Mary Trump voit son grand-père dans son oncle
Mary Trump n’a pas hésité une seconde quand on lui a posé la question. La nièce du président, psychologue clinicienne de formation, observe son oncle depuis des décennies. Et ce qu’elle voit aujourd’hui la ramène des années en arrière. À une époque où elle regardait son grand-père, Fred Trump Sr., sombrer lentement dans la maladie d’Alzheimer. « Il y a des moments où je le regarde et je vois mon grand-père », a-t-elle déclaré sur le podcast du Daily Beast en novembre 2025. « Je vois ce même regard de confusion. Je vois qu’il ne semble pas toujours orienté dans le temps et l’espace. Sa mémoire à court terme semble se détériorer. » Les mots sont cliniques. Précis. Terribles.
Ce que décrit Mary Trump n’est pas une opinion politique. C’est une observation familiale doublée d’une expertise professionnelle. Elle parle de ce « regard de cerf pris dans les phares » que son grand-père affichait souvent dans ses dernières années. Ce regard qu’elle reconnaît maintenant chez son oncle. « Parfois, je vois ce regard dans ses yeux, comme s’il ne pouvait pas croire ce qu’il vient de dire. Il ne sait pas à qui il parle. Il ne sait pas où il est. » La psychologue ajoute que les problèmes de contrôle des impulsions que Trump a toujours eus « se détériorent également ». Elle décrit une « obsession croissante pour la richesse » et un « besoin désespéré de s’entourer de gens excessivement riches » qu’elle qualifie de « pathologique ».
Le neveu confirme : la démence dans la famille Trump
Fred C. Trump III, le neveu de Donald, a lui aussi brisé le silence. Dans une interview accordée au magazine People, cet homme de 61 ans a été direct : « Comme tout le monde, j’ai vu son déclin. Mais je le vois en parallèle avec la façon dont le déclin de mon grand-père s’est produit. » Le parallèle est explicite. Fred Sr. a été diagnostiqué avec une « démence sénile légère » en octobre 1991. Son médecin notait alors un « déclin évident de la mémoire ces dernières années » et une « altération significative de la mémoire ». Quelques mois plus tard, un autre médecin rapportait que le patriarche « ne connaissait pas sa date de naissance ni son âge ».
Mais ce n’est pas tout. Fred III a révélé quelque chose que beaucoup ignoraient : « Le cousin de Donald, John Walters, avait la démence. Ça court dans la famille. » Et d’ajouter, coupant court à tout déni : « Si quelqu’un veut croire que la démence ne court pas dans la famille Trump, ce n’est tout simplement pas vrai. » Mary Trump confirme : ses deux grands-parents — tant du côté paternel que maternel — souffraient de démence. L’Association Alzheimer le rappelle : avoir un parent ou un frère diagnostiqué avec Alzheimer augmente significativement le risque de développer la maladie. L’hérédité n’est pas une fatalité. Mais c’est un facteur. Un facteur que la Maison-Blanche refuse d’aborder.
Ce qui me frappe dans ces témoignages familiaux, c’est leur courage. Parler publiquement du déclin cognitif d’un proche — qui plus est le président des États-Unis — demande une forme de bravoure que peu mesurent. Mary et Fred III savent ce qui les attend. Les insultes. Les menaces. L’ostracisme familial. Steven Cheung, le directeur de la communication de la Maison-Blanche, a qualifié Mary Trump de « perdante de première catégorie qui n’a aucune idée de rien ». C’est ça, la réponse officielle. Pas des arguments médicaux. Pas des contre-expertises. Des insultes. Quand on ne peut pas réfuter les faits, on attaque le messager. C’est vieux comme le monde. Et ça ne trompe personne.
Les experts s'expriment : le déclin est « palpable »
Ty Cobb, l’ancien avocat de Trump, sort du silence
Ty Cobb n’est pas un ennemi politique de Donald Trump. C’est son ancien avocat. L’homme qui l’a défendu lors de la première administration. Quelqu’un qui connaît le président de l’intérieur. Et ce que Ty Cobb dit aujourd’hui devrait faire réfléchir même les plus fervents partisans. Dans une interview récente, il a déclaré sans détour : « La démence et le déclin cognitif sont palpables, comme le pensent de nombreux experts, y compris de nombreux médecins. » Le mot est lâché. Palpable. Qu’on peut toucher. Qu’on peut sentir. Qu’on ne peut plus ignorer.
