En août 2024, Fedorov a lancé un programme qui a fait le tour du monde : Army of Drones Bonus. Le concept est aussi simple que troublant : attribuer des points aux opérateurs de drones en fonction des cibles détruites, puis permettre l’échange de ces points contre des équipements militaires. Le magazine TIME l’a parfaitement résumé : ce système « amène des éléments de Roblox et Fortnite dans le domaine sanglant du combat réel ».
Le barème des points est calibré avec une précision quasi-économique, reflétant la valeur stratégique de chaque cible. Détruire un char russe rapporte 40 points. Un véhicule de combat d’infanterie BMP : 30 points. Un lance-roquettes multiple comme le TOS-1 Solntsepyok : jusqu’à 50 points. Un poste de commandement : 35 points. Un dépôt de munitions : 45 points. Ces barèmes évoluent en fonction des priorités tactiques définies par l’état-major.
Mais c’est le traitement des cibles humaines qui a suscité le plus de débats. Initialement, l’élimination d’un soldat russe valait 6 points. Après analyse des données de terrain, Fedorov a pris une décision lourde de sens : doubler la valeur à 12 points. Le résultat a été immédiat et mesurable : « le nombre de tués a doublé en un mois », a-t-il déclaré. Une corrélation directe entre incitation économique et létalité.
Éliminer un opérateur de drone adverse vaut 25 points – une prime élevée qui reflète l’importance stratégique de ces spécialistes dans la guerre moderne. Mais la récompense la plus élevée, 120 points, est accordée pour la capture d’un soldat russe vivant. Ce choix n’est pas humanitaire : les prisonniers sont une monnaie d’échange précieuse pour récupérer les soldats ukrainiens détenus par la Russie.
Brave1 : l'Amazon de la guerre
Les points accumulés ne sont pas symboliques. Ils constituent une véritable monnaie de guerre échangeable sur la plateforme Brave1, que Fedorov décrit comme un « Amazon de la guerre ». Cette marketplace militaire permet aux unités de convertir leurs points en équipements : drones FPV pour opérations diurnes ou nocturnes, drones Vampire à longue portée, systèmes de reconnaissance, équipements de guerre électronique, viseurs thermiques, batteries de rechange.
Le système crée un cercle vertueux économico-militaire. Plus une unité tue efficacement, plus elle accumule de points. Plus elle accumule de points, plus elle peut acquérir d’équipements performants. Plus elle dispose d’équipements performants, plus elle devient létale. C’est la sélection darwinienne appliquée à la guerre des drones, avec une transparence totale sur les performances.
À la fin de l’année 2025, le programme Army of Drones Bonus avait généré des commandes dépassant le milliard de hryvnias – environ 25 millions d’euros. Les unités militaires ont commandé 22 000 drones FPV, des bombardiers, des drones de reconnaissance et des systèmes de guerre électronique via la plateforme. Des équipements d’une valeur de 266 millions de hryvnias ont déjà été livrés sur le front.
Magyar's Birds : l'élite des tueurs de drones
Pour illustrer l’efficacité redoutable de ce système, Fedorov cite régulièrement l’exemple de Magyar’s Birds, l’une des unités de drones les plus célèbres d’Ukraine. Commandée par le mystérieux Magyar (« le Hongrois »), cette formation s’est forgée une réputation légendaire sur les réseaux sociaux ukrainiens grâce à ses vidéos de frappes dévastatrices.
L’unité a accumulé plus de 16 000 points – suffisamment pour acquérir environ 500 drones FPV pour opérations de jour, 500 drones nocturnes, 100 drones Vampire et 40 drones de reconnaissance. Ce palmarès traduit une réalité brutale : derrière chaque point se cache une vie ennemie fauchée, un véhicule blindé réduit en cendres, une position défensive pulvérisée.
