Ce qui distingue fondamentalement l’utilisation ukrainienne du système Patriot, c’est l’innovation tactique baptisée « SAMbush » – un terme forgé par le Colonel Rosanna Clemente, chef d’état-major adjointe au 10e Commandement de défense aérienne et antimissile de l’armée américaine. Cette tactique révolutionnaire transforme un système traditionnellement conçu pour la défense statique en une plateforme de chasse mobile capable de tendre des embuscades aux aéronefs ennemis.
La clé de cette transformation réside dans les Patriots montés sur camions fournis par l’Allemagne. Contrairement aux variants américains, ces systèmes offrent une mobilité critique permettant aux équipages ukrainiens de se déplacer rapidement vers les lignes de front, de déployer leurs radars AN/MPQ-65, d’engager les cibles, puis de se replier avant toute riposte russe. Comme l’a noté l’analyste de défense Michael Kofman : « Ils ne restent pas immobiles – ils chassent », expliquant pourquoi ces embuscades fonctionnent si efficacement.
L’entraînement fourni par les instructeurs allemands s’est révélé déterminant. Selon le Colonel Clemente, les soldats allemands réveillaient les équipages ukrainiens au milieu de la nuit, les forçant à marcher vers des positions de combat simulé, puis à se déplacer à nouveau. « Je me suis demandé pourquoi ils faisaient cela. Un mois plus tard, ils menaient leurs premières embuscades, abattant des Su-27 russes le long de la frontière. »
Le Su-35 Flanker-E : le fer de lance déchu de Poutine
Le Sukhoi Su-35S, désigné « Flanker-E » par l’OTAN, représente théoriquement le zénith de la conception des chasseurs conventionnels de 4e génération et constitue une pierre angulaire des Forces aérospatiales russes (VKS). Cet appareil, vendu comme invincible par la propagande du Kremlin, accumule pourtant les pertes depuis le début du conflit.
Les caractéristiques techniques du Su-35 sont indéniablement impressionnantes sur le papier. Propulsé par deux moteurs Saturn AL-41F1S de 142,2 kN avec postcombustion, équipés de tuyères à poussée vectorielle tridimensionnelle, l’appareil peut atteindre Mach 2,25 (2 390 km/h) avec un rayon de combat de 3 500 kilomètres. Son radar Irbis-E à balayage électronique passif (PESA) peut détecter des cibles à une section efficace radar de trois mètres carrés jusqu’à 400 kilomètres de distance, suivre simultanément 30 cibles et en engager huit.
Avec ses 12 points d’emport capables de transporter jusqu’à 8 000 kg d’armement, incluant les missiles air-air longue portée R-77-1 et les redoutables R-37M, le Su-35S devait établir la suprématie aérienne russe. L’appareil dispose également d’un système de guerre électronique avancé comprenant des récepteurs d’alerte radar, des brouilleurs et des distributeurs de contre-mesures.
Mais ces spécifications impressionnantes se heurtent à une réalité brutale : le radar Irbis-E, aussi puissant soit-il, ne peut rien contre un missile Patriot lancé depuis une position inattendue, au sol, à proximité de la ligne de front. La doctrine russe de vol à haute altitude pour maximiser la portée des bombes planantes KAB expose paradoxalement ces appareils aux tirs du Patriot, dont la portée effective contre les cibles aériennes atteint 160 kilomètres.
Le Su-34 Fullback : le bombardier vulnérable
Le Sukhoi Su-34, désigné « Fullback » par l’OTAN, représente le fer de lance de la capacité de frappe tactique russe. Ce chasseur-bombardier bimoteur biplace, dérivé du Su-27 Flanker, se distingue par son cockpit blindé côte à côte protégé par 17 mm de titane, offrant une protection contre les tirs depuis le sol et les éclats de missiles sol-air.
Avec une longueur de 23,34 mètres, une envergure de 14,70 mètres et une masse maximale au décollage de 45 000 kg, le Su-34 peut emporter jusqu’à 8 000 kg d’armement réparti sur 12 points d’emport. Ses deux moteurs Lyulka AL-35F lui permettent d’atteindre 1 900 km/h et un plafond opérationnel de 17 000 mètres.