L’ancien avocat de la Maison-Blanche n’est pas seul. Le Dr Jonathan Reiner, cardiologue qui a soigné l’ancien vice-président Dick Cheney, a appelé à une enquête du Congrès sur l’aptitude de Trump à exercer ses fonctions. Le Dr Vin Gupta, analyste médical de NBC News, a déclaré que certains comportements du président « pourraient être des signes d’Alzheimer précoce ou de démence frontotemporale ». Ces ne sont pas des militants. Ce sont des professionnels de santé qui observent les mêmes signes et tirent les mêmes conclusions. Des conclusions que la Maison-Blanche balaie d’un revers de main.
Les incidents s’accumulent
Chaque semaine apporte son lot de nouveaux moments troublants. En octobre 2025, lors d’une visite au Japon, Trump a semblé oublier où il allait pendant une cérémonie officielle au palais d’Akasaka. Il a laissé derrière lui la première ministre Sanae Takaichi et s’est éloigné sans direction apparente. Les images ont fait le tour du monde. « Il est difficile de contester une vidéo montrant une personne de 79 ans dans un cadre formel ne sachant pas ce qu’elle est censée faire et s’éloignant sans but », ont commenté les observateurs.
Les chercheurs en vieillissement ont également noté que Trump « se confond très souvent » et fait fréquemment des « erreurs paraphasiques phonémiques » — c’est-à-dire qu’il substitue un son ou une syllabe qui ressemble au mot voulu. Lors de son discours à Davos, par exemple, il a dit : « Nous apprécions toute la coopération que nous avons donnée » au lieu de « reçue ». Ce type d’erreur, isolé, ne signifie rien. Répété, il constitue un pattern. Un pattern que les spécialistes du déclin cognitif connaissent bien. Et qu’ils observent avec une inquiétude croissante.
Je repense à cette liste d’incidents. À ces moments filmés, partagés, analysés. Et je me demande : à partir de quand un doute devient-il une évidence ? À partir de combien de « trous de mémoire » reconnaît-on un problème ? La réponse, bien sûr, dépend de qui la donne. Pour les partisans de Trump, chaque incident est isolé, chaque critique est motivée par la haine politique. Pour les autres, les preuves s’accumulent comme une avalanche au ralenti. La vérité, elle, ne se soucie pas des affiliations. Elle est. Et elle finit toujours par se révéler. La question est : combien de temps encore allons-nous faire semblant de ne pas voir ce qui se passe devant nos yeux ?
La Maison-Blanche contre-attaque : « Le président surhumain »
Une communication de crise qui en dit long
Face à ces accusations, l’administration Trump a choisi une stratégie audacieuse : l’hyperbole. Stephen Miller, chef de cabinet adjoint, a déclaré au New York Magazine : « Il peut travailler plus dur, il a une meilleure mémoire, il a plus d’endurance et plus d’énergie qu’un mortel ordinaire. Le titre de votre article devrait être « Le Président Surhumain« . » Surhumain. À 79 ans. Alors qu’il vient d’oublier le mot « Alzheimer » en pleine interview. La dissonance cognitive est vertigineuse.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a renchéri avec un argument inattendu : « Le gars est trop en bonne santé. Il est trop actif. » Quand on lui a demandé pourquoi le président semble parfois fermer les yeux pendant les réunions, Rubio a trouvé une explication : c’est un « mécanisme d’écoute » qui lui permet de mieux se concentrer sur ce que disent les interlocuteurs plutôt que de les ignorer. Fermer les yeux = mieux écouter. On aura tout entendu. La seule concession que les proches de Trump ont accepté de faire concerne son audition. Un membre de l’équipe a admis anonymement que « l’audition du président a décliné ». Trump lui-même nie tout problème d’audition.