Magyar’s Birds n’est pas un cas isolé. D’autres unités ont atteint des scores comparables : la 92e brigade mécanisée, la 3e brigade d’assaut, les unités de reconnaissance de la Garde nationale. Une compétition informelle s’est installée entre ces formations d’élite, chacune cherchant à dominer les classements mensuels. La guerre ukrainienne a ses tableaux de scores, ses champions, ses records à battre.
L'explosion des chiffres : de 5 000 à 55 000 frappes mensuelles
La croissance du programme est exponentielle. En août 2024, lors du lancement pilote, 95 unités de drones participaient au système. En janvier 2025, ce nombre avait grimpé à 391 unités. Aujourd’hui, plus de 400 unités sont intégrées au programme, couvrant environ 90% des forces de drones ukrainiennes.
Les frappes enregistrées ont suivi la même trajectoire ascendante. De 5 000 frappes mensuelles au démarrage, le système est passé à 55 000 frappes en janvier 2025 – une multiplication par dix en quelques mois. Cette progression reflète à la fois l’augmentation du nombre d’unités participantes et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle.
En septembre 2025, les unités de défense ukrainiennes ont rapporté plus de 18 000 combattants ennemis éliminés par drones en un seul mois. C’était le double du chiffre d’octobre 2024. Et en décembre 2025, le chiffre a atteint un record absolu : 35 000 occupants neutralisés en 30 jours. L’ambition affichée par Fedorov pour 2026 ? Tuer 50 000 soldats russes par mois. Un objectif qui, au regard de la progression observée, n’a rien d’irréaliste.
4,5 millions de drones : l'industrie de guerre ukrainienne
Ces performances reposent sur une base industrielle que l’Ukraine a construite pratiquement de zéro depuis 2022. Selon Bloomberg, le pays produit désormais environ 4 millions de drones par an – davantage que n’importe quel pays de l’OTAN, et probablement plus que l’ensemble de l’Alliance combinée. En 2024, approximativement 2,2 millions de véhicules aériens sans pilote de différents types ont été fabriqués en Ukraine. Pour 2025, ce chiffre devait dépasser 4,5 millions, dont plus de 2 millions de drones FPV.
Cette production massive repose sur un écosystème de plus de 200 entreprises ukrainiennes spécialisées dans les systèmes sans pilote. Certaines existaient avant la guerre ; beaucoup ont été créées depuis 2022, souvent par d’anciens combattants ou des ingénieurs reconvertis. Le gouvernement a mis en place des incitations fiscales, des procédures d’homologation accélérées et des contrats garantis pour stimuler cette industrie naissante.
La philosophie de production ukrainienne privilégie la quantité et l’adaptabilité sur la sophistication. Un drone FPV coûte entre 300 et 500 dollars à produire. Un char russe T-90, plusieurs millions. L’équation économique est implacable : même si 90% des drones sont abattus ou manquent leur cible, les 10% restants infligent des dégâts disproportionnés à l’ennemi. C’est la stratégie de l’essaim contre le char.
80% des frappes : la domination aérienne low-cost
Le président Zelensky l’a confirmé lors de la cérémonie de remise des prix : plus de 80% des frappes ukrainiennes contre les forces russes sont désormais effectuées par des drones. Ce chiffre représente l’une des estimations officielles les plus élevées de l’implication des drones dans les opérations de combat ukrainiennes, et marque un basculement historique dans la conduite de la guerre.
Le think tank britannique Royal United Services Institute (RUSI) avait déjà établi début 2025 que les drones étaient responsables de 60 à 70% des dommages et destructions infligés aux équipements russes. La proportion n’a cessé d’augmenter depuis, à mesure que la production ukrainienne s’accélérait et que les tactiques se perfectionnaient.
Ce qui rend cette révolution particulièrement remarquable, c’est que la « grande majorité » de ces drones sont fabriqués localement, comme l’a souligné Zelensky. L’Ukraine a développé une industrie de défense autonome, capable de produire en masse des armes bon marché mais dévastatrices. Cette autonomie industrielle est une victoire stratégique majeure : elle réduit la dépendance aux livraisons occidentales et garantit un flux constant d’équipements vers le front.
