Quand l’Iran a tiré sur ses propres enfants
Tout a commencé à la fin du mois de décembre 2025. Une protestation économique. L’inflation galopante. L’effondrement du rial. Des familles qui n’arrivaient plus à nourrir leurs enfants. Des gens ordinaires — des commerçants, des étudiants, des ouvriers — sont descendus dans la rue pour exiger des comptes. Personne n’imaginait que ce mouvement allait se transformer en la plus grande révolte populaire depuis la révolution de 1979. Personne n’imaginait non plus que la réponse du régime serait aussi sanglante. Les 8 et 9 janvier 2026, les forces de sécurité ont ouvert le feu. Sans sommation. Sans discrimination. Des images vérifiées montrent des Gardiens de la Révolution tirant sur des foules désarmées à Razavi Khorasan. Un témoin médical de Mashhad a raconté : « Dans la nuit du 9 janvier, 150 corps de jeunes manifestants ont été amenés dans un seul hôpital, puis transférés au cimetière Behesht Reza. »
Les autorités iraniennes ont imposé un black-out internet quasi total. Pendant des jours, le pays a été coupé du monde. Mais les images ont fini par filtrer. Des corps alignés dans des morgues débordées. Des familles cherchant leurs proches dans des hôpitaux saturés. Amnesty International a documenté l’utilisation de fusils, de chevrotines métalliques, de canons à eau et de gaz lacrymogène contre des manifestants « largement pacifiques ». Plus de 41 800 personnes ont été arrêtées. Le chef de la justice iranienne a déclaré que les détenus seraient « jugés et exécutés rapidement ». Le Guide suprême Ali Khamenei a reconnu que « des milliers de personnes » avaient été tuées, mais a rejeté la faute sur Donald Trump, qualifiant tous les manifestants de « terroristes » et d’« émeutiers ». La rhétorique du régime est implacable : ceux qui contestent méritent de mourir.
Je me suis arrêté longtemps sur ce témoignage du soignant de Mashhad. 150 corps. En une nuit. Dans un seul hôpital. J’ai essayé de visualiser la scène. Des civières à perte de vue. Des familles qui hurlent. Des médecins impuissants face à l’ampleur du carnage. Et quelque part, un appareil d’État qui a donné l’ordre de tirer. Qui a calculé que ces vies ne valaient rien face à la survie du régime. Je ne sais pas ce qui me révolte le plus : la froideur de ceux qui ont appuyé sur la détente, ou le silence de ceux qui ont détourné le regard.
Les ordres de tir à vue qui ont changé la donne
Selon Fox News, le régime aurait émis des ordres de tir à vue à l’échelle nationale. Le bilan officiel iranien — 3 117 morts, dont 2 427 civils et membres des forces de sécurité — est contesté par toutes les organisations de défense des droits humains. Les estimations indépendantes oscillent entre 6 000 et 36 500 morts. Certains analystes qualifient déjà ces événements de « massacres de 2026 », les plus meurtriers de l’histoire iranienne moderne. Les manifestations ont touché les 31 provinces du pays. À Téhéran seul, au moins 217 personnes auraient péri. Les hôpitaux de la capitale et de Chiraz étaient submergés de blessés, beaucoup présentant des blessures par balles. Ce n’était pas une opération de maintien de l’ordre. C’était une extermination systématique de toute forme de dissidence.
La communauté internationale a réagi avec un mélange d’horreur et d’impuissance. Amnesty International a réclamé une « action diplomatique mondiale » pour mettre fin à l’impunité. Les États-Unis ont choisi une autre voie : la démonstration de force. Donald Trump a averti l’Iran qu’il y aurait de « gros problèmes » si le régime continuait à tuer des manifestants ou relançait son programme nucléaire. La menace était à peine voilée. Et maintenant, avec un groupe aéronaval de combat en position, cette menace prend une dimension terrifiante. Car si Washington décide de frapper, ce ne sera pas une simple opération chirurgicale. Ce sera le début d’une conflagration régionale dont personne ne peut prédire l’issue.
