« Tous les 20 vivants, et tous les morts » : le triomphe revendiqué
À peine l’annonce faite, Donald Trump s’est emparé de son réseau Truth Social pour revendiquer la victoire. « On vient de récupérer le dernier corps d’otage à GAZA. On a donc ramené TOUS les 20 otages vivants, et TOUS les morts! TRAVAIL INCROYABLE! La plupart pensaient que c’était impossible. Félicitations à ma grande équipe de Champions!! » Le ton est caractéristique — majuscules, exclamations, autosatisfaction. Mais derrière la fanfaronnade, une réalité : la phase 1 du plan de paix américain pour Gaza est officiellement terminée. Tous les otages — vivants ou morts — ont été rendus à Israël. Pour la première fois depuis 2014, aucun Israélien n’est retenu captif dans la bande de Gaza.
Les chiffres donnent le vertige. 251 personnes avaient été kidnappées lors de l’attaque du 7 octobre 2023. 168 otages ont été ramenés vivants au total — huit secourus par l’armée, cinq libérés hors des trêves, les autres rendus lors des différents accords de cessez-le-feu. 84 corps ont été rapatriés, dont celui de Ran Gvili. Jared Kushner, le gendre de Trump et architecte des Accords d’Abraham, a résumé la situation sur X : « Pour la première fois depuis 2014, il n’y a plus d’otages israéliens à Gaza. » C’est une phrase qui aurait semblé impossible il y a encore un an. Aujourd’hui, elle est vraie. Et maintenant?
Je regarde cette déclaration de Trump et je me demande : qui célèbre vraiment? Les familles des otages, certainement. Elles ont traversé l’enfer. Mais Trump? Il transforme une tragédie humaine en victoire politique personnelle. « Mon équipe de Champions ». Comme si c’était un match de football. Comme si ces 843 jours de souffrance n’étaient qu’un obstacle sur sa route vers la gloire. Je ne nie pas le rôle de son administration. Mais quelque chose me dérange dans cette façon de brandir des cercueils comme des trophées.
« Maintenant, il faut désarmer le Hamas » : la ligne dans le sable
Mais Trump n’en est pas resté aux félicitations. Dans une interview accordée au journaliste Barak Ravid d’Axios, le président américain a été catégorique : « Maintenant, nous devons désarmer le Hamas, comme ils l’ont promis. » La phrase est simple. Les implications sont immenses. Car le Hamas n’a jamais véritablement accepté de rendre les armes. Et tout le monde le sait. L’organisation islamiste considère la résistance armée comme un droit fondamental tant qu’Israël « occupe » des territoires palestiniens. Se désarmer, pour le Hamas, équivaudrait à un suicide politique et existentiel.
Pourtant, Trump maintient la pression. Lors du Forum économique mondial de Davos, le 21 janvier, il avait déjà lancé son avertissement : « Le Hamas s’est engagé à rendre ses armes. Ils sont nés avec des fusils dans les mains, donc ce n’est pas simple pour eux. Mais ils ont promis de le faire et ils doivent le faire. On aura notre réponse dans trois jours, peut-être trois semaines. S’ils ne se conforment pas, ils seront pulvérisés très rapidement. » Le mot est lâché. Pulvérisés. C’est du Trump pur jus — la diplomatie du bulldozer, la négociation par la menace. Reste à savoir si le Hamas prendra cette menace au sérieux.
Section 3 : La phase 2 du plan de paix — le vrai test commence
Un gouvernement technocratique pour Gaza
Le 14 janvier 2026, la Maison-Blanche a officiellement annoncé le lancement de la phase 2 du plan de paix pour Gaza. L’envoyé spécial Steve Witkoff a détaillé les contours de cette nouvelle étape : création d’un gouvernement technocratique palestinien transitoire, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), et début de la « démilitarisation complète et de la reconstruction de Gaza, principalement le désarmement de tout personnel non autorisé ». En clair : il faut remplacer le Hamas par une administration civile, tout en lui retirant ses armes. Sur le papier, c’est logique. Dans la réalité, c’est un cauchemar diplomatique.
