La croissance de l’industrie ukrainienne des drones est tout simplement stupéfiante. Comme l’a souligné Dmytro Kavun, au début de 2023, l’Ukraine comptait environ 50 fabricants de drones FPV (First Person View). En 2024, ce nombre était passé à 250, et il continue de croître constamment. Ces entreprises vont de petits groupes de 2 ou 3 personnes à des sociétés réalisant des millions de chiffre d’affaires. Une part significative d’entre elles reçoit des commandes de l’État.
En octobre 2024, le président Zelensky a annoncé que l’industrie de défense ukrainienne avait atteint une capacité de production annuelle pouvant aller jusqu’à quatre millions de drones. Pour mettre ce chiffre en perspective, les États-Unis en produisent moins de cent mille par an. L’Ukraine est devenue, en l’espace de quelques années, une véritable superpuissance des drones.
Le système d’approvisionnement a également été révolutionné. Auparavant, tout passait par le ministère de la Défense, un processus terriblement inefficace selon Kavun. Désormais, les brigades peuvent acheter directement. Elles disposent de leurs propres budgets et peuvent obtenir des drones utilisés dans des zones spécifiques. Cette décentralisation a permis une agilité sans précédent dans l’adaptation aux besoins du terrain.
Le drone FPV est devenu l’outil le plus important de l’arsenal sans pilote ukrainien, fonctionnant comme « l’infanterie de la guerre des drones ». Ces engins sont devenus centraux dans l’effort de guerre ukrainien, infligeant jusqu’à 80 pour cent des pertes sur le champ de bataille russe et permettant de tenir la ligne même lorsque les troupes ukrainiennes étaient privées d’obus d’artillerie.
« Aucun autre type d’arme n’a changé le visage de la guerre ici aussi vite et aussi profondément que le drone FPV », a déclaré un lieutenant ukrainien de la 93e Brigade mécanisée. Pratiquement tout véhicule se trouvant à moins de 5 kilomètres du front est « aussi bon que fini », tout ce qui bouge jusqu’à 10 kilomètres est en danger, et des frappes de drones à 15-20 kilomètres ne sont « pas si inhabituelles ».
Les statistiques publiées par le président Zelensky en janvier 2026 sont révélatrices : les drones ukrainiens ont frappé 35 000 soldats russes rien qu’en décembre 2025, incluant les tués et les blessés considérés comme des pertes irrémédiables. Les Forces de systèmes sans pilote ukrainiennes prévoient d’augmenter ce nombre à 50 000-60 000 soldats russes touchés par mois en 2026. Sur une année, cela représenterait près de la moitié de l’armée russe entière.
La révolution des drones à fibre optique
L’une des adaptations les plus significatives a été l’introduction des drones FPV à fibre optique. Au lieu d’utiliser des réseaux sans fil, ces drones utilisent des câbles physiques plutôt que des signaux radio, les rendant hautement résistants au brouillage électronique – l’une des principales menaces dans la guerre moderne.
Ces drones offrent une « protection complète contre la guerre électronique », ce qui les a rendus particulièrement précieux dans des environnements où l’interférence des signaux est constante et délibérée. Ils sont très efficaces dans les zones à forte couverture de guerre électronique et sont souvent utilisés dans des embuscades.
« Un drone à fibre optique n’est pas conçu pour effectuer 30-40 sorties par jour. Il est destiné à une seule sortie et une frappe précise. Le contrer est extrêmement difficile ; jusqu’à présent, seule l’interception cinétique est efficace », a expliqué un vétéran ukrainien.
L’Ukraine a développé un drone à fibre optique avec une portée de plus de 41 kilomètres, potentiellement capable de cibler des positions de défense en profondeur. Jusqu’à présent, 41 kilomètres représente la plus grande portée opérationnelle déclarée pour un drone FPV câblé ou tout autre drone connecté via fibre optique dans le monde. Selon les estimations des chercheurs, l’Ukraine produit actuellement au moins 20 000 drones à fibre optique par mois.
