Des publications pro-Kremlin comme appât
Comment un jeune soldat ukrainien se retrouve-t-il à espionner pour Moscou ? L’enquête du SBU révèle un schéma de recrutement devenu terriblement banal. Tout a commencé sur Telegram. Le suspect avait attiré l’attention des services de renseignement russes par ses publications pro-Kremlin sur des canaux de la messagerie. Des posts sympathisants. Des commentaires favorables à la Russie. Des signaux qui, dans le monde trouble de l’espionnage, équivalent à agiter un drapeau en criant « recrutez-moi ». Les agents russes surveillent ces canaux en permanence. Ils repèrent les profils intéressants. Ils établissent le contact. Ils testent. Ils appâtent. Et quand ils sentent que le poisson est ferré, ils passent aux choses sérieuses.
Le recrutement via Telegram est devenu la méthode privilégiée des services de renseignement russes. En octobre 2025, un jeune homme de 20 ans de la région de Kirovohrad avait écopé de 15 ans de prison pour avoir tenté d’installer un traceur GPS sur un convoi militaire. Comment avait-il été recruté ? Sur Telegram. Il cherchait des « gains faciles ». Il a trouvé une cellule de prison. Quelques semaines plus tard, un autre informateur de 59 ans était arrêté près de la ligne de front dans le Donbass. Sa mission : corriger les frappes de drones kamikazes Lancet sur Kostiantynivka. Son recrutement ? Telegram, encore. La plateforme est devenue le terrain de chasse favori des espions russes. Et les jeunes, souvent naïfs, souvent fauchés, souvent idéologiquement fragiles, sont leurs proies de choix.
Telegram. Cette application que nous utilisons tous pour discuter avec nos amis, partager des memes, suivre l’actualité. Cette plateforme qui est aussi devenue le supermarché de l’espionnage russe. Les recruteurs y font leurs courses comme dans une épicerie. Ils parcourent les rayons, repèrent les produits intéressants, négocient les prix. Et des jeunes de vingt ans, attirés par l’argent facile ou aveuglés par une idéologie tordue, se vendent au premier acheteur. C’est à la fois pathétique et terrifiant. Pathétique parce qu’on parle de gamins qui ruinent leur vie pour quelques milliers de roubles. Terrifiant parce que chaque gamin recruté, c’est potentiellement des dizaines de morts ukrainiens.
L’argent facile, le piège mortel
Les services russes ne recrutent pas avec de grandes envolées patriotiques. Ils achètent. Simplement. Froidement. Une mission payée quelques centaines de dollars. Puis quelques milliers. L’escalade est progressive. D’abord des informations anodines. Ensuite des renseignements plus sensibles. Et avant de s’en rendre compte, le recruté se retrouve complice de crimes de guerre. Le schéma est toujours le même : cibler les personnes vulnérables économiquement, leur promettre des gains faciles, les compromettre progressivement jusqu’à ce qu’ils n’aient plus d’échappatoire. Le jeune militaire de Mykolaïv a probablement suivi ce chemin. Un message sur Telegram. Une proposition. Un premier paiement. Et l’engrenage s’est enclenché.
La Russie va encore plus loin dans le cynisme. Elle recrute même des mineurs. Le SBU a documenté des cas où les agents russes présentaient leurs missions comme des « jeux » aux adolescents. Photographier une installation militaire ? Un défi amusant. Repérer un convoi ? Une chasse au trésor. En réponse, les services de sécurité ukrainiens ont lancé un chatbot Telegram baptisé « Brûlez un agent du FSB » pour contrer ces recrutements et sensibiliser la population. Une guerre de l’ombre qui se joue sur les écrans des smartphones, dans les canaux de messagerie, dans les recoins numériques où les espions chassent et où les traîtres se vendent.