Le NCAG est dirigé par Ali Shaath, un ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne. Cette structure technocratique est censée gérer les affaires quotidiennes de Gaza sous la supervision d’un « Conseil de la Paix » présidé par Trump lui-même. L’objectif est de mettre fin à 18 années de règne du Hamas sur la bande de Gaza. Mais comment gouverner un territoire où le groupe armé le plus puissant refuse de disparaître? Comment reconstruire des villes sous les bombes si ceux qui contrôlent les armes refusent de les déposer? Ces questions n’ont pas de réponses simples. Et les semaines à venir vont montrer si la phase 2 est un plan viable ou un vœu pieux.
Le désarmement : mission impossible?
Les responsables américains l’admettent en privé : le désarmement du Hamas est l’obstacle le plus redoutable de tout le processus. Un officiel a confié au Times of Israel qu’Israël reste « sceptique quant à la volonté du Hamas de se désarmer ». Et pour cause. Le Hamas a publiquement rejeté l’idée de rendre les armes. Certains rapports suggèrent que l’organisation serait prête à discuter d’un « gel » ou d’un « stockage » de son arsenal. D’autres évoquent une possible mise hors service des missiles à courte et longue portée. Mais renoncer aux armes légères et aux fusils d’assaut? Jamais.
La logique du Hamas est simple, même si elle est inacceptable pour Israël : tant que l’« occupation » perdure, la « résistance armée » est légitime. Se désarmer complètement équivaudrait à ce que le New York Times appelle un « effondrement existentiel » de l’organisation. Les dirigeants du Hamas ont affirmé qu’ils n’accepteraient de rendre leurs armes que dans le cadre d’un processus négocié aboutissant à la création d’un État palestinien. Une condition qu’Israël rejette catégoriquement. Le cercle vicieux est parfait. Et Trump, avec son ultimatum, tente de le briser par la force.
Je me demande parfois si Trump comprend vraiment ce qu’il demande. « Désarmez-vous ou soyez pulvérisés. » C’est simple à dire depuis un podium à Davos. Mais sur le terrain? Le Hamas n’est pas juste une milice. C’est une idéologie. C’est un réseau social. C’est des écoles, des hôpitaux, des mosquées. On peut détruire des tunnels et des dépôts d’armes. On ne peut pas bombarder une idée. Et tant que l’idée existe, il y aura des jeunes hommes à Gaza prêts à prendre les armes. Trump le sait-il? Ou préfère-t-il l’ignorer?
Section 4 : Le Hamas face au mur — céder ou mourir
Une direction divisée sur la stratégie
Au sein du Hamas, le débat fait rage. La direction politique, basée au Qatar et en Turquie, est divisée sur la marche à suivre. D’un côté, les partisans de la ligne dure refusent tout désarmement tant qu’Israël maintient sa présence militaire. De l’autre, certains dirigeants — dont Khaled Mechaal — seraient prêts à envisager des concessions sous certaines conditions. Mais ces conditions — reconnaissance internationale, garanties de sécurité, création d’un État palestinien — sont des lignes rouges pour Tel-Aviv. L’impasse semble totale.
Un responsable américain a tenté de rassurer en évoquant une « amnistie » pour les combattants du Hamas qui rendraient leurs armes : « Si le désarmement ne se fait pas, alors ils auront rompu l’accord. Nous pensons que le désarmement s’accompagne d’une forme d’amnistie. » L’idée est de donner une porte de sortie aux militants de base, ceux qui ont rejoint l’organisation par conviction ou par nécessité économique, sans pour autant amnistier les dirigeants responsables des attaques du 7 octobre. Mais cette distinction subtile risque de se perdre dans le fracas des négociations. Et si le Hamas refuse? La réponse de Trump est claire : Israël recevra le feu vert pour une nouvelle offensive militaire.
Le spectre d’une nouvelle guerre
Selon plusieurs sources, Israël a déjà préparé des plans pour une offensive militaire intensive au printemps 2026, concentrée sur la ville de Gaza, qui reste largement sous contrôle du Hamas. L’objectif serait de « désarmer le Hamas par la force » si les négociations échouent. Les analystes préviennent : une telle opération serait bien plus sanglante que tout ce qui s’est passé depuis octobre 2023. Les combats urbains dans une zone aussi densément peuplée causeraient des pertes civiles catastrophiques. Mais Netanyahu semble prêt à assumer ce coût.
