Depuis le debut de l’annee 2026, l’Ukraine a documente 256 attaques aeriennes contre ses infrastructures energetiques et de chauffage. D’octobre 2025 a aujourd’hui, la Russie a frappe 11 centrales hydroelectriques, 45 des plus grandes centrales thermiques et 151 sous-stations electriques a travers le pays. Ces chiffres ne sont pas abstraits. Chacune de ces frappes represente des familles sans chauffage dans le froid hivernal, des hopitaux sans electricite, des ecoles plongees dans l’obscurite.
Ces frappes, concentrees dans les oblasts de Kyiv, Kharkiv, Odessa, Dnipropetrovsk, Soumy, Mykolaiv et Tchernihiv, utilisent des combinaisons de missiles balistiques, de missiles de croisiere et de drones a longue portee. Lancees pendant des periodes de froid extreme, elles ont provoque des pannes massives d’electricite, de chauffage et d’eau affectant des millions de personnes. C’est une strategie deliberee de terrorisme contre la population civile, concue pour briser la volonte ukrainienne de resister.
Pour la premiere fois depuis le debut de l’invasion a grande echelle, l’Ukraine a declare un etat d’urgence dans son secteur energetique. Le Service de securite de l’Ukraine (SBU) classifie les attaques systematiques de la Russie comme des crimes contre l’humanite, une politique deliberee du Kremlin visant a nuire a la population civile. Et pendant ce temps, l’Europe debat des nuances d’un plan de capitulation.
En aout 2024, la commissaire europeenne a l’Energie, Kadri Simson, avait averti que certaines parties de l’Ukraine pourraient devenir inhabitables durant l’hiver. « L’hiver a venir mettra probablement a l’epreuve la resilience du peuple ukrainien d’une maniere inegalee sur notre continent depuis la Seconde Guerre mondiale« , avait-elle declare. L’hiver dernier, la resilience ukrainienne, le soutien international et l’hiver le plus doux jamais enregistre ont permis a l’Ukraine de tenir. Cet hiver pourrait etre different, et les consequences pourraient etre catastrophiques.
L'escalade russe sous couvert de "processus de paix"
L’escalade des frappes de drones a longue portee, multipliees par un facteur cinq, s’est produite apres que l’administration Trump a cesse de fournir des systemes de defense antiaerienne et des missiles a l’Ukraine. Le mince filet d’armes de fabrication americaine atteignant encore l’Ukraine provient desormais uniquement des achats europeens. La Russie utilise le « processus de paix » de Trump comme couverture pour briser l’Ukraine avant qu’un accord ne soit conclu.
Cette tactique n’a rien de nouveau. Tout au long de cette guerre, la Russie a utilise les pauses diplomatiques pour se reorganiser, se rearmer et lancer de nouvelles offensives. Les accords de Minsk ont servi de couverture pour renforcer les positions separatistes dans le Donbass. Les pourparlers d’Istanbul en 2022 ont ete abandonnes des que la Russie a cru pouvoir obtenir davantage par la force. Aujourd’hui, le « processus de paix » de Trump sert le meme objectif.
La Russie utilise depuis longtemps la desinformation pour creer une ambiguite strategique, offrant a l’Occident quatre recits differents, tous desagreables, tous avec des couts differents, avec un seul concu pour ressembler a une « porte de sortie facile ». Ces tactiques sont documentees depuis 2014. Le Kremlin excelle dans l’art de presenter des options impossibles pour pousser l’Occident vers celle qui sert le mieux les interets russes.
Trump insiste pour negocier la « paix » sur la base du premier recit, l’idee que la Russie acceptera une petite partie de l’Ukraine apres douze ans de guerre, plus de 1,2 million de victimes, 11 500 chars detruits, 23 800 vehicules blindes, 36 100 pieces d’artillerie et la flotte de la mer Noire decimee. C’est une illusion dangereuse que quiconque connait la mentalite du Kremlin sait etre fausse.
Trump blame l'Ukraine, pas la Russie
Lorsqu’on lui demande pourquoi les pourparlers menes par les Etats-Unis ont echoue, Trump a repondu : « Zelensky. » Il blame l’Ukraine parce que la soumission de l’Ukraine est ce que son plan exige. Il ne blame pas la Russie parce qu’il ne fait pas pression sur la Russie pour qu’elle fasse des compromis. Il veut donner a Poutine ce que Poutine exige. Zelensky, soutenu par l’Europe, bloque sa capitulation.
