Une nouvelle guerre contre l’Iran pourrait coûter à Israël bien plus que ses milliards — et ses vies
12 milliards de dollars — et ce n’est que le début
Les chiffres donnent le vertige. Selon les médias israéliens et les rapports économiques publiés après la guerre, Israël a subi des pertes directes estimées à 12 milliards de dollars en seulement 12 jours de combat. Le trésor israélien avait déjà absorbé des pertes de 22 milliards de shekels (environ 6,5 milliards de dollars) avant même le calcul final. L’armée a demandé 40 milliards de shekels supplémentaires (11,7 milliards de dollars) pour reconstituer ses stocks d’armes, acquérir plus d’intercepteurs et de munitions offensives, et maintenir les forces de réserve. Les analystes estiment que les pertes totales, directes et indirectes, pourraient atteindre 20 milliards de dollars une fois les dommages civils et les compensations pleinement évalués.
La ventilation des pertes est révélatrice. 10 milliards de shekels (2,9 milliards de dollars) en dépenses militaires pures : munitions, opérations aériennes, logistique pour les unités de réserve. 5 milliards de shekels (1,5 milliard de dollars) en compensations pour les entreprises, les travailleurs et les 15 000 résidents déplacés. 5 milliards de shekels supplémentaires (1,5 milliard de dollars) pour les dommages aux bâtiments et aux infrastructures causés par les frappes de missiles iraniens. Les pertes au Weizmann Institute of Science sont estimées à elles seules à 2 milliards de shekels (environ 540 millions de dollars). La raffinerie Bazan à Haïfa, la plus grande d’Israël, a été fermée par une frappe iranienne, causant des pertes estimées à 3 millions de dollars par jour d’arrêt.
Ces chiffres, on les lit, on les oublie. Ils sont trop gros, trop abstraits. Mais derrière chaque milliard, il y a des gens. Des familles qui ont perdu leur maison. Des entreprises qui ont fermé. Des travailleurs qui ne savent pas comment ils vont finir le mois. La guerre, ce n’est pas que des missiles qui explosent. C’est le prix du lait qui augmente. C’est le loyer qu’on ne peut plus payer. C’est l’angoisse de se demander si demain sera pire qu’aujourd’hui.
L’aéroport fermé, la Bourse en panique
L’aéroport Ben Gourion, le plus grand d’Israël, a suspendu ses opérations en réponse aux frappes de représailles iraniennes. Normalement, cet aéroport gère environ 300 vols et 35 000 passagers par jour. Pendant la guerre, il n’a rouvert que partiellement pour faciliter les évacuations. La compagnie nationale El Al a suspendu ses vols et dérouté des avions pour éviter les menaces potentielles. Un vol vers Paris a été détourné vers Chypre. Un autre vers Bangkok a dû atterrir à Rome. Les coûts opérationnels de ces seuls déroutements : environ 6 millions de dollars. Les marchés financiers ont également souffert. Un missile iranien a frappé la Bourse aux diamants d’Israël, un secteur qui représente environ 8 % des exportations totales du pays.
La frappe a déclenché une panique parmi les investisseurs, entraînant des ventes massives et accélérant un effondrement du marché qui a mis en péril la stabilité économique à court terme. Les champs gaziers Leviathan et Karish, qui fournissent les deux tiers du gaz du pays, ont été fermés par mesure de précaution, forçant Israël à recourir à des combustibles plus coûteux comme le charbon et le fioul. Cette fermeture a non seulement augmenté les coûts énergétiques domestiques mais aussi stoppé les exportations de gaz vers l’Égypte et la Jordanie, réduisant les revenus en devises étrangères d’Israël. La plupart des chantiers de construction ont été suspendus, faute d’espaces protégés pour les travailleurs comme l’exige la réglementation. Des économistes ont averti que si la guerre avait continué, Israël aurait pu faire face à un effondrement économique total.