Le Bureau médiatique gouvernemental de Gaza affirme qu’Israël a violé le cessez-le-feu au moins 1 193 fois entre le 10 octobre 2025 et le 9 janvier 2026 — frappes aériennes, tirs d’artillerie, attaques directes. Ces chiffres sont contestés par Israël, qui accuse le Hamas de violations similaires. La trêve, si elle existe sur le papier, reste fragile sur le terrain. Et tout le monde se prépare à la suite. Netanyahu a été clair devant la Knesset : « Il y a peu de temps, nous avons ramené le défunt Ran Gvili, un héros d’Israël. Il n’y a plus d’otages à Gaza. » Sous-entendu : le principal obstacle à une reprise des hostilités vient de disparaître.
843 jours pour ramener un corps. Et maintenant? Maintenant, on parle de « désarmement » et de « nouvelle offensive ». Comme si la guerre était un robinet qu’on peut fermer et rouvrir à volonté. Comme si les morts de demain pesaient moins lourd que ceux d’hier. Je regarde la famille Gvili pleurer leur fils retrouvé, et je me demande combien d’autres familles — israéliennes, palestiniennes — vont bientôt pleurer les leurs. La paix, dit-on, est le but. Mais la guerre semble toujours le chemin le plus court.
Section 5 : Les enjeux géopolitiques — Trump architecte du Moyen-Orient?
Le « Conseil de la Paix » : un nouvel ordre régional?
Trump ne cache pas ses ambitions. Le « Conseil de la Paix » qu’il préside n’est pas une simple structure administrative — c’est le symbole d’une Amérique qui reprend les rênes au Moyen-Orient. Son plan en 20 points pour Gaza va bien au-delà du conflit israélo-palestinien. Il s’inscrit dans une vision plus large : normalisation des relations entre Israël et les pays arabes, containment de l’Iran, marginalisation des groupes terroristes. Le retour de tous les otages est présenté comme la preuve que cette approche fonctionne. Mais les sceptiques sont nombreux.
Car la réalité sur le terrain contredit souvent les communiqués triomphants. Les objectifs du plan de paix — cessez-le-feu durable, reconstruction, gouvernance stable — restent largement théoriques. La bande de Gaza est en ruines. Des centaines de milliers de personnes sont déplacées. L’aide humanitaire arrive au compte-gouttes. Et le Hamas, malgré les pertes subies, conserve une capacité de nuisance significative. Trump peut bien clamer victoire sur Truth Social. La vraie victoire — une paix durable — semble encore très loin.
Israël entre soulagement et méfiance
Pour Netanyahu, le retour de Ran Gvili est une victoire politique autant qu’humaine. Il peut désormais dire aux familles d’otages que sa promesse a été tenue : tous les captifs sont revenus. Mais la méfiance envers le Hamas reste totale. Le Premier ministre israélien sait que le désarmement promis ne se fera pas sans combat. Et il prépare ses troupes en conséquence. Les forces israéliennes maintiennent une présence significative dans le corridor de Netzarim, qui coupe Gaza en deux. Le contrôle de la frontière de Rafah reste un enjeu crucial. Rien n’indique un retrait imminent.
Côté israélien, le sentiment dominant est un soulagement mêlé d’inquiétude. Soulagement que le calvaire des familles d’otages soit terminé. Inquiétude que la phase 2 ne soit qu’un répit avant une nouvelle escalade. Les sondages montrent qu’une majorité d’Israéliens soutiennent la poursuite des opérations militaires jusqu’à la « destruction complète du Hamas ». Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement? Personne ne semble avoir de réponse claire. Le Hamas peut être affaibli, décimé même. Mais peut-il être véritablement « détruit »? L’histoire des mouvements de guérilla suggère que non.
Section 6 : Les voix des familles — entre deuil et espoir
Talik Gvili : « Le premier à partir, le dernier à rentrer »
Les mots de Talik Gvili résument tout. « Le premier à partir, le dernier à rentrer. Notre héros. » Son fils Ran était ce genre d’homme : celui qui court vers le danger quand les autres fuient. Celui qui attrape son arme un jour de congé médical parce que son pays a besoin de lui. Celui qui meurt seul, blessé, face à une horde d’assaillants, mais debout. 843 jours, sa mère a attendu. 843 jours, elle a espéré, puis désespéré, puis espéré encore. Et maintenant, elle peut enfin enterrer son fils. Avec les honneurs. Avec la reconnaissance d’une nation.
