Des chiffres qui défient l’entendement
Prenons un instant pour mesurer l’ampleur du carnage. Depuis le 24 février 2022, les forces armées ukrainiennes ont neutralisé environ 11 609 chars russes. 23 958 véhicules blindés. 36 713 systèmes d’artillerie. 117 724 drones. 434 avions. 347 hélicoptères. Et plus de 1,2 million de soldats mis hors de combat. Ces chiffres ne sont pas des abstractions. Chaque char détruit représente un équipage de trois hommes qui ne combattront plus. Chaque véhicule blindé, une escouade entière. Chaque avion, un pilote formé pendant des années, parti en fumée.
Le ratio des pertes est particulièrement révélateur. Selon le CSIS, la Russie perd entre 2,5 et 2 soldats pour chaque Ukrainien tombé au combat. Cette asymétrie brutale s’explique par plusieurs facteurs : l’incapacité russe à coordonner ses forces, des tactiques d’un autre âge, une corruption endémique qui gangrène jusqu’aux rations alimentaires des troupes, un moral au plus bas, et surtout — une stratégie ukrainienne de défense en profondeur qui transforme chaque mètre de terrain en piège mortel pour les assaillants.
On me demande parfois si je prends plaisir à rapporter ces chiffres. La réponse est non. Absolument pas. Derrière chaque statistique, il y a des êtres humains. Des jeunes Russes envoyés au massacre par un régime qui les considère comme de la chair à canon. Mais je refuse de tomber dans le piège du faux équilibre. Ces hommes ne sont pas morts en défendant leur pays. Ils sont morts en envahissant celui des autres. Et tant que cette guerre continuera, je continuerai de compter. Parce que quelqu’un doit le faire.
La machine de recrutement tourne à plein régime
Pour compenser ces pertes astronomiques, le Kremlin a mis en place une machine de recrutement qui fonctionne à plein régime. Selon les estimations, la Russie recrute entre 50 000 et 60 000 nouveaux soldats chaque mois. Des prisonniers à qui on promet la liberté. Des migrants à qui on offre la nationalité. Des hommes des régions les plus pauvres, attirés par des salaires qui représentent des années de revenus dans leur village natal. Poutine lui-même a admis que 700 000 soldats russes combattent actuellement en Ukraine. Le même chiffre qu’il avançait en 2024. Ce qui signifie que malgré les pertes colossales, il arrive à maintenir ses effectifs. À quel prix humain?
Le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Oleksandr Syrsky, a confirmé ces estimations. 710 000 soldats russes seraient actuellement déployés sur le territoire ukrainien. Une masse colossale qui continue de se heurter aux défenses ukrainiennes avec des résultats catastrophiques. L’offensive russe sur Pokrovsk, lancée après la chute d’Avdiivka en février 2024, n’a progressé que de 50 kilomètres en près d’un an. Au rythme actuel, il faudrait des décennies à la Russie pour atteindre ses objectifs territoriaux. Des décennies et des millions de morts supplémentaires.
Section 3 : L'Ukraine frappe au cœur de la machine de guerre russe
Le dépôt pétrolier de Khokholskaya en flammes
Pendant que les soldats russes tombent par centaines sur le front, les forces ukrainiennes portent la guerre sur le territoire ennemi. Dans la nuit du 27 au 28 janvier 2026, des drones ukrainiens ont frappé le dépôt pétrolier de Khokholskaya dans la région de Voronezh, en Russie. L’état-major ukrainien a confirmé l’ignition des produits pétroliers et une fumée dense s’élevant du site. Le gouverneur de la région, Alexander Gusev, a tenté de minimiser l’incident en parlant de débris de drone ayant déclenché un incendie. La réalité est tout autre.
Cette frappe s’inscrit dans une campagne systématique de destruction des infrastructures énergétiques russes. Selon les décomptes du Kyiv Post, les missiles et drones ukrainiens ont frappé les installations énergétiques russes au moins 273 fois depuis le lancement de cette stratégie en juillet 2024. L’objectif est clair : assécher la machine de guerre russe en ciblant sa source de revenus principale. Chaque raffinerie en feu, chaque dépôt détruit, c’est moins de carburant pour les chars, moins d’argent pour les missiles, moins de ressources pour poursuivre l’agression.
Il y a quelque chose de profondément satisfaisant à voir les flammes s’élever des dépôts pétroliers russes. Pas par sadisme. Par justice. Pendant des années, le pétrole russe a financé cette guerre. Chaque litre vendu à l’Europe, à la Chine, à l’Inde, a contribué à acheter les missiles qui détruisent les villes ukrainiennes. Maintenant, ce même pétrole brûle sur le sol russe. C’est ce qu’on appelle le retour de bâton. Et il n’y a rien d’immoral à s’en réjouir.
Les drones ukrainiens changent la donne
La guerre des drones est devenue l’un des aspects les plus fascinants et les plus décisifs de ce conflit. En 2025, les unités de drones ukrainiennes ont infligé des dommages estimés à 20 milliards de dollars aux forces russes. Plus de 832 000 sorties effectuées. Plus de 168 000 cibles frappées : chars, artillerie, centres logistiques, dépôts de munitions, raffineries. Le programme Army of Drones, lancé par le gouvernement ukrainien, a atteint près de 820 000 cibles russes touchées en 2025 selon le vice-premier ministre Mykhailo Fedorov.
Face à cette menace, la Russie tente d’adapter ses propres drones. Certains utilisent désormais des terminaux Starlink et des systèmes de navigation alternatifs pour contourner la guerre électronique ukrainienne. Le Bélarus participe activement à la coordination des opérations de drones russes. Mais rien n’y fait. Les forces de défense aérienne ukrainiennes ont détruit 103 des 146 drones lancés par la Russie dans la nuit du 27 au 28 janvier. Un taux d’interception de plus de 70% qui témoigne de l’efficacité croissante des défenses ukrainiennes.
Section 4 : Le prix payé par les civils ukrainiens
Kyiv, Odessa, Zaporizhzhia sous les bombes
Pendant que les analystes comptent les pertes militaires, la Russie continue de terroriser la population civile ukrainienne. Ce 28 janvier 2026, les frappes russes ont tué deux personnes dans la banlieue de Kyiv, dans le secteur de Bilohorodka. Un homme et une femme, victimes d’une attaque nocturne contre un immeuble d’habitation. À Odessa, à Kryvyi Rih et dans la région de Zaporizhzhia, au moins neuf personnes ont été blessées. Des infrastructures civiles ont été endommagées.
À Odessa, c’est un bâtiment du monastère de la Dormition qui a été touché par les drones russes. Un lieu de culte. Un patrimoine historique. Détruit par des engins de mort lancés depuis la Russie. À Zaporizhzhia, deux frappes de lance-roquettes multiples ont visé un quartier résidentiel en plein matin. Six blessés. Sur la voie ferrée près de Barvinkove dans la région de Kharkiv, les secours ont découvert les corps de quatre victimes après une attaque russe contre un train de passagers. Le nombre exact de morts est encore en cours d’évaluation.
Je pense à cette femme de Kyiv qui s’est endormie hier soir dans son appartement. Elle ne s’est jamais réveillée. Je pense à cet homme qui était peut-être son mari, son frère, son voisin. Deux vies ordinaires, fauchées par la folie d’un dictateur à plus de mille kilomètres de là. Poutine ne connaîtra jamais leurs noms. Il ne saura jamais qu’ils existaient. Pour lui, ce ne sont que des dommages collatéraux. Pour leurs familles, c’est un monde qui s’effondre. Cette asymétrie de la douleur me révolte plus que tout.
L’infrastructure énergétique ukrainienne en lambeaux
Les frappes russes ne visent pas seulement à tuer. Elles visent à faire souffrir. Selon le rapport du CSIS, les attaques de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones ont réduit la capacité du système énergétique ukrainien à seulement 60% de la demande nationale en janvier 2026. Des coupures de courant prolongées frappent l’ensemble du pays, y compris la capitale Kyiv. En plein hiver. Par des températures glaciales. C’est une stratégie délibérée de guerre contre les civils.
Dans la région de Tchernihiv, les drones Geran russes ont frappé une installation énergétique vers 5 heures du matin le 28 janvier, plongeant plusieurs localités dans le noir. Dans la région de Dnipropetrovsk, les districts de Kamianske, Nikopol, Pavlohrad, Kryvyi Rih et Synelnykove ont été bombardés et attaqués par des drones. Des habitations, des commerces, des infrastructures civiles endommagés. C’est le quotidien de millions d’Ukrainiens depuis bientôt quatre ans.