Le Su-34 est devenu la plateforme privilégiée pour le largage des bombes planantes de la série FAB équipées des kits de guidage UMPK. Ces munitions, dérivées de bombes soviétiques non guidées, représentent l’arme de terreur principale utilisée par la Russie contre les villes et infrastructures ukrainiennes. En octobre 2025 seulement, les Russes ont largué plus de 5 300 KAB sur l’Ukraine.
L’évolution de ces munitions est préoccupante : les premières versions UMPK atteignaient 75 km de portée, les UMPK-PD avec ailes étendues peuvent parcourir 100 km, et les nouvelles versions UMPK-PDM équipées de turboréacteurs peuvent frapper des cibles jusqu’à 200 km de la ligne de contact. Cette capacité contraint les équipages Su-34 à voler à haute altitude pour maximiser la portée de largage – les exposant ainsi aux missiles Patriot.
L'hécatombe : les chiffres qui condamnent l'aviation russe
Les statistiques des pertes aériennes russes révèlent l’ampleur du désastre pour les VKS. Selon l’état-major général des Forces armées ukrainiennes, la Russie a perdu 65 aéronefs à voilure fixe et 17 hélicoptères rien qu’en 2025. Le blog OSINT Oryx, réputé pour sa rigueur dans la confirmation visuelle des pertes, a vérifié 40 avions de combat et 17 hélicoptères pour la même période.
Au 1er janvier 2026, les pertes cumulées russes s’élèvent à 174 avions, 166 hélicoptères et 790 drones. L’appareil le plus touché est le Su-25 d’attaque au sol avec 41 pertes, suivi de près par le Su-34 avec 40 appareils détruits.
Pour le Su-35 spécifiquement, la Russie a perdu plus de 26 appareils depuis le début du conflit, tandis que les pertes de Su-34 dépassent les 36 unités confirmées. Ces chiffres sont d’autant plus significatifs que la Russie ne disposait avant la guerre que d’environ 140 Su-34 et 120 Su-35 en service.
L’institut RAND a publié une analyse en mars 2024 estimant que les Forces aérospatiales russes fonctionnaient à moins de 75% de leur capacité d’avant l’invasion, représentant des pertes supérieures à 25%. Et la production russe, malgré les efforts de montée en puissance – estimée à 55 chasseurs livrés en 2025, un mélange de Su-30, Su-34, Su-35 et Su-57 – peine à compenser les pertes.
Le système Patriot PAC-3 : l'arme de précision létale
Le MIM-104 Patriot, acronyme de « Phased Array Tracking Radar to Intercept on Target », est un système de défense aérienne à longue portée, toutes altitudes et tous temps, conçu pour contrer les missiles balistiques tactiques, les missiles de croisière et les aéronefs avancés. Produit par Raytheon au Massachusetts et Lockheed Martin Missiles and Fire Control en Floride, il représente le summum de la technologie de défense aérienne occidentale.
Le missile PAC-3 constitue l’intercepteur de dernière génération du système. Avec une masse de 318 kg, une longueur de 5 mètres et un diamètre de 25 centimètres, ce missile relativement compact atteint une vitesse de Mach 4,1 (5 022 km/h). Sa portée maximale contre les cibles aériennes s’étend jusqu’à 160 km, avec un plafond d’engagement de 24 km d’altitude.
La caractéristique révolutionnaire du PAC-3 réside dans sa technologie « hit-to-kill » (frappe directe). Contrairement aux intercepteurs précédents qui détruisaient leurs cibles par explosion de proximité et éclats, le PAC-3 assure la destruction totale en percutant directement l’ogive entrante. Son autodirecteur radar actif en bande Ka permet un guidage terminal d’une précision chirurgicale, tandis que les moteurs de contrôle d’attitude (ACM) montés sur le fuselage avant confèrent une agilité terminale exceptionnelle.
Le PAC-3 MSE (Missile Segment Enhancement), déployé depuis 2015, représente la génération suivante avec un moteur-fusée à propergol solide plus performant, un dispositif de létalité amélioré et des surfaces de contrôle plus réactives. Chaque lanceur Patriot peut emporter 16 missiles PAC-3, contre seulement quatre missiles PAC-2 par lanceur, avec huit lanceurs par batterie.
