Skip to content
Trump et la fabrique de la réalité : comment un président réécrit le monde à coups de mensonges et d’images truquées
Crédit: Adobe Stock

Flood the zone : l’art de noyer l’opposition

La formule est brutale dans sa simplicité. Steve Bannon l’a résumée sans détour en 2018 lors d’un entretien avec le journaliste Michael Lewis : les démocrates ne comptent pas, disait-il. La vraie opposition, ce sont les médias. Et la seule façon de les gérer, c’est d’inonder la zone avec de la merde. Excusez la vulgarité, mais c’est exactement ce qu’il a dit. Et c’est exactement ce que fait Trump depuis un an avec une intensité jamais vue.

Le principe est diaboliquement efficace. Chaque jour apporte son lot de déclarations chocs, de décrets controversés, de provocations calculées. Un matin, c’est la menace d’annexer le Groenland. L’après-midi, une purge de fonctionnaires fédéraux. Le soir, une vidéo grotesque sur Truth Social. Les journalistes courent dans tous les sens, incapables de tout vérifier, de tout analyser, de tout décortiquer. Pendant ce temps, les vraies décisions passent en douce, noyées dans le brouhaha permanent. Plus de 220 décrets présidentiels signés en moins d’un an. Qui peut tous les lire? Qui peut tous les contester?

La télé-réalité comme modèle de gouvernance

Frédérick Gagnon, titulaire de la chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM, résume parfaitement le phénomène : c’est une télé-réalité, dit-il. On se lève le matin et on comprend en regardant une publication Truth Social de Trump que le sujet de la journée ce sera ça, puis en mi-journée ce sera autre chose, puis le lendemain c’est autre chose. C’est étourdissant. Cette observation n’est pas une métaphore. C’est une description clinique d’une méthode de gouvernement qui emprunte délibérément aux codes du divertissement de masse.

Trump ne gouverne pas. Il performe. Il met en scène. Il crée des cliffhangers permanents qui maintiennent son audience captive. Chaque controverse est un épisode. Chaque scandale est un rebondissement. Et comme dans toute bonne série, l’important n’est pas que l’histoire soit vraie. L’important est qu’elle soit captivante. Que les gens regardent. Qu’ils commentent. Qu’ils partagent. Dans cette logique, un mensonge viral vaut mieux qu’une vérité ignorée.

Ce qui me frappe le plus, c’est l’absence totale de honte. Il fut un temps où les politiciens pris en flagrant délit de mensonge tentaient au moins de se justifier, de nuancer, de faire profil bas. Trump a compris que cette époque est révolue. Il a compris qu’à force de mentir sans cesse, sans jamais s’excuser, sans jamais reculer, le mensonge finit par devenir aussi banal que respirer. Et nous, spectateurs horrifiés ou fascinés, nous nous habituons malgré nous à l’inacceptable.

Sources

Sources primaires

Reporters Sans Frontières – Rapport sur la liberté de la presse aux États-Unis – 14 janvier 2026
Nature – Étude sur l’impact des contenus IA sur les préférences électorales – Décembre 2025
Washington Post – Base de données des déclarations présidentielles vérifiées – 2017-2021

Sources secondaires

La Presse – Utilisation de l’IA par Donald Trump : Des visuels hyperréalistes et mensongers comme stratégie de communication – 6 novembre 2025
France 24 – Les images générées par l’IA, une stratégie de communication pour Trump – 15 janvier 2026
Le Devoir – Donald Trump utilise l’intelligence artificielle pour se glorifier et dénigrer ses adversaires – 6 novembre 2025
L’Actualité – Donald Trump a consacré l’année 2025 à tenter d’accaparer le plus de pouvoir possible – 29 décembre 2025
RTBF – Submerger pour mieux régner, la stratégie du chaos de Trump – 25 février 2025
RTBF – Les médias parlent-ils trop de Donald Trump et des États-Unis – 20 janvier 2026
L’ADN – Comment Trump exploite les vidéos IA grotesques et le chaos médiatique – 21 octobre 2025
Le Média – Chaos mondial, révolte contre l’ICE : Trump 2.0, déjà le début de la fin – 25 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu