Que savons-nous exactement de l’Oreshnik ? Selon les analyses du Pentagone, il s’agirait d’une variante du RS-26 Rubezh, un missile balistique à portée intermédiaire testé à cinq reprises mais jamais entré en service opérationnel – jusqu’à présent. Sa vitesse, excédant Mach 10 (environ 12 300 km/h), le rend pratiquement impossible à intercepter avec les systèmes de défense antimissile actuellement déployés en Europe.
L’aspect le plus inquiétant réside dans sa capacité à transporter des têtes multiples à rentrée indépendante (MIRV), chacune pouvant atteindre une cible distincte. Cette technologie, développée pendant la Guerre froide pour saturer les défenses adverses, était jusqu’ici l’apanage exclusif des vecteurs nucléaires stratégiques. Son application à un missile de portée intermédiaire brouille dangereusement la ligne entre armements conventionnels et nucléaires.
Comme l’a souligné l’analyse de Defence Matters, l’Oreshnik est « très probablement » à double capacité, pouvant emporter aussi bien des charges conventionnelles que nucléaires. Cette ambiguïté délibérée constitue le cœur de la stratégie russe de « escalade pour désescalader » : en maintenant l’adversaire dans l’incertitude quant à la nature de la prochaine frappe, Moscou espère paralyser toute réponse occidentale.
Les médias d’État russes ont d’ailleurs pris soin de souligner que l’Oreshnik ne mettrait que 11 minutes pour atteindre la base aérienne polonaise de Rzeszów et 17 minutes pour frapper le quartier général de l’OTAN à Bruxelles. Ce genre de précision n’est pas le fruit du hasard : c’est de la guerre psychologique pure, destinée à instiller la peur au cœur des opinions publiques européennes.
L'horloge de l'Apocalypse n'a jamais été aussi proche de minuit
Le 27 janvier 2026, le Bulletin of the Atomic Scientists a annoncé que l’Horloge de l’Apocalypse avait été avancée à 85 secondes avant minuit – le plus proche qu’elle n’ait jamais été depuis sa création en 1947. Pour mémoire, au plus fort de la détente post-Guerre froide, en 1991, elle affichait 17 minutes. Nous avons parcouru un chemin effrayant en trois décennies.
Cette décision n’est pas purement symbolique. Elle reflète l’accumulation de facteurs de risque sans précédent : la guerre en Ukraine qui s’éternise, l’effondrement du contrôle des armements, la prolifération des technologies dual-use, la montée des régimes autoritaires et nationalistes, et l’érosion des mécanismes de dialogue entre puissances nucléaires. Le Bulletin met particulièrement en garde contre la « complaisance et l’indifférence » de « beaucoup trop de dirigeants » qui « adoptent des rhétoriques et des politiques qui accélèrent plutôt qu’atténuent ces risques ».
Le 5 février 2026 marquera un tournant historique : l’expiration du traité New START, dernier accord bilatéral limitant les arsenaux nucléaires américain et russe. Comme l’a documenté le Nuclear Threat Initiative, ce sera la première fois en plus de 50 ans qu’aucun accord de contrôle des armements ne sera en vigueur entre les deux principales puissances nucléaires mondiales. Le monde entrera alors dans une période de « construction nucléaire potentiellement non contrainte ».
Certes, Poutine a proposé en septembre 2025 de maintenir mutuellement les limites de New START pendant un an après son expiration. Mais comme l’a laissé entendre Donald Trump dans une interview au New York Times du 8 janvier 2026 : « Si le traité expire, il expire. Nous ferons simplement un meilleur accord. » Cette désinvolture face à l’architecture de sécurité nucléaire mondiale est proprement stupéfiante.