La réponse de fer de Téhéran
« Toute attaque sera traitée comme une guerre totale »
L’Iran n’a pas attendu pour riposter — verbalement, pour l’instant. Un haut responsable iranien a déclaré à Reuters : « Cette fois, nous traiterons toute attaque — limitée, illimitée, chirurgicale, cinétique, peu importe comment ils l’appellent — comme une guerre totale contre nous. Et nous répondrons de la manière la plus dure possible. » Ces mots ne sont pas une posture. Ils sont un avertissement calculé. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a été encore plus explicite : « Nous riposterons avec tout ce que nous avons si nous subissons une nouvelle attaque. » La République islamique ne reculera pas. Elle est prête à brûler — et à faire brûler la région avec elle.
Le général Mohammad Pakpour, commandant des Gardiens de la Révolution, a choisi le 24 janvier pour délivrer son message glaçant. « Les Gardiens de la Révolution et le cher Iran se tiennent plus prêts que jamais, le doigt sur la gâchette, pour exécuter les ordres du Commandant en chef. » Il a prévenu les États-Unis et Israël de ne pas commettre de « mauvais calcul », promettant un « sort douloureux et regrettable » à tout agresseur. Nournews, un média proche du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a relayé ces propos comme un signal officiel. Le régime des mollahs se prépare au pire. Et il veut que le monde entier le sache.
Les bases américaines dans le viseur
Mais Téhéran ne compte pas attendre que les bombes pleuvent sur son sol pour riposter. Un responsable iranien a révélé que le régime avait prévenu les pays de la région — de l’Arabie saoudite aux Émirats arabes unis en passant par la Turquie — que les bases américaines sur leur territoire seraient frappées en cas d’attaque. « Téhéran a dit aux pays régionaux que les bases américaines chez eux seront attaquées si les États-Unis ciblent l’Iran… leur demandant d’empêcher Washington de nous attaquer. » Cette stratégie de dissuasion par la menace collatérale place les alliés du Golfe dans une position impossible. Accueillir des troupes américaines, c’est désormais se peindre une cible dans le dos. Et les monarchies pétrolières l’ont bien compris.
L’arsenal iranien n’est pas négligeable. Des missiles balistiques capables d’atteindre n’importe quelle base américaine dans la région. Des drones qui ont déjà fait leurs preuves — les attaques contre les installations pétrolières saoudiennes de 2019 en sont la preuve. Et un réseau de milices alliées — Houthis au Yémen, Hezbollah au Liban, factions pro-iraniennes en Irak — prêtes à ouvrir de multiples fronts simultanément. Le USS Harry S. Truman en fait déjà l’expérience en mer Rouge, où les Houthis ont revendiqué des attaques « pendant sept heures » avec des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones. La guerre asymétrique est déjà engagée. Une guerre ouverte ne serait que son prolongement logique.
Ce qui me frappe dans cette escalade, c’est la froideur des calculs. D’un côté, Washington déploie ses porte-avions comme on déplace des pions sur un échiquier. De l’autre, Téhéran menace de transformer le Moyen-Orient en brasier. Et entre les deux ? Des millions de civils — iraniens, saoudiens, émiratis, qataris — qui n’ont rien demandé et qui se retrouveraient pris dans les flammes. Personne ne semble se demander combien d’innocents paieront le prix de cette partie de poker géopolitique. Ou peut-être que tout le monde le sait. Et que personne ne veut l’admettre.
Les États du Golfe pris en étau
Quand les alliés supplient Washington de ne pas frapper
Les monarchies du Golfe sont terrifiées. Pas par l’Iran — elles vivent avec cette menace depuis des décennies. Mais par la perspective d’une guerre américano-iranienne sur leur sol. L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman ont mené ce que des officiels décrivent comme des « efforts diplomatiques frénétiques de dernière minute » pour convaincre Donald Trump de ne pas attaquer. Selon le Washington Post, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane aurait appelé Trump pour lui demander de « protéger les intérêts » de son pays, des Émirats, du Qatar et d’Oman. Le message était clair : une frappe sur l’Iran nuirait à la sécurité régionale — et aux intérêts américains eux-mêmes.
Ces pays ont transmis à Washington un avertissement sans équivoque : toute attaque aurait des « conséquences pour la région tout entière », tant sur le plan sécuritaire qu’économique. L’Arabie saoudite est particulièrement nerveuse. Le royaume est engagé dans une série de réformes économiques ambitieuses pour diversifier ses revenus au-delà du pétrole et développer son secteur touristique. Ces objectifs nécessitent la stabilité. Une guerre régionale anéantirait des années d’efforts et des milliards d’investissements. Riyad ne peut pas se permettre de voir ses raffineries bombardées par des drones iraniens. Ni de perdre sa réputation de havre sûr pour les affaires internationales.
