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CHRONIQUE : Odessa sous les drones russes et le monde continue de dormir
Crédit: Adobe Stock

Deux enfants, une femme enceinte : les cibles de Poutine

Arretons-nous un instant sur ces mots que les depeches alignent avec une froideur clinique : « deux enfants blesses par des eclats d’obus ». Fermez les yeux. Imaginez la scene. Un appartement d’Odessa, semblable a des millions d’autres. Une chambre d’enfant, peut-etre decoree de posters, de peluches, de ces petits tresors que les gamins accumulent. Et soudain, l’explosion. Le verre qui vole. Les murs qui tremblent. Et ces fragments de metal, concus par des ingenieurs russes, transportes par des drones assembles dans des usines iraniennes, propulses a travers l’air par la deflagration, qui viennent se loger dans la chair tendre de ces enfants. « Leur etat est satisfaisant », dit le rapport medical. Satisfaisant. Le mot sonne comme une obscenite. Ces enfants porteront des cicatrices toute leur vie. Pas seulement sur leur peau — dans leur psyche, dans leurs cauchemars, dans cette peur qui ne les quittera plus jamais quand le ciel s’assombrira.

Et puis il y a cette femme enceinte. Son nom n’est pas dans les communiques. Son visage n’apparaitra pas dans les medias internationaux. Elle est juste un chiffre parmi les 35 blesses, une ligne dans un rapport officiel. Mais cette nuit-la, elle a vecu l’impensable. Porter la vie tout en frolant la mort. Sentir son bebe bouger dans son ventre pendant que les murs s’effondrent autour d’elle. Se demander, dans ces secondes interminables entre deux explosions, si l’enfant qu’elle porte connaitra jamais un monde en paix. La Russie de Poutine pretend mener une « operation militaire speciale » contre des « nazis » et des « menaces » pour sa securite. Voila la realite de cette « operation » : des femmes enceintes terrorisees, des enfants cribles d’eclats, des familles detruites au nom d’un delire imperialiste que rien ne justifie et que rien n’excusera jamais.

Je me suis souvent demande ce qui se passe dans la tete des operateurs de drones russes. Ces hommes — car ce sont principalement des hommes — qui envoient leurs engins mortels sur des villes endormies. Savent-ils qu’il y a des enfants dans ces immeubles ? Savent-ils qu’il y a des femmes enceintes, des personnes agees, des gens ordinaires qui n’ont jamais tenu une arme ? Bien sur qu’ils le savent. Et ils le font quand meme. Parce qu’on leur a dit que ces gens n’etaient pas vraiment des gens. Parce que la propagande du Kremlin a deshumanise les Ukrainiens au point d’en faire des cibles legitimes. C’est ca, la vraie victoire de Poutine : avoir transforme des etres humains en presse-boutons de la mort, incapables de voir l’humanite chez leurs victimes.

Une personne decedee : le silence qui pese

Au milieu des 35 blesses, il y a aussi un mort. Une vie fauchee net par la frappe russe. Les details sont rares. On ne sait pas son nom, son age, son histoire. On sait juste qu’il ou elle etait la, a Odessa, cette nuit du 27 janvier 2026, et que maintenant, il ou elle n’est plus. Une famille pleure quelque part dans cette ville meurtrie. Des amis apprennent la nouvelle avec ce melange de stupeur et d’accablement qui ne cesse de se repeter depuis que la Russie a lance son invasion a grande echelle le 24 fevrier 2022. Presque quatre ans de guerre. Presque quatre ans de morts, de blesses, de villes detruites, de vies brisees. Et le monde continue de tourner. Les bourses fluctuent. Les politiciens debattent. Les reseaux sociaux s’enflamment pour d’autres scandales. Pendant que des gens meurent a Odessa, a Kharkiv, a Kyiv, a Kherson, partout ou la terreur russe peut frapper.

Cette mort anonyme represente pourtant tout. Elle est le symbole de cette guerre d’usure que mene le Kremlin contre le peuple ukrainien. Chaque victime civile est une victoire pour Poutine — non pas militaire, mais psychologique. Chaque famille endeuillée, c’est un peu d’espoir qui s’eteint, un peu de resistance qui vacille, un peu de fatigue qui s’accumule. La Russie compte sur cette lassitude. Elle mise sur l’epuisement d’une nation qui refuse de se soumettre mais qui saigne a chaque attaque. Et chaque mort — qu’il soit soldat sur le front ou civil dans son lit — alimente cette strategie macabre de destruction lente. Les operations de secours continuent a Odessa alors meme que ces lignes sont ecrites. On cherche encore d’eventuelles victimes sous les decombres. Le bilan pourrait encore s’alourdir. Car dans cette guerre, les chiffres ne font jamais que monter.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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