En janvier 2025, le général Oleksandr Syrskyi a confirmé que des drones à fibre optique d’une portée de 20 kilomètres avaient été mis en service, et que plus de vingt modèles certifiés étaient désormais produits par onze entreprises ukrainiennes. Cette innovation représente un avantage tactique considérable dans un environnement de guerre électronique de plus en plus saturé.
Le "mur de drones" : une nouvelle doctrine défensive
L’approche ukrainienne des drones FPV s’est cristallisée en ce qu’on appelle un « mur de drones » – une défense en couches qui a transformé de nombreuses assauts russes en champs de cadavres. Cette zone de mort s’est étendue régulièrement et s’étire désormais sur environ 15-20 kilomètres depuis la ligne de front, constituant un mécanisme défensif redoutablement efficace.
Cette « zone de mort » – une zone entourant la ligne de contact sous surveillance constante par drones – s’étendait autrefois sur 5-10 kilomètres depuis la première ligne. Elle peut désormais atteindre 20 kilomètres ou plus. Dans cet espace, tout véhicule en mouvement est une cible potentielle, tout regroupement de troupes est immédiatement repéré et engagé.
Environ 80 pour cent des pertes ukrainiennes en première ligne résultent d’attaques de drones russes effectuées pendant les rotations et les approvisionnements logistiques. Cette statistique tragique illustre à quel point le drone a transformé la nature même du combat – ce ne sont plus les charges héroïques ou les duels d’artillerie qui décident du sort des batailles, mais la capacité à voir l’ennemi depuis le ciel et à le frapper avec précision.
L'armée des robots : les véhicules terrestres sans pilote
Mais la révolution technologique ukrainienne ne se limite pas aux cieux. Sur terre aussi, les machines prennent progressivement la place des hommes. En février 2024, le président Zelensky a signé un décret établissant les Forces nationales de systèmes sans pilote, avec le colonel Vadym Sukharevskyi nommé commandant en juin 2024.
Le ministère ukrainien de la Défense a annoncé des plans pour livrer 15 000 robots terrestres pour usage au combat d’ici la fin de 2025. En 2025 seulement, près de 15 000 véhicules terrestres sans pilote (UGV) ont été livrés aux militaires, avec des plans pour 2026 dépassant les 20 000 unités. Plus de 200 entreprises ukrainiennes travaillent désormais sur le développement d’UGV, représentant une transformation fondamentale de la capacité industrielle de défense du pays.
L’investissement gouvernemental reflète cette priorité stratégique. Après avoir contracté environ 100 millions de hryvnias (environ 2,5 millions de dollars) pour les UGV au second semestre 2024, le ministère de la Défense a signé des contrats d’une valeur de 6 milliards de hryvnias (environ 150 millions de dollars) au premier trimestre 2025 seulement.
La première mission de combat UGV confirmée en Ukraine a eu lieu en décembre 2024, lorsque la Brigade Charter en a utilisé un dans l’oblast de Kharkiv – la première fois qu’un UGV de fabrication nationale participait à une opération de combat complète. Depuis, les jalons s’accumulent. Les responsables de l’armée ukrainienne affirment avoir fait l’histoire militaire fin 2025 en déployant un seul drone terrestre armé d’une mitrailleuse montée pour tenir une position de première ligne pendant près de six semaines.
Le véhicule terrestre télécommandé a accompli une mission de combat de 45 jours dans l’est de l’Ukraine, subissant maintenance et rechargement toutes les 48 heures. Mykola Zinkevych du Troisième Corps d’armée ukrainien a commenté : « Seul le système UGV était présent à la position. C’était le concept central. Les robots ne saignent pas. »
Et la semaine dernière, une nouvelle étape a été franchie : les forces ukrainiennes ont pour la première fois capturé des troupes russes sans utiliser d’infanterie, en s’appuyant uniquement sur des drones et des systèmes robotiques terrestres.
Le slogan d'une nouvelle ère : "Les robots d'abord"
Manquant des mêmes ressources en main-d’oeuvre que la Russie, l’armée ukrainienne combat de plus en plus avec des systèmes sans pilote, et un nouveau slogan a émergé : « les robots et les drones vont au combat en premier ». Cette philosophie représente un changement de paradigme fondamental dans la pensée militaire.