Le dilemme impossible des monarchies pétrolières
La situation des Émirats arabes unis est plus complexe. Abu Dhabi s’est rapproché d’Israël ces dernières années, prenant des positions divergentes de ses voisins du Conseil de coopération du Golfe sur des dossiers comme le Yémen et le Soudan. Les officiels émiratis sont restés silencieux pendant cette crise, selon les rapports. Leur mutisme est éloquent. Ils ne veulent pas s’opposer publiquement aux États-Unis, mais ils redoutent autant que les autres les représailles iraniennes. La base aérienne d’Al-Dhafra, qui accueille des forces américaines, serait une cible de choix pour les missiles de Téhéran. Et les gratte-ciel scintillants de Dubaï ne résisteraient pas à une pluie de roquettes.
Les efforts diplomatiques semblent avoir porté leurs fruits — temporairement. Trump a modéré sa rhétorique après les appels des dirigeants du Golfe. Lors d’un discours au Forum économique mondial de Davos, il a déclaré que « l’Iran veut discuter, et nous discuterons », signalant que des canaux de communication restaient ouverts. Mais personne ne se fait d’illusions. Le président américain s’est « convaincu lui-même » de ne pas attaquer — pour l’instant. Les rapports indiquant que des frappes étaient « imminentes » ont été démentis. Mais le groupe aéronaval est toujours là. Les missiles sont toujours chargés. Et la mèche, bien que non allumée, reste dangereusement courte.
Une poudrière nommée mer Rouge
Les Houthis en première ligne
Pendant que le monde se concentre sur le face-à-face américano-iranien, une autre guerre fait rage. En mer Rouge, les Houthis du Yémen — soutenus par Téhéran — ont déclaré la guerre à la marine américaine. Le USS Harry S. Truman, un autre porte-avions nucléaire, y est stationné depuis des mois. Et il est sous le feu. Le porte-parole militaire houthi Yahya Saree a revendiqué des attaques « pendant sept heures » contre le navire avec des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones. Aucun dégât n’a été officiellement confirmé par l’US Navy. Mais les Houthis affirment également avoir abattu plusieurs drones MQ-9 Reaper américains. La guerre asymétrique bat son plein.
Donald Trump a ordonné une action militaire « décisive et puissante » contre les Houthis. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a précisé à Fox News : « Ce n’est pas une action ponctuelle, cela continuera jusqu’à ce que vous cessiez de tirer sur les navires, de tirer sur nos équipements. Nous ne voulons pas d’une longue guerre limitée au Moyen-Orient… Il s’agit de faire cesser les tirs dans cette voie navigable cruciale pour rouvrir la liberté de navigation. » Les Houthis bloquent de facto une artère commerciale vitale — le canal de Suez et la mer Rouge voient leur trafic perturbé depuis des mois. Cette guerre parallèle est indissociable du conflit avec l’Iran. Frapper les Houthis, c’est frapper un proxy iranien. Et Téhéran le sait.
J’observe ces mouvements navals avec un sentiment d’irréalité. Des porte-avions nucléaires. Des missiles balistiques. Des drones kamikazes. On dirait un scénario de film catastrophe. Sauf que c’est la réalité. Et que les gens qui vivent dans cette région — les pêcheurs yéménites, les familles iraniennes, les travailleurs expatriés du Golfe — ne sont pas des figurants. Ce sont des êtres humains coincés dans une partie où ils n’ont jamais eu leur mot à dire. Combien d’entre eux dorment cette nuit en se demandant si demain existera encore ?
L’arsenal déployé face à Téhéran
Le groupe aéronaval du USS Abraham Lincoln n’est pas venu les mains vides. À son bord : des F/A-18E/F Super Hornets, des avions de guerre électronique EA-18G Growler, des chasseurs furtifs F-35C et des hélicoptères MH-60R/S. Les trois destroyers qui l’accompagnent — tous de la classe Arleigh Burke — sont équipés de missiles de croisière Tomahawk capables de frapper des cibles en profondeur sur le territoire iranien. Ils disposent également du système de combat Aegis, conçu pour intercepter les missiles balistiques et de croisière. C’est une force de frappe considérable. Et une défense robuste contre les représailles iraniennes.