Le spectre d'un « round deux » en 2026
Netanyahu et Trump préparent la suite
Le 29 décembre 2025, Benjamin Netanyahu a rencontré Donald Trump à Mar-a-Lago. Selon des sources américaines citées par Axios, le Premier ministre israélien a évoqué la possibilité d’attaquer à nouveau l’Iran en 2026. Netanyahu a fait valoir que de nouvelles frappes pourraient être nécessaires pour empêcher Téhéran de reconstruire ses capacités nucléaires et balistiques. Trump a déclaré après la réunion que si l’Iran tente de reconstituer son programme nucléaire, les États-Unis le détruiront à nouveau. « Nous allons leur mettre une raclée », a-t-il dit en des termes typiquement trumpiens. Un responsable américain a confié à Axios que Trump soutiendrait probablement un « round deux » si Washington constate que l’Iran prend des mesures « réelles et vérifiables » pour reconstituer son programme nucléaire.
Mais la tension, selon ce responsable, résidera dans « la définition de ce que signifie reconstitution ». Les responsables israéliens sont de plus en plus préoccupés par le fait que l’Iran élargit la production de son programme de missiles balistiques, qui a été endommagé par les frappes israéliennes plus tôt cette année. Selon des sources ayant connaissance des plans israéliens, si l’expansion se poursuit sans contrôle, la production de missiles balistiques iraniens pourrait atteindre jusqu’à 3 000 par an. La menace des missiles balistiques, et le nombre d’entre eux que les Iraniens pourraient utiliser dans une attaque, est la préoccupation la plus immédiate d’Israël. « Il n’y a plus de doute après le dernier conflit que nous pouvons obtenir la supériorité aérienne et infliger beaucoup plus de dégâts à l’Iran que l’Iran ne peut en infliger à Israël », a déclaré un ancien responsable israélien. « Mais la menace des missiles est très réelle, et nous n’avons pas pu tous les empêcher la dernière fois. »
Et c’est là que tout se complique. On peut gagner dans les airs, dominer le ciel, frapper ce qu’on veut où on veut. Mais on ne peut pas empêcher tous les missiles de passer. Et quand votre pays fait la taille de la Bretagne, quand vos villes sont à quelques minutes de vol des rampes de lancement ennemies, chaque missile qui passe est une tragédie potentielle. Les généraux parlent de « taux d’interception de 90 % » comme d’une victoire. Mais pour la famille qui vit sous le 10 % qui passe, ce n’est pas une statistique. C’est un toit qui s’effondre.
Le paradoxe de Netanyahu : demander à Trump de retarder
Voici l’ironie cruelle de la situation. En janvier 2026, alors que les protestations massives secouaient l’Iran et que Trump envisageait sérieusement des frappes pour « venir en aide » aux manifestants, Netanyahu a appelé le président américain pour lui demander de retarder toute action militaire. Pas par compassion pour les Iraniens. Par calcul froid. Selon le Jerusalem Post, l’une des raisons majeures de cette demande était que Netanyahu ne se sentait pas prêt à affronter une nouvelle vague de missiles balistiques iraniens. Les stocks d’intercepteurs Arrow n’avaient pas été suffisamment reconstitués depuis juin. L’ironie est mordante : le Premier ministre qui a passé des années à réclamer des frappes contre l’Iran demandait maintenant qu’on attende.
Cette requête a percé l’armure des responsables de la défense israélienne qui, depuis la guerre de juin 2025, affirmaient que l’establishment de défense était prêt pour tout scénario. La réalité est différente. Même si l’Iran a aujourd’hui beaucoup moins de missiles qu’avant les frappes, Netanyahu estime apparemment que l’armée israélienne n’a pas encore suffisamment reconstitué son stock d’intercepteurs pour affronter même cette menace réduite. L’espoir, selon les analystes, est qu’Israël puisse produire des intercepteurs Arrow plus rapidement que l’Iran ne peut produire de missiles balistiques, et que d’ici peu, l’État juif aura un meilleur équilibre entre défenses aériennes et menaces aériennes. Mais « d’ici peu » n’est pas maintenant. Et l’Iran n’attend pas.
