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Le Joueur d’Échecs : Comment Poutine pense dix coups d’avance pendant que l’Occident joue aux dames
Crédit: Custom

La différence la plus fondamentale entre la pensée stratégique de Poutine et celle des dirigeants occidentaux tient au rapport au temps.

Un président américain dispose de quatre ans – huit au maximum – pour marquer l’histoire. Un premier ministre britannique ou canadien peut être renversé à tout moment par un vote de confiance. Un chancelier allemand doit constamment surveiller les sondages et ménager sa coalition. Tous ces dirigeants pensent en cycles électoraux, en trimestres économiques, en nouvelles quotidiennes.

Poutine est au pouvoir depuis l’an 2000. Il y sera probablement jusqu’à sa mort, dans dix, quinze, vingt ans peut-être. Il n’a pas besoin de s’inquiéter des élections (qu’il contrôle), des sondages (qu’il manipule), ou des médias (qu’il possède). Il peut planifier sur des décennies là où ses adversaires planifient sur des mois.

Cette asymétrie temporelle est un avantage stratégique colossal. Poutine peut accepter des revers tactiques parce qu’il sait qu’il sera encore là pour récupérer. Il peut supporter des sanctions économiques qui feraient tomber n’importe quel gouvernement démocratique. Il peut lancer des opérations dont les bénéfices ne se manifesteront que dans dix ans, bien après que ses interlocuteurs actuels auront quitté le pouvoir.

L’intervention en Syrie en est un exemple parfait. En 2015, quand Poutine décida de sauver Bachar el-Assad, l’Occident s’attendait à ce que la Russie s’enlise dans un « nouveau Vietnam ». Obama prédit que Poutine se retrouverait « coincé dans un bourbier ». Quatre ans plus tard, Assad était toujours au pouvoir, la Russie avait des bases militaires permanentes en Méditerranée orientale, et les États-Unis avaient abandonné leurs alliés kurdes.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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