Le détail des cibles frappées raconte une histoire de destruction méthodique et sans pitié. Sur ces 820 000 frappes, près de 240 000 ont visé le personnel ennemi. Deux cent quarante mille fois, un drone FPV télécommandé par un opérateur parfois situé à des kilomètres a fondu sur des soldats russes – dans des tranchées, des abris, des véhicules, des positions fortifiées. Le tout pour un coût unitaire de quelques centaines d’euros par drone.
À cela s’ajoutent 62 000 frappes contre des véhicules légers, 29 000 contre des véhicules lourds – chars, véhicules blindés de transport de troupes, systèmes d’artillerie automoteurs – et 32 000 contre des drones ennemis de reconnaissance et de frappe. Les drones chassent désormais les drones. L’intelligence artificielle s’attaque à l’intelligence artificielle dans un ballet macabre où l’humain n’est plus qu’un spectateur impuissant.
Le vice-premier ministre et ministre de la Transformation numérique Mykhailo Fedorov, architecte de cette révolution, n’a pas hésité à qualifier ce moment de « percée ». Le terme est faible. Ce que l’Ukraine a accompli est sans précédent dans l’histoire militaire moderne.
De 7 à 500 : la naissance d'une industrie de guerre
Pour comprendre l’ampleur de cette transformation, il faut revenir aux premiers jours de l’invasion russe. En février 2022, l’Ukraine comptait sept fabricants de drones. Sept. Aujourd’hui, selon le ministère de la Transformation numérique, environ 500 entreprises ukrainiennes produisent des drones sur le territoire national.
La croissance des capacités de production est tout simplement stupéfiante. En 2024, l’Ukraine produisait environ 20 000 drones FPV par mois. Au début de 2025, ce chiffre est passé à 200 000 drones par mois. Une multiplication par dix en un an. Le président Zelensky a déclaré que l’Ukraine est désormais capable de produire 4 millions de drones par an.
Et ce n’est pas suffisant. Le ministère de la Défense a annoncé des plans pour acquérir 4,5 millions de drones FPV en 2025, triplant les achats de l’année précédente, avec un budget de plus de 2,6 milliards de dollars consacré à ces seuls achats. C’est une économie de guerre entièrement réorganisée autour d’un seul impératif : produire plus de drones, toujours plus de drones.
Brave1 : le laboratoire de l'innovation militaire
Au coeur de cette révolution se trouve Brave1, une plateforme gouvernementale lancée le 26 avril 2023 pour mettre en relation les entreprises innovantes avec les besoins de défense du pays. Ce qui a commencé avec un financement initial de 100 millions de hryvnias (environ 2,7 millions de dollars) est devenu un mastodonte de l’innovation militaire.
Le budget de Brave1 pour 2025 s’élève à près de 3 milliards de hryvnias (75 millions de dollars) pour les subventions aux technologies de défense, avec des priorités incluant les missiles, les lasers, les essaims de drones et les systèmes anti-Shahed. En deux ans, le cluster a accordé plus de 540 subventions totalisant plus de 2 milliards de hryvnias (50 millions de dollars).
Le système de « points électroniques » présenté par Zelensky le 26 janvier transforme chaque frappe réussie en crédit que les unités peuvent dépenser sur le Brave1 Market pour commander des drones, des systèmes de guerre électronique et d’autres équipements. Plus de 95 unités ont déjà utilisé ce système, passant des commandes pour plus de 30 000 drones FPV et d’autres équipements d’une valeur totale d’environ 2 milliards de hryvnias. C’est la gamification de la guerre, et cela fonctionne avec une efficacité terrifiante.
L’une des innovations les plus remarquables sorties de Brave1 est un système de drone « mère » capable de livrer deux drones de frappe FPV guidés par IA jusqu’à 300 kilomètres derrière les lignes ennemies. Une fois largués, ces drones plus petits peuvent localiser et frapper de manière autonome des cibles de grande valeur – avions, systèmes de défense aérienne, infrastructures critiques – le tout sans utiliser le GPS, rendant le brouillage inefficace.