Une économie déjà à genoux
Le fardeau cumulé de deux ans de guerre
La guerre de 12 jours contre l’Iran n’est pas arrivée dans un vide économique. Elle s’est ajoutée à plus de 21 mois de combats continus depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Selon le Financial Express, à la fin de 2024, la guerre de Gaza avait déjà coûté à Israël plus de 67,5 milliards de dollars, hors dommages civils et infrastructurels significatifs et pertes économiques plus larges difficiles à quantifier. Les dépenses militaires d’Israël ont explosé. Le budget de défense actuel est de 110 milliards de shekels (32,7 milliards de dollars), soit environ 9 % du produit intérieur brut. Le gouvernement a approuvé une augmentation de 42 milliards de shekels (12,5 milliards de dollars) supplémentaires pour 2025-2026.
Le ministère de la Défense cherche un budget record de 144 milliards de shekels (44,7 milliards de dollars) pour 2026, dont environ 7 milliards de shekels (2,2 milliards de dollars) spécifiquement pour contrer l’expansion des missiles et drones iraniens. Le budget finalement approuvé pour 2026 s’élève à 112 milliards de shekels (34 milliards de dollars), significativement moins que ce que l’armée demandait initialement mais nettement plus qu’avant la guerre. Ce budget est basé sur l’hypothèse qu’en moyenne seulement 40 000 réservistes seront appelés en 2026. Au plus fort de la guerre, l’armée avait activé quelque 300 000 réservistes. Cette mobilisation massive a retiré des travailleurs qualifiés de secteurs critiques de l’économie, notamment le secteur technologique qui représente environ 20 % du PIB et plus de la moitié des exportations du pays.
Imaginez. Vous êtes développeur dans une startup à Tel-Aviv. Votre entreprise vaut des millions. Et du jour au lendemain, vous êtes appelé sous les drapeaux. Pendant des mois. Votre projet tombe à l’eau. Vos clients partent. Votre vie professionnelle s’effondre. Multipliez ça par 300 000. C’est ça, le coût caché de la guerre. Ce n’est pas juste les missiles qu’on achète ou les bâtiments qu’on reconstruit. C’est toute une économie qui tourne au ralenti parce que ses forces vives sont en uniforme.
Le déficit qui explose
Pour couvrir le coût de la guerre, Israël devrait augmenter son déficit budgétaire national, qui a déjà grimpé pendant la guerre de Gaza, à environ 6 %. Cela s’accompagne d’une baisse projetée de la croissance économique d’au moins 0,2 %, ce qui réduirait les recettes fiscales. Certains économistes ont averti que si la guerre avait continué, Israël aurait pu faire face à un effondrement économique à grande échelle. Une source du ministère des Finances israélien a confié au journal Yedioth Ahronoth qu’Israël pourrait chercher un soutien financier supplémentaire des États-Unis, soit par une aide directe, soit par des garanties de prêt, pour aider à compenser les coûts de la guerre et répondre aux besoins de défense urgents.
Le shekel israélien a chuté à 3,7 contre le dollar américain après le début de la guerre avant de se stabiliser à 3,5, une reprise partielle attribuée à la faiblesse du dollar et aux transactions spéculatives plutôt qu’à une véritable confiance dans l’économie. Les experts avertissent que le taux de croissance d’Israël pourrait ralentir, le chômage augmenter et les taux de pauvreté grimper si le conflit se poursuit. La situation est d’autant plus préoccupante que contrairement aux conflits précédents, Israël ne contrôlait plus l’échelle de l’escalade. « Parfois je ne sais pas comment nous allons survivre », dit une résidente de Tel-Aviv interviewée par TRT World. « Je ne sais pas combien de temps on peut vivre comme ça… entre les sirènes, les courses vers les abris, et les prix qui montent chaque semaine. »
L'Iran blessé mais pas vaincu
Une « bête blessée » qui n’a pas renoncé
L’Iran a subi des dégâts considérables pendant la guerre de 12 jours. Les frappes israéliennes et américaines ont détruit une grande partie de ses installations nucléaires, de ses sites de production de missiles et de drones, de ses systèmes de défense aérienne et de ses infrastructures stratégiques. Selon des sources iraniennes, au moins 430 personnes ont été tuées et plus de 3 500 blessées dans l’assaut israélien. Les exportations de pétrole iranien, source vitale de revenus pour le régime, ont chuté à environ 102 000 barils par jour pendant la guerre, moins de la moitié de la moyenne récente. Le trafic de pétroliers depuis le principal port d’exportation iranien (île de Kharg) s’est pratiquement arrêté au plus fort du conflit. La section du gigantesque champ gazier South Pars, qui fournit environ 80 % du gaz iranien, a été endommagée par des frappes de missiles.
