagne, Belgique, Allemagne — montraient que 70% des citoyens préféraient voir leur pays défendu par une armée européenne plutôt que par une armée nationale (10%) ou par l’OTAN (12%). L’opinion publique était prête. Les dirigeants hésitaient. Et Rutte vient de leur dire de continuer à hésiter.
L’appel espagnol ignoré
José Manuel Albares, le ministre espagnol des Affaires étrangères, n’a pas été plus chanceux. À Davos, le 22 janvier, il avait appelé l’Europe à « prendre le contrôle total de sa propre sécurité ». Son argument : « Si nous voulons continuer à être un continent pacifique, nous devons avoir la dissuasion entre nos mains. » Il avait proposé une progression en trois étapes : d’abord une « coalition des volontaires » pour la sécurité européenne, puis une intégration des industries de défense, et enfin une véritable armée européenne. Albares avait aussi été très clair sur le Groenland : « La pression sur le Danemark et le Groenland doit cesser. »
Ces propositions espagnoles s’inscrivent dans un contexte plus large. L’Union européenne a lancé plusieurs programmes de défense ambitieux : le programme « ReArm », doté de 800 milliards d’euros, et le programme « SAFE » pour l’acquisition conjointe d’armements, auquel 19 pays ont adhéré. La Commission européenne prévoit de présenter une nouvelle stratégie de sécurité en 2026. Ursula von der Leyen a elle-même reconnu que l’UE « n’est pas encore une puissance militaire » mais qu’elle prend des mesures pour développer son potentiel de défense. Tout cela reste dans le cadre de l’OTAN, certes. Mais les lignes bougent. Sauf que Rutte vient de les figer à nouveau.
Section 6 : La question de fond qui dérange
Peut-on faire confiance à Trump?
C’est la question que personne n’ose poser frontalement, mais que tout le monde a en tête. Donald Trump est-il un allié fiable? Peut-on construire une stratégie de défense sur un homme qui change d’avis au gré de ses humeurs? Qui menace ses partenaires un jour et les embrasse le lendemain? Qui traite les alliances comme des contrats immobiliers renégociables à l’infini? Rutte répond que oui. Il assure que l’engagement américain envers l’article 5 de l’OTAN — la clause de défense mutuelle — reste « total ». Il rappelle que la Stratégie de sécurité nationale américaine, publiée récemment, réaffirme l’engagement envers la sécurité européenne. Mais les mots de Trump résonnent encore : « Il se pourrait que ce soit un choix entre préserver l’OTAN ou prendre le Groenland. »
Les faits parlent d’eux-mêmes. En l’espace de quelques semaines, Trump a menacé d’utiliser la force contre un allié de l’OTAN. Il a imposé des tarifs douaniers à huit pays européens. Il a exigé que l’OTAN l’aide à « prendre » le Groenland. Il a qualifié les forces danoises protégeant le territoire de « deux traîneaux à chiens ». Il a écrit au Premier ministre norvégien qu’il ne se sentait plus « obligé de penser uniquement à la paix » parce qu’il n’avait pas reçu le Prix Nobel de la Paix 2025. Ce n’est pas le comportement d’un allié stable. C’est le comportement d’un homme imprévisible dont les caprices peuvent, du jour au lendemain, bouleverser l’ordre international.
Je me pose une question simple : et si Trump avait gagné un deuxième mandat sans que Rutte soit là pour lui chuchoter à l’oreille? Que serait-il arrivé? Les tarifs seraient entrés en vigueur. La crise du Groenland aurait dégénéré. L’OTAN aurait peut-être implosé. Toute la sécurité européenne repose donc sur la capacité d’un ancien Premier ministre néerlandais à flatter l’ego d’un président américain? C’est ça, notre stratégie? C’est ça, notre avenir? Il y a quelque chose de profondément fragile dans cette construction. Quelque chose qui devrait nous alarmer bien plus que les rêves d’armée européenne.
Le piège de la dépendance
Le paradoxe est cruel. Plus l’Europe dépend des États-Unis pour sa sécurité, plus elle est vulnérable aux pressions américaines. Plus elle est vulnérable, plus elle hésite à s’émanciper. Plus elle hésite, plus elle reste dépendante. C’est un cercle vicieux dont il semble impossible de sortir. Rutte le sait. Il en joue, même. En rappelant aux Européens qu’ils ne peuvent pas se défendre seuls, il renforce leur sentiment d’impuissance. En renforçant ce sentiment, il justifie le maintien du statu quo. En maintenant le statu quo, il perpétue la dépendance. C’est habile. C’est peut-être même réaliste, à court terme. Mais est-ce viable sur le long terme?
Les États-Unis dépensent 3,5% de leur PIB pour la défense. L’Europe, en moyenne, 2%. En termes absolus, cela représente un écart colossal. Mais l’Europe est aussi un géant économique. Son PIB combiné dépasse celui des États-Unis. Si les Européens consacraient 3% ou 4% de leur richesse à la défense, ils pourraient constituer une force militaire considérable. Pas immédiatement. Pas en cinq ans. Mais sur une génération, peut-être. Le problème, c’est que personne ne veut faire ce sacrifice. Tout le monde préfère continuer à rêver — ou plutôt, à ne pas rêver, comme le recommande Rutte.