Le mur de drones : une nouvelle forme de défense
Sur le terrain, l’impact tactique est tout aussi révolutionnaire. Les drones FPV ont permis aux forces ukrainiennes de créer ce que les analystes appellent un « mur de drones » – une défense en profondeur qui a transformé de nombreuses offensives russes en champs jonchés de cadavres.
Un lieutenant ukrainien de la 93e brigade mécanisée a déclaré au Sunday Times : « Aucun autre type d’arme n’a changé le visage de la guerre ici aussi rapidement ou aussi profondément que le drone FPV. Presque tout véhicule à moins de 5 kilomètres du front est pratiquement condamné. Tout ce qui bouge jusqu’à 10 kilomètres est en danger. »
Cette zone de destruction s’est régulièrement étendue et s’étend maintenant sur environ 15 à 20 kilomètres depuis la ligne de front. Dans ce périmètre, rien de ce qui est visible ne peut survivre longtemps. Le champ de bataille est devenu ce que les experts appellent « totalement transparent » – les soldats ne sont en sécurité nulle part, contraints de se camoufler et de s’enterrer dans des tranchées pour éviter les attaques suicides des drones.
Les rapports médicaux militaires russes suggèrent que plus de 75% des blessures subies par leurs soldats pendant les combats de faible intensité sont causées par des frappes de FPV. C’est une statistique qui devrait donner des cauchemars à tous les planificateurs militaires du monde.
La course aux armements électroniques
Bien sûr, les Russes n’ont pas regardé passivement cette révolution se dérouler. La guerre électronique est profondément ancrée dans les formations et la doctrine militaires russes. Selon le Royal United Services Institute, un groupe de réflexion britannique sur la défense, l’Ukraine pourrait perdre environ 10 000 drones par mois, principalement à cause du brouillage.
La Russie dispose de plus de 400 sites radar répartis sur son territoire et celui de ses alliés, et d’au moins 14 unités militaires de guerre électronique. Elle possède des équipements tactiques mobiles comme les systèmes Krasukha-4 et Moscow-1, des brouilleurs au sol à portée de 300 kilomètres comme le Murmansk-BN, des brouilleurs radar aéroportés comme le Divnomorye, et des brouilleurs radar de missiles sol-air montés sur hélicoptère comme le Mi-8MTPR-1.
Face à cette menace, l’innovation ukrainienne a trouvé une parade : les drones à fibre optique. Au lieu d’utiliser des réseaux sans fil, ces drones utilisent des câbles physiques au lieu de signaux radio, ce qui les rend très résistants au brouillage. C’est ironiquement une technologie que la Russie a elle-même popularisée.
L’unité russe ultra-secrète connue sous le nom de Rubicon a été pionnière dans l’utilisation des drones à fibre optique, attachant un câble de la taille d’une ligne de pêche du drone aux commandes de contrôle, le rendant imperméable aux tentatives de perturbation. Moscou a commencé le déploiement massif de ces drones pendant sa campagne pour chasser l’Ukraine de l’oblast russe de Koursk en 2025.
Aujourd’hui, les deux camps déploient ces systèmes à grande échelle. Selon les estimations des chercheurs, à la fin de 2024, la production de drones FPV à fibre optique par l’Ukraine et la Russie représentait environ 10% de la production totale de FPV. Sur cette base, l’Ukraine produit actuellement au moins 20 000 de ces drones par mois, tandis que la Russie en produit environ 50 000.
La Russie a localisé la production de câbles à fibre optique, avec l’usine principale située à l’usine de Saransk. L’usine exploite six lignes de production qui produisent ensemble 12 000 km de câble à fibre optique par jour – environ 4 millions de kilomètres par an. La portée opérationnelle de ces systèmes dépend de la longueur du câble : les premiers modèles étaient limités à environ 10 km, tandis que les versions actuelles peuvent atteindre jusqu’à 40 km.