Mais l’Iran n’a pas abandonné. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré que l’Iran a « reconstruit tout ce qui a été endommagé » en juin 2025 et que l’armée iranienne est prête à défendre le pays. Même si cette affirmation est probablement exagérée, elle signale clairement que Téhéran n’entend pas capituler. Les analystes israéliens décrivent l’Iran comme une « bête blessée » qui n’a pas abandonné ses ambitions originelles d’éliminer Israël et de poursuivre son hégémonie régionale. L’Iran conserve encore de nombreuses capacités même après la campagne israélo-américaine, et il tente de reconstruire certaines des capacités endommagées. Il y a un débat interne profond en Iran, même parmi les partisans du régime, sur la sagesse des décisions de développer une capacité nucléaire et de construire un « anneau de feu » autour d’Israël.
C’est peut-être là le plus tragique de toute cette histoire. Deux peuples prisonniers d’une spirale d’affrontement que personne ne sait comment arrêter. Les ayatollahs ne reculeront pas — leur légitimité repose sur la confrontation avec le « Grand Satan » et le « Petit Satan ». Netanyahu ne peut pas reculer — sa survie politique dépend de la posture du guerrier intransigeant. Et entre les deux, des millions de civils des deux côtés qui n’ont rien demandé, qui voudraient juste vivre leur vie, et qui savent que la prochaine guerre n’est qu’une question de temps.
Les protestations qui secouent le régime
À partir du 28 décembre 2025, des protestations massives initialement déclenchées par la détérioration économique et l’inflation galopante de l’Iran ont éclaté dans les 31 provinces du pays. Ce qui a commencé comme des manifestations économiques contre l’effondrement du rial et la flambée des prix s’est rapidement transformé en une vague plus large de contestation anti-régime. Les slogans qui se concentraient principalement sur les questions économiques le premier jour se sont transformés le deuxième jour en chants marquant une transition de la frustration économique vers une dissidence politique plus explicite. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, le bilan des morts s’élevait à 648, bien qu’il puisse être beaucoup plus élevé en raison d’une coupure d’Internet imposée par le régime qui rendait difficile l’évaluation de l’ampleur réelle de la répression.
Trump a menacé d’intervenir militairement si l’Iran « tuait violemment des manifestants pacifiques », déclarant que les États-Unis étaient « verrouillés et chargés, prêts à y aller ». Pendant plusieurs jours, l’administration Trump a sérieusement envisagé des frappes. Les forces américaines ont commencé à évacuer de la base aérienne Al Udeid au Qatar et de la base de la Cinquième Flotte à Bahreïn. Le régime iranien était convaincu qu’une attaque américaine était imminente et a fermé son espace aérien. Mais finalement, Trump a décidé de temporiser, influencé notamment par l’appel de Netanyahu demandant de retarder les frappes et par les avertissements de son équipe concernant les menaces pour les forces américaines en cas de représailles iraniennes. « C’était vraiment proche », a confié un responsable américain. « L’armée était en position de faire quelque chose très rapidement, mais l’ordre n’est pas venu. »
Les enjeux mondiaux d'un conflit prolongé
Le détroit d’Ormuz, artère vitale du monde
Toute nouvelle guerre entre Israël et l’Iran ne resterait pas confinée au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % du pétrole mondial et un quart du gaz naturel liquéfié mondial, serait immédiatement menacé. L’Iran a la capacité de perturber, voire de fermer ce passage stratégique. Selon Goldman Sachs, la fermeture du détroit pourrait faire grimper les prix du pétrole Brent à 150 dollars le baril ou plus. Pendant la guerre de juin 2025, les prix du Brent sont passés de 72 dollars début juin à 78 dollars le baril. Une escalade prolongée pourrait avoir des conséquences bien plus graves. Chaque augmentation de 10 dollars du prix du pétrole fait monter l’inflation à la consommation d’environ 0,5 %.
