Un assaut répété quinze fois
Pokrovsk est devenu le symbole de l’obstination russe. Quinze attaques aujourd’hui. Quinze fois les soldats ukrainiens ont dû sortir de leurs positions pour affronter des troupes supérieures en nombre, quinze fois ils ont dû organiser la défense, quinze fois ils ont vu les obus pleuvoir autour d’eux. Le commandant en chef Oleksandr Syrskyi a confirmé que les forces ukrainiennes tiennent toujours le nord de Pokrovsk et repoussent l’ennemi dans la ville voisine de Myrnohrad. Mais à quel prix ? Chaque victoire est une mort de moins, chaque position conservée est un sacrifice de plus.
Les combats ne sont pas seulement des chiffres dans un communiqué militaire. Ce sont des hommes qui meurent en hurlant des noms, des amis qui disparaissent dans un éclair blanc, des survivants qui continuent à se battre avec le corps de leurs camarades encore chaud sur le sol à côté d’eux. L’odeur de la poudre imprègne chaque vêtement, chaque peau, chaque pensée. La terre retournée par les explosifs mélange le sang avec la boue, crée ce paysage apocalyptique que seuls ceux qui ont connu la guerre peuvent vraiment comprendre.
Ce qui me frappe le plus dans cette histoire, c’est l’acharnement. Pas seulement celui des Russes, mais aussi celui des Ukrainiens. Une force, une détermination qui défie la logique humaine. Comment peut-on continuer à se battre quand tout autour s’effondre ? Quand chaque jour apporte son lot de deuils et de destructions ? Je crois que la réponse réside dans ce qui est en jeu. Pour les Russes, c’est une campagne militaire, des objectifs tactiques, des plans stratégiques. Pour les Ukrainiens, c’est leur existence même qui se joue. Et cette différence-là, elle change tout.
Une offensive qui dure depuis des mois
Les combats dans la région de Pokrovsk ne datent pas d’hier. Ils se poursuivent depuis octobre 2025, près de quatre mois d’affrontements incessants qui ont transformé cette partie de l’Ukraine en une zone de mort où chaque mètre de terrain a été disputé au prix du sang. Les Russes ont massé des ressources considérables, envoyé des vagues successives de troupes et d’équipements, mais les Ukrainiens continuent de tenir. Pourquoi ? Parce que derrière cette ligne de front, il y a des villes, des villages, des vies qu’ils refusent d’abandonner.
Imaginez un instant la réalité quotidienne de ces soldats. Se réveiller chaque matin sans savoir si vous survivrez à la journée. Entendre le sifflement des obus avant même d’ouvrir les yeux. Voir vos camarades tomber les uns après les autres et continuer quand même. C’est cette réalité-là que les chiffres ne racontent pas. Les quarante-six affrontements d’aujourd’hui, c’est quarante-six fois où des hommes ont dû regarder la mort en face et décider de rester debout. Quarante-six fois où l’instinct de survie s’est heurté au devoir de défendre son pays.
Les autres secteurs sous le feu
Huliaipole : sept attaques en une journée
Pokrovsk n’est pas le seul secteur sous pression. Dans la région de Huliaipole, sept attaques russes ont été repoussées, dont trois se poursuivent encore. Les défenseurs ukrainiens ont tenu bon près de la ville et vers Dobropillia, mais l’ennemi a également utilisé son aviation pour frapper les localités de Ternuvate, Zaliznychne, Verkhnia Tersa, Vozdvyzhivka, Barvinivka et Dolynka. Ces bombardements aériens ne sont pas seulement des actes militaires, ce sont des tentatives pour briser la volonté d’un peuple entier en détruisant ses maisons, ses infrastructures, son avenir.
Les dégâts sont immenses. Les rues transformées en champs de ruines, les bâtiments éventrés par les explosions, les arbres arrachés par les souffles. Mais plus encore que les destructions matérielles, c’est l’impact psychologique qui est dévastateur. Vivre avec la peur constante des bombardements, ne jamais savoir quand le prochain obus va tomber, devoir choisir entre rester et risquer sa vie ou partir et abandonner tout ce qu’on a construit. C’est ce dilemme cruel que des milliers d’Ukrainiens affrontent chaque jour, et ce depuis bientôt quatre ans maintenant.
Quand je vois la liste des villages bombardés, je pense aux personnes qui y vivent. Aux familles qui ont dû fuir leurs maisons en quelques minutes, emportant seulement ce qu’elles pouvaient porter. Aux enfants qui grandissent dans la peur, qui entendent le bruit des avions et savent que cela signifie le danger. À tous ceux qui, ce soir, dorment dans des abris souterrains, loin de chez eux, en se demandant quand ils pourront retourner à une vie normale. Cette guerre ne se mesure pas en kilomètres gagnés ou perdus, mais en vies brisées, en espoirs anéantis, en traumatismes qui marqueront des générations entières.
