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ÉDITORIAL : 105 combats en une journée, et le monde regarde ailleurs
Crédit: Adobe Stock

Pokrovsk, où chaque heure compte

Dans la direction de Pokrovsk, l’activité a été la plus intense. 32 assauts et offensives russes ont été stoppés par les défenseurs ukrainiens. Pokrovsk, Rodynske, Kotlyne, Udachne, Molodetske. Filiia, Bilytske, Hryshyne. Vers ces lieux, les Russes ont envoyé des vagues d’hommes et de machines. 32 fois, ils ont essayé. 32 fois, ils ont échoué. Chaque fois, cela a coûté des vies. Des deux côtés, évidemment. C’est ça, l’horreur absolue de cette guerre : les victimes russes comptent aussi, ces hommes envoyés mourir pour des ambitions qu’ils ne comprennent pas, qui ont été trompés, manipulés, sacrifiés. 1236570 Russes morts depuis le début de l’invasion, en février 2022. Plus d’un million de vies. Une génération anéantie. Et pour quoi ? Pour un leader fou, pour une revanche historique fantasmée, pour une guerre qui n’a aucun sens.

Et pendant ce temps, dans sa tranchée près de Pokrovsk, Andriy attend. Il regarde son téléphone. Il pense à Olga. Il pense au mariage qui n’a jamais eu lieu. Il pense à l’avenir qui se dessine, aujourd’hui, comme un tunnel sombre sans lumière au bout. 32 assauts repoussés dans sa seule direction. 32 fois où il a dû sortir de sa tranchée, tirer, se replier, survivre. 32 fois où la mort a frôlé son épaule comme une main glacée. Et demain, ce sera pareil. Et après-demain aussi. Et après.

Ce chiffre me hante : 1236570. Plus d’un million de Russes morts. Qu’est-ce que ça veut dire, un million ? C’est une ville entière disparue. C’est tous les habitants de Lyon ou Marseille effacés. Imaginez un instant : on annonce demain matin que Lyon n’existe plus, que tous ses habitants sont morts. Le monde serait sous le choc, les lamentations dureraient des années. Mais là ? Ce million de Russes morts, on les mentionne comme une statistique, comme un nombre dans un tableau. Pourquoi ? Parce qu’ils sont ennemis ? Parce qu’ils envahissent ? Mais ce sont aussi des hommes. Des pères. Des fils. Des frères. Quelque part en Russie, une mère attend un fils qui ne reviendra jamais. Une veuve n’a plus de mari. Des enfants n’ont plus de père. Cette guerre les tue tous, ukrainiens et russes. Et c’est peut-être ça, le crime le plus abject de Poutine : avoir sacrifié sa propre jeunesse pour son ego dément.

Huliaipole, l’autre enfer

Si Pokrovsk est le théâtre principal, Huliaipole n’est pas en reste. 22 tentatives d’avancée des troupes russes ont été enregistrées. Solodke. Huliaipole même. Dorozhnianka. Vers Dobropillia et Zelene. 22 assauts en une seule journée, dans une zone qui ressemble aujourd’hui plus à un champ de ruines qu’à une ville habitée. Les maisons éventrées, les arbres calcinés, les routes défoncées par les chars. Et au milieu de tout ça, des civils qui survivent comme ils le peuvent, qui se cachent dans les caves, qui prient pour que le ciel reste bleu au moins une journée de plus.

Les drones russes, ces insectes meurtriers bourdonnant dans le ciel, ont survolé la région sans relâche. 7915 drones kamikazes lancés en une journée — un chiffre qui défie l’imagination, qui transforme le ciel en champ de bataille permanent, où nulle part n’est sûr, nulle part n’est vraiment à l’abri. Comment peut-on vivre comme ça ? Comment peut-on aimer, espérer, projeter l’avenir quand chaque instant pourrait être le dernier ? Comment Olga peut-elle dormir, à Lviv ou à Kiev, sachant qu’à plusieurs centaines de kilomètres, son Andriy affronte cette horreur, jour après jour ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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