Si les prix atteignaient 130 dollars le baril, l’inflation aux États-Unis pourrait grimper à 5,5 %, forçant la Réserve fédérale à relever les taux d’intérêt — une action qui pourrait faire dérailler la fragile reprise économique américaine. Les pays asiatiques comme l’Inde, le Japon et la Corée du Sud, fortement dépendants des importations de pétrole, feraient face à ces chocs avec des réserves limitées et une pression monétaire croissante. L’Iran dispose également d’un levier asymétrique à travers ses forces partenaires capables de menacer le trafic en mer Rouge. Ces vulnérabilités transforment tout échange Israël-Iran en un événement de risque économique mondial. Les analystes européens ont explicitement averti qu’une future guerre pourrait mettre en péril les approvisionnements énergétiques et perturber des routes maritimes déjà sous tension.
Les États-Unis peuvent-ils se permettre une autre guerre ?
Avec une dette nationale de 37 000 milliards de dollars et un déficit annuel de 1 800 milliards de dollars, les États-Unis peuvent-ils se permettre une autre guerre au Moyen-Orient ? L’expérience de l’Irak, qui a coûté plus de 2 000 milliards de dollars, montre comment de telles interventions drainent les ressources nationales. Le général Douglas Macgregor a averti que défendre contre les drones iraniens à 20 000 dollars pièce avec des missiles Patriot à 4 millions de dollars épuiserait rapidement le budget militaire américain. De plus, les 40 000 soldats américains stationnés dans le golfe Persique sont vulnérables aux attaques de missiles iraniens, risquant de lourdes pertes humaines et financières. Géopolitiquement, une intervention américaine menacerait ses alliances mondiales puisque les pays européens, qui soutiennent la diplomatie nucléaire avec l’Iran, s’opposeraient probablement à une action militaire unilatérale américaine.
Au sein de l’administration Trump, le conseiller à la sécurité nationale adjoint Stephen Miller a déclaré dans une interview que le monde est gouverné par « la force, par le pouvoir », appelant cela les « lois de fer du monde ». Mais cette philosophie se heurte à des réalités pratiques. Depuis le dernier affrontement avec l’Iran en juin, de nombreuses forces et actifs américains ont été déplacés vers les Caraïbes et l’Asie de l’Est. Certains responsables ont dit que « le théâtre n’était pas prêt » et que cela limitait les options disponibles pour les États-Unis — tant pour une attaque que pour le scénario d’un conflit plus large si l’Iran ripostait. « Nous avons en quelque sorte raté la fenêtre », a confié une source informée. Bien que des responsables de la Maison Blanche aient repoussé ces affirmations, la décision de Trump de temporiser suggère que la prudence a prévalu — au moins pour l’instant.
Les leçons non tirées
Un système de défense civile insuffisant
L’une des révélations les plus troublantes de la guerre de juin 2025 concerne l’état du système de défense civile israélien. Malgré des décennies de vie sous la menace de roquettes et de missiles, Israël reste dangereusement vulnérable. Dans les 36 plus grandes villes du pays, on estime que les deux tiers des habitations n’ont pas d’espace protégé. Les Israéliens se sont habitués aux attaques de roquettes fréquentes et aux courses vers les abris pendant la guerre avec le Hamas et le Hezbollah. Cependant, les missiles iraniens qui passent à travers les défenses (transportant généralement entre 300 et 700 kilogrammes d’explosifs) causent des dégâts physiques et psychologiques considérablement plus importants, avec un impact entendu jusqu’à 55 kilomètres de distance.
25 personnes ont été tuées côté israélien pendant la guerre de 12 jours, et plus de 590 ont été blessées. C’est relativement peu par rapport aux victimes iraniennes, mais chaque mort est une tragédie pour une nation qui se vante de protéger chacun de ses citoyens. Et les chiffres auraient pu être bien pires. La sophistication technologique du système de défense antimissile a sauvé des vies, mais elle a aussi créé une illusion de sécurité. Quand on peut intercepter 90 % des missiles, on oublie parfois que les 10 % qui passent peuvent tuer. Dans une nouvelle guerre, avec des stocks d’intercepteurs plus bas et un Iran potentiellement mieux préparé, ce pourcentage pourrait changer. Et avec lui, le bilan humain.
