Ce que cette attaque révèle dépasse le simple acte de terreur isolé. Elle expose une stratégie délibérée visant à paralyser le système ferroviaire ukrainien, véritable colonne vertébrale d’un pays dont l’espace aérien reste fermé depuis près de quatre ans. Les trains sont devenus le seul moyen de transport fiable pour des millions d’Ukrainiens – pour fuir les zones de combat, pour rejoindre leurs proches, pour maintenir une semblance de vie normale dans l’anormalité absolue de la guerre.
Ukrzaliznytsia, l’opérateur ferroviaire national, a annoncé une réduction temporaire de certaines connexions, particulièrement dans la région de Kharkiv. L’entreprise a averti que la Russie intensifie ses attaques contre le réseau ferroviaire et a introduit des conditions de circulation spéciales sur certaines sections, notamment près des lignes de front et dans les zones où une activité militaire russe accrue a été enregistrée.
Les drapeaux ont été mis en berne dans toutes les gares du pays. Une minute de silence a été observée pour honorer les victimes. Mais derrière ces gestes symboliques se cache une réalité terrifiante : chaque Ukrainien qui monte dans un train sait désormais qu’il pourrait ne jamais arriver à destination.
« Cette attaque a semé la peur parmi les Ukrainiens », rapportent les médias internationaux. Et c’est précisément l’objectif. Le terrorisme ne vise pas à remporter des victoires militaires – il vise à briser la volonté d’un peuple. À transformer chaque acte quotidien en exercice de survie. À faire de la peur une compagne permanente.
Une nuit de terreur généralisée
La nuit du 27 au 28 janvier 2026 restera gravée dans la mémoire collective ukrainienne comme l’une des plus brutales de ce conflit. La Russie a lancé un missile balistique Iskander-M et 146 drones contre le territoire ukrainien. Les défenses anti-aériennes ont réussi à neutraliser 103 de ces engins de mort, mais les 43 autres ont atteint leurs cibles, semant destruction et désolation.
Dans la région de Kyiv, un immeuble d’appartements a été touché, tuant au moins deux personnes et déclenchant un incendie. C’est là que s’est jouée une scène qui illustre à la fois l’horreur de cette guerre et l’héroïsme ordinaire qu’elle engendre. Marian Kushnir, correspondant de Radio Free Europe/Radio Liberty qui couvre les lignes de front, vivait dans cet immeuble. Réveillé par l’explosion, il a saisi son sac médical tactique et s’est précipité vers les flammes.
« J’ai vu une porte légèrement entrouverte », raconte-t-il. À l’intérieur, une fillette de quatre ans, assise sur un lit, criait « Maman ! » L’incendie se propageait si rapidement que lorsque Kushnir est revenu après avoir évacué l’enfant, la cage d’escalier était déjà en flammes. La petite fille a survécu. Sa mère et son compagnon ont péri dans l’attaque.
Ce n’est pas la première fois que Kushnir sauve des civils. Il avait déjà évacué une famille avec une fillette de 12 ans d’un village proche de la ligne de front, là où même les équipes d’évacuation officielles ne pouvaient plus accéder. Voilà le visage de l’Ukraine en guerre : des journalistes qui deviennent sauveteurs, des civils qui deviennent héros, un peuple entier qui refuse de plier face à la barbarie.
La géographie de la souffrance
Les attaques du 28 janvier n’ont épargné aucune région de l’Ukraine. Dans la région de Zaporizhzhia, au moins six personnes ont été blessées par une frappe de missile russe, selon le chef de l’administration militaire régionale, Ivan Fedorov. À 4h40 du matin, un quartier résidentiel de la ville de Zaporizhzhia a été frappé, vraisemblablement par des roquettes de systèmes de lancement multiple (MLRS). Des immeubles d’appartements ont été endommagés, des voitures ont brûlé.
Dans la région de Dnipropetrovsk, les forces russes ont attaqué plusieurs localités, tuant un homme de 46 ans et blessant au moins deux autres personnes, selon le chef de l’administration militaire régionale, Oleksandr Hanzha. Les districts de Kamianske, Nikopol, Pavlohrad, Kryvyi Rih et Synelnykove ont tous été visés par des frappes de drones et des bombardements. Des bâtiments résidentiels, des entreprises et des infrastructures ont été endommagés.
Cette géographie de la destruction n’est pas aléatoire. Elle dessine une carte de terreur systématique, visant à rendre la vie impossible sur l’ensemble du territoire ukrainien. Chaque ville, chaque village, chaque foyer devient une cible potentielle. La Russie ne cherche pas à conquérir l’Ukraine – elle cherche à l’anéantir.