Le scandale du scan secret
L’interview du New York Magazine a également révélé un autre détail troublant. En octobre 2025, Trump a subi un examen médical que la Maison-Blanche a initialement gardé secret. Le président lui-même avait laissé échapper qu’il avait passé une « IRM ». Face au journaliste, il a exprimé ses regrets : « C’était la pire chose que j’aie jamais faite, et je les blâme », a-t-il dit en pointant ses médecins. « Ils voulaient que je le fasse. Et parce que je l’ai fait, les gens veulent dire « Oh, il doit y avoir quelque chose qui ne va pas« . »
Le colonel James Jones, médecin de la Maison-Blanche, a tenté de clarifier : il s’agissait d’une « tomodensitométrie du thorax et de l’abdomen », pas d’une IRM, mais de quelque chose « similaire à une IRM ». Il a ajouté : « La raison de l’imagerie, aussi routinière que nous l’avons indiqué, est que tout patient de son âge pourrait avoir des choses, et nous les avons exclues. L’histoire devrait porter sur le fait que les résultats étaient, euh, parfaits. Ils n’ont démontré aucun problème. » Ce « euh » avant « parfaits ». Cette hésitation. Cette formulation tarabiscotée. Pour un examen censé être « routinier », tout cela semble bien compliqué.
L'Amérique divisée : le diagnostic comme champ de bataille
Un sondage qui révèle le fossé
Les chiffres sont implacables. Selon un sondage YouGov récent, environ la moitié des Américains pense que Donald Trump, à 79 ans, est trop vieux pour être président. 36 % ne le pensent pas. Mais c’est sur la question du déclin cognitif que les résultats deviennent vraiment révélateurs. 49 % des Américains estiment que Trump souffre d’une forme de déclin cognitif. 28 % pensent que ce déclin est « significatif ». Du côté des Démocrates, ce chiffre monte à 85 %. Du côté des Républicains, il n’est que de 14 %.
Ces chiffres illustrent parfaitement la fracture américaine. La santé d’un président de 79 ans n’est plus une question médicale. C’est une question politique. Ce qu’on voit dépend de qui on est. Un Démocrate regarde Trump chercher ses mots et y voit la confirmation de ses craintes. Un Républicain regarde la même scène et n’y voit qu’un « moment de fatigue » ou une « attaque médiatique ». Deux Amériques. Un même président. Deux diagnostics irréconciliables. La réalité elle-même est devenue partisane.
L’ironie d’une campagne passée
Il y a une ironie cruelle dans cette situation. En 2024, Donald Trump avait fait de l’âge et des capacités cognitives de Joe Biden un argument de campagne central. Les moqueries sur les « moments de confusion » de Biden. Les montages vidéo de ses hésitations. Les surnoms cruels. Tout cela avait contribué au retrait de Biden de la course présidentielle. Aujourd’hui, les mêmes questions se posent pour Trump. Avec les mêmes vidéos. Les mêmes analyses. Les mêmes inquiétudes.
Mais la réaction est radicalement différente. Quand les médias questionnaient la santé de Biden, les Républicains applaudissaient le journalisme d’investigation. Quand les mêmes médias posent les mêmes questions sur Trump, ils sont accusés de « chasse aux sorcières ». Le Washington Post avait rapporté que l’expérience de Trump avec la démence de son père « colorait ses attaques politiques contre Biden ». Il connaissait les signes. Il savait quoi chercher. Et maintenant, ces mêmes signes apparaissent chez lui. L’histoire a parfois un sens de l’humour particulièrement noir.
Je me souviens de ces clips de Biden cherchant ses mots. Des rires. Des moqueries. « Il ne sait plus où il est ! » criaient les supporters de Trump. « Il est sénile ! » Aujourd’hui, je regarde Trump pointer son front en cherchant le mot « Alzheimer », et j’entends le silence de ces mêmes voix. Pas de moqueries cette fois. Pas de clips partagés en boucle. Juste des excuses. Des explications. Des « c’est différent ». Non. Ce n’est pas différent. Le temps passe pour tout le monde. La biologie ne respecte pas les affiliations politiques. Et l’hypocrisie de ceux qui hurlaient au déclin de Biden et murmurent maintenant des excuses pour Trump est spectaculaire. Mais elle n’est pas surprenante. Elle est humaine. Trop humaine.
Fred Trump Sr. : l'ombre du père
La longue descente du patriarche
Fred Trump Sr. est mort le 25 juin 1999, à l’âge de 93 ans. Officiellement de pneumonie. Mais la vraie maladie l’avait frappé bien des années plus tôt. Selon les documents médicaux, Fred Sr. souffrait d’Alzheimer depuis le début des années 1990. Mary Trump décrit une « très, très longue » période de déclin. Au début, de petites choses. Des oublis mineurs. Puis des lacunes plus importantes. Et finalement, l’incapacité de reconnaître ses propres enfants.