Cette inversion de la realite est stupefante. L’Ukraine est le pays envahi, le pays dont les villes sont bombardees, le pays dont les enfants sont deportes en Russie, le pays dont le territoire est occupe. Et c’est l’Ukraine que Trump blame pour l’absence de paix. C’est comme blamer la victime d’un cambriolage pour avoir refuse de donner ses cles au voleur.
Le desir d’ameliorer un plan americano-russe devastateur est comprehensible. Le resultat, cependant, est que la participation de l’Europe lui confere une credibilite qu’il ne merite pas. Au mieux, les efforts europeens rendent un plan inacceptable marginalement moins catastrophique. L’implication de l’Europe tue effectivement d’autres options, notamment une coordination europeenne-ukrainienne plus etroite qui exclurait les deux pays sapant la securite internationale.
En participant a ces negociations, l’Europe envoie le message que le plan Trump-Poutine est une base de discussion legitime. Elle normalise l’idee que l’agresseur peut dicter les termes de la paix. Elle affaiblit la position de l’Ukraine et renforce celle de la Russie. C’est exactement le contraire de ce qu’elle pretend faire.
Les garanties de securite europeennes exposent sa faiblesse
Pire encore, les garanties de securite proposees par l’Europe revelent sa propre faiblesse. Selon des rapports, l’Europe discute d’un deploiement de 10 000 a 15 000 soldats. Le Financial Times rapporte que ce deploiement est « fondamentalement dependant des garanties de securite americaines ». Un responsable europeen a souligne que sans l’approbation des Etats-Unis, la mise en oeuvre des forces multinationales precedemment promises par le Royaume-Uni et la France serait impossible.
Arretons-nous un instant sur cette revelation. L’Europe, avec une population de 450 millions d’habitants et une economie parmi les plus grandes du monde, est incapable de deployer 10 000 a 15 000 soldats sans l’approbation americaine. C’est un aveu d’impuissance strategique qui devrait faire honte a chaque dirigeant europeen. C’est aussi une invitation ouverte a l’agression russe.
Trump ne satisfera pas a la fois les exigences de Poutine et ne garantira pas la securite de l’Ukraine. Les deux sont en contradiction directe. Cela explique pourquoi l’Europe reste incertaine quant aux garanties que les Etats-Unis fourniront. Il n’y en aura aucune. Trump a clairement indique qu’il ne s’engagera pas a defendre l’Ukraine. Croire le contraire releve de la pensee magique.
L’evaluation alarmante des services de renseignement danois
Selon l’opdateretvurderingaftruslenfraruslandmod–.pdf »>evaluation du Service de renseignement de defense du Danemark de fevrier 2025, la situation est encore plus grave que ce que les discours officiels laissent entendre. L’Europe negocie sa securite avec les deux pays qui la menacent le plus. Cette evaluation des services de renseignement danois merite d’etre lue attentivement par chaque citoyen europeen.
La Russie cherche ouvertement l’hegemonie sur l’espace post-sovietique, y compris le territoire de l’OTAN. Les declarations repetees de Poutine et de ses proches ne laissent aucun doute sur leurs ambitions. La Moldavie, les pays baltes, la Pologne, la Finlande : tous ces pays figurent dans la vision imperiale russe d’une « sphere d’influence » qui doit etre restauree.
L’administration Trump a demontre son mepris pour les allies europeens, deplore ouvertement l’UE, partage la vision de Poutine d’un monde multipolaire gouverne par les Etats-Unis, la Chine et la Russie, et sape activement l’OTAN. Une probable annexion americaine du Groenland ou une attaque contre celui-ci pourrait marquer la fin de l’une des alliances les plus reussies de l’histoire. La guerre commerciale de Trump compromet les efforts de l’Europe pour se rearmer avant que la fenetre d’opportunite ne se ferme.
Les menaces de Trump contre le Danemark concernant le Groenland ne sont pas anodines. Elles revelent une conception du monde ou les grandes puissances peuvent s’emparer des territoires des plus petits pays par la coercition ou la force. C’est exactement la conception du monde que defend Poutine. C’est exactement la conception du monde contre laquelle l’ordre international d’apres-guerre a ete construit.
L’absurdite strategique de la position europeenne
Il est strategiquement absurde de permettre aux deux adversaires strategiques de l’Europe de negocier la securite europeenne. C’est comme demander au loup et au renard de concevoir la securite du poulailler. Pourtant, c’est exactement ce que font nos dirigeants. Ils s’assoient a une table ou leurs interets sont systematiquement ignores et leurs valeurs ouvertement bafouees.