Un officier du Département pour le développement des systèmes de contrôle au sol de l’armée de terre a indiqué que 47 pour cent des missions UGV ukrainiennes impliquaient la livraison de fournitures ou l’évacuation de soldats. En novembre 2025, la BBC a rapporté que jusqu’à 90 pour cent de tous les approvisionnements vers les positions de première ligne ukrainiennes autour de Pokrovsk étaient livrés par des UGV.
Les drones terrestres télécommandés offrent des avantages pratiques : ils sont plus difficiles à brouiller électroniquement que les drones aériens et sont bien plus difficiles à repérer que les camions ou les voitures, ce qui les rend de plus en plus indispensables pour les militaires ukrainiens.
Le VATAG est le dernier véhicule terrestre sans pilote lourd (H-UGV) de l’Ukraine, capable d’effectuer des tâches d’ingénierie, d’évacuation de personnel, de combat au feu direct et de logistique lourde, avec une capacité de charge utile pouvant atteindre deux tonnes. Le Termit est un UGV à chenilles de nouvelle génération qui peut transporter jusqu’à 300 kilogrammes et opérer sur divers terrains grâce à son profil bas et sa répartition de poids améliorée.
ARX Robotics, basée à Munich, a obtenu un contrat pour livrer des UGV Gereon supplémentaires à l’Ukraine, ouvrant la voie au plus grand réseau intégré mondial de robots militaires terrestres.
L'intelligence artificielle : le prochain bond en avant
Si les drones et les robots représentent le présent de la guerre ukrainienne, l’intelligence artificielle représente son futur immédiat. L’objectif déclaré de l’armée ukrainienne est de retirer les combattants du combat direct et de les remplacer par des systèmes autonomes sans pilote. Cet objectif reflète le besoin de conserver une force humaine limitée et de surmonter les vulnérabilités telles que la fatigue, le stress et la capacité limitée à traiter et fusionner de grandes quantités de données.
L’industrie de défense ukrainienne développe des logiciels autonomes alimentés par l’IA qui peuvent être intégrés à diverses plateformes pour étendre l’autonomie sur le champ de bataille. Ces logiciels permettent des fonctions autonomes clés telles que la perception de l’environnement, la reconnaissance de cibles et la navigation, y compris l’approche finale vers la cible. Ils se présentent sous forme de modules autonomes, composés de puces compactes avec des logiciels embarqués et parfois des caméras, qui peuvent être intégrés à une gamme de plateformes, des petits drones FPV aux tourelles montées sur des véhicules terrestres sans pilote.
Le ministre de la Transformation numérique Mykhailo Fedorov a prédit que 2025 « augmentera significativement le pourcentage de drones autonomes avec ciblage. Nous pourrions voir les premières utilisations réelles d’essaims de drones, bien que pas à grande échelle. »
L’entreprise allemande Helsing AI a annoncé la livraison de près de quatre mille véhicules aériens sans pilote HX-2 Karma équipés d’IA à l’Ukraine, conçus pour être immunisés contre les contre-mesures de guerre électronique grâce à des capacités d’identification et d’engagement autonomes des cibles.
En 2026, l’Ukraine est appelée à rester un terrain d’expérimentation de première ligne pour les technologies de défense occidentales, avec les systèmes autonomes et basés sur l’IA au centre de cette expérimentation sous le feu. Les responsables ukrainiens et les analystes indépendants décrivent le pays comme le premier État à mener une guerre à grande échelle dans laquelle l’IA, les systèmes autonomes et l’intégration de données en temps réel sont véritablement centraux dans les opérations quotidiennes.
Dignitas Ukraine : le pont entre la technologie civile et militaire
L’histoire de Dignitas Ukraine illustre parfaitement cette convergence entre innovation civile et nécessité militaire. Fondée en février 2023 après avoir soutenu l’armée ukrainienne au sein du projet Emergency Response de l’organisation Razom for Ukraine, cette organisation caritative 501(c)(3) basée au New Jersey s’est entièrement consacrée au soutien des défenseurs ukrainiens.
