Les chiffres qui parlent plus fort que les discours
Regardons les données brutes publiées par l’état-major ukrainien ce 29 janvier 2026. 11 613 chars détruits. 23 965 véhicules blindés pulvérisés. 36 733 systèmes d’artillerie réduits au silence. 1 629 lance-roquettes multiples. 1 288 systèmes de défense antiaérienne. 435 avions. 347 hélicoptères. 118 679 drones. 4 205 missiles de croisière. 28 navires. 2 sous-marins. 76 190 véhicules et camions-citernes. Ces chiffres sont vertigineux. C’est l’équivalent de plusieurs armées conventionnelles complètes qui ont été anéanties sur le sol ukrainien.
Mais les chiffres les plus parlants sont ceux du CSIS sur le ratio pertes/gains territoriaux. En quatre ans de guerre, la Russie n’a augmenté que de 12% la portion de territoire ukrainien sous son contrôle. Et dans les deux dernières années, « les forces russes ont gagné moins de 1,5% du territoire ukrainien ». Pour ce 1,5%, des centaines de milliers d’hommes sont morts ou ont été mutilés. À Chasiv Yar, l’avancée russe est de 16 mètres par jour. À Kupiansk, 25 mètres. À Pokrovsk, 76 mètres. Des progressions qui se mesurent en pas, pas en kilomètres.
Quand je lis ces chiffres, je pense à ces généraux russes dans leurs bunkers climatisés, qui poussent des pions sur une carte. « Avancez de 70 mètres aujourd’hui », ordonnent-ils. Et pour ces 70 mètres, combien de jeunes Russes sont morts? Dix? Cinquante? Cent? Le cynisme de cette guerre d’usure me glace le sang. Poutine a accepté de sacrifier une génération entière de jeunes hommes pour grappiller quelques arpents de terre ukrainienne ravagée. C’est une folie. Une folie meurtrière à laquelle le monde assiste, impuissant ou complice.
Le prix de chaque mètre carré
Faisons un calcul simple. Si la Russie a gagné environ 4 000 km² en 2025 selon certaines estimations, et qu’elle a perdu environ 200 000 soldats rien que cette année-là, cela signifie 50 morts russes par kilomètre carré conquis. Cinquante vies humaines pour un kilomètre carré de terre gelée. Et ce calcul ne compte que les morts, pas les blessés graves, les mutilés, les traumatisés à vie. Si on inclut toutes les pertes, on parle de plusieurs centaines de victimes par kilomètre carré. C’est du jamais vu dans l’histoire militaire moderne.
Le média indépendant russe Mediazona, en collaboration avec la BBC, a confirmé par des sources ouvertes – avis de décès, faire-part, réseaux sociaux – les noms de plus de 165 000 soldats russes tués. Et ils estiment que leurs données ne couvrent que 45 à 65% des morts réels. Ce qui signifierait entre 250 000 et 370 000 soldats russes effectivement tués depuis le début de la guerre. Parmi eux, 6 302 officiers. Des colonels, des majors, des capitaines. L’encadrement de l’armée russe a été décimé.
Section 3 : Le mensonge permanent du Kremlin
6 000 morts selon Moscou, 325 000 selon les experts
Le ministère russe de la Défense n’a pas mis à jour ses chiffres de pertes depuis septembre 2022, quand il annonçait « un peu moins de 6 000 soldats tués ». Depuis, silence radio. Plus aucun chiffre officiel. Le Kremlin a classifié toutes les informations relatives aux pertes militaires. Publier des données non autorisées est devenu un crime en Russie. Les journalistes indépendants qui tentent de documenter les morts sont poursuivis, emprisonnés ou contraints à l’exil. Mediazona elle-même a été bloquée et ses journalistes ont dû fuir le pays.
Pourquoi ce silence? Parce que la vérité est explosive. Si les Russes apprenaient que leur armée a perdu plus d’un million d’hommes pour conquérir quelques villages ukrainiens en ruines, le mécontentement pourrait devenir incontrôlable. Poutine le sait. C’est pourquoi il contrôle l’information avec une poigne de fer. Les cercueils rentrent en Russie la nuit, en secret. Les familles sont priées de ne pas faire de vagues. Les compensations sont versées à condition de se taire. C’est une conspiration du silence à l’échelle d’un pays de 140 millions d’habitants.