Le système DELTA : la guerre des données
L’un des aspects les plus innovants du programme ukrainien est son obsession pour la donnée vérifiable. Chaque frappe doit être documentée par vidéo pour être comptabilisée. Le système DELTA, développé par le ministère de la Défense, centralise ces enregistrements et permet une analyse précise de l’efficacité des opérations.
DELTA n’est pas qu’un simple outil de comptabilité. C’est un système d’aide à la décision qui fournit des données de terrain réelles et vérifiables pour guider les choix tactiques et stratégiques. Quels types de drones sont les plus efficaces contre quels types de cibles ? Quelles heures de la journée offrent les meilleures conditions ? Quelles tactiques russes de défense anti-drone fonctionnent, et comment les contourner ? Toutes ces questions trouvent des réponses dans les données accumulées.
Fedorov décrit ce système comme une « percée », notamment parce qu’il permet d’optimiser en temps réel les opérations. Contrairement aux estimations approximatives qui caractérisent traditionnellement les bilans de guerre, l’Ukraine dispose d’une comptabilité quasi-industrielle de ses destructions. Cette transparence crée une pression sociale au sein des unités : personne ne veut être le maillon faible du classement mensuel.
45 milliards de dollars : le soutien occidental qui alimente la machine
La révolution des drones ukrainiens n’aurait pas été possible sans le soutien massif des alliés occidentaux. Le ministère ukrainien de la Défense a révélé avoir reçu 45 milliards de dollars de ses partenaires, permettant la livraison de plus de 3 millions de drones de frappe aux Forces armées ukrainiennes. Ce soutien a permis à l’Ukraine de développer son industrie locale tout en maintenant un flux constant d’équipements sur le front.
L’investissement occidental dans la guerre des drones ukrainienne représente probablement le meilleur rapport coût-efficacité de l’histoire militaire récente. Pour une fraction du coût d’une intervention directe de l’OTAN, les alliés ont permis à l’Ukraine de neutraliser des centaines de milliers de soldats russes et de détruire des milliards de dollars d’équipements ennemis.
Les drones ukrainiens ont notamment ciblé les défenses aériennes russes, d’une valeur estimée à 60 millions de dollars détruites en seulement trois jours selon certains rapports. Les systèmes S-300 et S-400, fiertés de l’industrie de défense russe, se sont révélés vulnérables aux essaims de drones bon marché. Chaque système détruit ouvre une brèche dans le bouclier aérien russe, permettant des frappes encore plus profondes.
La guerre portée en territoire russe
L’une des évolutions les plus significatives de 2025 a été l’extension des opérations de drones ukrainiens en territoire russe. Les drones longue portée, capables de voler sur plusieurs centaines de kilomètres, ont frappé des raffineries de pétrole, des dépôts de munitions, des bases aériennes et des infrastructures critiques jusqu’à Moscou et au-delà.
Ces frappes ont un double objectif. Sur le plan militaire, elles perturbent la logistique russe et détruisent des capacités de production d’armements. Sur le plan psychologique, elles rappellent aux citoyens russes que la guerre, que leur gouvernement présente comme une « opération militaire spéciale » lointaine, peut frapper leur propre territoire.
Les drones navals ukrainiens ont également démontré leur efficacité en mer Noire. Plusieurs navires de guerre russes ont été coulés ou gravement endommagés par ces engins télécommandés, forçant la flotte russe à se retirer de Sébastopol vers des ports plus éloignés. L’Ukraine, qui ne dispose d’aucun navire de guerre significatif, a réussi à contester la suprématie navale russe grâce à des drones coûtant quelques dizaines de milliers de dollars chacun.
