Pour comprendre l’horreur de ce qui s’est passe le 27 janvier, il faut comprendre ce qu’est devenu Hrabovske. Ce petit village frontalier, autrefois paisible, est devenu l’un des points les plus dangereux de toute l’Ukraine. Debut janvier 2026, les forces russes ont franchi la frontiere et se sont emparees du village lors d’une operation que les autorites ukrainiennes ont qualifiee de « raid medieval ».
Le 18 decembre 2025, lors de cette incursion, les troupes russes ont enleve environ 50 residents locaux qui avaient refuse d’evacuer. Ces civils ont ete emmenes de force en territoire russe, detenus dans des conditions deplorables, sans communication avec leurs proches. Le commissaire ukrainien aux droits de l’homme a confirme qu’ils ont ete « forces d’aller sur le territoire de la Federation de Russie ». Au total, 52 civils ont ete deportes et 13 militaires ukrainiens captures.
Aujourd’hui, environ 100 soldats russes sont retranches a Hrabovske, soutenus par des drones FPV. Ils ont mine le village pour empecher toute contre-attaque ukrainienne, transformant cette localite en avant-poste fortifie. Mais les forces ukrainiennes ont reussi a bloquer toute avancee russe au-dela de ce point. L’expert militaire Pavlo Narozhnyi a explique que Hrabovske et le village voisin de Riasne n’ont pas d’importance strategique reelle; l’incursion visait principalement a intimider les residents et servir de diversion.
C’est dans ce contexte que le couple a tente sa fuite desesperee. Leur route etait connue des militaires ukrainiens qui coordonnaient l’evacuation. Ils n’essayaient pas de s’echapper en cachette; ils suivaient un itineraire prevu, approuve. Et pourtant, les operateurs de drones russes les ont traques et abattus comme du gibier.
Les drones FPV : l'arme de predilection contre les civils
Ce qui rend cette tragedie encore plus revoltante, c’est qu’elle s’inscrit dans un schema documente, systematique, delibere. Les drones FPV (First Person View) sont devenus l’outil privilegie de la Russie pour terroriser les populations civiles ukrainiennes. Ces petits engins, equipes de cameras haute definition et de charges explosives, permettent a leurs operateurs de voir exactement ce qu’ils visent avant de frapper.
Les chiffres sont accablants. Selon la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine, entre fevrier 2022 et avril 2025, les attaques de drones a courte portee ont tue 395 civils et en ont blesse 2 635. La grande majorite de ces victimes (89 pour cent) se trouvaient en territoire controle par l’Ukraine et ont ete frappees par les forces armees russes.
En 2025, la situation s’est dramatiquement aggravee. Les victimes civiles causees par les drones a courte portee ont augmente de 120 pour cent par rapport a 2024, avec 577 civils tues et 3 288 blesses. Comme l’a souligne la mission onusienne : « Bien qu’individuellement moins destructeurs que l’artillerie ou les missiles, l’ampleur et la frequence croissante des attaques de drones a courte portee en ont fait l’une des armes les plus meurtrieres en Ukraine. »
En janvier 2025, les drones a courte portee ont tue et blesse plus de civils que toute autre arme. Ils ont frappe des personnes dans leurs voitures, dans des bus, dans les rues. Quatre-vingt-quinze pour cent des victimes de drones a courte portee ce mois-la se trouvaient en territoire controle par l’Ukraine.
La chasse aux civils : une politique deliberee
Human Rights Watch a documente en detail cette pratique dans un rapport publie en juin 2025, intitule de maniere eloquente « Hunted From Above » (Chasses d’en haut). L’organisation a conclu que les forces russes utilisent repetitivement des drones pour attaquer des civils et des objets civils a Kherson, constituant de graves violations des lois de la guerre qui, lorsqu’elles sont commises avec une intention criminelle, constituent des crimes de guerre.
Plus grave encore, Human Rights Watch a determine que ces attaques contre les civils a Kherson au moyen de drones quadricopteres armes constituent des crimes contre l’humanite apparents. Ce n’est pas une accusation a la legere. C’est la reconnaissance qu’il s’agit d’une politique systematique, generalisee, visant deliberement la population civile.
La Commission d’enquete internationale independante des Nations Unies sur l’Ukraine a abouti a la meme conclusion en mai 2025 : les forces armees russes ont commis des meurtres de civils constituant des crimes contre l’humanite au moyen de drones.
Le bulletin de la mission onusienne documente des attaques dans lesquelles les operateurs de drones ont cible des civils conduisant des voitures particulieres, prenant le bus, marchant a l’exterieur, faisant du velo, fournissant de l’aide humanitaire, evacuant des civils, ou circulant dans des ambulances clairement identifiees. Les operateurs utilisaient des flux video transmis en temps reel par les cameras embarquees sur les drones, se concentraient sur des cibles visiblement civiles, et larguaient des explosifs sur elles.