Les enjeux stratégiques : la défense aérienne, nerf de la guerre
Patriot, F-16, et la survie de l’Ukraine
Pourquoi cette arrestation est-elle si grave ? Parce que la défense antiaérienne est littéralement ce qui permet à l’Ukraine de survivre. Sans elle, les villes seraient rasées. Les infrastructures énergétiques seraient détruites. La population civile serait massacrée. Les systèmes Patriot fournis par les Occidentaux sont capables d’intercepter des missiles hypersoniques comme le Kinzhal ou le Zircon, qui atteignent des vitesses de 16 000 km/h. Ils peuvent engager des cibles à des altitudes allant jusqu’à 24 kilomètres et à des distances de 160 kilomètres. Une seule batterie peut détecter jusqu’à 100 cibles aériennes et en suivre huit simultanément. Ces systèmes protègent les grandes villes, les centrales énergétiques, les bases aériennes.
Le président Zelensky a déclaré que l’Ukraine avait besoin de 25 systèmes Patriot pour défendre complètement son espace aérien. En janvier 2026, deux nouvelles batteries ont été déployées grâce à des accords avec l’Allemagne. Les F-16, dont le nombre total est estimé à environ 85 appareils, complètent ce dispositif de défense. Ces avions ont démontré leur efficacité en abattant des missiles de croisière russes en combat aérien. Tout ce système, patiemment construit avec l’aide occidentale, dépend du secret. De la confidentialité des positions. De l’imprévisibilité des déploiements. Et un seul traître, armé d’un smartphone et de quelques photos, peut compromettre l’ensemble.
On parle beaucoup des armes que l’Occident livre à l’Ukraine. Des Patriot. Des F-16. Des HIMARS. On parle moins de ce qui peut les rendre inutiles. Un informateur bien placé. Un téléphone avec appareil photo. Une application de messagerie. Voilà tout ce qu’il faut pour transformer un système de défense à des milliards de dollars en cible facile. La guerre moderne ne se gagne pas seulement avec des missiles et des blindés. Elle se gagne — ou se perd — avec de l’information. Et cette information, un gamin de 21 ans la vendait aux Russes pour une poignée de roubles. Ça donne le vertige, non ?
Les frappes russes qui auraient pu réussir
L’information que ce traître transmettait aurait permis aux Russes de frapper les aérodromes ukrainiens avec une précision chirurgicale. Contourner les radars. Éviter les groupes de tir mobiles. Arriver sur la cible sans être détecté. Le cauchemar absolu pour les défenseurs. Rappelons que la Russie lance régulièrement des vagues de missiles et de drones sur l’Ukraine. En une seule nuit de janvier 2026, le ministère russe de la Défense revendiquait l’interception de 75 drones ukrainiens. Mais l’Ukraine subit des attaques similaires. Des missiles hypersoniques. Des drones Shahed. Des bombes guidées. Chaque nuit, le ciel ukrainien est un champ de bataille.
Avec les renseignements fournis par l’informateur de Mykolaïv, ces attaques auraient pu être dévastatrices. Imaginez un missile Iskander frappant directement une batterie Patriot parce que quelqu’un a révélé sa position exacte. Imaginez un raid de drones atteignant un hangar de F-16 parce qu’un traître a photographié les horaires de maintenance. Imaginez des dizaines de soldats tués dans une base aérienne parce qu’un téléphone a transmis les coordonnées GPS. C’est exactement ce que le SBU a empêché en arrêtant ce suspect à temps. À temps, cette fois. Mais combien d’autres informateurs sont encore actifs ? Combien de téléphones photographient des écrans classifiés en ce moment même ?
La riposte judiciaire : jusqu'à 12 ans de prison
Deux chefs d’accusation, une vie brisée
Le suspect a été notifié de sa mise en examen sous deux articles du Code pénal ukrainien. Premier chef : diffusion illégale d’informations sur le mouvement et le déploiement des forces armées en période de loi martiale. Second chef : vente et distribution non autorisées de données à accès restreint. La peine maximale encourue est de 12 ans d’emprisonnement. Douze ans. C’est ce qui attend ce jeune homme de 21 ans qui a choisi de trahir son pays. Douze ans derrière les barreaux pendant que ses anciens camarades continuent de défendre le ciel ukrainien. Douze ans pour méditer sur les conséquences de ses actes. Si la justice fait son travail, il ne reverra pas la lumière du jour avant ses 33 ans.