Quand le brouillage ne suffit plus
L’escalade technologique ne s’arrête pas là. Face aux systèmes de brouillage de plus en plus sophistiqués, l’Ukraine développe des solutions de navigation autonome. D’ici la fin de 2025, les entreprises devraient introduire des solutions entièrement autonomes comprenant la navigation visuelle pour surmonter le brouillage GPS, ainsi que le guidage terminal et la reconnaissance intelligente des cibles.
La réalité de ce conflit implique une adaptation constante. Comme l’a décrit un commandant russe : « L’ennemi joue avec les fréquences ; nous reconfigurons nos systèmes de guerre électronique. L’ennemi commence à nous supprimer avec la guerre électronique ; nous passons à d’autres fréquences. » C’est un jeu du chat et de la souris à l’échelle industrielle.
La véritable innovation – et vulnérabilité – réside dans le logiciel des drones. Toutes les quatre à six semaines, des mises à jour sont nécessaires sur les systèmes critiques – protocoles de communication, systèmes de navigation et algorithmes de contrôle de vol – pour rester en avance sur les tactiques de guerre électromagnétique en constante évolution.
Un commandant de première ligne ukrainien a admis les défis posés par les drones à fibre optique russes lors des opérations hivernales de 2025 dans l’oblast de Koursk : « Il n’y avait, en fait, rien pour les contrer. » Actuellement, ni l’Ukraine ni la Russie n’a de contre-mesures efficaces contre ces drones. Des idées sont explorées pour neutraliser physiquement ces drones à l’aide de tourelles, de lanceurs de filets et de fusils de chasse, ainsi que l’étude de l’utilisation de lasers pour les désactiver.
Le coût humain de la révolution des drones
Derrière les statistiques impressionnantes et les innovations technologiques se cache une réalité brutale : cette guerre reste un carnage d’une ampleur historique. Depuis février 2022, les forces russes ont subi près de 1,2 million de pertes – plus de pertes que n’importe quelle grande puissance dans n’importe quelle guerre depuis la Seconde Guerre mondiale.
En 2025 seulement, la Russie aurait perdu environ 415 000 soldats tués ou blessés, soit une moyenne d’environ 35 000 pertes par mois. Le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte a noté que la Russie a subi des pertes exceptionnellement lourdes sur le champ de bataille en décembre 2025, avec jusqu’à 1 000 soldats tués par jour.
Les pertes ukrainiennes, bien que significativement inférieures avec un ratio d’environ 2,5:1 ou 2:1, restent dévastatrices. Les forces ukrainiennes ont probablement subi entre 500 000 et 600 000 pertes, incluant tués, blessés et disparus, avec entre 100 000 et 140 000 morts entre février 2022 et décembre 2025.
Au rythme actuel, les pertes combinées russes et ukrainiennes pourraient atteindre 2 millions d’ici le printemps 2026.
Les civils ne sont pas épargnés. La Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies a vérifié que les violences liées au conflit en Ukraine en 2025 ont tué 2 514 civils et en ont blessé 12 142. Le nombre total de civils tués et blessés en 2025 était 31% plus élevé qu’en 2024 et 70% plus élevé qu’en 2023. 2025 a été l’année la plus meurtrière pour les civils en Ukraine depuis 2022.
De manière significative, les pertes civiles causées par les drones à courte portée ont augmenté de 120% en 2025, faisant 577 civils tués et 3 288 blessés, contre 226 tués et 1 528 blessés en 2024. Les drones ne tuent pas seulement les soldats – ils tuent aussi les civils avec une efficacité croissante.