« Nous croyons que l’Ukraine peut gagner avec l’aide de la technologie », a déclaré Kavun. « Beaucoup des technologies utilisées sur les lignes de front sont des technologies civiles ordinaires. » Depuis les premiers jours du conflit, les drones sont devenus un outil essentiel pour la reconnaissance, le renseignement et les opérations sur le champ de bataille.
Kavun a souligné le rôle clé des systèmes sans pilote dans les opérations de combat modernes : « Sans les drones, l’Ukraine n’aurait pas pu atteindre son niveau actuel de défense. »
Les programmes clés de Dignitas Ukraine en 2025 incluent Victory Drones, Victory Robots, Tech Explorers, Flight to Recovery, et leur initiative la plus récente, Freedom Sky / Anti-Shahed Training. À ce jour, Dignitas Ukraine a formé plus de 100 000 personnes à l’opération de drones, couvrant des sujets essentiels comme la gestion des batteries, le vol en conditions hivernales, la planification opérationnelle et le maintien des liaisons de communication.
Entre 2023 et 2024, Dignitas a envoyé 919 drones de reconnaissance, 846 détecteurs de drones et 3 860 composants de drones. Mais peut-être plus remarquable encore est leur programme de construction de drones DIY.
Dignitas Ukraine permet aux Ukrainiens de construire leurs propres drones depuis chez eux. « Vous ne vous attendriez probablement pas à ce que les gens fabriquent des drones dans leurs cuisines… Mais Maria a dit que nous avions besoin d’autant de drones que possible, et cela signifie adopter une approche bricolage », a expliqué Kavun. Dignitas Ukraine a développé un cours qui enseigne aux individus comment assembler des drones à partir de composants de base.
Des dizaines de milliers d’Ukrainiens ont suivi ce cours. L’initiative a même gagné du terrain au-delà de l’Ukraine – ils ont traduit le cours en anglais, et des organisations de jeunesse aux États-Unis ont commencé à construire des drones.
L'intérêt américain : quand l'élève dépasse le maître
Selon Kavun, l’expérience ukrainienne suscite un grand intérêt aux États-Unis. « Les services de police locaux, le FBI et les militaires sont intéressés par cela. Ils comprennent qu’ils sont en retard », a-t-il déclaré.
Cette admission est remarquable. La première puissance militaire mondiale, celle qui dépense plus de 800 milliards de dollars par an pour sa défense, reconnaît qu’elle a des leçons à apprendre d’un pays qui, il y a à peine dix ans, peinait à équiper correctement son armée. C’est la preuve que la nécessité est véritablement la mère de l’invention, et que les bureaucraties militaires établies peuvent parfois être dépassées par des acteurs plus agiles forcés d’innover pour survivre.
Zelensky lui-même a proposé à Donald Trump un « méga-accord » pour partager la technologie des drones ukrainiens et mettre les États-Unis à niveau, en échange d’armes américaines. Le président ukrainien a affirmé que les drones ukrainiens peuvent voler jusqu’à 3 000 kilomètres, couvrant essentiellement tout le territoire russe où se trouvent des objets stratégiques.
L’Ukraine a également signé un important accord de coproduction de drones avec la société américaine Swift Beat, qui prévoit de produire des centaines de milliers de drones pour l’Ukraine avec des plans d’augmentation de la production en 2026.
Les leçons pour l'OTAN et l'Europe
L’armée ukrainienne a évolué de façon spectaculaire au cours des trois dernières années de guerre à grande échelle contre la Russie pour devenir la force de combat la plus importante et la plus efficace d’Europe. L’Ukraine d’aujourd’hui est désormais une superpuissance des drones avec une industrie de défense nationale innovante qui peut fournir à ses alliés de l’OTAN d’importantes leçons sur les réalités de la guerre du XXIe siècle.