L’enquête préliminaire est en cours. Le parquet spécialisé de la défense de Mykolaïv, rattaché à la région Sud, supervise les procédures. Lors des perquisitions, un smartphone contenant des preuves de collaboration avec l’ennemi a été saisi. Les photos des écrans classifiés. Les conversations avec les agents russes. Les instructions reçues. Les paiements, peut-être. Tout est documenté. Le dossier semble solide. Le procès, quand il aura lieu, sera probablement expéditif. La justice en temps de guerre n’a pas le luxe de traîner. Surtout quand les preuves sont accablantes. Surtout quand la trahison met en danger des vies et la sécurité nationale.
Douze ans. Je me demande si c’est assez. Je me demande si une peine de prison, quelle qu’elle soit, peut compenser le risque qu’il a fait courir à son pays. Combien de soldats auraient pu mourir si ces informations avaient été utilisées avant son arrestation ? Combien de civils ? Combien de pilotes de F-16 ? On ne le saura jamais. Parce que le SBU a agi à temps. Mais la question reste. Et elle me hante. Dans une guerre où chaque jour compte, où chaque renseignement peut faire basculer une bataille, quelle punition est proportionnée à la trahison de sa propre nation ? Je n’ai pas la réponse. Mais je sais que douze ans, ça me semble presque clément.
Des mesures de sécurité renforcées
Suite à cette arrestation, le SBU a annoncé que des mesures avaient été prises pour renforcer la sécurité des positions militaires ukrainiennes concernées. Les emplacements potentiellement compromis ont été sécurisés. Les procédures de contre-espionnage ont été intensifiées. Les unités de défense aérienne sont désormais sous surveillance accrue. C’est le paradoxe de ce type d’affaire : même quand on attrape le traître, le mal est partiellement fait. Les informations qu’il a transmises sont désormais entre les mains de l’ennemi. Les positions qu’il a révélées doivent être considérées comme compromises. Tout un système doit être revu, repositionné, repensé.
Le contre-espionnage militaire du SBU travaille en permanence à identifier ces menaces internes. C’est un travail ingrat, invisible, mais crucial. Chaque informateur démasqué, c’est potentiellement des dizaines de vies sauvées. Chaque réseau démantelé, c’est une faille de moins dans la défense ukrainienne. Depuis le début de la guerre, le SBU a arrêté des centaines d’agents russes opérant sur le territoire ukrainien. Des civils. Des fonctionnaires. Et des militaires, comme ce jeune homme de Mykolaïv. La guerre de l’ombre ne fait pas de pause. Elle se déroule en parallèle des combats sur le front. Et ses enjeux sont tout aussi vitaux.
Le contexte : une vague d'espionnage sans précédent
Plus de 2 800 cas de trahison depuis 2022
L’arrestation de Mykolaïv n’est qu’un épisode dans une guerre de l’ombre qui ne s’arrête jamais. Depuis février 2022, le bureau du procureur général d’Ukraine a ouvert plus de 2 800 dossiers de trahison. Un chiffre vertigineux. Plus de 2 800 personnes soupçonnées d’avoir collaboré avec l’ennemi, espionné pour Moscou, ou fourni des renseignements aux forces d’invasion. Une analyse menée par les journalistes d’investigation d’Antikor a conclu que les services russes avaient activement recruté des Ukrainiens avant même l’invasion, en prévision d’un gouvernement fantoche qu’ils espéraient installer.
Les cas récents illustrent l’ampleur du phénomène. En janvier 2026, deux espions russes — un homme de 64 ans et un autre de 22 ans — ont été arrêtés à Lviv alors qu’ils collectaient des données sur les dégâts causés par le missile balistique Oreshnik pour le compte du GRU. Un résident de Kyiv a été interpellé pour avoir filmé des systèmes de défense aérienne et transmis leurs coordonnées pour des frappes sur une centrale thermique de la capitale. À Odessa, un groupe d’agents du GRU préparait des attaques par drones piégés contre des militaires ukrainiens. L’homme d’affaires qui dirigeait le réseau avait été recruté sur… Telegram.