Les pertes russes : un gouffre démographique
Les 240 000 soldats russes éliminés ou grièvement blessés par les drones ukrainiens en 2025 s’ajoutent à un bilan déjà catastrophique pour Moscou. Selon diverses estimations, les pertes russes totales en 2025 ont dépassé 410 000 hommes – un chiffre supérieur au recrutement annuel de l’armée russe. La Russie perd des soldats plus vite qu’elle ne peut en recruter.
Ce déséquilibre entre pertes et recrutement crée une hémorragie démographique que la Russie ne peut pas soutenir indéfiniment. Chaque mois, les drones ukrainiens creusent un peu plus le déficit humain de l’armée d’invasion. La guerre d’attrition, que Moscou espérait gagner grâce à sa masse, se retourne contre elle.
Les pertes russes dues aux drones représentent désormais plus de la moitié des casualties annuelles de l’armée d’invasion. Cette proportion illustre la transformation radicale du champ de bataille : ce ne sont plus les chars, l’artillerie ou l’aviation qui dominent, mais de petits engins télécommandés pilotés par des opérateurs parfois situés à des kilomètres de leur cible.
La qualité des pertes est également significative. Les drones ukrainiens ciblent systématiquement les officiers, les spécialistes, les équipages de véhicules blindés – les éléments les plus difficiles à remplacer. Un conscrit peut être formé en quelques semaines ; former un commandant de char compétent prend des années. L’Ukraine ne tue pas seulement des soldats russes ; elle dégrade méthodiquement la compétence de l’armée adverse.
La réponse russe : une course aux contre-mesures
Face à cette menace existentielle, la Russie a développé une série de contre-mesures. Les systèmes de guerre électronique tentent de brouiller les signaux de contrôle des drones. Des filets et des cages métalliques – surnommés « cope cages » par les observateurs occidentaux – ont été installés sur les véhicules blindés. Des unités spécialisées chassent les drones avec des fusils à impulsion électromagnétique.
Ces contre-mesures ont une efficacité variable. Les brouilleurs électroniques forcent les Ukrainiens à développer des drones autonomes capables de poursuivre leur mission sans signal de contrôle. Les cages métalliques alourdissent les véhicules et n’offrent qu’une protection partielle. La course technologique entre drones et contre-mesures s’accélère, avec un avantage persistant pour l’attaquant.
La Russie développe également sa propre flotte de drones, notamment les Lancet et les Shahed iraniens. Mais elle n’a pas réussi à reproduire l’écosystème ukrainien combinant production de masse, innovation rapide et système d’incitation efficace. La guerre des drones reste, pour l’instant, asymétrique en faveur de Kiev.
L'éthique troublante de la guerre gamifiée
Il serait malhonnête de ne pas aborder les questions éthiques soulevées par cette révolution militaire. Transformer la guerre en jeu vidéo, attribuer des points pour des tués, créer une compétition autour du nombre de morts – tout cela peut légitimement choquer. Le philosophe Michael Walzer, spécialiste de l’éthique de la guerre, a noté que la gamification risque de « déshumaniser davantage un processus déjà déshumanisant ».
Mais l’Ukraine se bat pour sa survie nationale face à un agresseur qui commet quotidiennement des crimes de guerre. Dans ce contexte, maximiser l’efficacité de sa défense n’est pas un choix moral mais une nécessité existentielle. Les drones ukrainiens ne ciblent pas des civils mais des soldats ennemis qui occupent leur territoire. Chaque soldat russe éliminé est un soldat qui ne pourra plus participer aux massacres de Boutcha, aux bombardements de Kharkiv, aux déportations d’enfants.
La gamification de la guerre n’est d’ailleurs pas une invention ukrainienne. Les armées occidentales utilisent depuis des décennies des simulateurs de jeux vidéo pour l’entraînement. Les pilotes de drones américains Predator et Reaper opèrent depuis des bases situées à des milliers de kilomètres de leurs cibles, dans des conditions qui ressemblent à un jeu vidéo sophistiqué. L’Ukraine a simplement poussé cette logique à son paroxysme, avec une transparence que les armées occidentales n’ont jamais pratiquée.
Ce qui distingue le système ukrainien, c’est précisément cette transparence. Les frappes sont documentées, vérifiées, comptabilisées. C’est paradoxalement l’une des guerres les plus « honnêtes » de l’histoire en termes de données – même si cette honnêteté révèle une réalité brutale. Contrairement aux « body counts » fantaisistes de la guerre du Vietnam, les chiffres ukrainiens sont vérifiables.
L'extension du programme en 2026
Pour 2026, Fedorov a annoncé une extension significative du programme Army of Drones Bonus. Les unités de défense aérienne seront intégrées au système de points pour l’abattage d’avions, d’hélicoptères et de missiles russes. L’aviation militaire ukrainienne participera également, avec des barèmes spécifiques pour les frappes air-sol. Et les tireurs d’élite rejoindront le programme, chaque élimination confirmée rapportant des points échangeables.
Cette extension traduit une volonté d’appliquer la méthode qui a fait ses preuves avec les drones à l’ensemble des capacités de frappe ukrainiennes. Si la gamification fonctionne pour les opérateurs de drones, pourquoi ne fonctionnerait-elle pas pour les pilotes de chasse ou les snipers ?
De nouvelles catégories de cibles sont également envisagées. Les convois logistiques, les ponts temporaires, les installations de communication pourraient rejoindre le barème. L’objectif est de créer un système d’incitation complet qui oriente naturellement les efforts vers les cibles à plus haute valeur stratégique.
Les leçons pour les armées du monde
Le programme Army of Drones ukrainien est étudié dans toutes les académies militaires du monde. Il démontre qu’une nation plus petite, moins riche, peut tenir tête à une superpuissance grâce à l’innovation technologique et organisationnelle. Les leçons sont multiples et profondes.
Première leçon : la production de masse de systèmes bon marché peut neutraliser des équipements coûteux. Un essaim de drones FPV à 400 dollars pièce peut détruire un char à 4 millions de dollars. L’équation économique favorise désormais l’attaquant léger et nombreux contre le défenseur lourd et rare.
Deuxième leçon : la décentralisation des capacités de frappe rend une armée plus résiliente. Contrairement à un système d’artillerie centralisé, facile à cibler, des centaines d’opérateurs de drones dispersés sont pratiquement impossibles à neutraliser. La guerre des drones est une guerre de guérilla high-tech.
Troisième leçon : l’exploitation intelligente des données optimise l’efficacité militaire. Le système DELTA permet une amélioration continue des tactiques basée sur des preuves concrètes plutôt que sur des intuitions. La guerre devient une science expérimentale.
Quatrième leçon : la motivation des combattants – fût-ce par des mécanismes de jeu – démultiplie leur performance. Les incitations économiques fonctionnent sur le champ de bataille comme dans le monde civil. L’homo economicus ne disparaît pas sous l’uniforme.
L'armée robotisée de demain
Les analystes de l’Atlantic Council l’affirment : « l’armée robotisée de l’Ukraine sera cruciale en 2026 ». Toutefois, ils nuancent : « les drones ne peuvent pas remplacer l’infanterie ». La guerre reste un affrontement d’humains, même si les machines y jouent un rôle croissant. Les drones préparent le terrain, affaiblissent l’ennemi, détruisent ses capacités – mais ce sont toujours des soldats qui occupent le terrain.
L’objectif ukrainien de 50 000 Russes neutralisés par mois représenterait 600 000 casualties annuelles – un chiffre qui rendrait toute poursuite de l’invasion matériellement impossible pour Moscou. Même en tenant compte de l’exagération potentielle des déclarations officielles, la tendance est claire : l’Ukraine a trouvé une formule pour infliger des pertes insoutenables à l’armée russe.
La prochaine étape, déjà en développement, est l’autonomie complète des drones. Des systèmes capables d’identifier et d’engager des cibles sans intervention humaine sont en cours de test. L’intelligence artificielle permettra des essaims coordonnés de centaines de drones agissant comme un organisme unique. La guerre du futur se dessine dans les laboratoires ukrainiens.
Une transformation irréversible
Quand cette guerre se terminera – car elle se terminera – les historiens militaires dateront de 2022-2026 la naissance de l’ère des drones de combat. Ils noteront que cette révolution a été menée par une nation qui, face à l’invasion d’un voisin surpuissant, a su transformer son désavantage en innovation radicale.
Les armées occidentales, habituées à des systèmes sophistiqués et onéreux, doivent repenser leurs doctrines. La guerre de demain ne sera pas gagnée par celui qui possède les équipements les plus avancés, mais par celui qui saura produire en masse, s’adapter rapidement et exploiter intelligemment les technologies disponibles. L’Ukraine a montré la voie ; d’autres suivront.
La Chine observe attentivement, développant sa propre industrie de drones avec les ressources d’une superpuissance. L’Iran fournit des Shahed à la Russie tout en perfectionnant ses propres capacités. Les groupes terroristes étudient les tactiques ukrainiennes. La prolifération des drones de combat est inévitable ; la question n’est plus de savoir si, mais comment les armées s’adapteront.
Le prix de la résistance
819 737 frappes. 240 000 soldats ennemis éliminés ou grièvement blessés. Ces chiffres sont le prix que l’Ukraine fait payer à la Russie pour son agression. Un prix calculé au point près, documenté vidéo par vidéo, versé drone par drone.
Derrière ces statistiques se cachent des réalités humaines. Des familles russes qui ne reverront jamais leurs fils. Des soldats ukrainiens qui, chaque jour, s’assoient devant un écran et pilotent des machines de mort. Une génération marquée par une guerre qu’elle n’a pas choisie. La gamification ne change rien à la tragédie fondamentale de tout conflit armé ; elle la rend simplement plus efficace.
La guerre en Ukraine est une catastrophe humanitaire aux proportions historiques. Mais elle est aussi un laboratoire militaire où s’invente la guerre du futur. L’Armée des Drones ukrainienne n’est pas seulement une force de combat efficace ; c’est un modèle qui transformera durablement l’art de la guerre. Pour le meilleur et pour le pire.
820 000 cibles. 240 000 Russes. 4,5 millions de drones produits. Le bilan 2025 de l’Armée des Drones ukrainienne est un avertissement pour tous les agresseurs potentiels : à l’ère des drones, l’envahisseur paie le prix fort. Point par point. Frappe par frappe. Mort par mort. La guerre a changé. L’Ukraine l’a changée.
Signé Maxime Marquette
Sources
ArmyInform – Nearly 820,000 Targets Hit and 240,000 Russians Eliminated: Results of the Army of Drones Bonus Program for 2025
United24 Media – Ukraine’s Drone Army Hit 820,000 Russian Targets in 2025, Defense Minister Says
TIME – How Ukraine Gamified Drone Warfare
United24 Media – Ukraine’s Drone Strikes Hit Up to 100,000 Russian Troops in Late 2025
DroneXL – Ukraine’s Viral ‘Call Of Duty’ Drone System Awards Points For Russian Targets
NV Ukraine – Ukraine gamifies war with drone kill points in Army of Drones: Bonus program
The Defender – Army of Drones bonus programme exceeded 1 billion hryvnias
Atlantic Council – Ukraine’s robot army will be crucial in 2026 but drones can’t replace infantry
Ministry of Defence of Ukraine – $45 billion from partners, over 3 million strike drones
OSW Centre for Eastern Studies – Game of drones: the production and use of Ukrainian battlefield unmanned aerial vehicles
Bloomberg – Drones Over Ukraine and Russia Are Changing Warfare
GlobalSecurity – President: Today, More Than 80% of Enemy Targets Are Destroyed by Drones
RUSI – Russian Casualties in Ukraine
President of Ukraine Official Website – Ukraine became the first country to create separate military branch for drones
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