Le SIPRI tire la sonnette d'alarme
L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) a consacré une large part de son Yearbook 2025 à l’analyse de cette nouvelle course aux armements. Ses conclusions sont sans appel : « Une nouvelle course aux armements nucléaires dangereuse émerge à un moment où les régimes de contrôle des armements sont gravement affaiblis. »
Le SIPRI documente méticuleusement les programmes de modernisation nucléaire russe, incluant les fameux systèmes Poséidon (torpille autonome à propulsion nucléaire) et Burevestnik (missile de croisière à propulsion nucléaire) dont Poutine s’est vanté après des tests réussis fin octobre 2025. Ces armes « exotiques » sont conçues pour contourner tout système de défense antimissile, garantissant une capacité de seconde frappe même après une attaque préventive massive.
Plus préoccupant encore, le SIPRI souligne que le risque d’escalade involontaire est « particulièrement élevé en Europe du Nord », où les tensions et la militarisation ont créé des « dynamiques sous-régionales déstabilisantes ». La région de la mer Baltique a déjà connu plusieurs incidents de quasi-collision entre forces de l’OTAN et russes. Le renforcement militaire de l’Alliance dans l’Arctique, bien que renforçant les capacités défensives alliées, a des « conséquences non intentionnelles pour la stabilité stratégique, faisant planer le spectre de l’escalade nucléaire ».
Le chantage nucléaire comme outil de politique étrangère
Ce qui frappe dans la stratégie russe actuelle, c’est la systématisation du chantage nucléaire comme instrument de politique étrangère. Il ne s’agit plus de brandissements occasionnels destinés à impressionner, mais d’une doctrine cohérente visant à paralyser l’Occident.
Sergueï Karaganov, président honoraire du Conseil pour la politique étrangère et de défense (principal think tank de politique étrangère russe), l’a exprimé avec une franchise glaçante dans une interview récente : « Si la Russie se rapproche un jour de la défaite, cela signifierait que la Russie utiliserait désormais des armes nucléaires et l’Europe serait physiquement anéantie. »
Karaganov a précisé sa pensée : les Européens « croient que la guerre ne viendra jamais sur leur territoire » et c’est la « tâche de la Russie de les ramener à la raison, espérons-le sans utiliser d’armes nucléaires, uniquement par la menace ». Et d’ajouter : « Mais tôt ou tard, s’ils continuent à soutenir cette guerre… nous devrons les punir sévèrement. Espérons de manière limitée. »
Le terme « espérons » dans la bouche d’un conseiller aussi proche du Kremlin devrait faire frémir. Il révèle une pensée stratégique où l’emploi limité d’armes nucléaires tactiques contre l’Europe n’est plus un tabou mais une option envisageable. Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) note que si la proposition de Karaganov d’effectuer des frappes nucléaires limitées contre l’Europe occidentale a été rejetée par d’autres experts russes et par Poutine lui-même, « l’idée de menacer d’un usage nucléaire pour dissuader l’Occident de soutenir l’Ukraine s’est apparemment imposée au sein du Kremlin ».
Le réveil européen : trop peu, trop tard ?
Face à cette menace existentielle, quelle est la réponse européenne ? Le Center for European Policy Analysis (CEPA) titre sans ambages son analyse de janvier 2026 : « 2026 – L’année de tous les dangers pour l’Europe ». L’institut prévient que « la coercition par provocation militaire conventionnelle peut être attendue à s’intensifier de sporadique à systématique, avec des violations de plus en plus agressives de l’espace aérien et naval, et une rhétorique nucléaire calibrée pour créer une pression psychologique ».
L’enquête « Global Risks to the EU » de l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne révèle un constat troublant : les experts européens considèrent qu’un retrait américain des garanties de sécurité aurait un « impact politique aussi sévère sur la sécurité européenne que l’utilisation par la Russie d’une arme nucléaire » – tout en étant « significativement plus probable ».
C’est là que le bât blesse. Car si l’Europe se prépare (timidement) à une éventuelle frappe nucléaire russe, elle semble beaucoup moins préparée à l’hypothèse d’un désengagement américain. Or c’est précisément ce scénario qui se profile.
