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Un traître de 21 ans vendait les secrets de la défense aérienne ukrainienne à Moscou
Crédit: Adobe Stock

Des publications pro-Kremlin comme appât

Comment un jeune soldat ukrainien se retrouve-t-il à espionner pour Moscou ? L’enquête du SBU révèle un schéma de recrutement devenu terriblement banal. Tout a commencé sur Telegram. Le suspect avait attiré l’attention des services de renseignement russes par ses publications pro-Kremlin sur des canaux de la messagerie. Des posts sympathisants. Des commentaires favorables à la Russie. Des signaux qui, dans le monde trouble de l’espionnage, équivalent à agiter un drapeau en criant « recrutez-moi ». Les agents russes surveillent ces canaux en permanence. Ils repèrent les profils intéressants. Ils établissent le contact. Ils testent. Ils appâtent. Et quand ils sentent que le poisson est ferré, ils passent aux choses sérieuses.

Le recrutement via Telegram est devenu la méthode privilégiée des services de renseignement russes. En octobre 2025, un jeune homme de 20 ans de la région de Kirovohrad avait écopé de 15 ans de prison pour avoir tenté d’installer un traceur GPS sur un convoi militaire. Comment avait-il été recruté ? Sur Telegram. Il cherchait des « gains faciles ». Il a trouvé une cellule de prison. Quelques semaines plus tard, un autre informateur de 59 ans était arrêté près de la ligne de front dans le Donbass. Sa mission : corriger les frappes de drones kamikazes Lancet sur Kostiantynivka. Son recrutement ? Telegram, encore. La plateforme est devenue le terrain de chasse favori des espions russes. Et les jeunes, souvent naïfs, souvent fauchés, souvent idéologiquement fragiles, sont leurs proies de choix.

Telegram. Cette application que nous utilisons tous pour discuter avec nos amis, partager des memes, suivre l’actualité. Cette plateforme qui est aussi devenue le supermarché de l’espionnage russe. Les recruteurs y font leurs courses comme dans une épicerie. Ils parcourent les rayons, repèrent les produits intéressants, négocient les prix. Et des jeunes de vingt ans, attirés par l’argent facile ou aveuglés par une idéologie tordue, se vendent au premier acheteur. C’est à la fois pathétique et terrifiant. Pathétique parce qu’on parle de gamins qui ruinent leur vie pour quelques milliers de roubles. Terrifiant parce que chaque gamin recruté, c’est potentiellement des dizaines de morts ukrainiens.

L’argent facile, le piège mortel

Les services russes ne recrutent pas avec de grandes envolées patriotiques. Ils achètent. Simplement. Froidement. Une mission payée quelques centaines de dollars. Puis quelques milliers. L’escalade est progressive. D’abord des informations anodines. Ensuite des renseignements plus sensibles. Et avant de s’en rendre compte, le recruté se retrouve complice de crimes de guerre. Le schéma est toujours le même : cibler les personnes vulnérables économiquement, leur promettre des gains faciles, les compromettre progressivement jusqu’à ce qu’ils n’aient plus d’échappatoire. Le jeune militaire de Mykolaïv a probablement suivi ce chemin. Un message sur Telegram. Une proposition. Un premier paiement. Et l’engrenage s’est enclenché.

La Russie va encore plus loin dans le cynisme. Elle recrute même des mineurs. Le SBU a documenté des cas où les agents russes présentaient leurs missions comme des « jeux » aux adolescents. Photographier une installation militaire ? Un défi amusant. Repérer un convoi ? Une chasse au trésor. En réponse, les services de sécurité ukrainiens ont lancé un chatbot Telegram baptisé « Brûlez un agent du FSB » pour contrer ces recrutements et sensibiliser la population. Une guerre de l’ombre qui se joue sur les écrans des smartphones, dans les canaux de messagerie, dans les recoins numériques où les espions chassent et où les traîtres se vendent.

Sources

Sources primaires

Intent Press — Russian informant among military exposed in Mykolaiv region — 26 janvier 2026
Ukrinform — SBU detains Russian agent in Mykolaiv region who spied on Defence Forces movement — janvier 2026
Service de sécurité d’Ukraine (SBU) — Communiqués officiels sur les arrestations d’espions — janvier 2026
Parquet spécialisé de la défense de Mykolaiv — Informations sur les poursuites judiciaires — janvier 2026

Sources secondaires

Kyiv Post — Russian Agent Arrested in Mykolaiv — janvier 2026
Defense News — Ukraine arrests two Russian spies inspecting Oreshnik missile damage — 22 janvier 2026
The Record — Ukraine uncovers Russian spy network recruiting teens for espionage — 2025
Ministère de la Défense d’Ukraine — Ukraine bolsters air defense with two more Patriot systems — janvier 2026
Congress.gov — PATRIOT Air and Missile Defense System for Ukraine — 2025-2026
Voice of America — Ukraine needs 25 Patriot air defense systems and more F-16 jets, Zelenskyy says — 2025
Wikipedia — Russian spies in the Russo-Ukrainian war — consulté janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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