Selon un rapport d’octobre 2025 du Financial Times, l’Ukraine dispose désormais d’au moins six systèmes Patriot. Le 1er janvier 2026, le ministère ukrainien de la Défense a annoncé le déploiement de deux Patriot supplémentaires fournis par l’Allemagne, suite à des accords signés le 17 décembre 2025 d’une valeur de 1,2 milliard d’euros. Les États-Unis ont transféré au moins 847 missiles PAC-3 MSE d’une valeur de 3,26 milliards de dollars.
Le précédent de mai 2023 : la première grande SAMbush
Pour comprendre la signification stratégique des pertes actuelles, il faut remonter au 13 mai 2023, date qui restera dans l’histoire militaire comme la première démonstration éclatante de la tactique SAMbush. Ce jour-là, une batterie Patriot ukrainienne a détruit cinq aéronefs russes en cinq minutes au-dessus de l’oblast de Briansk, en territoire russe.
Le porte-parole des Forces aériennes ukrainiennes, Yuriy Ihnat, a révélé que les missiles Patriot avaient abattu un Su-34, un Su-35S, deux hélicoptères de guerre électronique Mi-8MTPR-1 (des appareils particulièrement rares et précieux) et un hélicoptère Mi-8 standard. Les marques de victoire sur la carlingue du système ont été photographiées, confirmant ces destructions.
Cette frappe représentait une rupture doctrinale majeure. Les équipages ukrainiens avaient positionné leur système offensivement, à proximité de la ligne de front, pour engager les aéronefs russes dans leur propre espace aérien – une audace tactique impensable dans les manuels militaires conventionnels.
Février 2024 : la semaine noire de l'aviation russe
Entre le 17 et le 24 février 2024, l’aviation russe a subi ce qui constitue probablement sa pire semaine depuis le début du conflit. En l’espace de trois jours, les forces ukrainiennes ont abattu six avions de combat de type Sukhoi : quatre chasseurs-bombardiers Su-34 et deux chasseurs Su-35.
Le 17 février, alors que des Su-34 escortés par des Su-35 effectuaient des passages à une centaine de kilomètres à l’est d’Avdiïvka, trois d’entre eux (deux Su-34 et un Su-35) ont été interceptés. Un quatrième Su-34 a été abattu le 18 février, et les deux derniers ont été détruits le 19 février au-dessus de la mer d’Azov.
Mais le coup le plus dévastateur est survenu le 15 janvier 2024, lorsque les Forces armées ukrainiennes ont inscrit leur nom dans les annales de l’histoire militaire en abattant le premier A-50 AWACS (Airborne Warning and Control System) jamais détruit en combat. Cet avion de surveillance radar et de contrôle aérien, dont la Russie ne possède que quatre exemplaires opérationnels, constituait un atout stratégique irremplaçable.
Le Colonel Clemente a confirmé que cet A-50 avait été victime d’une SAMbush utilisant un système Patriot fourni par l’Allemagne. Cette perte a temporairement aveuglé les capacités russes de surveillance aérienne au-dessus de la mer d’Azov et de l’Ukraine orientale.
Les F-16 ukrainiens : un multiplicateur de force
L’arrivée des F-16 Fighting Falcon en Ukraine à partir d’août 2024 a ajouté une nouvelle dimension à la guerre aérienne. Fournis par le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique et la Norvège, ces appareils – environ 60 cellules au total – ont rapidement démontré leur valeur opérationnelle.
Selon les statistiques officielles ukrainiennes, les pilotes de F-16 ont intercepté plus de 1 300 cibles aériennes, incluant des missiles de croisière et des drones kamikazes de type Shahed. Un pilote ukrainien de premier plan a rapporté que son escadron était crédité de l’abattage de plus de 1 000 drones Shahed et missiles de croisière. Dans un exemple marquant, un F-16 ukrainien a abattu six missiles de croisière russes en une seule sortie, le pilote utilisant même le canon principal de l’appareil pour détruire deux des missiles.