Mais les analystes militaires soulignent une réalité moins rassurante. La puissance de frappe américaine dans la région est actuellement « significativement plus faible » qu’elle ne l’était il y a quelques mois. Plusieurs navires ont été redéployés en mer des Caraïbes. L’arrivée du Lincoln comble partiellement ce vide, mais une guerre avec l’Iran nécessiterait des renforts massifs. Des avions cargo militaires convergent vers la région par dizaines, selon les données de suivi de vol analysées par des experts indépendants. Le Pentagone se prépare. La question n’est plus de savoir s’il y aura un conflit, mais quand — et comment — il éclatera.
Les options sur la table de Trump
De la frappe chirurgicale au renversement de régime
Que peut faire Donald Trump ? Les anciens responsables américains estiment que les options qui atterriront sur son bureau vont de frappes massives à des opérations ciblées contre des dirigeants iraniens ou des infrastructures policières. Le Pentagone envisagerait également des cyberattaques contre le gouvernement et des « opérations d’influence » en ligne pour amplifier les messages des manifestants. L’utilisation répétée du mot « décisif » par Trump a poussé les planificateurs à développer un « spectre d’options » allant du renversement du régime à des frappes limitées sur les Gardiens de la Révolution. Chaque option comporte ses risques. Chaque option pourrait déclencher l’escalade que tout le monde redoute.
Le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le directeur de la CIA John Ratcliffe ont participé à une réunion des principaux conseillers du président cette semaine. Hegseth a refusé d’élaborer sur les options discutées, se contentant de dire que son rôle était de « s’assurer que le président dispose d’options et soit informé de ce qu’elles pourraient être ». Mais il a également répété la position officielle de l’administration contre « les guerres dans lesquelles on ne s’engage jamais » et contre « l’interventionnisme, les guerres non définies, le changement de régime ». Ces mots suggèrent une préférence pour des actions limitées plutôt qu’une invasion totale. Mais dans le brouillard de la guerre, les intentions initiales ont souvent peu de rapport avec les résultats finaux.
Le précédent de l’hésitation
Selon le Washington Post, Trump et ses conseillers de sécurité nationale ont « envisagé de frapper l’Iran mais ont reculé face aux coûts potentiels et au lobbying des alliés du Moyen-Orient ». Le président américain a lui-même admis qu’il s’était « convaincu lui-même » de ne pas attaquer — du moins pour l’instant. Mais cette hésitation pourrait être temporaire. Trump a clairement indiqué qu’il « surveillait de près » la situation en Iran. Et si le régime reprend son programme nucléaire ou intensifie la répression, le calcul américain pourrait changer du jour au lendemain. L’Iran marche sur un fil. Un faux pas — réel ou perçu — et les missiles pourraient voler.
Les limites de la puissance militaire américaine sont également un facteur. Une guerre avec l’Iran ne serait pas comme les campagnes contre l’Irak ou la Libye. Téhéran dispose d’une armée conventionnelle substantielle, d’un arsenal de missiles considérable et d’un réseau de milices alliées à travers la région. Une frappe américaine déclencherait presque certainement des représailles — contre les bases américaines, contre les alliés du Golfe, contre les intérêts occidentaux partout au Moyen-Orient. Le prix du pétrole flamberait. L’économie mondiale vacillerait. Et l’Amérique se retrouverait embourbée dans un nouveau conflit sans fin. Ces considérations pèsent lourd dans les calculs de Washington. Mais elles n’ont jamais été suffisantes pour empêcher une guerre quand un président était déterminé à en déclencher une.
Ce qui me trouble dans cette situation, c’est l’absence apparente de plan de sortie. Frapper l’Iran, d’accord. Et après ? Renverser le régime ? Avec quelles troupes ? Quelle légitimité ? Quel gouvernement de remplacement ? L’Irak nous a appris ce que coûte une guerre déclenchée sans réfléchir à l’après. L’Afghanistan aussi. Et pourtant, les mêmes erreurs semblent prêtes à être répétées. Comme si l’histoire n’avait rien enseigné. Comme si les morts de ces conflits passés n’avaient servi à rien.