Ce qui me révolte le plus, c’est ce mensonge permanent. Ces familles russes qui ne savent même pas si leur fils est mort, prisonnier ou simplement « porté disparu » – ce terme pudique qui signifie souvent « pulvérisé par un drone sans laisser de traces ». Ces mères qui attendent des nouvelles qui ne viendront jamais. Et pendant ce temps, la télévision d’État russe continue de diffuser des reportages victorieux sur les « succès » de l’armée. Quel cynisme. Quel mépris absolu pour la vie humaine.
L’effondrement démographique en marche
Le renseignement britannique a révélé que la Russie fait face à un « effondrement démographique » qui devient un « problème stratégique » pour le Kremlin. Les pertes en Ukraine s’ajoutent à une crise démographique préexistante. La Russie perd des hommes en âge de travailler et de procréer à un rythme alarmant. Les régions les plus touchées – le Daghestan, la Bouriatie, les républiques du Caucase – sont celles qui fournissent le plus gros des troupes. Les minorités ethniques payent un tribut disproportionné.
Le recrutement s’essouffle malgré les primes astronomiques promises. À Moscou, les engagements volontaires ont chuté d’environ 25% en 2025 selon Vertska. Le recours aux prisonniers, qui avait alimenté les premières vagues d’assaut de Wagner, a atteint ses limites. La Russie recrute désormais des étrangers – Nord-Coréens, Népalais, Cubains – pour combler les rangs décimés. Poutine affirme que 700 000 soldats combattent en Ukraine, le même chiffre qu’il donnait en 2024, ce qui suggère que les pertes sont à peine compensées par les nouvelles recrues.
Section 4 : La stratégie de la chair à canon
Accepter les pertes comme doctrine
Le rapport du CSIS est limpide sur un point : la Russie a « accepté le coût de pertes élevées » comme partie intégrante de sa stratégie. C’est une guerre d’usure assumée. Le calcul de Poutine est simple : la Russie a plus d’hommes que l’Ukraine, donc elle peut se permettre de perdre plus. Tant pis si chaque mètre gagné coûte des dizaines de vies. Tant pis si des villages entiers de Sibérie se vident de leurs jeunes. L’important, c’est de tenir plus longtemps que l’adversaire.
Cette stratégie a un nom : l’attrition. User l’ennemi jusqu’à l’épuisement. Le problème, c’est que l’Ukraine ne s’épuise pas aussi vite que prévu. Les défenseurs ont l’avantage du terrain, des motivations plus fortes, et surtout des armes occidentales de plus en plus sophistiquées. Les drones FPV ukrainiens fauchent les vagues d’assaut russes avant qu’elles n’atteignent leurs objectifs. Les systèmes HIMARS frappent les dépôts de munitions loin derrière les lignes. Les missiles Storm Shadow et ATACMS touchent les postes de commandement.
L’objectif ukrainien : 50 000 morts russes par mois
Le nouveau ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, a fixé un objectif qui donne froid dans le dos : infliger 50 000 morts par mois à l’armée russe. Pas des « pertes » au sens large. Des morts. L’Ukraine documente déjà environ 35 000 morts russes par mois, un chiffre que Fedorov dit confirmé par des vidéos du front. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, avance une estimation plus conservatrice – 20 000 à 25 000 par mois – mais tous convergent vers une même conclusion : la Russie saigne à blanc.
La logique ukrainienne est brutale mais mathématique : si la Russie perd plus d’hommes chaque mois qu’elle ne peut en recruter, son armée finira par se gripper. Le point de rupture approche. Les drones, qui représentent désormais 70 à 90% des pertes infligées sur le champ de bataille, sont l’arme clé de cette stratégie. Moins chers qu’un obus, plus précis qu’un mortier, capables de traquer un soldat individuel dans sa tranchée. L’Ukraine a industrialisé la production de ces engins de mort miniatures.
