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Trump veut le Groenland à tout prix : pendant que l’Occident tremble, Moscou et Pékin savourent le chaos
Crédit: Adobe Stock

Un coffre-fort de terres rares sous la glace

Pour comprendre l’acharnement de Trump, il faut regarder sous la glace. Le Groenland n’est pas qu’un désert blanc perdu au bout du monde. C’est un coffre-fort géologique d’une richesse stupéfiante. Selon les estimations du US Geological Survey, l’île recèle environ 1,5 million de tonnes métriques de terres rares, ces métaux essentiels à la fabrication des smartphones, des batteries électriques, des éoliennes et des missiles guidés. C’est presque autant que les réserves américaines (1,9 million de tonnes) et bien plus que le Canada (830 000 tonnes) ou l’Afrique du Sud (860 000 tonnes). Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le gisement de Kvanefjeld représente le troisième plus grand dépôt connu de terres rares au monde, avec plus de 11 millions de tonnes de ressources. Et le site de Tanbreez, dont l’évaluation économique préliminaire n’a été achevée qu’en 2025, pourrait être le plus grand gisement mondial avec 28,2 millions de tonnes estimées.

La richesse minérale du Groenland va bien au-delà des terres rares. L’île contient 25 des 34 minéraux classés comme matières premières critiques par la Commission européenne, et 43 des 50 minéraux jugés essentiels à la sécurité nationale américaine. Du graphite indispensable aux batteries, de l’uranium, du zinc, du cuivre, du pétrole, du gaz naturel. Un trésor enfoui que le réchauffement climatique rend paradoxalement plus accessible à mesure que la calotte glaciaire fond. Tony Sage, PDG de Critical Metals, qui développe l’un des plus grands projets de terres rares dans le sud du Groenland, confirme un « regain d’intérêt significatif des investisseurs » ces derniers mois. En juin 2025, l’Union européenne a désigné le projet de graphite d’Amitsoq comme « Projet stratégique » dans le cadre de son Critical Raw Materials Act. La course aux ressources arctiques est lancée. Et Trump veut que l’Amérique la gagne.

Il y a quelque chose de vertigineux à réaliser que les guerres de demain se joueront autour de métaux dont la plupart d’entre nous ignorent même l’existence. Le néodyme. Le dysprosium. Le terbium. Des noms qui sonnent comme des planètes de science-fiction, mais qui sont en réalité les briques fondamentales de notre civilisation technologique. Et aujourd’hui, la Chine contrôle plus de 60 % de la production mondiale. Voilà pourquoi Trump est prêt à menacer un allié, à fracturer l’OTAN, à redessiner les frontières du droit international. Pour ces cailloux enterrés sous la glace. C’est à la fois dérisoire et effrayant.

Le passage du Nord-Ouest et le contrôle de l’Arctique

Mais les minéraux ne sont qu’une partie de l’équation. La position géographique du Groenland est tout aussi stratégique. L’île se trouve à cheval sur le fameux « GIUK gap » — le passage maritime entre le Groenland, l’Islande et le Royaume-Uni qui relie l’océan Arctique à l’Atlantique Nord. Depuis la Guerre froide, ce corridor est considéré comme vital pour contrôler les mouvements des sous-marins nucléaires russes. La base aérienne de Pituffik (anciennement Thulé), située au nord-ouest du Groenland, héberge déjà des installations américaines de détection de missiles balistiques. Avec le réchauffement climatique qui ouvre de nouvelles routes maritimes arctiques, le Groenland devient un point de contrôle encore plus crucial. Celui qui contrôle le Groenland contrôle l’accès au pôle Nord. Et dans la nouvelle géopolitique arctique, c’est un avantage décisif.

La Russie l’a bien compris, elle qui a massivement investi dans sa flotte arctique et multiplié les bases militaires le long de sa côte nord. La Chine aussi, qui se proclame « État proche-arctique » malgré sa position géographique, et qui finance des projets d’infrastructures dans toute la région. Face à cette compétition, Washington se sent vulnérable. Les États-Unis ne disposent que de deux brise-glaces opérationnels, contre plus de quarante pour la Russie. L’Alaska, seul territoire américain arctique, est isolé du reste du pays. Le Groenland offrirait une projection de puissance incomparable : 2,16 millions de kilomètres carrés de territoire stratégique, plus grand que l’Alaska, le Texas et la Californie réunis. On comprend mieux l’obsession. Mais comprendre n’est pas excuser.

Sources

Sources primaires

Financial Times – Rapport sur l’appel téléphonique Trump-Frederiksen – Janvier 2025
New York Times – Enquête sur les 45 minutes d’appel entre Trump et la Première ministre danoise – Janvier 2025
Services de renseignement danois (DDIS) – Rapport annuel sur les menaces 2025
US Geological Survey – Données sur les réserves mondiales de terres rares – 2025
Commission européenne – Critical Raw Materials Act et désignation du projet Amitsoq – Juin 2025
Déclaration conjointe – Danemark, Finlande, France, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Suède, Royaume-Uni – Janvier 2025

Sources secondaires

France Info – Analyse de la vision russe de la crise du Groenland – Janvier 2025
Euronews – Accord OTAN-Danemark sur la sécurité arctique – Janvier 2026
CSIS (Center for Strategic and International Studies) – Greenland, Rare Earths, and Arctic Security – 2025
Chatham House – The race for Greenland’s rare earth minerals – Octobre 2025
Sermitsiaq – Sondage sur l’opinion groenlandaise concernant le rattachement aux États-Unis – Janvier 2025
TIME Magazine – In Rebuke of Trump, Greenland Declares: ‘We Choose Denmark’ – Janvier 2026
Al Jazeera – Denmark’s PM says Greenland showdown at ‘decisive moment’ – Janvier 2026
Newsweek – NATO ally ‘utterly freaked out’ after Donald Trump call – Janvier 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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