Le front de Donetsk : la guerre d'usure
Pendant que les drones terrorisent l’arrière, les combats font rage sur les lignes de front du Donbass. La ville de Chasiv Yar, située à l’ouest de Bakhmut, reste au cœur des affrontements. Les forces ukrainiennes y tirent avec leurs systèmes de lancement multiple BM-21 Grad sur les positions russes, tentant de repousser une offensive qui ne faiblit pas.
Selon l’observateur militaire Kostyantyn Mashovets, les forces russes ont concentré leurs efforts dans la direction de Kostiantynivka, attaquant les villages au sud-est de la ville en groupes de deux ou trois soldats, sans véhicules, 10 à 12 fois par jour. Cette tactique d’infiltration à petite échelle a permis quelques avancées, notamment au nord-est de Kostiantynivka, avec une progression de Chasiv Yar vers Stinky.
Les analystes prédisent que 2026 sera l’année de la bataille pour Kostiantynivka au minimum, et pour Sloviansk au maximum. Les groupes d’assaut russes se heurtent constamment aux districts sud-est de Kostiantynivka, mais pour l’instant, la défense ukrainienne tient bon.
Entre début novembre 2025 et début janvier 2026, les forces russes ont avancé d’environ 18,5 kilomètres, à un rythme moyen de 297 mètres par jour. Ce chiffre, apparemment modeste, cache une réalité sanglante : chaque mètre conquis est payé au prix de centaines de vies humaines, russes comme ukrainiennes.
Le prix du sang
Le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) a publié cette semaine un rapport qui devrait faire frémir le monde entier. Depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022 jusqu’en décembre 2025, la Russie a subi 1,2 million de pertes, incluant jusqu’à 325 000 morts parmi ses troupes.
Permettez-moi de contextualiser ce chiffre : aucune grande puissance n’a subi un tel niveau de pertes dans aucune guerre depuis la Seconde Guerre mondiale. La Russie de Vladimir Poutine est en train de saigner son armée, sa jeunesse, son avenir sur les champs de bataille ukrainiens pour conquérir quelques centaines de kilomètres carrés de territoire.
« Malgré les affirmations de momentum sur le champ de bataille en Ukraine, les données montrent que la Russie paie un prix extraordinaire pour des gains minimaux et est en déclin en tant que grande puissance », conclut le rapport du CSIS.
Le président Zelensky, lors du Forum économique mondial de Davos, a révélé que les pertes russes avaient atteint 35 000 morts par mois en décembre dernier, soit environ 48 soldats russes tués par heure. Chaque heure. Vingt-quatre heures par jour. Sept jours par semaine.
Les pertes combinées russo-ukrainiennes pourraient atteindre 2 millions d’ici le printemps 2026, selon les projections actuelles. Deux millions de vies humaines sacrifiées sur l’autel de l’impérialisme poutinien. Deux millions de familles brisées. Deux millions de futurs anéantis.
L'humanitaire en lambeaux
Alors que la guerre entre dans sa quatrième année, les chiffres de la catastrophe humanitaire donnent le vertige. Plus de 53 000 victimes civiles ont été documentées. 3,7 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur de l’Ukraine. 6,9 millions ont fui le pays. 12,7 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire.
Le rapport des Nations Unies publié récemment établit plusieurs tendances alarmantes : augmentation des victimes civiles tant dans les zones de front que dans les zones urbaines, attaques soutenues contre les infrastructures énergétiques, et poursuite des schémas de torture systématique et généralisée des prisonniers de guerre ukrainiens et des détenus civils.
La Russie intensifie ses frappes de missiles et de drones contre les installations de production et de transmission d’énergie ukrainiennes, ses systèmes d’eau et ses ports – frappant fréquemment des infrastructures civiles indispensables. Le Kremlin prétend protéger les civils tout en dégradant systématiquement les systèmes dont dépend leur survie, particulièrement pendant les conditions hivernales.
Dans les territoires ukrainiens sous occupation russe, les autorités continuent d’imposer des mesures en violation du droit international humanitaire. Le rapport décrit des restrictions croissantes sur la liberté de mouvement, d’expression, de religion et d’accès à l’information indépendante. Les civils font face à une pression accrue pour adopter la citoyenneté russe, la vie quotidienne devenant pratiquement impossible sans passeport russe.
Les crimes de guerre s'accumulent
Le rapport de l’ONU documente également une augmentation des exécutions extrajudiciaires de prisonniers de guerre. Au moins quatre incidents impliquant le meurtre de dix militaires ukrainiens après leur capture par les forces russes ont été jugés crédibles. Quatre exécutions de prisonniers de guerre russes par les forces armées ukrainiennes ont également été enregistrées, ainsi que des allégations crédibles de trois incidents supplémentaires actuellement en cours d’examen.
La Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre trois commandants militaires russes de haut rang et l’ancien ministre de la Défense Sergueï Choïgou. Ces quatre individus sont accusés de crimes de guerre commis en Ukraine, notamment la direction d’attaques contre la population civile et le fait de causer des dommages civils excessifs, ainsi que du crime contre l’humanité d’actes inhumains.
Les forces ukrainiennes et russes ont commis des abus contre les prisonniers de guerre, incluant la torture et les mauvais traitements. L’ONU a en outre documenté des violations commises par des mercenaires affiliés à la Russie du Groupe Wagner contre des prisonniers de guerre, incluant des disparitions forcées, des mauvais traitements et des exécutions extrajudiciaires, qui peuvent constituer des crimes de guerre en vertu du droit international.
Les négociations de l'impossible
Pendant que le sang coule, les diplomates parlent. Les 23 et 24 janvier, l’Ukraine et la Russie ont conclu deux jours de pourparlers directs à Abou Dhabi, sous l’égide de l’administration Trump. C’était la première occasion connue où des responsables de l’administration américaine tenaient des discussions simultanément avec des négociateurs ukrainiens et russes.
Le président Zelensky a qualifié ces conversations de « constructives ». L’envoyé spécial américain Steve Witkoff a partagé une image des pourparlers trilatéraux, affirmant que les discussions étaient « très constructives » et se poursuivraient la semaine suivante. Une nouvelle série de négociations était attendue dès le 1er février.
Mais derrière ces déclarations optimistes se cache une réalité bien plus sombre. Le Kremlin a indiqué qu’il n’y avait eu aucune percée et a réaffirmé sa volonté de continuer à combattre à moins que l’Ukraine ne cède l’ensemble de sa région du Donbass et n’accepte un certain nombre d’autres exigences russes sévères. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que le retrait des troupes ukrainiennes de l’est du Donbass restait une « condition importante » pour la Russie.
Le président Trump a déclaré à Reuters qu’il pensait que Vladimir Poutine était « prêt à conclure un accord », mais que « l’Ukraine est moins prête à conclure un accord ». Lorsqu’on lui a demandé pourquoi les négociations menées par les États-Unis ne trouvaient pas de solution pour mettre fin à la guerre, Trump a répondu en un seul mot : « Zelensky ».
Cette déclaration révèle une incompréhension fondamentale – ou une mauvaise foi délibérée – de la situation. Comment peut-on blâmer la victime d’une agression pour ne pas accepter les termes de son agresseur ? L’Ukraine ne refuse pas la paix – elle refuse la capitulation. Elle refuse de céder son territoire souverain à une puissance qui a violé chaque traité, chaque accord, chaque principe du droit international.
La question des garanties de sécurité
Au cœur des négociations se trouve la question cruciale des garanties de sécurité. Le président Zelensky a révélé que les États-Unis proposaient une garantie de sécurité de 15 ans dans la dernière version du plan de paix en 20 points. Mais il préférerait que l’administration Trump s’engage sur une période allant jusqu’à 50 ans pour dissuader la Russie de lancer de nouvelles attaques.
« J’aimerais que la garantie soit beaucoup plus longue », a déclaré Zelensky. « Je lui ai dit que nous souhaiterions vraiment envisager la possibilité de 30, 40, 50 ans. »
Cette demande n’est pas déraisonnable. L’histoire a démontré à maintes reprises que la Russie ne respecte ses engagements que lorsqu’elle y est contrainte par la force. Le Mémorandum de Budapest de 1994, par lequel l’Ukraine a renoncé à son arsenal nucléaire en échange de garanties de sécurité de la Russie, des États-Unis et du Royaume-Uni, s’est révélé être un bout de papier sans valeur lorsque la Russie a annexé la Crimée en 2014.
Les alliés européens de l’Ukraine ont annoncé leur intention de fournir des garanties de défense internationales multicouches dans le cadre d’une proposition visant à mettre fin à l’invasion. Le Royaume-Uni et la France « établiront des hubs militaires à travers l’Ukraine et construiront des installations protégées pour les armes et l’équipement militaire pour soutenir les besoins défensifs de l’Ukraine » en cas de cessez-le-feu.
La fatigue morale de l'Occident
Il y a quelque chose de profondément troublant dans la manière dont le monde semble s’être habitué à cette guerre. Les gros titres se succèdent, les chiffres s’accumulent, les atrocités se banalisent. Un train de passagers est frappé, six civils meurent, et la nouvelle disparaît des cycles d’information en quelques heures, remplacée par le dernier scandale politique ou la dernière célébrité en disgrâce.
Cette fatigue morale est peut-être la plus grande victoire de Vladimir Poutine. Il compte sur l’épuisement de l’attention occidentale, sur l’érosion progressive de la solidarité internationale, sur la tentation croissante de « tourner la page » et de « passer à autre chose ». Il mise sur notre propre lassitude pour achever ce qu’il n’a pas pu accomplir sur le champ de bataille.