Un épisode révélateur s’est produit lors du mariage de Donald Trump avec Marla Maples en 1993. Fred Sr. était désigné comme témoin. Mais selon Fred Trump III, il a fallu lui rappeler pourquoi il était là. Le patriarche de l’empire Trump, l’homme qui avait bâti un empire immobilier à New York, ne savait plus pourquoi il assistait au mariage de son propre fils. Ce n’est pas juste une anecdote. C’est un marqueur. Un jalon dans la progression d’une maladie que Donald Trump a lui-même qualifiée de « seul problème » de son père.
Les contradictions du fils
La relation de Donald Trump avec la maladie de son père est étrangement contradictoire. Dans une déposition liée au testament de Fred Sr., Trump avait témoigné que son père était resté « vif comme une lame » jusqu’à juste avant sa mort. Mais en 2019, il a contredit ce témoignage en déclarant : « Dans ses dernières années, il a développé — nous pensons que c’était de l’Alzheimer. » Deux versions. Deux vérités. Selon les besoins du moment.
Et maintenant, cette interview du New York Magazine. « Il avait un problème. À un certain âge, environ 86, 87 ans, il a commencé à avoir… comment ça s’appelle déjà ? » L’hésitation est là. Le blanc. Le mot qui s’enfuit. Et quand le journaliste lui demande s’il pense parfois au fait que son père avait la maladie d’Alzheimer, la réponse de Trump est révélatrice : « Non, je n’y pense pas du tout. Tu sais pourquoi ? Parce que quoi que ce soit, mon attitude c’est « peu importe ». » Peu importe. Whatever. Le déni comme philosophie de vie. Ou comme mécanisme de défense.
La science de l'hérédité : ce que dit la recherche
Les facteurs de risque familiaux
L’Association Alzheimer est claire sur ce point : les antécédents familiaux influencent le risque. Si vous avez un parent ou un frère diagnostiqué avec Alzheimer, vous êtes plus susceptible de développer la maladie. Ce n’est pas une certitude. Ce n’est pas une fatalité. Mais c’est un facteur. Un facteur que les médecins prennent au sérieux lors des évaluations. Dans le cas de Donald Trump, ce n’est pas juste son père. C’est aussi un cousin. Et selon Mary Trump, ses deux grands-mères. L’arbre généalogique des Trump est parsemé de démence.
La recherche montre également que d’autres facteurs peuvent contribuer au risque : le manque de sommeil, l’hypertension, le diabète, le tabagisme. Trump est connu pour dormir peu — il s’en vante même. Son régime alimentaire fait régulièrement les gros titres (fast-food, sodas diététiques). Son niveau de stress, à la tête de la première puissance mondiale, est difficilement quantifiable mais certainement élevé. Tous ces éléments s’additionnent. Ils ne garantissent rien. Mais ils dessinent un tableau qui mériterait, au minimum, une attention médicale sérieuse et transparente.
Les tests cognitifs : rassurance ou écran de fumée ?
La Maison-Blanche brandit les tests cognitifs comme preuve définitive de la bonne santé du président. En avril 2025, trois mois après son investiture, Trump a passé le Montreal Cognitive Assessment (MoCA) et obtenu un score parfait de 30 sur 30. Selon les experts, « un score normal ou élevé signifie qu’aucune altération cognitive évidente n’a été détectée ». Cas classé ? Pas si vite.
Le problème avec le MoCA, c’est qu’il est conçu pour détecter des déficiences évidentes. Un score parfait ne signifie pas l’absence de tout problème. Il signifie l’absence de problème détectable par ce test particulier. Les experts en vieillissement notent que les premiers stades du déclin cognitif peuvent passer sous le radar de ces évaluations standardisées. Surtout chez des patients intelligents, éduqués, habitués à performer. Le test mesure certaines capacités. Il ne mesure pas tout. Et l’écart entre « pas de déficience détectable » et « parfaitement en forme » est plus grand qu’on ne le pense.
Je pense à tous ces tests. Ces scores parfaits brandis comme des trophées. Et je me demande : est-ce que ça rassure vraiment quelqu’un ? Quand vous voyez un homme de 79 ans oublier le mot « Alzheimer » en pleine conversation sur l’Alzheimer, est-ce qu’un score de 30/30 sur un test efface ce que vous avez vu ? La médecine a ses limites. Les tests aussi. Ils mesurent ce qu’ils peuvent mesurer. Ils ne capturent pas les moments de flottement. Les regards perdus. Les mots qui s’échappent. Ils ne capturent pas ce que Mary Trump appelle « ce regard de cerf dans les phares ». Parfois, ce que nous voyons de nos propres yeux est plus révélateur que n’importe quel chiffre.