Les leçons pour l'OTAN et le monde
L’ancien commandant en chef ukrainien Valeriy Zaloujny a souligné comment l’utilisation par son pays des nouvelles technologies transformait le champ de bataille : « La guerre russo-ukrainienne a complètement changé la nature de la guerre. » Il a prédit que les guerres futures seraient gagnées par les pays se concentrant sur les drones, la guerre électronique et l’intelligence artificielle, notant que « la victoire sur le champ de bataille dépend maintenant entièrement de la capacité à dépasser l’ennemi dans le développement technologique. »
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’OTAN, les drones ukrainiens sont responsables de plus de 65% des chars russes détruits. Les commandants attribuent 70 à 80% de toutes les pertes russes et ukrainiennes à l’utilisation des drones. L’Ukraine a réussi à augmenter son taux de réussite de 30% en 2022 à 70% en 2024 en compensant la précision réduite par un plus grand nombre de drones.
Pourtant, malgré les efforts de l’OTAN pour encourager l’acquisition et le développement de capacités, l’OTAN dispose de trop peu de drones pour un combat de haute intensité contre un adversaire de même niveau. Les cycles d’acquisition traditionnels ont du mal à suivre l’évolution des drones.
L’écosystème de drones ukrainien se déplace bien plus vite que les structures traditionnelles de l’OTAN. Grâce au « War DevOps », les talents du secteur privé s’intègrent à la défense, avec des centaines de variantes de drones passant par des tests de combat et l’obsolescence en semaines, parfois en jours, alors que les contre-mesures russes entraînent une refonte continue.
Les dirigeants et commandants militaires occidentaux prennent note des progrès des Forces armées ukrainiennes. Beaucoup intègrent l’expérience de champ de bataille de l’Ukraine dans leurs programmes, les membres de l’OTAN dont la Grande-Bretagne et le Danemark recevant des formations en guerre par drones d’instructeurs militaires ukrainiens. Les pays européens produisent des drones en conjonction avec des concepteurs et entreprises ukrainiens : l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark et la France ont des lignes de production actives ou des démarrages fermes prévus pour 2026.
Au-delà des airs : la robotisation totale du champ de bataille
La révolution ne se limite pas aux airs. En novembre 2025, la BBC a rapporté que jusqu’à 90% de tous les approvisionnements vers les positions ukrainiennes de première ligne autour de Pokrovsk étaient livrés par des véhicules terrestres sans pilote. L’armée ukrainienne est également pionnière dans l’utilisation de drones terrestres en rôles de combat.
En janvier 2025, des drones navals ukrainiens armés de missiles auraient détruit plusieurs hélicoptères russes au-dessus de la mer Noire. Début mai, des responsables ukrainiens ont annoncé avoir abattu deux chasseurs russes à l’aide de drones marins équipés de systèmes de missiles anti-aériens. La guerre robotique s’étend à tous les domaines.
Comme l’a écrit un analyste de Defense One : « L’Ukraine ne se contente pas de lancer des drones d’attaque ; elle mène une véritable guerre robotique. »
L'obsolescence accélérée : quand six mois suffisent
L’un des aspects les plus remarquables de cette révolution est la vitesse à laquelle les technologies deviennent obsolètes. Comme l’a noté Léo Péria-Peigné, chercheur à l’Observatoire des conflits futurs de l’Ifri : « S’il fallait des décennies, voire des siècles, pour inventer un nouvel alliage métallique ou changer la forme d’un bouclier durant l’Antiquité, il suffit aujourd’hui de six mois pour qu’un drone soit obsolète sur le champ de bataille. »
Cette accélération vertigineuse du cycle d’innovation signifie que l’avantage militaire n’est plus défini par la possession de matériel avancé, mais par la capacité à innover, adapter et produire plus vite que l’adversaire. C’est l’adieu aux fameux « game changers » – ces armements censés offrir un avantage décisif et définitif. « Une invention qui change la donne à elle toute seule, cela n’existe plus, à part peut-être l’arme atomique », affirme le chercheur.
L’Ukraine a compris cette leçon mieux que quiconque. Sa force ne réside pas dans une technologie miracle, mais dans un écosystème capable de produire, tester, améliorer et redéployer des milliers de variantes de drones en quelques semaines. Quand les Russes développent une contre-mesure, les Ukrainiens ont déjà trois nouvelles versions en préparation.
L'artillerie : du roi du champ de bataille au rôle secondaire
L’une des transformations les plus profondes concerne l’artillerie, longtemps considérée comme « la reine des batailles ». L’artillerie était une arme du XXe siècle, voire du XIXe siècle – extrêmement puissante et mobile, mais très imprécise. Elle nécessitait de saturer un territoire sous une pluie d’obus.
Aujourd’hui, avec les drones de reconnaissance fournissant des renseignements en temps réel, l’artillerie devient un outil de précision chirurgicale. Mais paradoxalement, cette transformation rend aussi l’artillerie plus vulnérable. Les pièces d’artillerie, difficiles à camoufler et à déplacer rapidement, deviennent des cibles de choix pour les drones kamikazes.
Le passage de 80% de cibles détruites par l’artillerie à 80% de cibles détruites par les drones représente un basculement historique comparable au passage de la cavalerie aux chars blindés. Nous assistons en direct à l’émergence d’une nouvelle ère de la guerre.
Les mises en garde nécessaires
Il serait cependant naïf de penser que les drones vont tout résoudre. Plusieurs think tanks occidentaux ont mis en garde : les drones ne remplacent pas la capacité humaine. En Ukraine, les drones n’ont pas remplacé l’artillerie, les chars ou l’infanterie – ils les ont complétés.
L’armée américaine doit résister à la tentation de simplement refléter les adaptations russes. Répliquer des tactiques nées d’une guerre d’attrition stagnante risque de diluer l’avantage asymétrique de la manoeuvre. L’armée russe cherche à paralyser le mouvement par des feux permis par les drones ; la tâche des armées occidentales est de préserver cette mobilité.
De plus, malgré des pertes russes substantielles infligées, l’Ukraine continue de perdre du territoire. Le commandant en chef ukrainien Oleksandr Syrskyi a déclaré que du territoire équivalant à 0,8% de l’Ukraine avait été perdu au prix de presque 420 000 morts et blessés russes. Cela démontre que les drones ne peuvent pas encore égaler l’artillerie lourde, les blindés et les plateformes aériennes pilotées dans la guerre de conquête territoriale.
Comme l’a noté l’Atlantic Council : « L’armée robotique de l’Ukraine sera cruciale en 2026, mais les drones ne peuvent pas remplacer l’infanterie. »
2026 : l'année de l'intelligence artificielle militaire
Si 2025 a vu certaines des avancées les plus rapides dans la technologie des drones militaires, 2026 pourrait voir encore plus de progrès. Les domaines de concentration incluent l’intégration de l’intelligence artificielle, la production de masse et l’adoption d’intercepteurs de drones, et l’intégration complète d’armes laser pour contrer les drones bon marché.
Le ministère de la Défense de l’Ukraine, en collaboration avec le ministère de la Transformation numérique, les Forces armées ukrainiennes et la société technologique américaine Palantir, lance le Brave1 Dataroom – un environnement sécurisé pour tester et former des modèles d’intelligence artificielle pour des applications militaires. Le projet vise à accélérer le développement et le déploiement de solutions d’IA autonomes.
Dans un premier temps, Brave1 Dataroom se concentre sur le développement de technologies autonomes pour détecter et intercepter les drones ennemis. Les drones intercepteurs démontrent déjà une grande efficacité sur le champ de bataille ; cependant, face aux attaques massives de drones ennemis, l’autonomie devient d’une importance critique.
La production de missiles domestiques de l’Ukraine jouera également un rôle de plus en plus important dans les frappes à longue portée en 2026, complétant les capacités des drones.