De nombreux spécialistes ukrainiens ont souligné que, alors que leurs partenaires européens cherchent à développer leurs propres capacités en matière de drones, des programmes de formation efficaces seront tout aussi importants que les technologies avancées. Maria Berlinska, qui dirige le projet Victory Drones de l’Ukraine, a soutenu que jusqu’à 90 pour cent du succès dans la guerre des drones dépend de la formation de l’équipe derrière le drone plutôt que de la technologie impliquée.
La Première ministre danoise Mette Frederiksen l’a résumé ainsi : « Le seul expert mondial actuel en matière de capacités anti-drones est l’Ukraine, parce qu’ils combattent les drones russes presque tous les jours. Nous devons prendre toutes les expériences, toutes les nouvelles technologies, toutes les innovations de l’Ukraine, et les incorporer dans notre propre réarmement. »
L’Allemagne mène une initiative ambitieuse pour traduire les innovations ukrainiennes en un système défensif complet le long de la frontière orientale de l’OTAN – un « mur de drones » de 2 975 kilomètres qui représente l’un des réseaux de défense autonomes les plus sophistiqués jamais conçus.
L’alliance militaire de l’OTAN et l’Ukraine lancent une nouvelle initiative d’innovation en matière de défense, baptisée UNITE-Brave NATO, qui offrira des subventions aux équipes industrielles pour de nouveaux systèmes anti-drones et d’autres capacités. Le financement initial pour cet effort sera d’une valeur pouvant atteindre 10 millions d’euros, mais ce montant pourrait bientôt être porté à 50 millions d’euros en 2026.
L’Europe manque encore d’une réponse adéquate aux technologies de drones russes, perfectionnées au fil des années de guerre. En septembre 2025, l’intrusion de dix-neuf drones russes dans l’espace aérien de l’OTAN a forcé le déploiement de chasseurs F-35 pour les abattre – une réponse absurdement coûteuse qui illustre l’inadéquation des moyens conventionnels face à cette nouvelle menace.
Les limites de la révolution robotique
Il serait cependant naïf de présenter cette révolution technologique comme une panacée. Les experts mettent en garde : si les UGV peuvent servir d’élément clé des défenses ukrainiennes, ils ne sont pas des armes miracles et ne peuvent pas servir de remède miracle aux défis de main-d’oeuvre de Kiev.
L’ancien commandant en chef ukrainien Valerii Zaluzhnyi a souligné que la technologie actuelle reste insuffisante pour remplacer les humains à grande échelle. « Pour commander un UGV, il faut un équipage », a noté le capitaine Oleksandr Yabchanka du bataillon Da Vinci Wolves. « Jusqu’à présent, nous n’avons pas réduit le personnel, nous avons réduit le risque. »
Les unités évitent d’opérer des UGV pendant les heures de jour, car le mouvement des machines est facile à repérer et elles sont très vulnérables aux frappes de drones FPV. La course à l’innovation et à la contre-innovation est si rapide que tout avantage opérationnel peut être érodé en quelques semaines. Une armée doit continuellement mettre à jour ses plateformes ou elles deviendront obsolètes.
De plus, l’Ukraine reste dépendante des importations de câbles à fibre optique de Chine – les mêmes fournisseurs qui souvent fournissent des composants à la fois à l’Ukraine et à la Russie. Cette dépendance envers des chaînes d’approvisionnement étrangères représente une vulnérabilité stratégique significative.
L'avertissement de Zelensky : la course aux armements la plus destructrice de l'histoire
Dans un discours au siège des Nations Unies, Zelensky a lancé un avertissement glaçant : « Nous vivons actuellement la course aux armements la plus destructrice de l’histoire humaine. » Il a déclaré que la prolifération de la technologie des drones combinée à l’IA pourrait créer des « zones mortes » dans un avenir proche – des zones « s’étendant sur des dizaines de kilomètres où rien ne bouge, pas de véhicules, pas de vie. »
Dans son Nouvel Agenda pour la Paix, le Secrétaire général des Nations Unies a appelé à un traité juridiquement contraignant interdisant aux systèmes d’armes létales autonomes (SALA) de fonctionner à distance sans supervision humaine, avec une date d’achèvement cible de 2026. La campagne « Stop Killer Robots » a exhorté les États à faire pression pour une nouvelle loi internationale sur les armes autonomes d’ici 2026.