Le compte à rebours continue
Une région au bord de l’embrasement
Le Moyen-Orient est une poudrière. Il l’a toujours été. Mais rarement les conditions d’une explosion généralisée n’ont été aussi réunies. D’un côté, un régime iranien aux abois, accusé de crimes contre l’humanité par les organisations de défense des droits, menacé par son propre peuple et prêt à tout pour survivre. De l’autre, une administration américaine imprévisible, qui brandit la force militaire comme premier outil diplomatique et dont le président a déjà prouvé son goût pour les décisions spectaculaires. Entre les deux, des alliés terrifiés qui supplient pour la retenue, des milices déterminées à en découdre, et une population iranienne qui n’a demandé qu’à vivre libre — et qui paie ce rêve de son sang.
Les canaux diplomatiques restent ouverts. Trump a lui-même évoqué la possibilité de discussions avec Téhéran. Mais les positions semblent irréconciliables. L’Amérique exige l’arrêt de la répression et l’abandon du programme nucléaire. L’Iran refuse toute ingérence dans ses affaires intérieures et considère son programme nucléaire comme une question de souveraineté nationale. Et chaque jour qui passe, le fossé se creuse. Les manifestants continuent de mourir dans les rues iraniennes. Les procès sommaires et les exécutions se multiplient. Et le groupe aéronaval américain reste en position, attendant des ordres qui pourraient venir à tout moment.
Ce que le monde attend en retenant son souffle
La communauté internationale observe, impuissante. L’Iran a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer les « menaces militaires explicites » des États-Unis. Mais personne ne s’attend à ce que cette démarche change quoi que ce soit. Les grandes puissances sont divisées. La Russie et la Chine ne soutiendront jamais une action militaire américaine contre leur allié iranien. L’Europe appelle à la retenue mais n’a aucun levier réel. Et les pays du Golfe, malgré leurs suppliques, savent qu’ils ne contrôlent pas la décision finale. Celle-ci repose sur un seul homme, assis dans le Bureau ovale, qui pèse le pour et le contre d’une guerre qui pourrait redessiner la carte du Moyen-Orient.
Les heures qui viennent seront décisives. Les jours. Les semaines, peut-être. Mais le temps joue contre tout le monde. Contre les manifestants iraniens qui tombent sous les balles. Contre les civils du Golfe qui vivent sous la menace de missiles. Contre les marins américains qui patrouillent dans des eaux hostiles. Contre un monde qui n’a pas besoin d’une nouvelle guerre, mais qui pourrait bien en hériter malgré lui. Le USS Abraham Lincoln croise au large de l’Iran. Le général Pakpour a le doigt sur la gâchette. Et quelque part entre Washington et Téhéran, le destin de millions de personnes se joue en ce moment même.
Conclusion : L'abîme
Quand deux nations jouent avec le feu
Nous y sommes. À ce moment où l’histoire bascule — ou pas. Où les décisions prises dans les prochains jours pourraient déclencher une conflagration régionale ou, par miracle, ouvrir la voie à une désescalade. Les signes ne sont pas encourageants. L’Iran a montré qu’il était prêt à massacrer son propre peuple pour survivre. Les États-Unis ont montré qu’ils étaient prêts à mobiliser leur arsenal le plus puissant pour punir ce massacre. Et ni l’un ni l’autre ne semble disposé à reculer le premier. C’est le jeu de la poule mouillée, version nucléaire. Sauf que dans ce jeu-là, ce ne sont pas les joueurs qui meurent. Ce sont les spectateurs.
Les chiffres de cette crise donnent le vertige. Entre 6 000 et 36 000 morts parmi les manifestants iraniens, selon les estimations. Plus de 41 000 arrestations. Un porte-avions nucléaire et trois destroyers en position de combat. Des dizaines d’avions de guerre. Des centaines de missiles prêts à être lancés. Et de l’autre côté, une armée iranienne de plusieurs centaines de milliers d’hommes, des milliers de missiles balistiques, et des milices alliées disséminées à travers tout le Moyen-Orient. Les forces en présence sont colossales. Les enjeux sont existentiels. Et la marge d’erreur est nulle.