L’Europe s’est construite sur les ruines de deux guerres mondiales avec une promesse simple : plus jamais. Plus jamais la guerre sur notre continent. Plus jamais les dictateurs imposant leur volonte par la force. Plus jamais l’abandon des petits pays face aux grandes puissances predatrices. Ces principes sont inscrits dans nos traites, dans la Charte des Nations Unies, dans l’ADN meme du projet europeen.
Ces principes ne sont pas de simples abstractions juridiques. Ils sont nes du sang de dizaines de millions de victimes. Ils representent la sagesse durement acquise de generations qui ont vecu les horreurs de la guerre totale. Les abandonner, c’est trahir leur sacrifice et condamner les generations futures a repeter leurs erreurs.
Et pourtant, nous voila en train de negocier l’abandon de ces principes. Nous acceptons de nous asseoir a une table ou nos adversaires dictent les termes. Nous pretendons que rendre un mauvais accord legerement moins mauvais constitue une victoire diplomatique. C’est une illusion dangereuse qui nous menera a notre perte.
Ce que l’Europe doit faire pour survivre
Il est temps pour l’Europe de montrer un peu de colonne vertebrale. Cela signifie revenir au cadre de 2024 : une paix juste et durable basee sur la Charte des Nations Unies, construite avec l’Ukraine, et non imposee a celle-ci. Cela signifie exclure les Etats-Unis et la Russie d’un processus que tous deux exploitent pour saper la securite europeenne. Cela signifie que l’Europe definisse les premisses de sa propre securite plutot que d’accepter des termes dictes par des adversaires.
Une Coalition de pays europeens partageant les memes valeurs, ceux qui sont disposes a defendre les principes qu’ils pretendent defendre, pourrait presenter a la Russie des ultimatums europeens plutot que d’accepter des ultimatums russes blanchis par Washington. Cette coalition existe deja en germe. La Pologne, les pays baltes, la Finlande, la Suede, le Royaume-Uni, et d’autres sont prets a agir. Il manque le leadership pour les unir.
Les actions concretes que l’Europe doit entreprendre immediatement
Premierement, l’Europe doit accelerer massivement sa production d’armements et ses livraisons a l’Ukraine. Chaque jour perdu est un jour ou la Russie renforce ses positions et detruit les infrastructures ukrainiennes. Les discours ne protegent pas les civils des missiles russes. Les usines d’armement europeennes doivent passer en mode de production de guerre. Les stocks doivent etre partages immediatement avec l’Ukraine. Les commandes doivent etre passees en quantites suffisantes pour faire la difference sur le champ de bataille.
Deuxiemement, l’Europe doit developper sa propre capacite de dissuasion nucleaire europeenne independante des Etats-Unis. Tant que la securite europeenne dependra du bon vouloir d’une administration americaine hostile, l’Europe restera vulnerable au chantage. La France possede deja une force de frappe nucleaire. Il est temps de reflechir a comment etendre cette protection a l’ensemble de l’Europe d’une maniere qui ne depende pas de Washington.
Troisiemement, l’Europe doit renforcer drastiquement les sanctions contre la Russie et s’assurer qu’elles sont effectivement appliquees. L’economie de guerre russe doit etre etouffee, pas simplement genee. Les contournements de sanctions par des pays tiers doivent etre combattus avec fermete. Les entreprises europeennes qui continuent a commercer avec la Russie doivent faire face a des consequences severes.
Quatriemement, l’Europe doit preparer son opinion publique a des sacrifices. La securite a un cout. Les Europeens doivent comprendre que le confort d’aujourd’hui achete au prix de la capitulation sera paye au centuple demain. Nos dirigeants doivent avoir le courage de dire la verite a leurs citoyens plutot que de leur promettre une paix facile qui n’existe pas.
Cinquiemement, l’Europe doit tisser de nouvelles alliances avec les democraties du monde entier qui partagent ses valeurs : le Japon, la Coree du Sud, l’Australie, le Canada, les pays d’Amerique latine et d’Afrique qui refusent l’ordre mondial autoritaire que la Russie et la Chine cherchent a imposer. L’ere ou l’Europe pouvait compter uniquement sur les Etats-Unis est terminee. Nous devons construire un nouveau reseau d’alliances democratiques.