Section 5 : Vers les deux millions de victimes
Un seuil qui sera bientôt franchi
Le rapport du CSIS lance un avertissement glaçant : au rythme actuel, les pertes combinées russes et ukrainiennes pourraient atteindre deux millions d’ici le printemps 2026. Deux millions de soldats tués, blessés ou disparus. Deux millions de familles détruites. Deux millions de trajectoires de vie interrompues. Pour quoi? Pour les ambitions délirantes d’un homme qui rêve de reconstituer un empire mort depuis plus d’un siècle.
Les pertes ukrainiennes, bien que nettement inférieures à celles de la Russie, restent considérables. Le CSIS estime qu’elles se situent entre 500 000 et 600 000, dont 100 000 à 140 000 morts. En février 2025, le président Volodymyr Zelensky avait admis que plus de 46 000 soldats ukrainiens avaient été tués depuis le début de la guerre. Un chiffre qui a certainement augmenté depuis. Chaque mort ukrainien est un défenseur tombé pour protéger sa terre, sa famille, sa liberté. Chaque mort russe est un sacrifice inutile sur l’autel de l’impérialisme.
Le Kremlin dans le déni total
Face à ces révélations, quelle est la réponse de Moscou? Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a balayé le rapport du CSIS en déclarant qu’il ne pouvait être considéré comme une information fiable et que seul le ministère russe de la Défense était habilité à communiquer sur les pertes militaires. Or, ce même ministère n’a officiellement reconnu que 6 000 morts depuis le début de la guerre. Six mille. Soit cinquante fois moins que les estimations des analystes indépendants.
Cette négation systématique de la réalité est l’une des caractéristiques les plus troublantes du régime poutinien. Les familles de soldats disparus sont réduites au silence. Les médias qui tentent de documenter les pertes sont persécutés. Le site Mediazona, en collaboration avec la BBC, a réussi à identifier nominativement plus de 160 000 soldats russes tués en épluchant les avis de décès, les réseaux sociaux et les sites gouvernementaux. C’est un travail de fourmi contre la machine à mensonges du Kremlin.
Six mille morts. C’est le chiffre officiel russe. Six mille sur plus de trois cent mille. Ça représente quoi? Un mensonge par facteur de cinquante. Une insulte à l’intelligence de quiconque sait compter. Mais surtout, c’est un crachat au visage des familles russes qui attendent des nouvelles de leurs fils. Ces mères qui se demandent pourquoi leur garçon ne répond plus. Ces épouses qui scrutent la porte en espérant un retour qui ne viendra jamais. Le Kremlin leur doit au moins la vérité. Il ne leur donnera que le silence.
Section 6 : Une guerre d'usure que la Russie ne peut pas gagner
L’avancée russe au ralenti
Malgré ces pertes colossales, l’armée russe continue d’avancer. Mais à quel rythme? Le rapport du CSIS est impitoyable dans son analyse : depuis qu’elle a repris l’initiative en janvier 2024, la Russie progresse en moyenne de 15 à 70 mètres par jour dans ses offensives les plus importantes. C’est plus lent que presque toutes les grandes campagnes offensives du siècle dernier. Plus lent que la bataille de la Somme pendant la Première Guerre mondiale, l’une des plus sanglantes de l’histoire.
Depuis le début de 2024, les forces russes ont gagné moins de 1,5% du territoire ukrainien. En janvier 2026, elles contrôlent la majeure partie de la ville de Pokrovsk, un hub logistique et de transport qui soutenait les opérations ukrainiennes sur le front est. Mais cette victoire a coûté près d’un an d’efforts et des dizaines de milliers de morts. Le rapport qualité-prix de la stratégie russe est désastreux. Chaque mètre conquis se paie en litres de sang.
L’économie de guerre russe sous tension
Le CSIS souligne un autre aspect souvent négligé : l’économie de guerre russe montre des signes d’essoufflement. La croissance économique a ralenti à 0,6% en 2025. Le secteur manufacturier décline. La Russie ne dispose d’aucune entreprise technologique compétitive au niveau mondial pour stimuler la productivité à long terme. La base industrielle de défense continue de produire des tanks, des munitions et des drones, mais uniquement grâce à l’aide de la Chine, de l’Iran, de la Corée du Nord et d’autres partenaires.
La Chine aide désormais la Russie à étendre sa production de missiles balistiques Oreshnik en fournissant des équipements spécialisés et des machines-outils. L’Iran livre des drones Shahed. La Corée du Nord expédie des munitions par millions. Cette dépendance croissante envers des puissances extérieures révèle les limites de l’autosuffisance russe. Poutine a transformé son pays en état vassal de Pékin pour poursuivre une guerre qu’il ne peut pas gagner.