La famille Gvili — Talik et Itzik, les parents; Omri, le frère; Shira, la sœur — a mené un combat public incessant pour que Ran ne soit pas oublié. Ils ont accompagné Netanyahu aux États-Unis. Ils ont rencontré Trump à Mar-a-Lago. Ils ont parlé aux médias du monde entier. Et leur persévérance a payé. « Il serait fier de vous, vous êtes les meilleurs », a écrit Talik après l’annonce de l’identification. Des mots simples. Des mots qui portent le poids de 843 jours d’agonie.
Je pense à Talik Gvili. À cette mère qui a attendu presque trois ans pour enterrer son fils. 843 jours. C’est plus de deux ans. Plus de 100 semaines. Plus de 20 000 heures. Chaque heure, chaque minute, avec cette question qui ronge : où est-il? Est-il en paix? Va-t-on le retrouver? Et maintenant, elle le sait. Son fils repose enfin en terre d’Israël. Est-ce une consolation? Je ne sais pas. Je ne suis pas sûr qu’on puisse se consoler de perdre un enfant. Mais au moins, elle peut lui dire adieu. C’est déjà ça. C’est tout ce qui reste.
Les autres familles : le soulagement et les questions
Pour les autres familles d’otages, le retour de Ran Gvili marque aussi une forme de clôture. Depuis le 7 octobre 2023, elles ont vécu dans l’incertitude la plus totale. Certaines ont retrouvé leurs proches vivants — traumatisés, amaigris, mais vivants. D’autres ont reçu des corps — la certitude terrible de la mort, mais au moins une tombe où se recueillir. Aujourd’hui, toutes peuvent dire : c’est fini. Plus personne n’attend dans les ténèbres de Gaza. Le chapitre des otages est clos.
Mais les questions demeurent. Comment reconstruire après un tel traumatisme? Comment les survivants vont-ils reprendre une vie normale après des mois de captivité? Comment les familles endeuillées vont-elles faire leur deuil? Et surtout : comment éviter que cela se reproduise? Ces questions n’ont pas de réponses faciles. La société israélienne est profondément marquée par le 7 octobre. Les cicatrices mettront des années, peut-être des décennies, à se refermer. Si elles se referment jamais.
Section 7 : L'opération de récupération — les détails révélés
L’interrogatoire qui a tout changé
L’histoire de la récupération de Ran Gvili est digne d’un thriller d’espionnage. Il y a environ un mois, le Shin Bet — les services de sécurité intérieure israéliens — a mené une opération clandestine de capture dans le sud de la ville de Gaza. La cible : un membre du Jihad islamique palestinien soupçonné de détenir des informations sur le lieu d’inhumation de Ran. L’homme a été extrait de Gaza et transféré vers un centre d’interrogatoire israélien. Sous la pression du Shin Bet, il a fini par parler.
Le terroriste a révélé avoir participé au transfert du corps de Ran entre plusieurs sites. Il a donné des détails sur les autres personnes impliquées. Et surtout, il a fourni les coordonnées précises du cimetière Al-Batash, dans le nord de Gaza. Les analystes du renseignement israélien ont recoupé ces informations avec d’autres sources. La localisation a été confirmée. Et le week-end dernier, l’opération a été lancée. Des centaines de soldats, des équipes médico-légales, des experts dentaires — tous mobilisés pour retrouver un seul homme parmi les morts.
250 corps exhumés pour en identifier un
L’ampleur de l’opération donne le vertige. Les forces israéliennes ont exhumé des centaines de corps dans le cimetière. Chaque dépouille a été examinée, photographiée, testée. Les experts ont comparé les empreintes dentaires, les traces ADN, les caractéristiques physiques. 250 corps ont été analysés avant que l’un d’entre eux ne corresponde au profil de Ran Gvili. L’identification a été confirmée par l’Institut national de médecine légale Abu Kabir. Après 843 jours, le dernier otage israélien avait enfin un nom sur sa tombe.