Je me demande parfois si on mesure vraiment ce que signifient ces chiffres. 50 000 morts par mois. C’est 1 600 par jour. 70 par heure. Plus d’un par minute. Pendant que vous lisez ce paragraphe, plusieurs soldats russes sont probablement en train de mourir quelque part dans une tranchée boueuse de l’est ukrainien. Et demain, ça recommencera. Et après-demain. Jusqu’à quand?
Section 5 : Le coût économique de l'obsession guerrière
Une puissance en déclin accéléré
Le rapport du CSIS ne se contente pas de comptabiliser les morts. Il dresse un tableau apocalyptique de l’économie russe. « La Russie est en train de devenir une puissance économique de second ou troisième rang », affirme le document. La croissance économique n’était que de 0,6% en 2025, plombée par l’effondrement de la production manufacturière, une demande des consommateurs en berne, une inflation galopante et surtout une pénurie de main-d’œuvre causée par… la guerre elle-même.
C’est le serpent qui se mord la queue. La guerre dévore les hommes, ce qui crée des pénuries dans les usines, ce qui freine la production, ce qui affaiblit l’économie de guerre, ce qui oblige à recruter encore plus d’hommes pour les envoyer mourir au front. Les sanctions occidentales, même imparfaites, asphyxient lentement le pays. Les technologies critiques manquent. Les pièces détachées pour les avions et les chars sont introuvables. L’industrie de défense russe tourne à plein régime mais ne parvient pas à remplacer les pertes matérielles.
Les dépenses de guerre explosent
Le budget militaire russe a explosé pour représenter une part croissante du PIB. Des ressources qui auraient pu être investies dans les hôpitaux, les écoles, les infrastructures sont englouties par la machine de guerre. Les retraites sont gelées. Les services publics se dégradent. Pendant ce temps, les oligarques proches du Kremlin continuent de s’enrichir grâce aux contrats d’armement. La guerre est un désastre pour le peuple russe, mais une aubaine pour ceux qui la financent et l’organisent.
Le plus ironique, c’est que tout cet effort n’a même pas permis d’atteindre les objectifs initiaux. Poutine voulait prendre Kyiv en trois jours. Quatre ans plus tard, la capitale ukrainienne tient toujours. Il voulait « dénazifier » et « démilitariser » l’Ukraine. Aujourd’hui, l’armée ukrainienne est plus puissante qu’elle ne l’a jamais été, équipée d’armes occidentales dernier cri. Il voulait empêcher l’élargissement de l’OTAN. Résultat : la Finlande et la Suède ont rejoint l’Alliance.
Section 6 : Les victimes civiles s'accumulent aussi
2025, l’année la plus meurtrière pour les civils ukrainiens
Pendant que l’armée russe s’enlise, les frappes sur les villes ukrainiennes continuent. La mission de surveillance des droits humains de l’ONU a révélé que 2025 a été « l’année la plus meurtrière » en Ukraine depuis la première année de l’invasion, avec plus de 2 500 civils tués. Depuis le 24 février 2022, l’ONU a comptabilisé près de 15 000 civils ukrainiens tués et 40 600 blessés. Et ces chiffres sont probablement « considérablement sous-estimés », précise l’organisation.
Ce 29 janvier 2026 encore, les frappes russes ont tué au moins deux personnes dans la banlieue de Kyiv et blessé neuf autres à Odesa, Kryvyi Rih et dans la région de Zaporijia. Un immeuble résidentiel a été touché. Des voitures ont été pulvérisées. Dans la région de Kharkiv, un wagon de train de voyageurs avec 200 personnes à bord a été frappé par un drone russe, faisant au moins cinq morts. Cette terreur quotidienne est devenue la normalité pour des millions d’Ukrainiens.
Je pense à ces deux personnes tuées près de Kyiv hier. Un homme et une femme. Ils dormaient probablement quand le drone a frappé. Ou peut-être qu’ils venaient de se réveiller pour aller travailler. On ne saura jamais. Ce qu’on sait, c’est qu’ils sont morts parce qu’un homme à Moscou a décidé, il y a quatre ans, que l’Ukraine n’avait pas le droit d’exister. Ces deux morts ne feront pas la une des journaux. Ils s’ajouteront aux statistiques. Aux 15 000 autres civils ukrainiens tués. Aux millions de vies brisées par cette guerre absurde.