L'OTAN à la croisée des chemins
Le discours du vice-président américain JD Vance à la Conférence de Munich sur la sécurité en février 2025 a constitué un signal d’alarme. Comme l’a noté Chatham House, cette intervention a « indiqué le déclin de l’engagement de la nouvelle administration Trump envers la défense européenne et soulevé des questions sur la crédibilité de la garantie de défense mutuelle de l’article 5 de l’OTAN ».
Ces craintes se sont intensifiées avec la crise du Groenland. Les menaces répétées de Donald Trump d’annexer ce territoire semi-autonome du Danemark – allié de l’OTAN – ont créé une situation inédite : un président américain menaçant d’attaquer un membre de l’Alliance. Comme le souligne Chatham House, ces « changements de politique américaine sous le président Trump risquent déjà de saper la crédibilité de l’engagement américain envers la garantie de l’article 5 de l’OTAN ». Menacer d’attaquer un État membre « endommage davantage encore la crédibilité de l’article 5 ».
À Davos, Trump a déclaré : « Nous donnons tant et recevons si peu en retour. » Aucun président américain n’a créé autant de doute sur l’engagement américain envers la sécurité transatlantique. Et quand on lui a demandé s’il honorerait l’article 5, le président a refusé de l’exclure une sortie de l’OTAN liée à la controverse groenlandaise.
Le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte a tenté de rassurer, rappelant que Trump avait « dit hier soir lors de sa conférence de presse qu’il doutait que les Européens viendraient à la rescousse si l’article 5 était déclenché ». Rutte a répondu : « Je lui dis : oui, ils le feront. Et ils l’ont fait le 11 septembre 2001, quand, pour la première et unique fois, l’article 5 a été déclenché. » Mais cette défense semble bien fragile face à l’hostilité manifeste de la Maison-Blanche.
Vers une dissuasion européenne autonome ?
C’est dans ce contexte que ressurgit le débat sur une dissuasion nucléaire européenne autonome. La France, qui a toujours défendu sa souveraineté nucléaire, se retrouve soudain courtisée par des partenaires qui avaient longtemps rejeté l’idée même d’une « Europe de la défense ».
Comme le documente le Carnegie Endowment, il existe désormais « un sentiment profond parmi les Européens que Donald Trump n’honorera plus inconditionnellement l’engagement de défense mutuelle de l’OTAN ». Le chancelier allemand entrant Friedrich Merz « a ouvertement courtisé Macron concernant les forces nucléaires françaises dans la sécurité européenne ». L’Allemagne « apporte désormais les ressources et la volonté d’investir de l’argent sérieux dans la défense, certains responsables laissant entendre un co-parrainage allemand de l’arsenal français ».
Le 10 juillet 2025, la Déclaration de Northwood entre la France et le Royaume-Uni a affirmé que leurs « forces nucléaires sont indépendantes mais peuvent être coordonnées ». Paris et Londres ont créé un Groupe de pilotage nucléaire pour superviser leur coopération bilatérale. Combinés, les arsenaux britannique et français représentent environ 520 têtes nucléaires – numériquement équivalent à la force de dissuasion chinoise actuelle.
Mais comme le note l’International Institute for Strategic Studies, « l’Europe manque encore d’un cadre partagé et d’une communauté épistémique cohérente sur la dissuasion, les débats nationaux restant fragmentés, souvent contradictoires, et façonnés par des perceptions de menaces différentes ainsi que des niveaux de tolérance au risque variables ».
Le problème fondamental reste celui de la crédibilité. Est-il vraiment crédible qu’un État mène une guerre nucléaire qui pourrait conduire à sa propre destruction pour défendre un allié ? C’est la question à laquelle les Américains ont dû répondre pendant 75 ans. Les Européens doivent maintenant se la poser à leur tour.