Conclusion : nous sommes tous témoins de l'histoire
Ce que nous observons en Ukraine n’est rien de moins qu’une révolution dans les affaires militaires (RMA) se déroulant en temps réel. Le passage de moins de 20% à plus de 80% des cibles détruites par des drones en moins de quatre ans représente une transformation sans précédent dans l’histoire de la guerre moderne.
L’Ukraine, par nécessité existentielle, est devenue le laboratoire mondial de la guerre du futur. Ses innovations – des drones FPV à quelques centaines d’euros détruisant des chars à plusieurs millions de dollars, aux systèmes autonomes guidés par IA capables de frapper à 300 kilomètres derrière les lignes ennemies – redéfinissent ce qui est possible sur le champ de bataille.
L’annonce de Zelensky le 26 janvier 2026 n’est pas simplement un bulletin de victoire. C’est un avertissement pour le monde entier : la guerre a changé. Les armées qui ne s’adapteront pas à cette nouvelle réalité seront aussi obsolètes que la cavalerie face aux mitrailleuses de la Première Guerre mondiale.
95% des équipements de défense innovants – drones, guerre électronique, systèmes de connaissance situationnelle – utilisés par les Forces armées ukrainiennes sont produits localement. C’est la démonstration qu’une nation déterminée, même face à un adversaire disposant de ressources bien supérieures, peut transformer la guerre à son avantage par l’innovation et l’adaptation rapide.
La question n’est plus de savoir si les drones vont transformer la guerre. Ils l’ont déjà fait. La question est maintenant de savoir qui sera capable de s’adapter assez vite pour survivre dans ce nouveau monde où le ciel appartient aux machines et où chaque soldat, chaque véhicule, chaque position est visible, traçable, et potentiellement condamné.
820 000 frappes en un an. 80% des cibles détruites par des drones. Ce ne sont pas des statistiques. C’est l’acte de naissance d’une nouvelle ère de la guerre. Et nous en sommes tous témoins.
Signé Maxime Marquette
Sources
Ukrinform – As of today, drones destroy 80% of enemy targets – Zelensky
GlobalSecurity – President: Today, More Than 80% of Enemy Targets Are Destroyed by Drones
Defense News – Ukraine says more than 80% of enemy targets now destroyed by drones
GlobalSecurity – Army of Drones Bonus program delivers results: nearly 820,000 Russian targets hit in 2025
United24 Media – Ukraine’s Army of Drones Hit 820,000 Russian Targets in 2025
Atlantic Council – Drone superpower: Ukrainian wartime innovation offers lessons for NATO
CEPA – How are Drones Changing War? The Future of the Battlefield
Washington Examiner – How drone warfare developed in Ukraine in 2025
CNN – Russia’s drone revolution heaps pressure on Ukrainian defenses
Brave1 – Official defense-tech platform
Kyiv Independent – Ukraine’s AI-powered ‘mother drone’ sees first combat use
Euromaidan Press – Jamming is failing, and Ukraine’s drone war is changing fast
IEEE Spectrum – Ukraine’s Autonomous Killer Drones Defeat Electronic Warfare
Al Jazeera – Over 400,000 Russians killed, wounded for 0.8 percent of Ukraine in 2025
United24 Media – War in Ukraine Costs Russia Nearly 1.2 Million Casualties
UN Human Rights – 2025 deadliest year for civilians in Ukraine since 2022
CSIS – Lessons from the Ukraine Conflict
CEPA – An Urgent Matter of Drones: Lessons for NATO from Ukraine
Atlantic Council – Ukraine’s robot army will be crucial in 2026 but drones can’t replace infantry
Fondapol – Drones armés : une révolution militaire aux accents délétères ?
IFRI – Comment la tech a révolutionné la guerre
CNEWS – Guerre en Ukraine : comment le conflit a révolutionné l’usage des drones de combat
Politis – Nouvelles technologies : Comment la guerre par drones redessine les champs de bataille
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