2 800 dossiers. 2 800 trahisons potentielles. 2 800 personnes qui ont choisi de se ranger du côté de l’agresseur. Ça fait beaucoup. Ça fait trop. Et je me demande : combien y en a-t-il qu’on n’a pas encore attrapés ? Combien d’informateurs sont encore actifs en ce moment même ? Combien de téléphones transmettent des photos, des coordonnées, des renseignements pendant que j’écris ces lignes ? La paranoïa n’est pas une maladie en temps de guerre. C’est une mesure de survie. Chaque soldat ukrainien doit se demander si son voisin est fiable. Chaque officier doit vérifier qui a accès à quoi. C’est épuisant. C’est démoralisant. Et c’est exactement ce que Moscou cherche à provoquer.
Les méthodes russes : du recrutement au sabotage
Les services de renseignement russes — FSB, GRU, SVR — opèrent sur plusieurs fronts. Le recrutement d’informateurs n’est qu’une partie de leur arsenal. Ils organisent également des opérations de sabotage. En janvier 2026, une femme de 26 ans a été arrêtée à Mykolaïv pour avoir installé des smartphones cachés le long des routes afin de surveiller les mouvements des troupes ukrainiennes en temps réel. Elle fournissait les coordonnées des convois militaires pour permettre des frappes combinées utilisant drones, bombes guidées et missiles. Son recrutement ? Telegram, avec la promesse d’« argent facile ».
Les Russes ne reculent devant rien. Ils ciblent les vulnérables — les jeunes sans emploi, les personnes en difficulté financière, les idéologues pro-Kremlin. Ils promettent de l’argent, de la protection, parfois une future position dans l’administration d’occupation. Ils manipulent, menacent, corrompent. Et quand tout échoue, ils passent au sabotage direct. Incendies criminels dans des appartements de militaires. Destruction d’équipements de communication. Tentatives d’assassinat contre des responsables ukrainiens. C’est une guerre totale, menée dans l’ombre, avec tous les coups permis. Et l’Ukraine doit se battre sur ce front-là aussi, en plus de tous les autres.
La coopération internationale du renseignement
La Chine dans l’équation
La menace ne vient pas que de la Russie. En octobre 2025, Reuters révélait que la Chine fournissait des renseignements satellitaires à Moscou pour améliorer la précision de ses frappes en Ukraine. Oleh Aleksandrov, responsable du renseignement extérieur ukrainien, confirmait un « haut niveau de coopération entre la Russie et la Chine dans la conduite de la reconnaissance satellite du territoire ukrainien ». Les images captées par les satellites chinois permettent aux Russes d’identifier des cibles, de planifier des frappes, de mesurer les dégâts. Une aide précieuse pour un agresseur dont les capacités de surveillance sont limitées par les sanctions occidentales.
Face à cette menace élargie, l’Ukraine développe ses propres capacités de contre-espionnage technologique. Des groupes de hackers pro-ukrainiens, comme Paper Werewolf (aussi connu sous le nom de GOFFEE), ciblent les entreprises de défense russes spécialisées dans la défense anti-aérienne et l’électronique avancée. Ils utilisent des documents générés par intelligence artificielle comme leurres pour infiltrer les systèmes ennemis. La guerre de l’information se joue dans les deux sens. Et si la Russie recrute des informateurs ukrainiens, l’Ukraine et ses alliés mènent leurs propres opérations dans les réseaux ennemis.
Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cette coopération sino-russe pour espionner l’Ukraine. Deux grandes puissances unissant leurs moyens technologiques pour écraser un pays plus petit. Des satellites qui scrutent chaque mouvement, chaque déploiement, chaque position. Et en face, des Ukrainiens qui se battent avec des moyens limités, qui comptent sur l’ingéniosité plutôt que sur les ressources. David contre deux Goliath. Et pourtant, David tient. David résiste. David continue de se battre. C’est peut-être ça, la vraie histoire de cette guerre. Pas les missiles et les drones. Mais la volonté de ne pas céder, malgré tout.
Les conséquences pour la défense ukrainienne
Un système de sécurité remis en question
Cette arrestation soulève des questions douloureuses. Comment un militaire affecté à une unité de défense aérienne sensible a-t-il pu être recruté par l’ennemi ? Les procédures de vérification des antécédents sont-elles suffisantes ? Les protocoles de sécurité pour l’accès aux informations classifiées sont-ils adéquats ? La surveillance des réseaux sociaux des militaires est-elle efficace ? Autant de questions que les responsables de la sécurité ukrainienne devront se poser. Pas pour chercher des coupables — le coupable est en cellule. Mais pour éviter que cela se reproduise.