Conclusion : Entre réalisme et résignation
Le message de Rutte, ou l’aveu d’impuissance
Que retenir de cette journée du 26 janvier 2026? Mark Rutte a dit aux Européens ce qu’ils savaient déjà mais refusaient d’entendre : ils ne peuvent pas se défendre seuls. Pas aujourd’hui. Pas demain. Peut-être jamais. L’armée européenne restera un rêve — un beau rêve, peut-être, mais un rêve quand même. La réalité, c’est l’OTAN. La réalité, c’est les États-Unis. La réalité, c’est Trump. Et tant pis si ce Trump-là menace ses alliés, exige des tributs et traite l’alliance comme un racket de protection mafieux. C’est le prix à payer pour le parapluie nucléaire. C’est le prix à payer pour dormir tranquille.
Le problème avec ce raisonnement, c’est qu’il nie toute possibilité de changement. Il fige l’Europe dans une posture de dépendance éternelle. Il interdit de penser autrement, de planifier autrement, de construire autrement. Et surtout, il fait l’impasse sur une réalité dérangeante : les États-Unis de 2026 ne sont plus les États-Unis de 1949. L’alliance atlantique ne peut plus être un contrat d’assurance unilatéral où l’Amérique protège et l’Europe paie. Le monde a changé. L’Europe doit changer aussi. Mais pour l’instant, on lui demande de continuer à rêver. Ou plutôt, de ne pas rêver du tout.
Je termine ces lignes avec un sentiment étrange. De la colère, oui. De l’indignation face à cette injonction de docilité. Mais aussi une forme de tristesse. Parce que Rutte n’a peut-être pas tort. Pas complètement. L’Europe d’aujourd’hui, divisée, hésitante, habituée au confort de la protection américaine, n’est probablement pas capable de se défendre seule. Pas encore. Mais un jour, peut-être, elle le sera. Un jour, peut-être, elle aura les moyens de ses ambitions. Un jour, peut-être, elle pourra regarder ses alliés dans les yeux, d’égal à égal. Ce jour-là, on reparlera de l’armée européenne. En attendant, continuons à rêver. En silence. Pour ne pas réveiller le loup.
L’avenir reste à écrire
La question de la défense européenne ne disparaîtra pas avec le discours de Rutte. Elle reviendra. Elle revient toujours. À chaque crise transatlantique, à chaque provocation trumpienne, à chaque rappel de notre vulnérabilité. Les propositions de Kubilius et d’Albares sont peut-être mortes-nées. Mais d’autres suivront. D’autres dirigeants reprendront le flambeau. D’autres citoyens descendront dans la rue pour réclamer leur souveraineté. L’Europe n’a pas dit son dernier mot. Elle apprend, lentement, douloureusement, à se réveiller. Et un jour, peut-être, elle cessera de rêver pour commencer à agir.
En attendant, Mark Rutte continuera à chuchoter à l’oreille de Trump. Les États-Unis continueront à exiger toujours plus. L’Europe continuera à payer, à obéir, à remercier. Et quelque part à Moscou, Vladimir Poutine continuera à observer ce spectacle avec délectation. Non pas parce qu’il « adorerait » une armée européenne, comme le prétend Rutte. Mais parce qu’il adore voir l’Occident se déchirer. Parce qu’il adore voir l’Europe se quereller sur sa dépendance. Parce qu’il adore voir les alliés d’hier devenir les rivaux de demain. C’est peut-être ça, le vrai cadeau qu’on lui fait. En nous divisant nous-mêmes.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, des relations transatlantiques et des questions de défense européenne. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies diplomatiques, à comprendre les jeux de pouvoir internationaux, à contextualiser les décisions des acteurs politiques et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent l’architecture de sécurité mondiale.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, AFP), communiqués officiels de l’OTAN, déclarations publiques des dirigeants politiques, transcriptions des interventions au Parlement européen et au Forum économique mondial de Davos.
Sources secondaires : publications de médias d’information reconnus internationalement (The Globe and Mail, Euronews, CNN, CNBC, ABC News, Al Jazeera, The Hill, Fox News), analyses d’institutions de recherche établies comme l’Atlantic Council.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques transatlantiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les relations entre l’Europe et les États-Unis.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Reuters/AFP – Dépêches sur le discours de Mark Rutte au Parlement européen – 26 janvier 2026
NATO – Transcription des remarques du Secrétaire général au Forum économique mondial de Davos – 21 janvier 2026
Euronews – Interview du ministre espagnol José Manuel Albares à Davos – 22 janvier 2026
Déclaration conjointe – Huit pays européens sur les tarifs américains – 19 janvier 2026
Sources secondaires
The Globe and Mail – NATO’s Rutte dismisses calls for separate European army – 26 janvier 2026
CNN – NATO chief warns European allies could be Russia’s next target – décembre 2025
CNBC – Trump says he reached Greenland deal ‘framework’ with NATO – 21 janvier 2026
Al Jazeera – Trump drops tariff threat on Greenland – 21 janvier 2026
ABC News – NATO chief Mark Rutte shows he’s the ‘Trump Whisperer’ – 22 janvier 2026
Ukrinform – Kubilius: Europe needs European Security Council and standing army – 12 janvier 2026
Kyiv Post – EU Defense Chief Renews Calls for Common Army – 12 janvier 2026
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