Et pour quel resultat ? C’est la que l’absurdite criminelle de cette guerre atteint son paroxysme. Le CSIS a calcule que dans l’offensive de Pokrovsk, les forces russes ont progresse a un rythme moyen de… 70 metres par jour. Soixante-dix metres. A peine la longueur d’un terrain de football.
Pour saisir ce que cela signifie, il faut remonter cent dix ans en arriere, aux heures les plus sombres de la Premiere Guerre mondiale. Lors de la bataille de la Somme en 1916 – cette boucherie qui reste gravee dans la memoire collective comme le symbole meme de l’inutilite guerriere – les forces franco-britanniques progressaient de 80 metres par jour. Quatre-vingts metres, contre soixante-dix pour l’armee de Poutine en 2025.
Autrement dit, avec tous les drones, les missiles hypersoniques, les chars « de nouvelle generation » dont se gargarise la propagande russe, l’armee de la « deuxieme puissance militaire mondiale » fait moins bien que les poilus de 1916 avec leurs baionnettes et leurs masques a gaz rudimentaires. L’histoire, decidement, a le sens de l’ironie tragique.
Les chiffres territoriaux sont tout aussi accablants. En 2024, la Russie a conquis environ 3 604 kilometres carres de territoire ukrainien, soit 0,6% du pays – une superficie inferieure a celle de l’Etat americain du Delaware. En 2025, les gains se sont eleves a 4 831 kilometres carres, soit 0,8% de l’Ukraine. Depuis janvier 2024, les forces russes ont gagne moins de 1,5% du territoire ukrainien.
Il a fallu 1 394 jours a l’Armee rouge apres l’operation Barbarossa pour atteindre Berlin. Le 19 decembre 2025, l’armee russe a franchi ce meme cap de 1 394 jours de guerre… et elle avait a peine atteint Pokrovsk, a plus de 500 kilometres de Kiev. A ce rythme, la « prise de Kiev en trois jours » promise par les generaux russes en fevrier 2022 releve du delire collectif ou de l’incompetence criminelle. Probablement les deux.
Le mensonge permanent du Kremlin
Face a ces revelations, la reaction du Kremlin fut aussi previsible que pathetique. Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine, a declare que cette etude ne pouvait etre consideree comme une « information fiable » et que seul le ministere russe de la Defense etait habilite a fournir des donnees sur les pertes militaires.
Rappelons que le dernier communique officiel du ministere russe de la Defense sur les pertes au combat remonte a… septembre 2022. A l’epoque, Moscou affirmait que « pres de 6 000 » soldats russes avaient ete tues. Six mille. Contre 325 000 selon les estimations actuelles. Un ecart de plus de 5 000%, qui illustre mieux que n’importe quel discours le gouffre abyssal entre la realite du champ de bataille et le conte de fees toxique que le Kremlin sert quotidiennement a sa population.
Christopher Tuck, expert en conflits et securite au King’s College de Londres, qui n’a pas participe a l’etude du CSIS, confirme que ces chiffres sont « credibles et globalement conformes aux estimations de l’OTAN, des gouvernements occidentaux et des organisations mediatiques ». Ces donnees, dit-il, « saisissent la realite essentielle : il s’agit d’une guerre d’usure aux couts humains stupefiants ».
Le travail de verification independant mene par BBC News Russian et le site d’information Mediazona vient corroborer ces estimations. Ces enqueteurs ont documente, au 13 janvier 2026, les noms de plus de 165 000 soldats et contractuels russes tues, en epluchant minutieusement les rapports de presse, les reseaux sociaux et les sites gouvernementaux. Parmi eux, 3,9% etaient des officiers, 10,1% appartenaient aux troupes motorisees et 2,6% aux forces aeroportees (VDV), ces unites d’elite censees representer la creme de l’armee russe.
L'ideologie mortifere de l'empire ressuscite
Comment en sommes-nous arrives la ? Pour comprendre cette tragedie, il faut remonter aux racines ideologiques du poutinisme, a cette obsession imperiale qui habite le maitre du Kremlin depuis son accession au pouvoir en 2000.
En juillet 2021, sept mois avant l’invasion, Poutine publiait un long essai intitule « De l’unite historique des Russes et des Ukrainiens ». Ce texte, devenu lecture obligatoire pour les militaires russes selon le quotidien RBK Daily, exposait sans fard la vision du monde du president russe : les Ukrainiens n’existent pas en tant que nation distincte, ils ne sont qu’une branche egaree du « peuple russe trinitaire » (Russes, Ukrainiens, Bielorusses), artificiellement separee par les Bolcheviques et les manigances occidentales.
« L’Ukraine moderne a ete entierement et totalement creee par la Russie bolchevique et communiste », declarait Poutine le 21 fevrier 2022, trois jours avant de lancer ses troupes a l’assaut. Cette negation de l’existence meme de l’Ukraine comme entite nationale souveraine constitue le socle ideologique sur lequel repose toute la guerre.
Comme le notent les chercheurs de l’Universite d’Oxford, l’ideologie de Poutine revele « les structures d’une ideologie imperiale avec une chronologie et une ambition qui vont bien au-dela de la nostalgie post-sovietique, remontant jusqu’a l’ere medievale ». Le ministre russe des Affaires etrangeres, Sergei Lavrov, aurait confie a la veille de l’invasion que Poutine avait « trois conseillers : Ivan le Terrible, Pierre le Grand et Catherine la Grande ».
Mais comme le souligne le Carnegie Endowment for International Peace, Poutine n’a en realite qu’un seul conseiller : Joseph Staline. Du « Petit Pere des peuples », il a herite la paranoia obsidionale, le mepris de la vie humaine, la croyance que la terreur peut soumettre les nations, et surtout cette certitude que l’histoire est ecrite par les vainqueurs – a condition d’etre pret a empiler suffisamment de cadavres.
La strategie de l'usure : gagner en mourant
Car c’est bien la la logique mortifere du Kremlin. Le rapport du CSIS est limpide : « La strategie d’usure de la Russie a accepte le cout de pertes elevees dans l’espoir de finir par epuiser l’armee et la societe ukrainiennes. » Autrement dit, Poutine a fait le choix delibere de sacrifier sa propre jeunesse dans l’espoir que l’Ukraine craque avant lui.
Le CSIS identifie plusieurs raisons a cette hemorragie russe : « l’echec a mener efficacement une guerre interarmes, des tactiques et un entrainement mediocres, la corruption, un moral bas, et la strategie efficace de defense en profondeur de l’Ukraine dans une guerre qui favorise la defense ».
Mais au-dela de ces facteurs tactiques, c’est une conception archaique de la guerre qui est a l’oeuvre. Pour Poutine et ses generaux, les soldats ne sont pas des citoyens dont la vie a une valeur, mais des « ressources » a consommer. L’objectif n’est pas de percer les lignes ukrainiennes par la manoeuvre et l’intelligence tactique, mais de les submerger par le nombre, d’accepter des pertes insensees pour grappiller quelques hectares de terrain.
Cette approche, que les analystes qualifient de « meat grinder » (hachoir a viande), n’est pas sans rappeler les methodes les plus brutales de l’histoire militaire russe et sovietique. De la « chair a canon » des guerres napoleoniennes aux « vagues humaines » de la Seconde Guerre mondiale, il existe une tradition mortifere qui considere que la Russie peut toujours compenser la qualite par la quantite, l’incompetence par le sacrifice.
Le recrutement de la desesperation
Pour alimenter ce Moloch militaire, le Kremlin a du deployer des efforts de recrutement sans precedent. Selon le chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov, la Russie vise a recruter 409 000 soldats en 2026, apres avoir atteint 103% de son objectif de 403 000 en 2025.
Poutine a signe un decret instaurant une conscription continue tout au long de l’annee 2026, avec un objectif de 261 000 appeles ages de 18 a 30 ans. Plus significatif encore, l’age limite du recrutement a ete releve a 40 ans a partir du 1er janvier 2026. La Russie prevoit de former pas moins de 11 nouvelles divisions pour combler les rangs decimes de son armee.
Mais le Kremlin, conscient que l’annonce d’une seconde mobilisation generale pourrait provoquer une explosion sociale, privilegie ce que les analystes appellent la « mobilisation couverte ». Des contractuels (kontraktniki) sont recrutes avec des primes pouvant atteindre 2 millions de roubles (environ 25 000 dollars) – une somme colossale dans les regions pauvres de Russie ou le salaire moyen depasse a peine 500 dollars par mois.
« L’argent est depuis toujours l’un des principaux leviers pour recruter des soldats », explique Boudanov. « C’est ainsi qu’ils attirent les gens dans l’armee. »
Mais l’argent ne suffit plus. La Russie a du se resoudre a enroler des centaines de milliers de detenus, dans la lignee des methodes inaugurees par le groupe Wagner d’Evgueni Prigojine. Elle recrute desormais des personnes atteintes de maladies chroniques, y compris le VIH et l’hepatite. Le raclage des fonds de tiroir de la societe russe temoigne de l’ampleur de la saignee.
L'economie de guerre : le compte a rebours
Cette hemorragie humaine se double d’une hemorragie economique. Selon le Moscow Times, l’economie russe en 2026 se resume a trois mots : « plus de guerre, moins de croissance, plus d’impots ».
Apres deux annees de croissance superieure a 4% (2023-2024), dopee par les depenses militaires massives, le PIB russe devrait croitre de seulement 0,7% a 1% en 2025-2026. L’Institut de prevision economique de l’Academie des sciences russe et le FMI s’accordent sur ce diagnostic de quasi-stagnation.
Les depenses militaires ont explose. Le budget 2025 prevoyait 15,5 billions de roubles (environ 168 milliards de dollars) pour la defense, soit 7,2% du PIB – contre 3-4% avant la guerre. Le budget 2026 maintient cet effort de guerre colossal : 16,8 billions de roubles, soit 38% des depenses federales totales. Et encore, 84% de ces depenses de defense sont classifiees, ce qui suggere que le cout reel est probablement bien superieur.
Pour financer cette machine de guerre, le Kremlin a du augmenter massivement les impots. La TVA passera de 20% a 22% en 2026. Le deficit budgetaire, qui devait atteindre 2,6% du PIB en 2025 (le plus eleve depuis la pandemie), devrait etre ramene a 1,6% en 2026 – mais a quel prix social ?
Les reserves fondent comme neige au soleil. Les actifs liquides du Fonds national de prosperite ont chute d’un tiers pour atteindre 34 milliards de dollars, dont 10 milliards ont deja ete mis de cote pour renflouer les banques. Les experts estiment que ce fonds pourrait etre completement epuise d’ici fin 2026.
Plus alarmant encore, l’economie russe subit une « desindustrialisation inversee » : les secteurs de haute technologie cedent la place a des industries a forte intensite de main-d’oeuvre et a faible productivite. L’economie civile stagne tandis que toutes les ressources sont aspirees par le complexe militaro-industriel. La Russie manque cruellement de travailleurs qualifies dans les domaines techniques.
L'heritage empoisonne
Que restera-t-il de tout cela ? Quand la fumee des canons se sera dissipee, quand les chars calcines auront ete evacues des champs de ble ukrainiens, que restera-t-il de la grande aventure imperiale de Vladimir Poutine ?
Un pays demographiquement saigne, ou une generation entiere de jeunes hommes aura ete fauchee ou mutilee. Une economie structurellement affaiblie, dependante des exportations d’hydrocarbures vers une Chine qui dictera ses conditions. Un Etat paria, coupe des circuits financiers et technologiques mondiaux par des sanctions qui ne seront pas levees de sitot. Et surtout, un traumatisme collectif que la societe russe mettra des decennies a digerer – si elle y parvient jamais.
Car les deux millions de victimes de ce conflit ne sont pas que des statistiques. Derriere chaque chiffre, il y a un visage. Un fils qui ne reviendra pas du front. Un pere dont le corps ne sera jamais retrouve dans les decombres de Bakhmout ou d’Avdiivka. Un frere ampute qui devra reapprendre a vivre avec un corps mutile. Des familles detruites, des villages vides, des reves d’avenir aneanties.
Cote ukrainien, ces 600 000 victimes sont autant de heros qui ont paye de leur sang la defense de leur patrie contre l’agresseur. Leur sacrifice a un sens : celui de la liberte, de la souverainete, du droit des peuples a disposer d’eux-memes. C’est un prix terrible, mais c’est celui de l’existence meme de la nation ukrainienne.
Cote russe, les 1,2 million de victimes sont les jouets brises d’un autocrate megalomane. Ils sont morts pour rien. Pour des mensonges sur la « denazification » d’un pays dirige par un president juif. Pour des delires sur l' »agression de l’OTAN » alors que c’est la Russie qui a envahi son voisin. Pour les fantasmes imperiaux d’un homme qui se prend pour le successeur de Pierre le Grand mais qui n’est que le fossoyeur de son propre peuple.
Le miroir de l'histoire
L’histoire nous enseigne que les empires meurent de leur hubris. L’Empire romain s’est effondre sous le poids de ses conquetes et de sa corruption. L’Empire ottoman s’est epuise dans des guerres perpetuelles sur des fronts multiples. L’Union sovietique s’est disloquee quand le mensonge officiel est devenu trop evident pour etre maintenu.
La Russie de Poutine marche dans les pas de ces empires defunts. Elle s’epuise dans une guerre qu’elle ne peut ni gagner ni arreter. Elle sacrifie sa jeunesse pour des conquetes derisoires. Elle dilapide ses reserves pour maintenir une economie de guerre insoutenable. Elle s’isole du monde en se drapant dans les oripeaux d’une grandeur imaginaire.
Le plus tragique, peut-etre, c’est que tout cela etait previsible. Des fevrier 2022, les analystes avertis savaient que l’Ukraine ne s’effondrerait pas en trois jours, que la resistance serait feroce, que la guerre serait longue et couteuse. Mais Poutine, enferme dans sa bulle de flagorneurs et de generaux corrompus, a prefere croire a ses propres mythes.
Aujourd’hui, pres de quatre ans plus tard, le bilan est la, implacable. Deux millions de victimes. La plus grande hemorragie militaire depuis 1945. Une avancee moyenne de 70 metres par jour, plus lente que les tranchees de la Somme. Et une Russie qui, loin de retrouver sa « grandeur » fantasmee, s’enfonce chaque jour un peu plus dans la decrepitude et l’isolement.
La responsabilite de l'histoire
Face a ce desastre, une question se pose : qui portera la responsabilite de ce carnage devant le tribunal de l’histoire ?
Vladimir Poutine, evidemment, qui a pris la decision d’envahir un pays souverain et qui s’obstine a poursuivre cette guerre malgre son cout humain dementiel. Ses generaux, qui ont execute des ordres criminels et couvert leurs echecs par des vagues d’assauts suicidaires. La propagande russe, qui a anesthesie l’opinion publique avec ses mensonges et ses justifications abjectes. Et, dans une certaine mesure, une partie de la societe russe qui a prefere fermer les yeux, se refugier dans le confort de l’indifference, croire aux contes de fees du Kremlin plutot que d’affronter la realite.
Mais il serait trop facile de ne pointer du doigt que les Russes. L’Occident aussi devra faire son examen de conscience. N’avons-nous pas, pendant des annees, ferme les yeux sur les derives autoritaires de Poutine ? N’avons-nous pas continue a acheter son gaz et son petrole tout en feignant de ne pas voir la prison qu’il construisait autour de son peuple ? N’avons-nous pas tarde a armer l’Ukraine, permettant a la Russie de gagner un temps precieux au debut du conflit ?
Ces questions nous hanteront longtemps. Mais une chose est certaine : face a l’agression, face a la negation du droit des peuples, face a la barbarie imperiale, il n’y a pas de neutralite possible. Chaque jour ou l’Ukraine resiste, elle defend non seulement son existence, mais aussi les valeurs sur lesquelles repose l’ordre international depuis 1945.
Epilogue : le prix de l'obsession
Deux millions de victimes. Ce chiffre devrait etre imprime sur des banderoles geantes et deploye dans chaque ville russe. Il devrait etre lu a haute voix sur les places publiques, chuchote dans les cuisines ou les Russes osent encore exprimer leurs doutes, grave sur les tombes de ces soldats morts pour les delires d’un seul homme.
Deux millions de victimes, c’est le prix de l’obsession imperiale. C’est le cout de la megalomanie. C’est la facture de sang que Vladimir Poutine presente a son peuple et au monde pour sa folie de grandeur.
Et ce n’est pas fini. Le rapport du CSIS estime que si le conflit se poursuit au rythme actuel, le cap des deux millions de victimes sera franchi au printemps 2026. Chaque jour qui passe alourdit le bilan. Chaque offensive russe, chaque contre-attaque ukrainienne, chaque bombardement ajoute son lot de vies brisees a ce compteur macabre.
Il y aura un jour un apres. Les guerres, meme les plus longues, finissent par s’achever. Ce jour-la, quand les historiens se pencheront sur ce conflit, ils ne retiendront pas les discours enflammes de Poutine sur la « denazification » et la « securite de la Russie ». Ils retiendront un chiffre. Un seul.
Deux millions.
C’est le nombre de vies que Vladimir Poutine etait pret a sacrifier sur l’autel de son ego. C’est le prix du sang de l’obsession imperiale. C’est la trace indelebile que ce conflit laissera dans l’histoire de l’humanite.
Et c’est ce chiffre, bien plus que toutes les analyses geopolitiques, qui condamnera Vladimir Poutine devant le tribunal de la posterite. Car il n’y a pas de grandeur nationale qui vaille deux millions de vies detruites. Il n’y a pas d’ambition imperiale qui justifie un tel sacrifice. Il n’y a que la folie d’un homme qui a cru pouvoir ecrire l’histoire avec le sang des autres – et qui decouvrira, trop tard, que l’histoire se souvient surtout de ceux qui l’ont ecrite avec du sang.
Signe Maxime Marquette
Sources
The Guardian – Ukraine war briefing: Nearly 2 million military casualties to date, study finds
CSIS – Russia’s Grinding War in Ukraine
ABC News – Report warns that combined casualties in Russia’s war on Ukraine could hit 2 million
story.html »>The Washington Post – A new report warns that combined war casualties in Russia’s war on Ukraine could soon hit 2 million
NBC News – Russia faces a heavy price for limited gains in Ukraine war, death toll estimates suggest
Euronews – Russia suffers more losses in its war against Ukraine than any other country since WWII
TRT World – Nearly 1.2M Russian and 600,000 Ukrainian troops killed, wounded, or missing
The Moscow Times – Russia’s Economy in 2026: More War, Slower Growth and Higher Taxes
The Moscow Times – More Taxes for More War: Unpacking Russia’s 2026 Budget
Atlantic Council – The Russian economy in 2025: Between stagnation and militarization
UkraineWorld – Russia’s 2026 Budget: Built for War, Not Peace
Kyiv Independent – Russia aims to recruit over 400,000 soldiers in 2026
United24 Media – Putin Signs Decree for Continuous Conscription in 2026
Atlantic Council – Putin’s new Ukraine essay reveals imperial ambitions
University of Oxford – An analysis of Putin’s imperial ambitions and Ukraine’s 300-year road to statehood
Carnegie Endowment – Blood and Iron: How Nationalist Imperialism Became Russia’s State Ideology
theHistoricalUnityofRussiansandUkrainians »>Wikipedia – On the Historical Unity of Russians and Ukrainians
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