La question que personne n'ose poser
Et si le pire était confirmé ?
Il existe une question que les médias évitent, que les politiciens esquivent, que personne ne veut vraiment poser. Et si Donald Trump souffrait effectivement d’un déclin cognitif significatif ? Que se passerait-il ? Le 25e amendement de la Constitution américaine prévoit un mécanisme pour transférer le pouvoir en cas d’incapacité du président. Mais ce mécanisme n’a jamais été vraiment testé. Et dans le climat politique actuel, imaginer le vice-président et le cabinet déclarer le président inapte relève de la science-fiction.
La réalité, c’est que l’Amérique n’est pas équipée pour gérer cette situation. Les institutions supposent que le président est capable. Les contre-pouvoirs supposent que quelqu’un peut intervenir si ce n’est pas le cas. Mais dans un environnement où la moitié du pays refuse de voir ce que l’autre moitié considère comme évident, ces suppositions s’effondrent. Le président est « surhumain » pour les uns, potentiellement diminué pour les autres. Et entre ces deux visions, il y a un pays à gouverner. Des décisions à prendre. Un bouton nucléaire à portée de main.
Le silence des Républicains
Ce qui frappe, dans cette affaire, c’est le silence assourdissant du Parti républicain. Pas un sénateur, pas un représentant, pas un gouverneur républicain n’a publiquement exprimé la moindre préoccupation concernant la santé du président. En privé, les langues se délient. Les reportages font état de « conversations murmurées » dans les couloirs du Congrès. Mais publiquement, c’est le mur du silence. La loyauté partisane prime sur tout le reste. Y compris sur la question de savoir si le chef de l’exécutif est en mesure d’exercer ses fonctions.
Le sénateur Andy Kim, démocrate, a qualifié certains comportements récents de Trump de « déséquilibrés et embarrassants ». Mais sa voix se perd dans le bruit. Les Démocrates qui s’expriment sont accusés de « politisation ». Les Républicains qui auraient des doutes se taisent par calcul. Et le sujet reste tabou. Inabordable. Comme si parler de la santé cognitive du président était un crime de lèse-majesté. Comme si les questions étaient plus dangereuses que les réponses potentielles.
Conclusion : Le mot qui manque, le silence qui parle
Un moment qui restera
Il y a des instants qui cristallisent tout. Ce moment où Donald Trump, 79 ans, président des États-Unis, pointe son front et cherche le mot « Alzheimer » en est un. Pas parce qu’il prouve quoi que ce soit de définitif. Mais parce qu’il incarne parfaitement le débat qui déchire l’Amérique. D’un côté, ceux qui voient un homme fatigué, vieillissant, peut-être atteint de la même maladie qui a emporté son père. De l’autre, ceux qui voient un président « surhumain », victime d’une cabale médiatique acharnée à le détruire.
La vérité, comme souvent, se trouve probablement quelque part entre les deux. Trump a 79 ans. C’est un fait. Le vieillissement affecte tout le monde. C’est un fait aussi. Les antécédents familiaux existent. Les incidents documentés s’accumulent. Les experts s’inquiètent. Mais les tests officiels ne montrent rien d’alarmant. Et des millions d’Américains lui font confiance pour diriger leur pays. Ce qui est certain, c’est que la question ne disparaîtra pas. Elle reviendra. Encore et encore. Jusqu’à ce que la réalité, quelle qu’elle soit, ne puisse plus être ignorée.
Le silence après le mot retrouvé
« Alzheimer », a soufflé Karoline Leavitt. « Oui, une sorte de truc d’Alzheimer. Mais moi, je ne l’ai pas », a répondu le président. Et l’interview a continué. Comme si de rien n’était. Comme si ce blanc de quelques secondes n’avait aucune importance. Comme si oublier le nom d’une maladie de la mémoire, en parlant de son père qui en est mort, en niant soi-même en souffrir, était parfaitement normal. Peut-être que ça l’était. Peut-être que ce n’était rien. Un simple trou de mémoire comme tout le monde en a.