Le problème est structurel. L’Ukraine a mobilisé des centaines de milliers de personnes depuis le début de la guerre. Vérifier les antécédents et les affiliations politiques de chaque nouvelle recrue est un défi colossal. D’autant plus que les services russes ciblent spécifiquement des individus qui n’ont pas d’historique suspect — des jeunes, des profils vierges, des personnes qui ne figurent sur aucune liste de surveillance. Le traître de Mykolaïv n’était probablement pas un agent dormant depuis des années. C’était un jeune homme fragile, idéologiquement manipulable, qui a été repéré et retourné après son incorporation. C’est le scénario le plus difficile à prévenir.
L’impératif de vigilance permanente
La leçon de cette affaire est claire : la vigilance doit être permanente. Chaque militaire ayant accès à des informations sensibles doit être conscient des risques. Les téléphones personnels dans les zones opérationnelles sont des failles de sécurité. Les publications sur les réseaux sociaux peuvent attirer l’attention des recruteurs ennemis. Les offres d’« argent facile » venant d’inconnus sur Telegram sont presque toujours des pièges. La formation au contre-espionnage doit devenir une priorité pour toutes les unités, pas seulement les plus sensibles. Car l’ennemi ne cible pas que les généraux et les officiers de renseignement. Il cible aussi — surtout — les simples soldats de 21 ans qui ont accès aux écrans des systèmes de défense aérienne.
Le SBU a réagi avec professionnalisme et efficacité dans cette affaire. L’informateur a été interpellé dès son premier contact avec les représentants russes. Avant qu’il ait pu transmettre trop d’informations. Avant que les dégâts ne soient catastrophiques. C’est une victoire du contre-espionnage ukrainien. Une victoire discrète, sans fanfare, mais essentielle. Car chaque traître arrêté, c’est peut-être des dizaines de vies sauvées. Des frappes évitées. Des systèmes Patriot qui continuent de protéger le ciel ukrainien. Des F-16 qui peuvent décoller sans craindre une embuscade planifiée grâce aux renseignements d’un traître.
Conclusion : La guerre dans l'ombre continue
Un combat sans fin ni répit
Ce 26 janvier 2026, le SBU a interpellé un traître de 21 ans dans la région de Mykolaïv. Un militaire qui vendait les secrets de la défense aérienne ukrainienne aux services de renseignement russes. Un homme qui mettait en danger la vie de ses camarades, l’intégrité des systèmes Patriot, la sécurité des F-16. Il passera probablement les douze prochaines années en prison. Sa carrière militaire est terminée. Sa vie est brisée. Et quelque part, dans un bureau du GRU ou du FSB, un officier russe est en train de chercher sa prochaine recrue. Sur Telegram. Parmi les jeunes Ukrainiens vulnérables. Parmi ceux qui publient des commentaires pro-Kremlin. La roue tourne sans s’arrêter.
Cette guerre de l’ombre n’a pas de fin prévisible. Tant que le conflit durera, les Russes tenteront d’infiltrer les forces ukrainiennes. Tant que les systèmes de défense aérienne seront cruciaux, ils seront la cible des espions. Tant qu’il y aura des jeunes fragiles sur Telegram, il y aura des recruteurs pour les approcher. Le SBU continuera d’arrêter des traîtres. Les tribunaux continueront de les condamner. Et la guerre continuera, sur le front et dans l’ombre. Chaque jour. Chaque nuit. Sans répit.
Je referme ce dossier avec un sentiment étrange. De la satisfaction, parce que ce traître a été arrêté avant de causer plus de dégâts. De l’inquiétude, parce que je sais qu’il n’est pas le dernier. De la colère, parce qu’un jeune de 21 ans a choisi de vendre son pays pour quelques roubles. Et de la tristesse, surtout. Parce que cette guerre transforme les gens. Elle crée des héros et des traîtres. Des résistants et des collaborateurs. Des victimes et des bourreaux. Et ce gamin de Mykolaïv, aussi détestable soit-il, est aussi une victime de cette guerre. Une victime de sa propre faiblesse, de la manipulation russe, d’un monde où l’on peut vendre des vies humaines depuis un smartphone. Il paiera pour ses crimes. Mais les vrais coupables, ceux qui l’ont recruté, ceux qui ont lancé cette guerre, dormiront tranquillement ce soir. C’est peut-être ça, le plus injuste.