Conclusion : Le prix de la folie d'un seul homme
Un bilan humain qui dépasse l’entendement
690 soldats russes sont tombés le 27 janvier 2026. Demain, ce sera 700. Ou 800. Ou 1 000. Le compteur ne s’arrête jamais. Il tourne et tourne encore, alimenté par un flux incessant de jeunes hommes envoyés au massacre. Le total approche les 1,24 million. Et pour quoi? Pour des gains territoriaux dérisoires. Pour satisfaire l’ego d’un dictateur vieillissant. Pour une vision du monde qui appartient au XIXe siècle.
Le rapport du CSIS le dit clairement : malgré ses prétentions de succès, la Russie paie un prix extraordinaire pour des gains minimaux et décline en tant que grande puissance. Aucune grande nation n’a subi de telles pertes depuis la Seconde Guerre mondiale. Poutine a réussi l’exploit de transformer la prétendue deuxième armée du monde en machine à produire des cadavres. C’est son véritable héritage. C’est ce que l’histoire retiendra de lui.
690 hommes. Je reviens toujours à ce chiffre. 690 familles qui attendent. 690 mères qui ne dorment plus. 690 enfants qui grandiront sans père. Pour rien. Pour absolument rien. Et demain, il y en aura d’autres. Et après-demain encore. Jusqu’à quand? Personne ne le sait. Ce qu’on sait, c’est que chaque jour qui passe rapproche le moment où ce cauchemar devra finir. Soit par la défaite russe sur le terrain, soit par l’effondrement du régime de l’intérieur, soit par un sursaut de conscience de la communauté internationale. En attendant, on compte. On documente. On refuse d’oublier. C’est tout ce qu’on peut faire. Mais c’est essentiel.
L’Ukraine tient bon malgré tout
Face à cette avalanche de violence, l’Ukraine résiste. Ses défenses tiennent. Ses drones frappent en profondeur le territoire russe. Ses soldats se battent avec une détermination qui force le respect du monde entier. Le rapport CSIS qualifie la stratégie de défense en profondeur ukrainienne d’efficace dans une guerre qui favorise le défenseur. C’est le cas. Chaque jour que l’Ukraine tient est une victoire. Chaque char russe détruit, chaque drone abattu, chaque assaut repoussé rapproche la fin de ce cauchemar.
Le président Zelensky a annoncé que l’accord de garanties de sécurité avec les États-Unis était prêt à 100% pour être signé. Les discussions territoriales avec Moscou et Washington se poursuivent. L’avenir reste incertain. Mais une chose est sûre : l’Ukraine ne cédera pas. Elle ne peut pas céder. Parce que derrière elle, il n’y a pas de territoire à défendre. Il y a un peuple. Une nation. Une idée de la liberté qui vaut tous les sacrifices.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques et militaires qui façonnent le conflit russo-ukrainien. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies militaires, à comprendre les chiffres des pertes, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur cette guerre qui redéfinit l’ordre mondial.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels du ministère ukrainien de la Défense, état-major des forces armées ukrainiennes, rapport du Center for Strategic and International Studies (CSIS), données de Mediazona et de la BBC.
Sources secondaires : Associated Press, PBS NewsHour, Military.com, Ukrinform, Kyiv Post, Fox News, Euronews.
Les données statistiques sur les pertes militaires proviennent des rapports quotidiens de l’état-major ukrainien et des analyses du CSIS basées sur des données croisées de multiples sources indépendantes.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et militaires contemporaines, et de leur donner un sens cohérent. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue du conflit russo-ukrainien depuis février 2022.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées.
Sources
Sources primaires
Ministère ukrainien de la Défense – Pertes de combat de l’ennemi au 28 janvier 2026 – 28 janvier 2026
CSIS – Russia’s Grinding War in Ukraine – 27 janvier 2026
Sources secondaires
PBS NewsHour – Report warns combined casualties in Russia’s war on Ukraine could soon hit 2 million – 28 janvier 2026
Military.com – A New Report Warns That Combined War Casualties Could Soon Hit 2 Million – 28 janvier 2026
Ukrinform – Ukrainian forces hit Khokholskaya oil depot in Russia’s Voronezh region – 28 janvier 2026
Fox News – Russia-Ukraine war casualties could hit 2 million by 2026, CSIS warns – 28 janvier 2026
Euronews – Russia suffers more losses in its war against Ukraine than any other country since WWII – 28 janvier 2026
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