Les circonstances de l’enterrement initial restent floues. Selon les sources israéliennes, le Jihad islamique aurait pu confondre Ran avec l’un de ses propres combattants, ou simplement avec un Palestinien. Il aurait été enterré parmi les leurs, dans une fosse anonyme. L’ironie est cruelle : ce policier israélien qui a combattu les terroristes jusqu’à la mort reposait au milieu de ceux qu’il avait affrontés. Mais peu importe désormais. Ran Gvili est rentré chez lui. Et sa famille peut enfin faire son deuil.
Section 8 : Et maintenant? Les scénarios pour Gaza
Scénario optimiste : le Hamas cède
Dans le meilleur des cas, la pression internationale et les menaces de Trump poussent le Hamas à accepter un désarmement progressif. Les armes lourdes — missiles, roquettes, explosifs — seraient remises ou détruites sous supervision internationale. Une force de maintien de la paix serait déployée pour sécuriser le territoire. Le gouvernement technocratique prendrait le contrôle des affaires civiles. La reconstruction pourrait commencer. Ce scénario est celui que défendent les responsables américains. Mais même eux reconnaissent qu’il est peu probable.
Car le Hamas n’a aucun intérêt à se désarmer. Ses armes sont son seul levier de négociation, son seul moyen de pression sur Israël et la communauté internationale. Sans elles, l’organisation devient un simple parti politique — et pas nécessairement le plus populaire à Gaza après les destructions de la guerre. Les dirigeants du Hamas le savent. Et ils préféreront probablement jouer la montre, gagner du temps, négocier des concessions plutôt que de rendre leurs fusils. Jusqu’à ce que la patience de Trump — ou de Netanyahu — s’épuise.
Scénario pessimiste : la guerre reprend
Dans le pire des cas, les négociations échouent et les combats reprennent. Israël lance son offensive de printemps sur la ville de Gaza. Les combats urbains font des milliers de victimes civiles. La communauté internationale condamne, mais n’agit pas. Le Hamas se replie dans ses tunnels, prêt à une nouvelle guerre d’usure. Et le cycle de violence continue, peut-être pour des années encore. Ce scénario n’est pas une hypothèse lointaine. C’est ce vers quoi tout semble mener.
Les analystes militaires estiment qu’une offensive sur la ville de Gaza serait la plus meurtrière de toute la guerre. La zone est densément peuplée, truffée de tunnels, défendue par des combattants qui n’ont plus rien à perdre. Les pertes israéliennes seraient significatives. Les pertes palestiniennes seraient catastrophiques. Et au bout du compte, le Hamas survivrait probablement — affaibli, décimé, mais toujours là. Parce qu’on ne tue pas une idée avec des bombes. On la renforce, souvent.
Je termine cet article avec un goût amer. Ran Gvili est rentré chez lui. C’est une bonne nouvelle. La seule bonne nouvelle, peut-être, dans tout ce chaos. Mais qu’est-ce qui vient après? Plus de guerre? Plus de morts? Plus de familles brisées des deux côtés? Trump parle de « pulvériser » le Hamas. Netanyahu prépare ses plans d’offensive. Et les habitants de Gaza — ces civils qui n’ont jamais demandé à vivre sous le Hamas ni sous les bombes — attendent la prochaine catastrophe. La paix, dit-on, est le but. Mais personne ne semble vraiment la chercher. Juste une victoire. Une victoire qui n’existe pas.
Conclusion : Le dernier otage et le premier jour d'un avenir incertain
843 jours pour un retour, et maintenant?
Ran Gvili avait 24 ans quand il est mort en défendant son pays. Il en aurait 27 aujourd’hui. Trois anniversaires passés dans une tombe anonyme à Gaza. Trois ans que sa famille a attendu, espéré, lutté. Et maintenant, il est rentré. Le « Défenseur d’Alumim » repose enfin en terre d’Israël. Mais son retour n’est pas une fin. C’est un commencement. Le commencement de la phase 2 du plan de paix. Le commencement des négociations sur le désarmement. Le commencement, peut-être, d’une nouvelle guerre.