La vigilance comme seule arme
Quelque part en Ukraine, ce soir, un soldat de défense aérienne prend son tour de garde. Il surveille les écrans. Il guette les menaces. Il protège le ciel de son pays. Et peut-être, sans le savoir, il est observé par un camarade qui a été approché sur Telegram. Un camarade qui hésite encore. Un camarade qui pourrait basculer du mauvais côté. Ou pas. La différence tient parfois à peu de choses. Une conscience qui se réveille. Une peur des conséquences. Un sursaut de patriotisme. Le SBU ne peut pas être partout. La vigilance de chacun est la meilleure défense contre les traîtres. Signaler les comportements suspects. Refuser les offres trop belles pour être vraies. Se rappeler que derrière chaque secret vendu, il y a des vies en jeu.
Le traître de Mykolaïv est en cellule. Les systèmes Patriot continuent de veiller. Les F-16 continuent de voler. La défense aérienne ukrainienne continue de protéger le ciel contre les missiles et les drones russes. Cette fois, le bouclier a tenu. Cette fois, le traître a été arrêté à temps. Mais la prochaine menace est déjà là, quelque part, invisible. Un message sur Telegram. Une promesse d’argent facile. Un jeune vulnérable qui ne sait pas encore qu’il est une cible. La guerre de l’ombre ne s’arrête jamais. Et l’Ukraine n’a pas le luxe de baisser la garde. Pas une seconde. Pas une seule.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques de renseignement, de contre-espionnage et de sécurité qui façonnent le conflit russo-ukrainien. Mon travail consiste à décortiquer les opérations des services secrets, à comprendre les méthodes de recrutement et d’infiltration, à contextualiser les arrestations d’espions dans le cadre plus large de la guerre de l’information et à proposer des perspectives analytiques sur les menaces internes qui pèsent sur la défense ukrainienne.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux de sécurité nationale qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels du Service de sécurité d’Ukraine (SBU), déclarations du bureau du procureur général d’Ukraine, communications du parquet spécialisé de la défense de Mykolaïv, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Ukrinform).
Sources secondaires : analyses de médias spécialisés (Kyiv Post, Kyiv Independent, Defense News, The Record), rapports d’instituts de recherche sur le renseignement, données du ministère de la Défense d’Ukraine sur les systèmes Patriot et F-16.
Les statistiques citées (nombre de dossiers de trahison, peines encourues, caractéristiques des systèmes de défense) proviennent de sources officielles ukrainiennes et d’analyses indépendantes vérifiées.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées dans les opérations de contre-espionnage ukrainiennes et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre de la guerre de l’ombre entre Moscou et Kyiv, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des opérations de renseignement et la compréhension des mécanismes de recrutement et d’infiltration utilisés par les services russes.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Intent Press — Russian informant among military exposed in Mykolaiv region — 26 janvier 2026
Ukrinform — SBU detains Russian agent in Mykolaiv region who spied on Defence Forces movement — janvier 2026
Service de sécurité d’Ukraine (SBU) — Communiqués officiels sur les arrestations d’espions — janvier 2026
Parquet spécialisé de la défense de Mykolaiv — Informations sur les poursuites judiciaires — janvier 2026
Sources secondaires
Kyiv Post — Russian Agent Arrested in Mykolaiv — janvier 2026
Defense News — Ukraine arrests two Russian spies inspecting Oreshnik missile damage — 22 janvier 2026
The Record — Ukraine uncovers Russian spy network recruiting teens for espionage — 2025
Ministère de la Défense d’Ukraine — Ukraine bolsters air defense with two more Patriot systems — janvier 2026
Congress.gov — PATRIOT Air and Missile Defense System for Ukraine — 2025-2026
Voice of America — Ukraine needs 25 Patriot air defense systems and more F-16 jets, Zelenskyy says — 2025
Wikipedia — Russian spies in the Russo-Ukrainian war — consulté janvier 2026
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