Comme le souligne Mark Rutte, les Européens « rêvent » s’ils pensent que le continent peut se défendre sans les États-Unis. « Cela vous coûterait de construire votre propre capacité nucléaire, des milliards et des milliards d’euros », a-t-il averti, et signifierait perdre « le garant ultime de notre liberté, qui est le parapluie nucléaire américain ».
La France a immédiatement réagi. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré que les Européens devaient « prendre leur propre sécurité en main à travers un pilier européen au sein de l’OTAN ». Mais entre la rhétorique et la réalité, le chemin est long.
Les options européennes : un inventaire réaliste
Quelles sont les options réellement disponibles pour l’Europe ? L’Arms Control Association en identifie plusieurs, aucune n’étant parfaite.
Première option : l’extension de la dissuasion française. Emmanuel Macron a évoqué l’idée d’étendre la dissuasion française aux partenaires européens. Mais comme le note l’analyse, « l’engagement indéfectible de la France au contrôle souverain de son arsenal nucléaire, rejetant toute forme de codécision ou de financement conjoint, limite fondamentalement la portée d’un véritable accord de partage ».
Deuxième option : une capacité nucléaire européenne commune. Cette option, parfois qualifiée d’« eurobombe », impliquerait soit le développement d’un nouvel arsenal, soit le co-financement de l’arsenal français. Les obstacles sont immenses : traités de non-prolifération, coûts astronomiques, divergences politiques entre États membres.
Troisième option : le prépositionnement d’armes nucléaires françaises en Europe de l’Est. Cette option, évoquée par certains analystes, donnerait « forme concrète à l’autonomie stratégique européenne par le déploiement d’avions de combat à capacité nucléaire ». Elle représenterait cependant une escalade significative que Moscou ne manquerait pas de dénoncer.
Quatrième option : renforcer la coordination franco-britannique. La Déclaration de Northwood ouvre cette voie, mais le Royaume-Uni post-Brexit reste un partenaire incertain pour une architecture de défense européenne intégrée.
Aucune de ces options ne remplace véritablement le parapluie nucléaire américain. Comme le note sobrement le Carnegie Endowment, « une dissuasion nucléaire européenne ne répliquera pas le modèle américain de dissuasion étendue, car cela dépasserait probablement les ressources financières européennes ».
L'équation chinoise : un nouveau paramètre
Pour compléter ce tableau déjà sombre, il faut ajouter le facteur chinois. Le Department of Defense américain estime que le stock nucléaire chinois se situe « dans les 600 basses » (ayant presque triplé depuis 2020) et projette que la Chine est « en voie d’atteindre un stock de 1 000 têtes nucléaires d’ici 2030 ».
La Chine n’est partie à aucun accord de limitation des armements stratégiques. L’expiration de New START, combinée à l’expansion chinoise, crée les conditions d’une course aux armements nucléaires triangulaire « plus complexe que la course aux armements nucléaires de la Guerre froide, compte tenu des dynamiques additionnelles de l’expansion nucléaire chinoise et des technologies émergentes déstabilisantes ».
Cette triangularisation complique considérablement la tâche des Européens. Il ne s’agit plus seulement de dissuader la Russie, mais de naviguer dans un environnement géostratégique où trois superpuissances nucléaires poursuivent des objectifs potentiellement antagonistes.
Conclusion : le temps des illusions est révolu
L’Europe de janvier 2026 n’est plus celle de janvier 2022. L’illusion d’un ordre international fondé sur le droit et garanti par la puissance américaine s’est fracassée sur les réalités de la politique de puissance. La menace nucléaire russe, longtemps considérée comme un reliquat de la Guerre froide, est redevenue une réalité opérationnelle avec laquelle les Européens doivent composer au quotidien.
Le missile Oreshnik qui s’est abattu sur Lviv en janvier n’était pas seulement un acte de guerre contre l’Ukraine. C’était un message adressé à l’Europe tout entière : nous pouvons vous atteindre, et vos protecteurs américains sont peut-être en train de vous abandonner. Comme l’a déclaré Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, le tir de l’Oreshnik était « destiné comme un avertissement à l’Europe et aux États-Unis » et démontre que « Poutine ne veut pas la paix, la réponse de la Russie à la diplomatie, c’est plus de missiles et de destruction ».