Les infrastructures systématiquement ciblées
Les frappes russes ne visent pas que les zones de combat. Elles ciblent systématiquement les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Centrales électriques, réseaux de chauffage, dépôts de carburant. L’objectif est clair : rendre la vie impossible aux civils, les pousser à fuir, briser le moral de la population. Cet hiver encore, des millions d’Ukrainiens vivent avec des coupures de courant régulières, dans le froid, dans le noir. Les hôpitaux fonctionnent sur générateurs. Les écoles accueillent les enfants dans des abris.
Mais l’Ukraine tient. Elle répare ce qui peut l’être. Elle adapte son réseau électrique pour le rendre plus résilient. Elle construit des abris. Elle continue de vivre, malgré tout. Et elle frappe en retour. Les drones ukrainiens attaquent régulièrement les dépôts pétroliers russes jusqu’à Voronej, loin derrière les lignes. La Crimée est devenue un piège pour la flotte russe de la mer Noire, contrainte de se replier vers des ports plus sûrs.
Section 7 : Le ratio des pertes, un avantage ukrainien décisif
Entre 2 et 2,5 Russes pour chaque Ukrainien
Le CSIS estime que le ratio des pertes est de 2,5 pour 1 ou 2 pour 1 en faveur de l’Ukraine. Pour chaque soldat ukrainien tué ou blessé, deux à trois Russes subissent le même sort. Ce ratio explique pourquoi, malgré des effectifs bien supérieurs, la Russie n’arrive pas à percer les lignes ukrainiennes. La défense a l’avantage dans cette guerre de tranchées moderne. Les attaquants doivent s’exposer. Les défenseurs peuvent se terrer et attendre.
Mediazona estime un ratio similaire, autour de 1,7 pour 1, en se basant sur les données vérifiables des deux côtés. Même l’estimation la plus conservatrice donne un avantage significatif à l’Ukraine. Ce qui explique pourquoi le Kremlin est prêt à recruter n’importe qui – prisonniers, étrangers, mobilisés de force – pour alimenter le front. La machine a besoin de chair fraîche en permanence.
Les raisons du carnage russe
Le rapport du CSIS identifie plusieurs facteurs expliquant les pertes russes catastrophiques. D’abord, l’« échec à conduire efficacement des opérations interarmes ». L’infanterie russe avance souvent sans couverture aérienne ni appui d’artillerie coordonné. Ensuite, des « tactiques et un entraînement médiocres ». Les recrues sont envoyées au front après quelques jours d’instruction. La corruption gangrène tous les échelons. Le moral est au plus bas parmi des troupes qui ne comprennent pas pourquoi elles sont là.
Face à eux, l’Ukraine a développé une « stratégie de défense en profondeur » efficace. Pas de ligne unique à percer, mais des positions successives qui absorbent les assauts. Des champs de mines omniprésents. Des drones en nuées qui repèrent le moindre mouvement. Des unités mobiles qui contre-attaquent dès que l’ennemi s’épuise. Cette guerre favorise la défense, et la Russie n’a pas su s’adapter.
Section 8 : Vers les deux millions de victimes au printemps
Une projection terrifiante
Le CSIS projette que le nombre total de victimes – russes et ukrainiennes confondues – pourrait atteindre deux millions au printemps 2026. Deux millions. C’est la population de Paris intra-muros. C’est un chiffre qui défie l’imagination. Et il ne compte que les militaires. Si on ajoute les civils tués, blessés, déplacés, traumatisés, on parle de dizaines de millions de vies bouleversées par ce conflit.
Le président Zelensky avait annoncé en février 2025 que plus de 46 000 soldats ukrainiens avaient été tués depuis le début de la guerre. Ce chiffre est jugé « sous-évalué » par la plupart des analystes. Le CSIS estime les pertes ukrainiennes totales entre 500 000 et 600 000, dont 100 000 à 140 000 morts. Des chiffres terribles, mais sans commune mesure avec l’hémorragie russe.