Les F-16 ont également mené plus de 300 frappes contre des cibles au sol, incluant des véhicules, des postes de commandement et des dépôts logistiques. Cette capacité offensive, combinée à la défense assurée par les Patriot, crée un système de déni d’accès aérien qui contraint l’aviation russe à opérer à des distances toujours plus grandes de la ligne de front.
Les pertes ukrainiennes restent limitées : quatre appareils et trois pilotes déclarés perdus en opération. L’Ukraine vise à terme une flotte de 250 à 300 chasseurs occidentaux, incluant jusqu’à 100 Rafale français et 120-150 Saab Gripen suédois.
La guerre des bombes planantes : pourquoi les Su-34 doivent mourir
L’intensification de l’usage des bombes planantes FAB par la Russie explique pourquoi l’élimination des Su-34 est devenue une priorité stratégique ukrainienne. Ces munitions représentent la menace la plus mortelle pour les populations civiles et les infrastructures ukrainiennes.
En 2025, la Russie a utilisé plus de 40 000 bombes planantes contre l’Ukraine, soit autant que durant toute l’année 2024. Le kit UMPK permet de convertir les vastes stocks soviétiques de bombes non guidées FAB-250, FAB-500 et FAB-1500 en munitions guidées par satellite. La FAB-1500, avec ses 670 kg d’explosif, peut pénétrer trois mètres de béton armé et détruire des bunkers jusqu’à 20 mètres sous terre.
L’apparition en octobre 2025 des nouvelles bombes équipées de turboréacteurs a étendu la menace. Ces engins, qui transforment une bombe planante en quasi-missile de croisière, peuvent frapper des cibles à 200 km de la ligne de front, menaçant des villes auparavant considérées comme relativement à l’abri.
La seule parade efficace contre cette menace reste d’« attaquer les archers » – c’est-à-dire d’éliminer les plateformes de lancement. Chaque Su-34 détruit représente potentiellement des centaines de bombes planantes qui n’atteindront jamais leurs cibles. C’est pourquoi les SAMbush contre ces appareils constituent une priorité opérationnelle absolue pour les forces ukrainiennes.
L'échec doctrinal russe
Les pertes continues de l’aviation russe révèlent un échec doctrinal fondamental. La supériorité aérienne, que la Russie devait établir dans les premiers jours de l’invasion selon les prévisions du Kremlin, reste un objectif inaccessible près de quatre ans après le début du conflit.
Plusieurs facteurs expliquent cet échec. Premièrement, l’intégration insuffisante entre les différentes composantes des forces armées russes. Les VKS opèrent souvent de manière désynchronisée avec les forces terrestres et les systèmes de guerre électronique, créant des vulnérabilités exploitées par les Ukrainiens.
Deuxièmement, la doctrine de vol à haute altitude imposée par l’utilisation des bombes planantes expose les aéronefs aux systèmes de défense aérienne longue portée. Les équipages russes sont pris dans un dilemme : voler plus bas les expose aux MANPADS et à l’artillerie antiaérienne, tandis que voler plus haut les met à portée des Patriot.
Troisièmement, l’arrogance stratégique initiale a conduit à des pertes irremplaçables en pilotes expérimentés lors des premiers mois du conflit. La formation d’un pilote de chasse prend des années, et les pertes cumulées ont dégradé le niveau d’expérience moyen des équipages russes.
Quatrièmement, les sanctions occidentales affectent la capacité russe à maintenir et remplacer ses appareils. Les composants électroniques avancés, les matériaux composites et les systèmes avioniques nécessitent des importations que les sanctions compliquent significativement.
Les implications stratégiques pour l'OTAN
Le succès du système Patriot en Ukraine fournit des enseignements précieux pour l’OTAN et ses partenaires. La démonstration de son efficacité contre des aéronefs de combat de 4e génération+ valide les investissements massifs consentis dans ce système depuis des décennies.
Plus fondamentalement, le conflit ukrainien démontre que la défense aérienne intégrée, combinant systèmes fixes et mobiles, radars avancés, et tactiques innovantes comme le SAMbush, peut contester la suprématie aérienne même face à une force numériquement supérieure.
