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Trump joue au poker avec l’Iran : quand un porte-avions parle plus fort que les mots
Crédit: Adobe Stock

Un soulèvement sans précédent depuis 1979

Pour comprendre la position actuelle de l’Iran et son éventuel désir de négocier, il faut regarder ce qui se passe à l’intérieur de ses frontières. Et ce qui s’y passe est d’une violence inouïe. Depuis le 28 décembre 2025, des manifestations d’une ampleur inédite secouent le pays. Ce qui a commencé comme une protestation contre la dévaluation du rial et la misère économique s’est transformé en révolte générale contre le régime islamique. Dans les rues de Téhéran, d’Ispahan, de Shiraz, de Tabriz, des millions d’Iraniens ont crié leur rage. Des femmes sans voile, des jeunes brandissant des drapeaux, des ouvriers, des étudiants, des retraités. Tout un peuple debout. La réponse du régime ? Le sang.

Les chiffres donnent le vertige. L’agence HRANA (Human Rights Activists News Agency), basée aux États-Unis, a documenté méticuleusement les morts. Au 27 janvier 2026, le bilan s’établissait à au moins 6 126 personnes tuées lors de la répression. Mais ce chiffre, aussi effroyable soit-il, pourrait n’être que la partie visible de l’iceberg. Des estimations internes du ministère iranien de la Santé, révélées par des sources dissidentes, évoquent plus de 30 000 morts dans les seules 48 premières heures de la répression massive. Le magazine Time et la chaîne Iran International rapportent que entre 30 000 et 36 500 manifestants auraient été tués pendant les journées du 8 et 9 janvier seulement. Des chiffres qui, s’ils sont confirmés, placeraient ce massacre parmi les plus meurtriers de l’histoire moderne du Moyen-Orient.

La machine à tuer du régime

Comment un régime peut-il tuer autant de ses propres citoyens en si peu de temps ? La réponse tient en trois mots : préparation, brutalité, impunité. Après le discours du Guide suprême Khamenei le 3 janvier 2026, qualifiant les manifestants d’« émeutiers » devant être « remis à leur place », les forces de sécurité ont reçu carte blanche. Les Gardiens de la révolution, les Bassidjis, la police anti-émeute : tous ont été mobilisés. Les témoignages recueillis par Amnesty International et Human Rights Watch font état de tirs à balles réelles sur des foules désarmées, d’hélicoptères mitraillant des manifestants depuis les airs, d’exécutions sommaires dans les ruelles. La prison d’Evin, sinistre symbole de la répression iranienne, a elle-même été visée lors de la guerre avec Israël en juin dernier, tuant au moins 71 personnes selon les autorités judiciaires iraniennes.

Le régime a également coupé Internet sur la quasi-totalité du territoire, plongeant le pays dans un black-out informationnel. Les familles ne pouvaient plus joindre leurs proches. Les journalistes ne pouvaient plus transmettre d’images. Le monde extérieur ne voyait que des bribes, des vidéos floues filmées au péril de leur vie par des anonymes courageux. Amnesty International a documenté au moins 28 morts, dont des enfants, dans 13 villes de huit provinces entre le 31 décembre 2025 et le 3 janvier 2026. Et ce n’était que le début. La répression s’est intensifiée les jours suivants, atteignant des sommets de cruauté que même les observateurs les plus aguerris n’avaient pas anticipés.

Je me suis arrêté longtemps sur ces chiffres. 6 126. 30 000. 36 500. Des nombres abstraits qui cachent des visages, des vies, des histoires interrompues. Je pense à cette jeune femme de 23 ans, étudiante en médecine, dont la photo a circulé sur les réseaux sociaux. Elle souriait, pleine d’espoir. Aujourd’hui, elle n’est plus qu’un numéro dans une statistique macabre. Je pense à ces mères qui cherchent leurs enfants dans les morgues débordées, à ces pères qui ont vu leurs fils tomber sous les balles. Et je me demande : comment peut-on parler de « négociations » avec un régime capable de ça ? Comment Trump peut-il tendre la main à des dirigeants qui ont du sang jusqu’aux coudes ? La realpolitik a ses raisons que la morale ignore, dit-on. Mais certaines raisons ressemblent terriblement à de la complicité.

Sources

Sources primaires

Anadolu Agency – Trump says Iran wants deal as US deploys aircraft carrier to Middle East – 27 janvier 2026
U.S. Central Command (CENTCOM) – Communiqué officiel sur le déploiement de l’USS Abraham Lincoln – 26 janvier 2026
AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) – Rapport confidentiel sur les stocks d’uranium iranien – Mai 2025
Human Rights Activists News Agency (HRANA) – Bilans de la répression des manifestations iraniennes – Janvier 2026

Sources secondaires

The Washington Post – Aircraft carrier reaches Middle East, bolstering Iran options for Trump – 26 janvier 2026
Al-Monitor – Trump says Iran seeks deal as US aircraft carrier arrives in Middle East – 27 janvier 2026
Axios – Iran’s foreign minister and Trump’s envoy discussed protests – 12 janvier 2026
Al Jazeera – At least 6,126 people killed in Iran’s crackdown on protests – 27 janvier 2026
France 24 – Looking back at Israel and Iran’s ’12-day war’ – 26 décembre 2025
Times of Israel – Witkoff indicates US prefers diplomatic resolution with Iran – Janvier 2026
Military.com – US Aircraft Carrier Arrives in the Middle East – 26 janvier 2026
Amnesty International – Iran: Deaths and injuries rise amid renewed protest bloodshed – Janvier 2026
Arms Control Association – The Status of Iran’s Nuclear Program – 2025-2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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