Le front élargi : de Sumy à Kharkiv
Les combats ne se limitent pas à la Donbass. Depuis le territoire russe, les forces ennemies ont bombardé les zones autour des localités de Ryzhivka, Kucherivka, Ulanove, Rohizne et Bezsalivka dans la région de Sumy. Ces tirs d’artillerie indiscriminés visent des zones civiles, des villages paisibles où personne ne s’attendait à devenir une cible. Dans les secteurs de Slobozhanshchyna et de Koursk, l’ennemi a attaqué quatre fois les positions ukrainiennes et mené 33 bombardements contre des localités et des unités ukrainiennes, dont deux avec des systèmes de lance-roquettes multiples.
Dans le sud de Slobozhanshchyna, la situation est tout aussi tendue. Neuf attaques russes ont été lancées dans les zones de Starytsia et Prylipka, et vers Obukhivka, Kolodiazne et Kutkivka. Ces noms de villages et de villes ne vous disent peut-être rien, mais pour les habitants, ce sont leurs maisons, leur quartier, leur vie qui est bombardée. Chaque projectile qui tombe est une catastrophe qui détruit des années d’efforts, de travail, d’espoir.
D’autres secteurs ont vu des combats moins intenses mais tout aussi meurtriers. Dans la direction de Lyman, les troupes ukrainiennes ont repoussé quatre attaques vers Drobyshcheve et Stavky, un affrontement se poursuivant encore. Dans la direction de Kostiantynivka, les envahisseurs ont mené cinq actions offensives près de Predtechyne, Pleshchiivka, Sofiivka et vers Novopavlivka. Chaque secteur, chaque village, chaque tranchée devient un théâtre où se joue le destin de la nation ukrainienne.
Le sacrifice au quotidien
Des héros anonymes
Derrière ces chiffres, ces statistiques militaires, ces communiqués officiels, il y a des êtres humains. Des soldats qui portent des noms, qui ont des familles, des rêves, des projets. Des hommes comme Dmytro, 32 ans, père de deux enfants, qui a rejoint l’armée dès le début de l’invasion et qui combat aujourd’hui dans le secteur de Pokrovsk. Comme Andriy, 28 ans, qui a laissé son travail d’ingénieur à Kyiv pour défendre son pays et qui se bat maintenant près de Huliaipole. Comme Oleksandr, 45 ans, vétéran des combats de 2014, qui a choisi de retourner au front plutôt que de rester en sécurité à l’étranger.
Ces hommes ne cherchent pas la gloire. Ils ne veulent pas devenir des héros. Ils veulent simplement rentrer chez eux, revoir leurs familles, retrouver une vie normale. Mais ils savent que tant qu’ils ne tiennent pas, leur pays s’effondrera. Alors ils se battent. Ils endurent le froid, la faim, la peur, l’épuisement. Ils voient leurs camarades mourir et continuent quand même. Ils perdent des amis, des frères d’armes, et chaque fois, ils redécouvrent en eux une force qu’ils ne soupçonnaient pas.
Quand je pense à ces soldats, je me sens petit. Indigne même. Quoi que je fasse dans ma vie, je ne serai jamais à la hauteur de leur sacrifice. Ils risquent tout chaque jour, chaque heure, chaque minute. Pourquoi ? Parce qu’ils aiment leur pays. Parce qu’ils croient en quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes. C’est cette capacité d’abnégation qui me bouleverse le plus. Face à cette pureté de cœur, face à cette générosité absolue, les mots manquent. Tout ce que je peux faire, c’est porter leur témoignage, essayer de faire comprendre au monde ce qu’ils endurent, ce qu’ils accomplissent, ce qu’ils sacrifient.
Le coût invisible de la guerre
Les pertes humaines ne sont pas les seules conséquences de cette guerre. Il y a aussi le coût psychologique, invisible mais tout plus dévastateur. Les traumatismes qui marqueront les survivants pour le reste de leur vie. Les cauchemars qui reviendront chaque nuit. Les crises de panique qui surgiront sans crier gare. La culpabilité d’avoir survécu quand d’autres sont morts. Ces blessures de l’âme ne se voient pas sur les communiqués militaires, mais elles sont tout aussi réelles, tout plus douloureuses.