Pour les planificateurs de l’OTAN, cela signifie que les investissements dans les capacités de défense aérienne doivent être considérés non seulement comme des boucliers défensifs, mais comme des outils de déni d’accès aérien capables de neutraliser les capacités offensives adverses. La mobilité, la surprise et l’intégration des systèmes sont aussi importantes que les caractéristiques techniques intrinsèques.
Le message au Kremlin
Chaque Su-35 ou Su-34 abattu envoie un message clair à Moscou : la technologie occidentale, combinée à la détermination ukrainienne, peut neutraliser les investissements de plusieurs décennies dans l’aviation de combat russe. Les fleurons de Sukhoi, présentés pendant des années comme des merveilles technologiques capables de rivaliser avec les meilleurs chasseurs occidentaux, se révèlent vulnérables face à des systèmes de défense aérienne correctement employés.
Ce message a des implications au-delà du champ de bataille ukrainien. Les clients potentiels des armements russes – Inde, Algérie, Indonésie, et d’autres – observent attentivement ces développements. Comment justifier l’achat de Su-35 à 100 millions de dollars pièce quand ces appareils sont régulièrement abattus par des systèmes de défense aérienne ?
La crédibilité de l’industrie de défense russe, déjà ébranlée par les performances médiocres des chars T-90 et des systèmes de guerre électronique, subit un nouveau coup. Le mythe de l’invincibilité des armes russes s’effondre sous le poids des épaves de Sukhoi disséminées à travers l’Ukraine.
Conclusion : l'avenir appartient aux chasseurs de chasseurs
L’abattage des Su-35 et Su-34 russes par les missiles Patriot ukrainiens représente bien plus qu’une série de victoires tactiques. C’est la démonstration d’un changement de paradigme dans la guerre aérienne moderne. Les systèmes de défense aérienne avancés, employés de manière mobile et offensive, peuvent contester et même renverser la supériorité aérienne conventionnelle.
Les équipages ukrainiens de Patriot, formés en quelques mois seulement, ont développé des tactiques que les manuels militaires n’avaient pas anticipées. Le SAMbush, né de la nécessité et de l’innovation, est devenu un terme de l’art militaire qui sera étudié dans les académies de défense du monde entier.
Pour l’Ukraine, chaque aéronef russe détruit représente un pas de plus vers la protection de ses citoyens. Pour la Russie, chaque perte rapproche le moment où les VKS ne pourront plus maintenir leurs opérations offensives. Et pour le reste du monde, ce conflit offre une leçon brutale : dans la guerre moderne, la technologie compte, mais c’est l’ingéniosité humaine qui fait la différence.
Le ciel ukrainien n’est plus un territoire de chasse pour l’aviation russe. Il est devenu un piège mortel où les prédateurs deviennent les proies.
Signé Maxime Marquette
Sources
Global Defense Corp – Ukraine’s Patriot Missile Shot Down Russia’s Su-35 and Su-34 Fighter Bomber
UNITED24 Media – Russian Su-34 Fighter-Bomber Reportedly Shot Down Over Black Sea
Ukraine Ministry of Defence – Ukraine bolsters air defense with two more Patriot systems
Su-35″>Wikipedia – Sukhoi Su-35
Su-34″>Wikipedia – Sukhoi Su-34
Wikipedia – MIM-104 Patriot
Simple Flying – SAMbush: US Army Colonel Explains How Ukraine’s Patriots Ambush Russian Jets
Bulgarian Military – Patriot rockets ‘take out’ Su-35 and Su-34 in Ukraine trap
Korii/Slate – Six avions de combat russes abattus en trois jours
Aerospace Global News – Russia lost dozens of aircraft in 2025
JAPCC – Countering Russia’s Glide Bomb Warfare in Ukraine
Defence Industry EU – Ukraine reports F-16 combat record
19FortyFive – Su-35S Flanker-E: The Ultimate Guide
19FortyFive – Su-34 Fullback: The Ultimate Guide
Lockheed Martin – PAC-3 Advanced Air Defense Missile
Euromaidan Press – Germany delivers two more Patriot systems
Signé Maxime Marquette
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