Face à cette réalité, les Européens n’ont plus le luxe du déni. Soit ils construisent, dans l’urgence et la difficulté, une architecture de dissuasion crédible – soit ils acceptent de vivre sous la menace permanente du chantage nucléaire russe, avec toutes les conséquences que cela implique pour leur souveraineté et leur liberté d’action.
L’Eurasia Group place la « seconde front russe » parmi les cinq principaux risques mondiaux pour 2026, avertissant qu’« une écrasante majorité de pays de l’UE – particulièrement en Europe de l’Est et dans les pays nordiques – ainsi que le Royaume-Uni seront particulièrement exposés à l’escalade russe ». La « réticence de Washington à antagoniser Moscou sapera une réponse forte de l’OTAN, fournissant plus d’espace pour les provocations russes et augmentant le risque d’une confrontation directe ».
L’horloge tourne. Elle indique 85 secondes avant minuit. Les dirigeants européens ont le choix : agir maintenant ou regretter plus tard. L’histoire ne leur pardonnera pas une seconde fois l’impréparation et l’aveuglement.
Car si les think tanks ont raison – et leurs analyses convergent avec une unanimité inquiétante – nous ne sommes pas seulement témoins d’une crise géopolitique de plus. Nous assistons peut-être à la fin d’un ordre mondial et à l’émergence d’une ère nouvelle, plus dangereuse, où la menace nucléaire n’est plus un tabou mais un instrument de politique étrangère comme un autre. Une ère où, pour la première fois depuis 1945, l’emploi d’armes nucléaires tactiques sur le sol européen n’est plus impensable.
C’est cette réalité que les Européens doivent regarder en face. Non pas demain. Aujourd’hui.
Signé Maxime Marquette
Sources
EUobserver – Threat of ‘tactical’ Russian nuclear strike in Europe growing, think-tank warns
SIPRI Yearbook 2025 – Armaments, Disarmament and International Security
SIPRI – Risk reduction is urgently needed amid rising tensions in Northern Europe
Bulletin of the Atomic Scientists – 2026 Doomsday Clock Statement
Nuclear Threat Initiative – The End of New START: From limits to looming risks
Carnegie Endowment – Russia’s Latest Weapons Have Left Strategic Stability on the Brink of Collapse
Carnegie Endowment – Unpacking Europe’s Deterrence Dilemmas
CEPA – 2026: Europe’s Year of Living Dangerously
Chatham House – Global security continued to unravel in 2025
Chatham House – US intentions towards Greenland threaten NATO’s future
EU Institute for Security Studies – Global Risks to the EU in 2026
CSIS – Why Russia Is Changing Its Nuclear Doctrine Now
CNA – When Nuclear Weapons Return to Belarus
Brookings – How credible is Russia’s evolving nuclear doctrine?
The Hill – Vladimir Putin’s ex-adviser warns Europe of Russian nuclear attack
Eurasia Group – Top Risks 2026: Implications for Europe
Arms Control Association – Is Europe Moving to an Independent Nuclear Deterrent?
Arms Control Association – Life After New START
Defense News – NATO’s Rutte says Europe can’t defend itself without US
Defense News – Russia says it used new Oreshnik missile in major attack on Ukraine
CNN – What is Russia’s Oreshnik ballistic missile and what can it do?
Defence Matters – A missile message to Europe
Survival/IISS – Europe’s Nuclear Deterrent: The Here and Now
GLOBSEC – How Russia’s Hybrid Warfare Will Escalate in 2026
(missile) »>Wikipedia – Oreshnik (missile)
riskduringtheRussianinvasionofUkraine »>Wikipedia – Nuclear risk during the Russo-Ukrainian war
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