Trump a lancé son ultimatum. Le Hamas doit se désarmer ou être « pulvérisé ». Les mots sont durs, les intentions claires. Mais les mots ne font pas la paix. Et les ultimatums, souvent, précèdent la guerre. Les semaines à venir diront si le Moyen-Orient s’engage sur le chemin de la réconciliation ou replonge dans la violence. Pour l’instant, une seule certitude : Ran Gvili est rentré chez lui. Après 843 jours. Le premier à partir. Le dernier à rentrer. Notre héros.
La question qui reste
Et nous, face à tout cela, que faisons-nous? Nous regardons. Nous commentons. Nous oublions, parfois. Mais les familles, elles, n’oublient pas. Talik Gvili n’oubliera jamais ces 843 jours d’attente. Les parents des victimes du 7 octobre n’oublieront jamais. Les habitants de Gaza, sous les décombres de leurs maisons, n’oublieront jamais non plus. La mémoire est le seul héritage qui reste quand tout le reste a été détruit. Et cette histoire — celle de Ran, celle des otages, celle de cette guerre sans fin — mérite d’être racontée. Encore et encore. Pour que personne n’oublie. Pour que ça ne se reproduise plus. Même si, au fond, on sait que ça se reproduira. Parce que ça se reproduit toujours.
Je pose ma plume sur cette histoire de Ran Gvili, et je me surprends à espérer. À espérer que les mots de Trump — aussi brutaux soient-ils — portent leurs fruits. À espérer que le Hamas, pour une fois, choisisse la paix plutôt que la guerre. À espérer que les enfants de Gaza et d’Israël puissent grandir sans connaître les sirènes, les bombes, les cercueils. Mais l’espoir, dans cette région du monde, est une denrée rare. On l’épuise vite. Et il ne reste plus que la réalité. Une réalité faite de ruines, de deuil, et de rancœurs qui se transmettent de génération en génération. Ran Gvili est rentré chez lui. Puisse-t-il reposer en paix. Puissent tous les morts de cette guerre — israéliens, palestiniens, tous — reposer en paix. Et puissent les vivants trouver la sagesse de ne pas en créer d’autres.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, des conflits armés et des négociations internationales qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les enjeux du conflit israélo-palestinien, à contextualiser les décisions des acteurs impliqués et à proposer des perspectives analytiques sur cette crise qui redéfinit le Moyen-Orient.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements israélien et américain, déclarations publiques du président Donald Trump sur Truth Social, annonces de l’État-major des Forces de défense israéliennes (FDI), communiqués du Shin Bet, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement (Times of Israel, Axios, NPR, NBC News, CBS News, ABC News, Jerusalem Post, Al Jazeera, Ynet News), analyses d’experts en géopolitique du Moyen-Orient.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques du conflit israélo-palestinien, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs de cette région.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Truth Social – Publication de Donald Trump sur le retour du dernier otage – 26 janvier 2026
Forces de défense israéliennes (FDI) – Communiqué sur l’identification de Ran Gvili – 26 janvier 2026
Bureau du Premier ministre israélien – Déclaration de Netanyahu à la Knesset – 27 janvier 2026
Maison-Blanche – Annonce de la phase 2 du plan de paix pour Gaza – 14 janvier 2026
Shin Bet – Détails sur l’opération de capture et d’interrogatoire – janvier 2026
Sources secondaires
Axios – Interview exclusive de Trump par Barak Ravid – 26 janvier 2026
NPR – Israel recovers last hostage body from Gaza – 26 janvier 2026
Times of Israel – US plans to start 2nd phase of Gaza deal – janvier 2026
NBC News – Remains of last Israeli hostage found in Gaza – 26 janvier 2026
Ynet News – Déclarations de Talik Gvili, mère de Ran – 26 janvier 2026
Jerusalem Post – IDF recovers remains of final hostage Ran Gvili – 26 janvier 2026
Al Jazeera – Gaza plan phase two: Hamas disarmament challenges – janvier 2026
CBS News – Israel says remains of last hostage recovered from Gaza – 26 janvier 2026
Al-Monitor – Kibbutz defender Ran Gvili is Israel’s last hostage killed on Oct 7 – janvier 2026
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