Le quatrième anniversaire de l’invasion approche
Dans moins d’un mois, le 24 février 2026, cela fera exactement quatre ans que la Russie a lancé son invasion à grande échelle. Quatre ans de guerre. Quatre hivers. Quatre étés. Des milliers de jours de combats, de bombardements, de terreur. Et toujours aucune fin en vue. Les négociations patinent. Poutine refuse tout compromis qui ne lui donnerait pas ce qu’il veut. L’Ukraine refuse de céder son territoire et sa souveraineté.
L’administration Trump, revenue au pouvoir, affirme vouloir mettre fin au conflit. Mais les premières déclarations sont ambiguës. « La Russie a le dessus », a déclaré le président américain le mois dernier. « Ils sont plus grands, plus forts… À un moment, la taille l’emportera ». Une analyse que contredit frontalement le rapport du CSIS, qui montre une Russie en déclin, pas en position de force.
Section 9 : Le bilan matériel, un désastre pour l'armée russe
Une armée qui consomme plus qu’elle ne produit
Au-delà des pertes humaines, le bilan matériel est catastrophique pour la Russie. Plus de 11 600 chars détruits, c’est l’équivalent de plusieurs fois le parc de chars de n’importe quelle armée occidentale. L’industrie russe est incapable de remplacer ces pertes au rythme où elles surviennent. Elle ressort des stocks de l’ère soviétique, des T-62 et des T-55 datant des années 1960 et 1970. Des antiquités envoyées face aux missiles antichar modernes.
Les 118 679 drones abattus témoignent de l’intensité de la guerre aérienne. Les drones Shahed iraniens sont envoyés par vagues sur les villes ukrainiennes, et une majorité est interceptée. Les 435 avions et 347 hélicoptères perdus représentent une part significative de l’aviation russe, irremplaçable à court terme faute de composants occidentaux sanctionnés. La mer Noire est devenue un cimetière pour la flotte russe, contrainte à l’impuissance.
Ces chiffres matériels sont aussi tragiques que les pertes humaines. Chaque char détruit, c’est un équipage de trois ou quatre hommes. Chaque hélicoptère abattu, c’est un pilote et un copilote. Chaque navire coulé, c’est des dizaines de marins. Derrière les statistiques froides, il y a toujours des visages. Des noms. Des histoires interrompues. Et tout ça pour quoi? Pour les rêves de grandeur d’un homme seul, enfermé dans son bunker, persuadé d’avoir raison contre le monde entier.
L’économie de guerre atteint ses limites
La Russie a basculé toute son économie en mode guerre. Les usines civiles ont été reconverties pour produire des munitions. Les ressources sont rationnées. Les importations sont réorientées vers l’effort militaire. Mais même cet effort colossal ne suffit pas. Les obus d’artillerie, nerf de cette guerre, sont tirés plus vite qu’ils ne sont produits. La Corée du Nord est devenue un fournisseur clé, envoyant des millions de munitions de qualité douteuse.
Le rapport du CSIS conclut que « les États-Unis et l’Europe n’ont pas pleinement utilisé leurs leviers économiques et militaires. Sans plus de pression, Poutine fera traîner les négociations et continuera de se battre – même si cela signifie des millions de victimes russes et ukrainiennes supplémentaires ». C’est l’équation tragique de ce conflit : tant que Poutine pense pouvoir gagner, ou du moins ne pas perdre, il continuera de sacrifier ses propres citoyens.
Conclusion : Une guerre sans fin, une tragédie sans nom
Le silence assourdissant des mères russes
Quelque part en Russie, une mère regarde son téléphone. Elle attend des nouvelles de son fils, parti « en exercice » il y a des mois et qui ne répond plus. Elle sait, au fond d’elle, qu’il est probablement mort. Mais personne ne viendra lui dire. Personne ne lui remettra de médaille. Personne ne reconnaîtra son sacrifice. Son fils n’était qu’un numéro dans une statistique que le Kremlin refuse de publier. Un parmi 1 237 400. Et ce chiffre augmente chaque jour.