Et ce sont non seulement les soldats qui en souffrent. Les familles aussi. Les épouses qui attendent chaque jour des nouvelles, les enfants qui ne voient pas leurs pères depuis des mois, les parents qui vivent dans la peur constante du coup de téléphone qui leur annonce le pire. Cette peur qui habite chaque foyer ukrainien, cette angoisse sourde qui devient le compagnon quotidien de millions de personnes. C’est aussi cela la guerre. Une terreur sourde qui s’infiltre dans chaque aspect de la vie, qui transforme l’ordinaire en épreuve, le banal en danger.
La solidarité qui sauve
Une nation unie
Malgré l’horreur, malgré l’épuisement, malgré les pertes, l’Ukraine tient. Pourquoi ? Parce que c’est un pay uni dans son combat. Des millions d’Ukrainiens contribuent à l’effort de guerre, d’une manière ou d’une autre. Certains au front, bien sûr, mais aussi ceux qui restent à l’arrière. Les bénévoles qui organisent des collectes de fonds, qui préparent des colis pour les soldats, qui accueillent les déplacés. Les médecins qui soignent les blessés jour et nuit. Les enseignants qui continuent à faire classe dans des abris, pour que les enfants ne perdent pas une année scolaire. Les agriculteurs qui récoltent sous les bombardements, pour que le pay continue à se nourrir.
Cette solidarité nationale est peut-être la plus grande force de l’Ukraine. Face à un ennemi qui veut diviser et conquérir, les Ukrainiens se sont rassemblés comme jamais. Les différences politiques, régionales, linguistiques ont disparu devant l’urgence de la survie. Ce qui reste, c’est une identité commune forgée dans l’épreuve, un sentiment d’appartenance renforcé par l’adversité, une détermination collective à exister en tant que nation libre et indépendante.
L’aide internationale : indispensable mais insuffisante
L’Ukraine ne se bat pas seule. Des pay du monde entier lui ont apporté un soutien militaire, économique et humanitaire. Des armes, des équipements, des formations, de l’argent, de l’aide aux réfugiés. Cette aide a été cruciale, indispensable même. Sans elle, l’Ukraine n’aurait pas pu résister aussi longtemps. Mais elle n’est pas suffisante. La Russie continue à recevoir des ressources, des technologies, du soutien de ses alliés. Et l’épuisement des stocks occidentaux commence à se faire sentir.
Plus inquiétant encore, la fatigue des opinions publiques internationales. La guerre en Ukraine dure depuis bientôt quatre ans maintenant, et l’attention du monde commence à se détourner. D’autres crises émergent, d’autres urgences surgissent, et l’Ukraine risque de devenir une « guerre oubliée » alors même que le besoin d’aide est plus pressant que jamais. C’est pourquoi il est crucial de continuer à rappeler au monde ce qui se joue sur ce front lointain mais décisif. Ce n’est pas seulement l’Ukraine qui se bat, ce sont les valeurs de liberté, de démocratie, de souveraineté qui sont en jeu.
Un avenir incertain
Quelle fin possible ?
Personne ne peut dire avec certitude comment cette guerre finira. Les militaires refusent de spéculer, les diplomates restent prudents, les analystes proposent des scénarios contradictoires. Ce qui est certain, c’est que l’issue dépendra de plusieurs facteurs. La capacité de l’Ukraine à continuer à se battre. La volonté de la communauté internationale à maintenir son soutien. La stabilité du régime russe face à des pertes croissantes et une économie sous sanctions. Et bien sûr, le hasard, la chance, ces éléments imprévisibles qui peuvent basculer le cours d’une guerre en un instant.
Une chose est claire : il n’y aura pas de retour rapide à la normale. Même si les combats cessaient demain, il faudrait des années pour reconstruire le pays, pour soigner les traumatismes, pour que la société ukrainienne puisse se remettre de cette épreuve. Les générations actuelles porteront les cicatrices de cette guerre pour le reste de leur vie. Et les générations futures hériteront d’un pay transformé, d’une conscience nationale forgée dans le sacrifice, d’une identité redéfinie par l’adversité.
Le choix de chaque jour
En attendant, les Ukrainiens continuent à faire leur devoir. Les soldats au front repoussent les attaques. Les civils à l’arrière soutiennent l’effort de guerre. Les dirigeants politiques cherchent des solutions. Les diplomates négocient des soutiens. Chaque jour apporte son lot de décisions difficiles, de choix douloureux, de sacrifices nécessaires. Et chaque jour, le pay continue à tenir, à exister, à résister.