L’Ukraine comme ligne de front de la civilisation europeenne
L’Ukraine n’est pas seulement un pays en guerre. L’Ukraine est la ligne de front de la civilisation europeenne. Si l’Ukraine tombe, si elle est forcee d’accepter une paix dictee par Moscou, la Russie ne s’arretera pas la. L’appetit de Poutine grandira avec chaque victoire. L’histoire nous enseigne que les dictateurs ne sont jamais satisfaits. Chaque concession ne fait qu’aiguiser leur appetit pour davantage.
Les pays baltes seront les prochains. Puis la Pologne. Puis la Moldavie. Chaque capitulation enhardira l’agresseur. Chaque demonstration de faiblesse europeenne invitera de nouvelles agressions. C’est la lecon de l’histoire, ecrite dans le sang de millions de victimes du XXe siecle. Ceux qui l’ignorent sont condamnes a la repeter.
Les Ukrainiens se battent depuis pres de quatre ans contre une des plus grandes armees du monde. Ils se battent avec un courage et une determination qui forcent l’admiration. Ils se battent non seulement pour leur propre liberte, mais pour la notre aussi. Chaque soldat ukrainien qui tombe sur le front est un soldat europeen qui n’aura pas a se battre demain.
L’Europe a construit un cadre de paix en 2024. Elle devrait y revenir, ou expliquer a ses citoyens pourquoi elle a abandonne le droit international pour aider a negocier sa propre defaite strategique. C’est une question que chaque citoyen europeen devrait poser a ses representants. C’est une question qui merite une reponse honnete.
Le choix existentiel de l’Europe
Je ne suis pas naif. Je sais que la politique est l’art du possible. Je sais que les dirigeants europeens font face a des pressions internes et externes considerables. Je sais que la guerre fatigue les opinions publiques et que beaucoup d’Europeens preferent regarder ailleurs. Je sais que la tentation de l’accommodement est forte quand la resistance semble couteuse et incertaine.
Mais certains choix transcendent la politique quotidienne. Certaines decisions definissent ce qu’une civilisation represente. L’Europe doit decider si elle veut etre un acteur souverain de l’histoire mondiale ou un pion manipule par des puissances qui meprisent ses valeurs. Cette decision ne peut pas etre remise a plus tard. Elle doit etre prise maintenant.
L’histoire jugera severement ceux qui, face a l’agression, ont choisi l’accommodement. Elle jugera severement ceux qui ont sacrifie les principes sur l’autel de la commodite. Elle jugera severement ceux qui ont negocie la servitude en la deguisant en paix. Nos enfants et petits-enfants nous demanderont ce que nous avons fait quand la liberte etait en jeu. Que leur repondrons-nous?
L’Europe peut encore choisir un autre chemin. Elle peut encore se ressaisir, affirmer ses valeurs, defendre ses principes et proteger son avenir. Mais le temps presse. Chaque jour de paralysie est un jour offert a ceux qui veulent notre defaite. Chaque jour de tergiversation est un jour ou l’Ukraine saigne et ou la Russie avance.
L’heure est venue de choisir. L’Europe sera-t-elle l’architecte de son propre destin ou la victime consentante de ceux qui la meprisent? Sera-t-elle fidele aux principes sur lesquels elle a ete fondee ou les abandonnera-t-elle pour une illusion de paix? Sera-t-elle le phare de la liberte qu’elle pretend etre ou sombrera-t-elle dans l’obscurite de la soumission?
La reponse a cette question determinera si nos enfants et petits-enfants vivront en paix et en liberte, ou s’ils devront un jour nous demander pourquoi nous n’avons rien fait quand il en etait encore temps. C’est une responsabilite que nous ne pouvons pas fuir. C’est un choix que nous ne pouvons pas eviter. C’est un moment de verite pour l’Europe, et pour chacun d’entre nous.
Sources
Euromaidan Press – Europe must stop negotiating its own defeat
Declaration de la Coalition des volontaires – Conseil de l’UE
BBC – Ukraine declare l’etat d’urgence energetique
Financial Times – Avertissement de la commissaire europeenne a l’Energie
Financial Times – Deploiement europeen dependant des garanties americaines
Reuters – Trump blame Zelensky pour l’echec des negociations
opdateretvurderingaftruslenfrarusland_mod–.pdf »>Service de renseignement de defense du Danemark – Evaluation de la menace russe
Euromaidan Press – L’Europe face a deux adversaires strategiques
Euromaidan Press – Coalition de pays europeens partageant les memes valeurs
Die Welt – Plans europeens de sanctions contre l’economie de guerre russe
Kyiv Post – Les quatre recits de la desinformation russe
Signe Maxime Marquette
L'absurdite strategique de la position europeenne
Il est strategiquement absurde de permettre aux deux adversaires strategiques de l’Europe de negocier la securite europeenne. C’est comme demander au loup et au renard de concevoir la securite du poulailler. Pourtant, c’est exactement ce que font nos dirigeants. Ils s’assoient a une table ou leurs interets sont systematiquement ignores et leurs valeurs ouvertement bafouees.