Dans les villages de Bouriatie, du Daghestan, de Tchouvachie, les hommes jeunes se font rares. Ils sont partis, volontaires ou mobilisés de force, pour une guerre dont ils ne reviendront pas. Les communautés se vident. Les familles se brisent. Une génération entière est sacrifiée sur l’autel des ambitions d’un seul homme. C’est une tragédie nationale dont la Russie mettra des décennies à se remettre – si elle s’en remet jamais.
L’histoire jugera
L’histoire retiendra que Vladimir Poutine a lancé la plus grande guerre en Europe depuis 1945 sur la base de mensonges et de prétextes fabriqués. Qu’il a sacrifié plus d’un million de ses propres citoyens pour conquérir quelques centaines de kilomètres carrés de terre ukrainienne ravagée. Que son armée, présentée comme la deuxième du monde, s’est révélée incapable de vaincre un voisin quatre fois plus petit. Que sa « victoire en trois jours » s’est transformée en enlisement de quatre ans et plus.
L’histoire retiendra aussi le courage du peuple ukrainien. Sa résistance face à un envahisseur supposément invincible. Sa capacité à tenir, jour après jour, nuit après nuit, sous les bombes et les missiles. Sa détermination à défendre sa liberté et son avenir. Cette guerre n’est pas finie. Mais une chose est certaine : l’Ukraine ne s’est pas rendue. Et tant qu’elle résiste, l’espoir demeure.
Je termine cet article avec un sentiment de colère mêlé de tristesse. Colère contre ceux qui ont voulu cette guerre. Tristesse pour ceux qui la subissent. Ces 1,2 million de soldats russes n’étaient pas nos ennemis. Ils étaient les victimes de leur propre gouvernement, envoyés mourir pour une cause qui n’en valait pas une seule vie. Et les civils ukrainiens, ces 15 000 morts confirmés et probablement bien plus, n’avaient rien demandé à personne. Ils voulaient juste vivre en paix. Cette guerre est un crime. Un crime contre l’humanité. Un crime contre la raison. Un crime qui se poursuit chaque jour, chaque heure, chaque minute. Jusqu’à quand?
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques et militaires qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies de guerre, à comprendre les mouvements sur le champ de bataille, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur ce conflit qui redéfinit l’ordre mondial.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes de cette guerre. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels de l’état-major des forces armées ukrainiennes, rapports du ministère ukrainien de la Défense, rapport du Center for Strategic and International Studies (CSIS), données de Mediazona en collaboration avec BBC Russia.
Sources secondaires : dépêches Associated Press, CNN, ABC News, Fox News, Defense News, La Libre Belgique, RTS Suisse, Radio-Canada, rapports du renseignement britannique, mission de surveillance des droits humains de l’ONU en Ukraine.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les estimations d’experts cités dans les sources consultées.
Les chiffres ukrainiens sur les pertes russes sont généralement considérés comme des estimations hautes, tandis que le rapport du CSIS offre une analyse indépendante qui corrobore l’ordre de grandeur. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici.
Sources
Sources primaires
Defense Express – 1436 Days of Russia-Ukraine War – Russian Casualties in Ukraine – 29 janvier 2026
Center for Strategic and International Studies (CSIS) – Rapport sur les pertes en Ukraine – 28 janvier 2026
Mediazona – Les pertes russes dans la guerre contre l’Ukraine – 16 janvier 2026
Sources secondaires
CNN – Russia’s 1.2 million casualties in Ukraine dwarf all its conflicts since World War II – 28 janvier 2026
ABC News – Report warns that combined casualties in Russia’s war on Ukraine could hit 2 million – 28 janvier 2026
Fox News – Russia-Ukraine war casualties could hit 2 million by spring 2026 – 28 janvier 2026
Defense News – Casualties in Ukraine war could hit 2 million, report warns – 28 janvier 2026
La Libre Belgique – Le nombre choc de victimes militaires dans la guerre en Ukraine – 27 janvier 2026
RTS – La guerre en Ukraine a fait près de 2 millions de victimes militaires – 28 janvier 2026
Radio-Canada – La guerre en Ukraine a fait près de 2 millions de victimes militaires – 28 janvier 2026
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