Je termine cet article avec un poids sur la poitrine. Parce que je sais que demain, quand vous lirez ces lignes, la situation aura peut-être déjà basculé. Dans un sens ou dans l’autre. Je pense aux manifestants iraniens qui ont osé rêver de liberté et qui paient ce rêve de leur vie. Je pense aux marins américains qui scrutent l’horizon en se demandant si aujourd’hui sera le jour où les missiles arriveront vraiment. Je pense aux familles du Golfe qui préparent leurs valises, au cas où. Et je me demande : combien de morts faudra-t-il encore pour que les puissants de ce monde réalisent que la guerre n’a jamais rien résolu ? Que les missiles ne font pas taire les aspirations à la liberté ? Que le seul vainqueur d’un conflit, c’est la mort elle-même ? Je n’ai pas de réponse. Juste cette certitude qui me serre la gorge : quelque part, en ce moment même, quelqu’un décide du sort de millions de vies. Et ce quelqu’un ne leur a jamais demandé leur avis.
Le silence avant la tempête
Le USS Abraham Lincoln croise dans les eaux du golfe d’Oman. Ses avions sont armés. Ses missiles sont chargés. À Téhéran, les Gardiens de la Révolution attendent les ordres. À Washington, le président pèse ses options. Et partout ailleurs, des millions de personnes regardent les informations en se demandant si demain ressemblera encore à aujourd’hui. C’est le calme avant la tempête. Ou peut-être le moment où la tempête décide de ne pas éclater. Personne ne le sait encore. Personne ne peut le savoir. Tout ce qu’on peut faire, c’est observer. Espérer. Et se préparer au pire.
Les prochaines heures nous diront si le monde a évité une catastrophe — ou s’il a plongé dedans. En attendant, le doigt reste sur la gâchette. Des deux côtés.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, stratégiques et militaires qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les tensions internationales, à comprendre les mouvements de forces en présence, à contextualiser les décisions des acteurs étatiques et à proposer des perspectives analytiques sur les crises qui menacent la stabilité mondiale.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels du Commandement central américain (CENTCOM), déclarations publiques du président Donald Trump, du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, du commandant des Gardiens de la Révolution Mohammad Pakpour, dépêches des agences Reuters et Associated Press.
Sources secondaires : publications du Washington Post, CBS News, Al Jazeera, Military Times, Jerusalem Post, Newsweek, NPR, Fox News, Times of Israel, rapports d’Amnesty International et de Human Rights Activists News Agency.
Les données relatives aux victimes et aux mouvements militaires proviennent de sources multiples croisées, incluant les estimations officielles iraniennes, les rapports des organisations de défense des droits humains et les analyses d’instituts de recherche stratégique.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles au 27 janvier 2026. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
CENTCOM (Commandement central américain) – Communiqué sur le déploiement du USS Abraham Lincoln – 26 janvier 2026
Reuters – Déclarations d’un haut responsable iranien sur les menaces contre les bases américaines régionales – Janvier 2026
Nournews – Déclarations du général Mohammad Pakpour sur l’état de préparation des Gardiens de la Révolution – 24 janvier 2026
Maison-Blanche / Air Force One – Déclarations du président Donald Trump sur le déploiement naval – Janvier 2026
Sources secondaires
Washington Post – « Aircraft carrier reaches Middle East, bolstering Iran options for Trump » – 26 janvier 2026
Al Jazeera – « As US ‘armada’ approaches, Iran warns of dire consequences if attacked » – 26 janvier 2026
CBS News – « U.S. carrier strike group enters Middle East region after Iran commander warns U.S. » – 26 janvier 2026
NPR – « At least 6,126 people killed in Iran’s crackdown on nationwide protests » – 27 janvier 2026
Amnesty International – « Iran: Massacre of protesters demands global diplomatic action » – Janvier 2026
Military Times – « US aircraft carrier arrives in Middle East amid Iran tensions » – 26 janvier 2026
Jerusalem Post – « Iran will treat any attack as ‘all-out war’, says senior Iran official » – Janvier 2026
Newsweek – « Houthis claim attacks on U.S. aircraft carrier USS Harry S. Truman » – Janvier 2026
Middle East Eye – « Gulf leaders convinced Trump to go easy on Iran » – Janvier 2026
Channel 13 Israel – Rapport sur le positionnement du USS Abraham Lincoln près de l’Iran – 26 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.