Des centaines de ces flux video ont ete regulierement diffuses sur des chaines Telegram russes, parfois comme des trophees de chasse macabres. Les operateurs filment leurs meurtres et les partagent avec fierte.
Le cas du drapeau blanc : quand meme la reddition ne protege plus
L’affaire de Hrabovske n’est malheureusement pas un cas isole. Le 3 novembre 2025, dans le village de Kruhliakivka, oblast de Kharkiv, une video a capture le moment ou deux civils et leur chien ont ete tues par une frappe de drone FPV russe. Selon le bureau du procureur regional de Kharkiv, les victimes marchaient le long de la route en portant un drapeau blanc, signe clair de leur statut civil et non-combattant. Les deux personnes ont ete tuees instantanement par une frappe ciblee, ainsi que leur chien.
Un drapeau blanc. Le symbole universel de la paix, de la reddition, de la non-hostilite. Et pourtant, les operateurs russes ont choisi de frapper. Cette image resume a elle seule l’horreur de ce qui se passe en Ukraine : meme les gestes les plus elementaires de protection ne signifient plus rien face a des operateurs qui ont decide que tout Ukrainien est une cible legitime.
Une enquete pour crimes de guerre a ete ouverte suite a cet incident. Mais combien d’enquetes faudra-t-il? Combien de rapports onusiens? Combien de condamnations internationales avant que quelque chose change?
Sumy : la region martyre
La region de Sumy est devenue l’un des points les plus dangereux d’Ukraine pour les civils. Les attaques sont incessantes, quotidiennes, omnipresentes. Le 23 janvier 2026, soit quatre jours avant le meurtre du couple de Hrabovske, les forces russes ont bombarde la region, blessant sept civils dont deux enfants. Au total, 36 localites ont ete touchees, les attaques les plus lourdes frappant les districts de Sumy et Shostka.
Dans la communaute de Seredyna-Buda, une frappe de drone sur une maison d’habitation a blesse une femme de 59 ans et ses deux petits-enfants de 8 et 11 ans. Dans la communaute de Znob-Novhorodske, un homme de 52 ans a ete blesse dans une attaque de drone. Un homme de 36 ans a ete blesse dans la communaute de Sadivska. Dans la communaute d’Okhtyrka, un drone a frappe un batiment residentiel, blessant une femme de 48 ans. Dans la communaute d’Esman, une femme de 60 ans a ete blessee.
Le 25 janvier, les forces russes ont attaque un batiment residentiel dans la communaute de Seredyna-Buda avec un drone. Tout au long de la journee, l’ennemi a egalement attaque des vehicules civils avec des drones dans des villages de toute la region, y compris dans la communaute de Stetskivka.
Comme l’a declare Hryhorov : « Les infrastructures civiles ont ete endommagees par la frappe ennemie. Les forces russes ciblent deliberement les installations civiles et les infrastructures critiques dans le but de destabiliser la vie communautaire et de terroriser la population civile. »
Les drones sont l’arme principale utilisee contre la region de Sumy parce que les Russes en possedent beaucoup. Les cibles principales sont les infrastructures critiques et militaires, mais les frappes sont souvent chaotiques, ce qui entraine des dommages aux habitations et des victimes civiles. Les Russes n’epargnent pas la population civile.
Le minage par drone : une nouvelle forme de terreur
Comme si les frappes directes ne suffisaient pas, les forces russes ont developpe une nouvelle tactique terrifiante. Le 26 janvier 2026, Oleh Hryhorov a revele que les troupes russes utilisent des drones pour poser a distance des engins explosifs sur les routes de la region de Sumy. Des cas similaires de minage par drone ont ete enregistres dans les zones frontalieres de la region.
Hryhorov a exhorte les residents a faire preuve d’une prudence particuliere lorsqu’ils circulent sur les routes, en particulier pres des communautes frontalieres. Imaginez vivre dans un endroit ou meme la route que vous empruntez pour aller travailler peut etre piegee a tout moment par un engin volant invisible.
Cette tactique s’ajoute au fait que la zone affectee par les mines represente pres d’un quart du territoire ukrainien, faisant de l’Ukraine le pays le plus contamine par les mines au monde depuis la Seconde Guerre mondiale. Plus de six millions de personnes vivent dans ou pres de zones dangereuses, les regions agricoles de Kharkiv, Sumy et Zaporizhzhia etant parmi les plus touchees. Depuis l’invasion a grande echelle de la Russie, les mines terrestres et les munitions non explosees ont tue 359 civils, dont 18 enfants, et en ont blesse pres de 1 000 autres.
2025 : l'annee la plus meurtriere depuis 2022
Le meurtre du couple de Hrabovske s’inscrit dans une tendance alarmante. Selon la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies, 2025 a ete l’annee la plus meurtriere pour les civils en Ukraine depuis 2022, l’annee de l’invasion a grande echelle.
