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Trump veut la souveraineté américaine sur le Groenland : quand l’Arctique devient le nouveau champ de bataille géopolitique
Crédit: Adobe Stock

Un héritage de la Guerre froide

Pour comprendre l’obsession américaine pour le Groenland, il faut remonter à 1951. Cette année-là, un traité entre le Danemark et les États-Unis accorde à Washington un rôle majeur dans la défense de l’île arctique et le droit d’y établir des bases militaires. La base aérienne de Thule devient rapidement le poste avancé le plus important de l’Amérique face à l’Union soviétique. Au plus fort de la Guerre froide, 6 000 militaires américains y sont stationnés. C’est de là que partent les avions de surveillance. C’est là que s’arrêtent les radars qui scrutent le ciel arctique. C’est le premier rempart contre une frappe nucléaire soviétique.

Aujourd’hui, la base a changé de nom et de mission. Rebaptisée Pituffik Space Base en avril 2023, elle est désormais sous le commandement de la Force spatiale américaine. Seulement 150 militaires y sont stationnés en permanence. Mais son importance stratégique n’a fait que croître. Les systèmes d’alerte précoce antimissile, la surveillance spatiale, le monitoring des mouvements navals russes dans l’Atlantique Nord — tout passe par Pituffik. Trump l’a dit lui-même à Fox Business Network depuis Davos : « Tout passe par le Groenland. Si les méchants commencent à tirer, ça passe par le Groenland. C’est inestimable. »

Inestimable. Le mot résonne étrangement quand on parle d’un territoire qui appartient à quelqu’un d’autre. Mais c’est peut-être là tout le problème. Pour Trump et son administration, le Groenland n’est pas un pays avec une histoire, une culture, un peuple. C’est un actif stratégique. Une ressource à exploiter. Un pion sur l’échiquier géopolitique. Et quand on réduit un territoire à sa valeur militaire, on oublie facilement qu’il y a des êtres humains qui y vivent, qui y sont nés, qui veulent y mourir libres. C’est cette déshumanisation qui me met en colère. Cette façon de traiter les nations comme des propriétés immobilières.

La route la plus courte vers l’Amérique

Les experts militaires le répètent depuis des décennies : la trajectoire la plus directe pour qu’un missile balistique russe atteigne le territoire continental américain passe par le pôle Nord et le Groenland. C’est de la géométrie pure. La Terre est ronde, et le chemin le plus court entre Moscou et New York survole l’Arctique. Contrôler le Groenland, c’est contrôler cette porte d’entrée. C’est avoir les yeux braqués sur l’horizon glacé d’où pourrait surgir l’apocalypse nucléaire.

Mais la menace a évolué. En 2026, ce ne sont plus seulement les missiles russes qui inquiètent le Pentagone. La Chine s’est déclarée « État proche de l’Arctique » en 2018 et poursuit son projet de « Route de la soie polaire » pour le transport maritime. Pékin investit massivement dans les ressources minières de la région. Le Groenland se retrouve au cœur d’une compétition entre superpuissances. Et Trump, avec sa rhétorique de confrontation, a décidé que l’Amérique devait frapper la première. Pas militairement — pas encore. Mais diplomatiquement, économiquement, et si nécessaire, par la menace.

Sources

Sources primaires

New York Post – Interview exclusive de Donald Trump – 24 janvier 2026
Fox Business Network – Interview de Trump à Davos – 21 janvier 2026
Gouvernement du Groenland – Conférence de presse de Jens-Frederik Nielsen – 22 janvier 2026
OTAN – Déclarations de Mark Rutte à Davos – 21 janvier 2026
Gouvernement danois – Déclarations de Mette Frederiksen – janvier 2026

Sources secondaires

Al Jazeera – Trump’s Greenland ‘framework’ deal: What we know – 22 janvier 2026
CNBC – Greenland PM: sovereignty is a ‘red line’ – 22 janvier 2026
Fortune – Trump backed down but may cross ‘red line’ – 24 janvier 2026
US News – US to gain sovereignty over bases – 24 janvier 2026
NPR – What to know about Pituffik Space Base – mars 2025
Reuters – Trump reversal at Davos – janvier 2026
CSIS – Greenland, Rare Earths, and Arctic Security – 2025
Council on Foreign Relations – Trump Administration’s Push for Greenland – janvier 2026
Wikipedia – Greenland crisis – janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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