Mais nous ne pouvons pas nous permettre cette fatigue. Chaque drone Shahed qui frappe un immeuble d’habitation, chaque missile qui détruit une infrastructure énergétique, chaque soldat russe qui exécute un prisonnier de guerre est un test de notre humanité collective. Fermer les yeux, c’est devenir complice.
Ce que nous devons retenir
Au jour 1 435 de cette guerre, voici ce que nous devons garder à l’esprit :
Premièrement, la Russie mène une guerre de terreur délibérée contre la population civile ukrainienne. Les frappes sur les trains de passagers, les immeubles d’habitation, les infrastructures énergétiques ne sont pas des « dommages collatéraux » – ce sont des cibles intentionnelles. Le terrorisme est la stratégie, pas l’accident.
Deuxièmement, malgré des pertes catastrophiques, la Russie persiste. Plus de 1,2 million de victimes militaires russes n’ont pas suffi à faire reculer le Kremlin. Cette obstination révèle que pour Poutine, les vies de ses propres soldats n’ont pas plus de valeur que celles des civils ukrainiens qu’il massacre. C’est la logique d’un régime totalitaire pour lequel l’humain n’est qu’un instrument.
Troisièmement, l’Ukraine continue de résister avec un courage qui force l’admiration. Des journalistes qui sauvent des enfants des flammes, des soldats qui tiennent leurs positions malgré des attaques incessantes, une population entière qui refuse de se soumettre – voilà le visage de la résistance ukrainienne.
Quatrièmement, les négociations de paix ne peuvent réussir que si elles sont fondées sur le respect de la souveraineté ukrainienne et du droit international. Toute paix qui récompenserait l’agression russe ne serait pas une paix – ce serait une pause avant la prochaine guerre.
L'impératif moral de notre époque
Cette guerre n’est pas seulement le problème de l’Ukraine. C’est le test définitif de l’ordre international fondé sur des règles que nous prétendons défendre. Si la Russie peut envahir un voisin souverain, massacrer sa population civile, annexer son territoire et s’en tirer impunément, alors les principes de la Charte des Nations Unies ne valent rien. Alors la loi de la jungle prévaut sur la règle de droit.
Le jour 1 435 n’est pas un jour comme les autres. C’est un rappel que chaque jour de cette guerre est un jour de trop. C’est un appel à ne pas détourner le regard, à ne pas céder à la fatigue, à ne pas abandonner l’Ukraine à son sort.
Parce qu’au bout du compte, ce qui est en jeu dépasse les frontières de l’Ukraine. C’est notre conception même de ce que signifie être civilisé dans un monde où des tyrans peuvent décider de détruire des nations entières sur un caprice. C’est notre capacité à distinguer le bien du mal et à agir en conséquence.
Les six victimes du train de Kharkiv méritaient de vivre. Les deux personnes tuées dans l’immeuble de la région de Kyiv méritaient de vivre. L’homme de 46 ans tué dans la région de Dnipropetrovsk méritait de vivre. Ils méritaient tous de vivre, et leur mort nous oblige.
Elle nous oblige à ne pas oublier. À ne pas pardonner. À ne pas nous lasser. À rester debout, aussi longtemps qu’il le faudra, aux côtés de ceux qui se battent pour leur liberté et pour la nôtre.
Parce que si l’Ukraine tombe, nous tombons tous.
Signé Maxime Marquette
Sources
Al Jazeera – Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,435
Al Jazeera – At least three people killed in Russian attacks on Ukraine
Radio Free Europe/Radio Liberty – Russian Attacks Kill Civilians Across Ukraine After Drone Strike On Passenger Train
Euronews – Russia strikes passenger train in Ukraine, killing five
NBC News – Russian strike on passenger train in northeastern Ukraine kills 5
Ukrinform – War correspondent rescues child from burning apartment in Kyiv region
CSIS – Russia’s Grinding War in Ukraine
Euronews – Russia suffers more losses in its war against Ukraine than any other country since WWII
Euronews – Abu Dhabi hosts Russia-Ukraine peace talks
Al Jazeera – Ukraine, Russia, US to meet for first trilateral talks
UN Human Rights – Rising Civilian Casualties and Violations Amid Intensifying Hostilities in Ukraine
United Nations Ukraine – Civilian Harm and Human Rights Abuses Persist in Ukraine as War Enters Fourth Year
Kyiv Independent – Ukraine war latest updates: Russia intensifies push on Chasiv Yar
Ukrinform – Russians strike Zaporizhzhia with MLRS
The Hill – Volodymyr Zelensky pushes US for 50-year security guarantee
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