Danielle Bell, cheffe de la mission, a declare : « L’augmentation de 31 pour cent des victimes civiles par rapport a 2024 represente une deterioration marquee de la protection des civils. » La grande majorite des victimes verifiees par la mission en 2025 se trouvaient en territoire controle par le gouvernement et resultaient d’attaques lancees par les forces armees russes (97 pour cent; 2 395 tues et 11 751 blesses).
Soixante-trois pour cent (9 253) de toutes les victimes en 2025 se sont produites dans les zones de premiere ligne. Le 31 juillet, des armes a longue portee lancees par la Federation de Russie ont tue 32 civils, dont cinq enfants, et en ont blesse 170, dont 17 enfants, a Kyiv, le nombre verifie le plus eleve de victimes civiles dans la capitale depuis l’invasion a grande echelle.
Le 19 novembre, une frappe combinee massive drone-missile a tue au moins 36 civils a Ternopil, marquant l’attaque la plus meurtriere dans l’ouest de l’Ukraine depuis le debut de l’invasion a grande echelle.
L'effondrement des services medicaux d'urgence
L’une des consequences les plus insidieuses de cette campagne de terreur par drone est l’effondrement des services medicaux d’urgence dans certaines regions. Les drones russes ont cible les etablissements de sante, les ambulances et leur personnel, y compris les equipes de secours intervenant apres des attaques de drones sur des civils.
Le personnel ambulancier a indique que leurs equipes ne pouvaient plus repondre aux appels dans certaines zones par crainte des attaques de drones. Au lieu de cela, des equipes de police dans des vehicules blindes doivent transporter les blesses vers les etablissements medicaux. Imaginez etre victime d’un accident cardiaque et devoir attendre un vehicule blinde de police parce que les ambulanciers risquent d’etre tues par un drone s’ils viennent vous secourir.
C’est la realite quotidienne dans de nombreuses regions ukrainiennes. Et c’est exactement ce que veut la Russie : creer un environnement si dangereux que meme les services de base cessent de fonctionner, poussant les populations a fuir ou a se soumettre.
Les attaques sur les infrastructures energetiques : la guerre de l'hiver
Alors que les temperatures chutaient en janvier 2026, les attaques russes sur les infrastructures energetiques ukrainiennes se sont intensifiees. Le 13 janvier, la Russie a lance une autre attaque massive sur l’Ukraine, ciblant le reseau electrique et tuant au moins quatre personnes. L’attaque comprenait pres de 300 drones, 18 missiles balistiques et sept missiles de croisiere.
Le plan de reponse hivernal 2025-2026 des Nations Unies vise a aider 1,7 million de personnes, mais fait face a un deficit de financement significatif, avec seulement 50 pour cent des ressources necessaires securisees.
Comme l’a souligne la mission onusienne : « La forte augmentation des attaques a longue portee et le ciblage des infrastructures energetiques nationales de l’Ukraine signifient que les consequences de la guerre sont desormais ressenties par les civils bien au-dela de la ligne de front. »
C’est une guerre totale contre la population civile ukrainienne. Les drones FPV traquent les individus dans les zones de premiere ligne; les missiles et drones longue portee frappent les villes de l’arriere; les infrastructures energetiques sont systematiquement detruites pour plonger le pays dans le froid et l’obscurite. Chaque Ukrainien, ou qu’il se trouve, est une cible.
Le silence assourdissant de la communaute internationale
Face a cette horreur documentee, que fait la communaute internationale? Des rapports. Des enquetes. Des condamnations. Des expressions de preoccupation. Et puis… rien de concret.
La Commission d’enquete des Nations Unies a conclu que les attaques de drones russes contre les civils constituent des crimes contre l’humanite. Human Rights Watch a documente des centaines de cas d’attaques deliberees. Les preuves sont accablantes, les temoignages nombreux, les videos disponibles. Et pourtant, les responsables ne sont pas traduits en justice. Les livraisons d’armes defensives a l’Ukraine font toujours l’objet de debats politiques. Les sanctions contre la Russie restent partiellement contournees.
Pendant ce temps, un homme de 54 ans tire sa femme blessee sur une luge dans la neige de Hrabovske, esperant atteindre un lieu sur qui n’existe peut-etre plus nulle part.
Ce que nous devons retenir de Hrabovske
L’histoire du couple de Hrabovske n’est pas juste une tragedie de guerre parmi d’autres. C’est le symbole parfait de ce que la Russie fait subir aux Ukrainiens depuis bientot quatre ans. Des gens ordinaires, sans pouvoir, sans defense, chasses de leurs maisons, traques sur les routes, abattus comme des animaux par des operateurs assis confortablement a des kilometres de la, regardant tout cela sur un ecran.
