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CHRONIQUE : Quand Pyongyang et Téhéran arment le Kremlin et le monde regarde ailleurs
Crédit: Adobe Stock

Des millions d’obus pour nourrir la guerre

Avant même que l’Iran ne devienne le fournisseur de missiles balistiques du Kremlin, la Corée du Nord avait déjà ouvert les vannes de son arsenal militaire. Les chiffres donnent le vertige. Selon les estimations des services de renseignement occidentaux, Pyongyang aurait livré entre 3 et 5 millions d’obus d’artillerie à la Russie depuis le début de 2023. Des munitions de 122 mm et 152 mm, compatibles avec les systèmes soviétiques que les deux pays utilisent. Des stocks accumulés pendant des décennies dans les bunkers nord-coréens, soudain remis en circulation pour alimenter une guerre que Kim Jong-un n’aurait jamais imaginé soutenir aussi directement.

Le calcul de Pyongyang est limpide. La Russie paie en devises fortes, en technologie, en reconnaissance diplomatique. Pour un régime étranglé par les sanctions internationales, chaque obus exporté représente une bouffée d’oxygène économique. Kim Jong-un ne fait pas de la charité. Il fait des affaires. Et quelles affaires. Les munitions nord-coréennes, même vieillissantes, même parfois défectueuses, permettent à l’artillerie russe de maintenir un rythme de tir que sa propre industrie de défense peine à soutenir. Sans ces approvisionnements, le front ukrainien aurait peut-être déjà basculé. La guerre d’attrition que mène Moscou dépend en partie directe de la générosité intéressée du dernier régime stalinien de la planète.

Quand j’y pense, c’est vertigineux. Des obus fabriqués il y a 30 ou 40 ans dans des usines nord-coréennes, stockés dans des cavernes creusées sous les montagnes, soudain remis au jour pour aller exploser dans le Donbass. L’histoire a parfois ces raccourcis saisissants. La Guerre froide qui refait surface. Les arsenaux d’un autre âge qui ressuscitent pour alimenter un conflit du 21e siècle. Et nous, spectateurs médusés, on regarde ces flux de mort traverser les continents sans pouvoir y mettre fin.

Des soldats nord-coréens sur le sol russe

Les munitions ne sont pas le seul export de Pyongyang. Des soldats nord-coréens auraient également été déployés pour soutenir l’effort de guerre russe. Les informations restent fragmentaires, disputées, parfois contradictoires. Mais les indices s’accumulent. Le renseignement sud-coréen a confirmé la présence de troupes nord-coréennes sur le territoire russe dès l’automne 2024. Des unités spéciales, selon certaines sources. Des ingénieurs militaires, selon d’autres. Peut-être des conseillers techniques pour superviser l’utilisation des systèmes d’armes nord-coréens.

Ce qui est certain, c’est que des Nord-Coréens sont morts sur le sol ukrainien ou à ses abords. Des prisonniers auraient même été capturés, selon certaines sources non confirmées. Imaginez un instant. Un soldat nord-coréen, né sous l’une des dictatures les plus fermées au monde, envoyé mourir dans une guerre européenne qu’il ne comprend probablement pas. Pour le bénéfice d’un régime russe qui le considère comme de la chair à canon remplaçable. Les familles en Corée du Nord ne sauront peut-être jamais ce qui est arrivé à leurs fils. Le régime de Kim n’a pas l’habitude de rendre des comptes. Les cercueils, s’il y en a, rentreront dans le plus grand silence.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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