C’est peut-être cela, finalement, l’enseignement le plus important de cette guerre. Que la liberté ne se donne pas, qu’elle se prend et se défend chaque jour. Que la paix n’est pas un état naturel, mais une conquête constante. Que les valeurs auxquelles nous tenons la démocratie, la souveraineté, la dignité humaine ne sont jamais acquises, qu’elles doivent être protégées et défendues sans relâche, souvent au prix le plus élevé.
Conclusion
Ce qui reste quand les obus se taisent
Quand on regarde les chiffres de cette journée quarante-six combats, quinze assauts sur Pokrovsk, sept attaques sur Huliaipole on peut oublier ce qu’ils représentent vraiment. Mais derrière chaque nombre, il y a des vies. Des êtres humains qui aiment, qui souffrent, qui espèrent. Des hommes qui meurent en pensant à leurs enfants, des femmes qui attendent des nouvelles qui ne viendront peut-être jamais, des familles déchirées par l’absence et le deuil.
Demain, il y aura d’autres chiffres. D’autres statistiques. D’autres communiqués militaires. Mais la réalité restera la même. Des êtres humains qui se battent pour leur droit à exister, pour leur droit à vivre libres dans leur pay. Et tant qu’ils se battront, tant qu’ils refuseront de céder, tant qu’ils continueront à se sacrifier pour un avenir qu’ils ne verront peut-être jamais, l’Ukraine restera debout. Parce que c’est ce que signifie être un peuple : refuser de disparaître, même quand tout semble perdu.
Je me pose une question en terminant ces lignes. Quand cette guerre sera finie, quand les historiens écriront les livres, quand les monuments seront érigés, qu’est-ce qu’on se souviendra ? Des chiffres ? Des dates ? Des noms de généraux et de batailles ? Ou bien se souviendra-t-on de ces hommes anonymes qui, un jour de janvier 2026, ont repoussé quarante-six attaques, qui ont tenu leurs positions alors que leur corps criait de fatigue, qui ont continué à se battre alors que tout en eux voulait abandonner ? C’est leur sacrifice, leur courage, leur humanité que je veux que nous nous souvenions. Parce que dans cette abstraction terrible qu’est la guerre, ce sont ces vies individuelles qui comptent vraiment. Et c’est à leur mémoire que je dédie ces mots.
Encadré de transparence du chroniqueur
Ma position
J’écris ces lignes depuis une position de soutien indéfectible à l’Ukraine et à son droit de se défendre contre l’invasion russe. Je considère cette guerre comme une agression injustifiée et illégale qui viole les principes fondamentaux du droit international et de la souveraineté des nations. Mon intention est de témoigner de la réalité des combats et du sacrifice des soldats ukrainiens, tout en maintenant une exigence de véracité et de rigueur dans le traitement des informations.
Mes sources
Les informations contenues dans cet article proviennent de trois sources principales : le communiqué de l’État-major des forces armées ukrainiennes du 28 janvier 2026 à 16h00, relayé par Ukrinform et Censor.net, ainsi que l’article de Mezha.net. Ces sources ont été croisées pour garantir la fiabilité des informations. Les détails sur les lieux, les nombres d’attaques et les secteurs concernés sont basés sur ces communiqués officiels.
Ce que je ne connais pas
Je ne connais pas les noms des soldats mentionnés dans cet article. Les exemples de Dmytro, Andriy et Oleksandr sont fictifs, inspirés des profils typiques des combattants ukrainiens. Je ne connais pas non plus le nombre exact de pertes humaines des deux côtés, information qui n’est pas communiquée de manière détaillée dans les sources consultées. Enfin, je ne peux pas prédire l’issue de cette guerre ni la durée des combats à venir.
Signe Maxime Marquette
Sources
Sources primaires
Ukrinform.net, « War update: 46 clashes on front line since morning, Pokrovsk sector most active », 28 janvier 2026 à 17h17, disponible sur https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4085323-war-update-46-clashes-on-front-line-since-morning-pokrovsk-sector-most-active.html
Censor.net, « 46 combat engagements recorded on front, enemy most active in Pokrovsk and South Slobozhanskyi directions – General Staff », 28 janvier 2026 à 17h14, disponible sur https://censor.net/en/news/3597715/russia-ukraine-war-latest-frontline-update-as-of-january-28
Mezha.net, « Ukrainian General Staff Reports 46 Clashes with Intense Fighting on Pokrovsk Front », 28 janvier 2026, disponible sur https://mezha.net/eng/bukvy/ukrainian-general-staff-reports-46-clashes-with-intense-fighting-on-pokrovsk-front/
Sources secondaires
Pas de sources secondaires utilisées pour cet article.
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