L’Europe s’est construite sur les ruines de deux guerres mondiales avec une promesse simple : plus jamais. Plus jamais la guerre sur notre continent. Plus jamais les dictateurs imposant leur volonte par la force. Plus jamais l’abandon des petits pays face aux grandes puissances predatrices. Ces principes sont inscrits dans nos traites, dans la Charte des Nations Unies, dans l’ADN meme du projet europeen.
Ces principes ne sont pas de simples abstractions juridiques. Ils sont nes du sang de dizaines de millions de victimes. Ils representent la sagesse durement acquise de generations qui ont vecu les horreurs de la guerre totale. Les abandonner, c’est trahir leur sacrifice et condamner les generations futures a repeter leurs erreurs.
Et pourtant, nous voila en train de negocier l’abandon de ces principes. Nous acceptons de nous asseoir a une table ou nos adversaires dictent les termes. Nous pretendons que rendre un mauvais accord legerement moins mauvais constitue une victoire diplomatique. C’est une illusion dangereuse qui nous menera a notre perte.
Ce que l'Europe doit faire pour survivre
Il est temps pour l’Europe de montrer un peu de colonne vertebrale. Cela signifie revenir au cadre de 2024 : une paix juste et durable basee sur la Charte des Nations Unies, construite avec l’Ukraine, et non imposee a celle-ci. Cela signifie exclure les Etats-Unis et la Russie d’un processus que tous deux exploitent pour saper la securite europeenne. Cela signifie que l’Europe definisse les premisses de sa propre securite plutot que d’accepter des termes dictes par des adversaires.
Une Coalition de pays europeens partageant les memes valeurs, ceux qui sont disposes a defendre les principes qu’ils pretendent defendre, pourrait presenter a la Russie des ultimatums europeens plutot que d’accepter des ultimatums russes blanchis par Washington. Cette coalition existe deja en germe. La Pologne, les pays baltes, la Finlande, la Suede, le Royaume-Uni, et d’autres sont prets a agir. Il manque le leadership pour les unir.
Les actions concretes que l’Europe doit entreprendre immediatement
Premierement, l’Europe doit accelerer massivement sa production d’armements et ses livraisons a l’Ukraine. Chaque jour perdu est un jour ou la Russie renforce ses positions et detruit les infrastructures ukrainiennes. Les discours ne protegent pas les civils des missiles russes. Les usines d’armement europeennes doivent passer en mode de production de guerre. Les stocks doivent etre partages immediatement avec l’Ukraine. Les commandes doivent etre passees en quantites suffisantes pour faire la difference sur le champ de bataille.
Deuxiemement, l’Europe doit developper sa propre capacite de dissuasion nucleaire europeenne independante des Etats-Unis. Tant que la securite europeenne dependra du bon vouloir d’une administration americaine hostile, l’Europe restera vulnerable au chantage. La France possede deja une force de frappe nucleaire. Il est temps de reflechir a comment etendre cette protection a l’ensemble de l’Europe d’une maniere qui ne depende pas de Washington.
Troisiemement, l’Europe doit renforcer drastiquement les sanctions contre la Russie et s’assurer qu’elles sont effectivement appliquees. L’economie de guerre russe doit etre etouffee, pas simplement genee. Les contournements de sanctions par des pays tiers doivent etre combattus avec fermete. Les entreprises europeennes qui continuent a commercer avec la Russie doivent faire face a des consequences severes.
Quatriemement, l’Europe doit preparer son opinion publique a des sacrifices. La securite a un cout. Les Europeens doivent comprendre que le confort d’aujourd’hui achete au prix de la capitulation sera paye au centuple demain. Nos dirigeants doivent avoir le courage de dire la verite a leurs citoyens plutot que de leur promettre une paix facile qui n’existe pas.