Je pense à cette femme de Tel-Aviv qui dit ne pas savoir comment elle va survivre. À ces 15 000 déplacés qui ont dû quitter leur maison. Aux enfants qui grandissent en courant d’abri en abri. On peut gagner des guerres sur le plan militaire et les perdre sur le plan humain. On peut détruire les missiles de l’ennemi tout en détruisant sa propre société de l’intérieur. À force de vivre en état d’alerte permanent, quelque chose se casse dans l’âme d’un peuple. Et ça, aucun système antimissile ne peut le réparer.
La course contre la montre des intercepteurs
Le temps qu’il faudra à Israël pour revenir à un volume d’intercepteurs que Netanyahu estime suffisant pour se défendre contre une nouvelle vague massive de missiles iraniens pourrait également affecter la crédibilité des menaces israéliennes d’imposer une ligne rouge sur l’approvisionnement croissant en missiles balistiques de l’Iran. Les responsables israéliens n’ont pas publiquement défini cette ligne rouge, mais les chiffres suggèrent une fourchette probable. Quand Israël a attaqué la République islamique en juin 2025, Téhéran possédait environ 2 500 missiles balistiques et était en voie de produire environ 300 nouveaux missiles par mois. Une grande partie de cette capacité a été détruite, mais l’Iran travaille à la reconstituer.
Le ministère de la Défense israélien a signé un accord avec Israel Aerospace Industries pour accélérer la production en série d’intercepteurs Arrow. L’un des arguments des responsables israéliens pour vendre le système Arrow à l’Allemagne est qu’il permet de produire l’intercepteur à des économies d’échelle bien plus grandes, ce qui signifie que, au fil du temps, plus d’intercepteurs Arrow peuvent être produits à un rythme plus rapide. Cependant, il faut encore du temps pour reconstituer un stock d’intercepteurs. Avant la guerre, cela coûtait environ quelques millions de dollars par unité. Pendant la guerre de juin 2025 seule, Israël et les États-Unis ont dépensé entre 1,48 et 1,58 milliard de dollars en défenses antimissiles. Le boost post-accord avec l’Allemagne n’a probablement pas encore pleinement pris effet.
Conclusion : L'équation sans solution
Entre dissuasion et destruction mutuelle
La question qui se pose à Israël, à l’Iran et au monde entier est simple dans sa formulation mais impossible dans sa résolution : comment sortir de cette spirale ? Éliminer l’Iran comme menace nucléaire et régionale réduirait significativement le risque géopolitique d’Israël, avec des bénéfices pour l’économie et la société. Mais cela semble irréalisable, même avec une probable implication américaine. À long terme, une guerre prolongée augmenterait massivement les dépenses militaires, avec des bénéfices politiques limités pour le gouvernement actuel et des risques significatifs pour les relations internationales. Certains observateurs voient les rodomontades des deux côtés comme des tentatives de détourner l’attention de la dissidence interne intense à laquelle les deux gouvernements font face.
C’est une année électorale en Israël, et Netanyahu fait face à une réaction croissante concernant des accusations selon lesquelles deux de ses proches collaborateurs auraient accepté de l’argent du Qatar, ainsi qu’à une pression accrue pour une commission d’enquête d’État sur les échecs militaires et de renseignement entourant le 7 octobre. La menace iranienne et les fronts encore ouverts avec Gaza, le Liban et la Syrie « servent politiquement Netanyahu », selon Zvi Bar’el, analyste des affaires moyen-orientales pour Haaretz. En Iran, le régime fait face à des protestations qui ont secoué les 31 provinces du pays. Certains analystes suggèrent que des éléments du régime iranien pourraient vouloir une guerre comme excuse pour mener une vague massive d’arrestations, présentant les manifestants comme des partisans pro-Israël.
Et maintenant ?
