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CHRONIQUE : Deux millions de vies fauchées par la guerre en Ukraine, et l’humanité continue de compter les morts
Crédit: Adobe Stock

Comment ne pas penser à Verdun en lisant ces chiffres ? Comment ne pas voir dans les tranchées du Donbass les fantômes de celles de la Somme ? En 1916, la bataille de Verdun fit près de 700 000 victimes en dix mois pour quelques kilomètres de terrain boueux. Aujourd’hui, dans l’est de l’Ukraine, les soldats meurent par milliers pour des gains territoriaux mesurés en mètres. Le rapport du CSIS est sans appel : « Les forces russes ont avancé à un rythme moyen de 15 à 70 mètres par jour dans leurs offensives les plus importantes, plus lentement que presque toutes les campagnes offensives majeures de toutes les guerres du siècle dernier. »

Soixante-dix mètres par jour. C’est moins qu’un terrain de football. Pour ce résultat dérisoire, des milliers d’hommes sont envoyés à la mort chaque semaine, sacrifiés dans des assauts frontaux dignes des tactiques les plus absurdes de 1914-1918. La Russie a conquis à peine 1,5% de territoire ukrainien supplémentaire en deux ans. Le prix ? Plus d’un million de ses soldats hors de combat.

Henri Barbusse, dans Le Feu, décrivait les poilus de la Grande Guerre : « Ce ne sont pas des soldats : ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine […] Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu’on reconnaît dans leurs uniformes. » Un siècle plus tard, dans les steppes ukrainiennes et les ruines du Donbass, ce sont les mêmes hommes ordinaires qui meurent. Des paysans russes arrachés à leurs villages par la mobilisation, des informaticiens ukrainiens devenus soldats par nécessité, des pères de famille qui ne reverront jamais leurs enfants.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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