Cinquiemement, l’Europe doit tisser de nouvelles alliances avec les democraties du monde entier qui partagent ses valeurs : le Japon, la Coree du Sud, l’Australie, le Canada, les pays d’Amerique latine et d’Afrique qui refusent l’ordre mondial autoritaire que la Russie et la Chine cherchent a imposer. L’ere ou l’Europe pouvait compter uniquement sur les Etats-Unis est terminee. Nous devons construire un nouveau reseau d’alliances democratiques.
L'Ukraine comme ligne de front de la civilisation europeenne
L’Ukraine n’est pas seulement un pays en guerre. L’Ukraine est la ligne de front de la civilisation europeenne. Si l’Ukraine tombe, si elle est forcee d’accepter une paix dictee par Moscou, la Russie ne s’arretera pas la. L’appetit de Poutine grandira avec chaque victoire. L’histoire nous enseigne que les dictateurs ne sont jamais satisfaits. Chaque concession ne fait qu’aiguiser leur appetit pour davantage.
Les pays baltes seront les prochains. Puis la Pologne. Puis la Moldavie. Chaque capitulation enhardira l’agresseur. Chaque demonstration de faiblesse europeenne invitera de nouvelles agressions. C’est la lecon de l’histoire, ecrite dans le sang de millions de victimes du XXe siecle. Ceux qui l’ignorent sont condamnes a la repeter.
Les Ukrainiens se battent depuis pres de quatre ans contre une des plus grandes armees du monde. Ils se battent avec un courage et une determination qui forcent l’admiration. Ils se battent non seulement pour leur propre liberte, mais pour la notre aussi. Chaque soldat ukrainien qui tombe sur le front est un soldat europeen qui n’aura pas a se battre demain.
L’Europe a construit un cadre de paix en 2024. Elle devrait y revenir, ou expliquer a ses citoyens pourquoi elle a abandonne le droit international pour aider a negocier sa propre defaite strategique. C’est une question que chaque citoyen europeen devrait poser a ses representants. C’est une question qui merite une reponse honnete.
Le choix existentiel de l'Europe
Je ne suis pas naif. Je sais que la politique est l’art du possible. Je sais que les dirigeants europeens font face a des pressions internes et externes considerables. Je sais que la guerre fatigue les opinions publiques et que beaucoup d’Europeens preferent regarder ailleurs. Je sais que la tentation de l’accommodement est forte quand la resistance semble couteuse et incertaine.
Mais certains choix transcendent la politique quotidienne. Certaines decisions definissent ce qu’une civilisation represente. L’Europe doit decider si elle veut etre un acteur souverain de l’histoire mondiale ou un pion manipule par des puissances qui meprisent ses valeurs. Cette decision ne peut pas etre remise a plus tard. Elle doit etre prise maintenant.
L’histoire jugera severement ceux qui, face a l’agression, ont choisi l’accommodement. Elle jugera severement ceux qui ont sacrifie les principes sur l’autel de la commodite. Elle jugera severement ceux qui ont negocie la servitude en la deguisant en paix. Nos enfants et petits-enfants nous demanderont ce que nous avons fait quand la liberte etait en jeu. Que leur repondrons-nous?
L’Europe peut encore choisir un autre chemin. Elle peut encore se ressaisir, affirmer ses valeurs, defendre ses principes et proteger son avenir. Mais le temps presse. Chaque jour de paralysie est un jour offert a ceux qui veulent notre defaite. Chaque jour de tergiversation est un jour ou l’Ukraine saigne et ou la Russie avance.
L’heure est venue de choisir. L’Europe sera-t-elle l’architecte de son propre destin ou la victime consentante de ceux qui la meprisent? Sera-t-elle fidele aux principes sur lesquels elle a ete fondee ou les abandonnera-t-elle pour une illusion de paix? Sera-t-elle le phare de la liberte qu’elle pretend etre ou sombrera-t-elle dans l’obscurite de la soumission?
La reponse a cette question determinera si nos enfants et petits-enfants vivront en paix et en liberte, ou s’ils devront un jour nous demander pourquoi nous n’avons rien fait quand il en etait encore temps. C’est une responsabilite que nous ne pouvons pas fuir. C’est un choix que nous ne pouvons pas eviter. C’est un moment de verite pour l’Europe, et pour chacun d’entre nous.
Sources
Euromaidan Press – Europe must stop negotiating its own defeat
Declaration de la Coalition des volontaires – Conseil de l’UE
BBC – Ukraine declare l’etat d’urgence energetique
Financial Times – Avertissement de la commissaire europeenne a l’Energie
Financial Times – Deploiement europeen dependant des garanties americaines
Reuters – Trump blame Zelensky pour l’echec des negociations
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