Ces deux personnes avaient des noms, des histoires, des reves. Ils ont vecu 52 et 54 ans respectivement avant que quelqu’un decide que leur vie ne valait rien. Quelqu’un qui les a vus sur son ecran, a reconnu qu’ils etaient des civils en fuite, et a quand meme appuye sur le bouton.
C’est cela, la guerre de la Russie en Ukraine. Pas une operation militaire. Pas une liberation. Pas une defense. C’est une extermination systematique de tout ce qui est ukrainien, y compris les civils les plus vulnerables fuyant sur une luge.
Et nous regardons. Nous documentons. Nous condamnons. Et ils continuent de mourir.
Une question de civilisation
Ce qui se passe en Ukraine n’est pas juste une question geopolitique ou strategique. C’est une question de civilisation. Acceptons-nous que des operateurs de drones puissent deliberement cibler et tuer des civils en fuite? Acceptons-nous que porter un drapeau blanc ne protege plus? Acceptons-nous que les ambulances soient des cibles legitimes? Acceptons-nous que des villages entiers soient deportes comme au Moyen Age?
Si nous acceptons tout cela par notre inaction, nous ne sommes pas seulement complices. Nous etablissons un precedent pour toutes les guerres futures. Nous disons au monde que les lois de la guerre ne sont que des suggestions, que les crimes contre l’humanite sont tolerables tant qu’ils sont commis par un membre permanent du Conseil de securite de l’ONU.
Le couple de Hrabovske merite mieux que cela. Les 2 395 civils tues en Ukraine en 2025 meritent mieux que cela. Les 11 751 blesses meritent mieux que cela. Les six millions de personnes vivant dans des zones contaminees par les mines meritent mieux que cela.
Nous meritons tous mieux que cela. Parce que si nous laissons faire a Hrabovske, qu’est-ce qui empechera que cela se produise ailleurs demain?
Conclusion : Les noms que nous ne connaitrons jamais
Je ne connais pas les noms du couple de Hrabovske. Les rapports ne les mentionnent pas. Juste leurs ages : 52 ans pour elle, 54 ans pour lui. Juste les circonstances : une luge, une blessure, une fuite, deux drones, deux explosions, deux morts.
Mais quelque part en Ukraine, des gens les pleurent. Des enfants peut-etre, des petits-enfants, des voisins, des amis. Des gens qui les appelaient par leurs prenoms, qui connaissaient leurs habitudes, leurs gouts, leurs reves. Des gens pour qui ces deux morts ne sont pas des statistiques mais des absences impossibles a combler.
C’est pour eux que j’ecris ces lignes. Pour rappeler que chaque victime civile en Ukraine etait quelqu’un. Pour refuser que ces morts deviennent des chiffres dans un rapport annuel. Pour hurler, avec les mots qui me restent, que ceci est inacceptable.
Un homme de 54 ans tirant sa femme blessee sur une luge dans la neige. L’image restera gravee dans mon esprit. Elle devrait rester gravee dans le votre aussi. Parce que c’est ce que nous permettons. C’est ce qui se passe pendant que nous vivons nos vies quotidiennes.
Et tant que nous ne ferons pas plus que documenter et condamner, ils continueront de chasser les Ukrainiens comme des proies, un drone a la fois.
Signe Maxime Marquette
Sources
United24 Media – Russian Drone Strikes Hit Civilian Couple Fleeing Sumy Border Village
Ukrinform – Russians ‘shoot’ two residents of Sumy region with drones during evacuation
Yahoo News – Russians kills couple in Sumy Oblast as they try to evacuate
Liveuamap – 2 people killed as result of drone strike near Hrabovske village
Euromaidan Press – Border Hrabovske remains under Russian control
Euromaidan Press – Russia remotely mining Hrabovske
Human Rights Watch – Ukraine: Russia Using Drones to Attack Civilians
Human Rights Watch – Hunted From Above: Russia’s Use of Drones to Attack Civilians in Kherson
OHCHR – UN Commission concludes Russian drone attacks amount to crimes against humanity
UN Human Rights Monitoring Mission – Short-range drone attacks statistics
UN Human Rights Monitoring Mission – Short Range Drones Become Most Dangerous Weapon for Civilians
UN Human Rights Monitoring Mission – 2025 deadliest year for civilians since 2022
Al Jazeera – Civilian casualties in Ukraine up sharply in 2025
Kyiv Independent – Investigation launched after Russian drone kills civilians with white flag
United24 Media – Russian Shelling and Drone Strikes Wound Seven Civilians in Sumy Region
United24 Media – Russian Forces Use Drones to Plant Explosives on Roads in Sumy Region
Euronews – Russia launches major attack on Ukraine targeting power grid
ArmyInform – Enemy suffers heavy losses in Sumy Region
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