Une frappe israélienne renouvelée sur l’Iran début 2026 est plausible parce que les moteurs stratégiques qui ont produit le dernier round — incertitude nucléaire, différends sur la vérification, reconstitution des missiles, menaces multifronts — restent présents. Inversement, de nouvelles frappes deviennent moins probables si une voie diplomatique crédible émerge qui contraint visiblement l’enrichissement et restaure la vérification, si les pressions américaines privées deviennent suffisamment explicites pour augmenter le coût politique pour Israël, si Israël évalue qu’une frappe déclencherait un barrage multi-fronts inacceptable compte tenu de l’état de préparation actuel, ou si les marchés de l’énergie et du transport maritime sont déjà suffisamment fragiles pour que les alliés indiquent qu’ils ne peuvent absorber de nouveaux chocs.
Les responsables américains disent qu’un autre point de décision pourrait survenir dans les semaines à venir. Le monde retient son souffle. Israël compte ses intercepteurs. L’Iran reconstruit ses missiles. Et entre les deux, des millions de civils attendent de savoir si leur avenir sera celui de la guerre ou de la paix. L’histoire n’offre pas de réponse rassurante. Elle nous rappelle simplement que les guerres commencent souvent quand tout le monde pense avoir fait ses calculs correctement. Et qu’elles finissent rarement comme prévu.
Je termine cet article avec une question qui me hante. À quel moment décide-t-on qu’assez de gens sont morts ? Qu’assez de milliards ont été engloutis ? Qu’assez d’enfants ont grandi dans la peur ? Les stratèges et les généraux parlent de lignes rouges, de dissuasion, d’équilibre des forces. Mais derrière tous ces mots, il y a des êtres humains — Israéliens, Iraniens, Américains — qui voudraient juste vivre. Construire. Aimer. Voir leurs enfants grandir. Quelque part, il doit y avoir une autre voie. Quelque part, il doit y avoir des dirigeants capables de voir au-delà du prochain round. Je veux y croire. Mais en regardant les chiffres, les déclarations, les préparatifs, j’ai du mal.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements israélien, américain et iranien, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse).
Sources secondaires : publications spécialisées comme Haaretz, Times of Israel, Axios, Wall Street Journal, Financial Times, analyses d’instituts de recherche établis comme le Foreign Policy Research Institute, le Center for Strategic and International Studies, et Oxford Analytica.
Les données statistiques, économiques et militaires citées proviennent de sources officielles : ministères de la Défense et des Finances israéliens, rapports du Congressional Research Service américain, Missile Defense Agency, et instituts économiques israéliens.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Haaretz – Another Iran War Could Prove Much More Dangerous for Israel’s Economy – And Israelis’ Lives – 26 janvier 2026
Times of Israel – Israel adds billions to defense spending amid ongoing wars – 17 juillet 2025
Times of Israel – Cabinet approves 2026 state budget – 5 décembre 2025
Axios – Netanyahu raised possible « round 2 » strikes on Iran with Trump – 31 décembre 2025
Axios – Behind the scenes of Trump’s Iran pullback – 18 janvier 2026
Wall Street Journal – Israel Is Running Low on Defensive Interceptors – 18 juin 2025
Sources secondaires
Foreign Policy Research Institute – Shallow Ramparts: Air and Missile Defenses in the June 2025 Israel-Iran War – Novembre 2025
Wikipedia – Economic impact of the Iran–Israel proxy conflict – Janvier 2026
Middle East Monitor – Iran-Israel War: An economic storm for America and the world – 24 juin 2025
Anadolu Agency – Israeli economy facing challenges as 12-day conflict with Iran leaves country with billions in economic losses – Juin 2025
New Arab – Israel faces $12 billion in losses after 12-day war with Iran – 25 juin 2025
TRT World – Israel averts economic collapse as it counts the cost of war after Iran ceasefire – 27 juin 2025
Oxford Analytica – The costs of Israel’s Iran war will likely rise – 14 juillet 2025
Geopolitical Monitor – Israel Strike Prospects on Iran in 2026: High-Risk Equilibria – Janvier 2026
House of Commons Library – Iran: What challenges face the country in 2026? – Janvier 2026
Jerusalem Post – By asking Trump to delay Iran attacks, Netanyahu exposes Israel’s air defense holes – Janvier 2026
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