Cependant, avec cette échéance qui approche rapidement, il semble peu probable que les développements technologiques évidents en Ukraine cessent. L’Ukraine est devenue un terrain d’essai grandeur nature pour les technologies militaires du futur, et les leçons apprises là-bas façonneront inévitablement les doctrines militaires du monde entier pour les décennies à venir.
Conclusion : une guerre qui réécrit les règles
Ce qui se déroule en Ukraine n’est pas simplement un conflit territorial – c’est un laboratoire vivant où se forge le futur de la guerre. Une nation confrontée à un adversaire numériquement supérieur a choisi l’innovation plutôt que le sacrifice massif de ses citoyens. Cette décision, née de la nécessité, pourrait bien redéfinir les conflits armés pour le siècle à venir.
Les drones FPV, les véhicules terrestres sans pilote, les systèmes autonomes guidés par l’IA – tout cela représente plus que de simples outils militaires. Ils incarnent une philosophie fondamentalement différente de la guerre, une philosophie qui valorise la vie humaine et mise sur l’ingéniosité plutôt que sur la chair à canon.
« Les robots ne saignent pas », comme l’a dit Mykola Zinkevych. Cette phrase simple résume peut-être le mieux l’essence de la révolution militaire ukrainienne. Dans un monde où les conflits semblent inévitables, la possibilité de les mener avec moins de pertes humaines représente, paradoxalement, une forme de progrès humanitaire.
L’Ukraine a prouvé qu’avec suffisamment d’ingéniosité, de détermination et de volonté d’innover, une nation peut transcender ses limitations démographiques. Elle a montré que la technologie, mise au service d’une cause juste, peut compenser l’infériorité numérique. Et elle a démontré que l’avenir de la guerre appartient non pas à ceux qui ont le plus de soldats à sacrifier, mais à ceux qui sont les plus capables d’adapter, d’innover et de faire évoluer leurs tactiques en temps réel.
Alors que le monde observe avec attention, l’Ukraine continue d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire militaire – un chapitre où les machines combattent pour que les hommes n’aient pas à le faire.
La question n’est plus de savoir si cette révolution technologique va changer la guerre. Elle l’a déjà changée. La question est maintenant de savoir si le reste du monde est prêt à en tirer les leçons.
Signé Maxime Marquette
Sources
Ukrinform – Ukraine must win war through technology, not manpower – Dignitas Ukraine president
Dignitas Ukraine – About us
Dignitas Ukraine – Inside Dignitas Ukraine’s Innovation Night in New York
The Drone Girl – Dignitas Ukraine proves that drones are critical in supporting Ukraine’s fight for freedom
Atlantic Council – Drone superpower: Ukrainian wartime innovation offers lessons for NATO
Atlantic Council – Ukraine’s robot army will be crucial in 2026 but drones can’t replace infantry
Kyiv Independent – Analysis: Why effective use of manpower will define who is winning the war in Ukraine in 2026
Ukraine’s Arms Monitor – Drone Warfare in Ukraine: Key Trends of 2025
CSIS – Ukraine’s Future Vision and Current Capabilities for Waging AI-Enabled Autonomous Warfare
United24 Media – Ukraine’s Drones Hit 100K Russian Troops in 3 Months
Second Line of Defense – Ukraine’s Robot Army: The Rise of Unmanned Ground Vehicles in Modern Warfare
madeanfpvwithfiberopticcordstretchingfor41_km-13327.html »>Defense Express – Ukrainians Made an FPV With Fiber-Optic Cord Stretching For 41 km
Radio Free Europe – Fiber-Optic Drones The New Must-Have In Ukraine War
DefenseScoop – Ukraine, NATO launch joint program to boost counter-drone tech
CEPA – An Urgent Matter of Drones: Lessons for NATO from Ukraine
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