Ou peut-être pas. Peut-être que ce moment, filmé, transcrit, analysé, restera comme un jalon. Comme ces images de Fred Trump Sr. au mariage de son fils, ne sachant plus pourquoi il était là. Comme ces témoignages de Mary Trump sur le « regard de confusion » qu’elle reconnaît aujourd’hui. L’histoire jugera. Les mois à venir apporteront peut-être des réponses. Ou peut-être que le silence continuera. Que les questions resteront sans réponse. Que le mot « Alzheimer » continuera à flotter dans l’air, entre ceux qui le prononcent et celui qui l’a oublié.
Je termine cet article avec un sentiment étrange. Pas de triomphe. Pas de satisfaction politique. Juste une forme de mélancolie. Parce que derrière les gros titres, derrière les débats partisans, derrière les tests cognitifs et les démentis officiels, il y a une vérité humaine que personne ne peut nier. Nous vieillissons tous. Nos parents vieillissent. Nos grands-parents sont partis. Et un jour, ce sera notre tour de chercher un mot qui s’enfuit. De regarder nos proches en espérant qu’ils nous soufflent ce que notre cerveau refuse de livrer. Trump a 79 ans. Son père avait Alzheimer. Sa nièce le regarde et voit son grand-père. Ces faits ne changent pas selon l’affiliation politique. Ils sont. Et face à eux, le silence de la Maison-Blanche résonne plus fort que toutes les déclarations de « santé parfaite ». Parfois, ce qu’on ne dit pas parle plus fort que ce qu’on crie.
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques politiques, sociales et humaines qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les événements, à comprendre les enjeux de santé publique liés au pouvoir, à contextualiser les comportements des dirigeants et à proposer des perspectives analytiques sur les questions qui concernent la capacité des leaders à exercer leurs fonctions.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte médical et politique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : interviews et déclarations officielles de la Maison-Blanche, témoignages directs de membres de la famille Trump (Mary Trump, Fred C. Trump III), déclarations de responsables de l’administration (Stephen Miller, Marco Rubio, Steven Cheung), rapports médicaux officiels publiés par la Maison-Blanche.
Sources secondaires : New York Magazine, The Daily Beast, Yahoo News, The New Republic, HuffPost, The Hill, CNN, NBC News, YouGov, People Magazine, The Washington Post, publications médicales et déclarations d’experts en santé (Dr Jonathan Reiner, Dr Vin Gupta, Ty Cobb).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les témoignages familiaux, les observations d’experts médicaux et les déclarations officielles. Je ne pose aucun diagnostic médical — seuls des professionnels de santé ayant examiné le patient peuvent le faire.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser et de poser les questions que l’intérêt public commande de poser concernant la capacité d’un dirigeant de 79 ans à exercer les plus hautes fonctions. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
New York Magazine – Interview de Donald Trump par Ben Terris, « The Superhuman President » – Janvier 2026
The Daily Beast Podcast – Interview de Mary Trump sur le déclin cognitif – Novembre 2025
People Magazine – Interview de Fred C. Trump III sur les antécédents familiaux de démence – 2025
Maison-Blanche – Rapport médical et résultats du Montreal Cognitive Assessment – Avril 2025
YouGov – Sondage sur les perceptions des Américains concernant l’âge et la santé de Trump – Janvier 2026
Sources secondaires
The New Republic – « Trump, 79, Completely Forgets the Word ‘Alzheimer’s' » – Janvier 2026
Yahoo News – « Trump Forgets the Word for ‘Alzheimer’s’ While Insisting His Memory Is Fine » – Janvier 2026
HuffPost – « Trump Seems To Forget A Key Word At The Most Awkward Possible Time » – Janvier 2026
The Daily Beast – « Trump, 79, Has Dementia Just Like His Dad: Trump’s Niece » – Novembre 2025
The Hill – « Ty Cobb claims Donald Trump showing ‘significant’ cognitive decline » – 2025
CNN Politics – « Aspirin, CT scans and sleep: Five questions raised by Trump’s new disclosures on his health » – Janvier 2026
Wikipedia – « Age and health concerns about Donald Trump » – Consulté en janvier 2026
Wikipedia – « Fred Trump » – Consulté en janvier 2026
Alzheimer’s Association – Informations sur les facteurs de risque héréditaires – 2025
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.