Un accord de vingt ans signé en janvier 2025
Pour saisir la portée réelle de l’intervention diplomatique de Moscou dans la crise actuelle, il est indispensable de comprendre l’architecture des relations russo-iraniennes. Le 17 janvier 2025, les présidents Vladimir Poutine et Massoud Pezeshkian ont signé à Moscou un Traité de partenariat stratégique global d’une durée de vingt ans, avec reconduction automatique par périodes de cinq ans. Ce document, composé de 47 articles, couvre un spectre impressionnant de domaines de coopération : défense, contre-terrorisme, énergie, finances, culture, technologies, cybersécurité, énergie nucléaire civile, coopération régionale et lutte contre le blanchiment d’argent. La Douma d’État russe a ratifié ce traité le 8 avril 2025, suivie par le Conseil de la Fédération le 16 avril, puis la signature présidentielle de Poutine le 21 avril 2025. Du côté iranien, le Parlement a ratifié l’accord le 21 mai 2025, et le Conseil des gardiens l’a validé le 11 juin 2025.
Ce traité représente une avancée significative dans les relations bilatérales, même si les analystes soulignent qu’il formalise davantage la coopération existante qu’il n’introduit de nouveaux engagements révolutionnaires. Parmi les dispositions les plus notables, on trouve la volonté d’établir une infrastructure de paiement moderne et indépendante, libre de toute interférence de tiers, ainsi que la transition vers des paiements bilatéraux en monnaies nationales, utilisant les systèmes MIR russe et Shetab iranien. Les échanges commerciaux entre les deux pays avaient déjà progressé de 15,5 % pour atteindre 3,77 milliards de dollars entre janvier et octobre 2024. Le traité vise également à renforcer la coopération dans le transport et la logistique, notamment à travers le Corridor international de transport Nord-Sud (INSTC), une artère commerciale qui pourrait redessiner les flux logistiques entre l’Europe, la Russie, l’Iran et l’Inde.
Les limites stratégiques du partenariat russo-iranien
Cependant, il serait profondément erroné de considérer ce traité comme la naissance d’une alliance militaire au sens classique du terme. Contrairement à l’accord signé par la Russie avec la Corée du Nord, le partenariat avec l’Iran ne comporte aucune clause de défense mutuelle. En cas d’agression contre l’une des parties, l’autre s’engage simplement à ne pas fournir d’assistance à l’agresseur qui pourrait prolonger l’agression — une nuance juridique cruciale qui révèle les limites réelles de cette relation. La Russie ne s’est pas engagée à défendre militairement l’Iran en cas d’attaque américaine ou israélienne, ce qui témoigne de la réticence de Moscou à confronter directement Washington ou Tel-Aviv. De même, l’Iran n’a pas reconnu la Crimée comme territoire russe et n’est pas tenu de soutenir les opérations militaires russes en Ukraine.
Cette architecture de « partenariat stratégique sans alliance militaire » explique en grande partie la nature de l’intervention russe dans la crise actuelle. Le Kremlin ne peut pas et ne veut pas se porter garant de la sécurité de l’Iran par la force des armes. Ce qu’il peut faire, en revanche, c’est utiliser son influence diplomatique, ses canaux de communication avec Washington et sa position au Conseil de sécurité des Nations Unies pour tenter de prévenir une escalade militaire qui porterait un coup fatal à ses intérêts régionaux. Le Carnegie Endowment for International Peace a noté que la relation entre l’Iran et la Russie a atteint de nouveaux sommets, non pas grâce à un traité révolutionnaire, mais en raison de l’isolement de la Russie vis-à-vis de l’Occident depuis la guerre en Ukraine. La coopération se renforce, mais dans des limites bien définies, ce qui confère à l’appel de Peskov une dimension à la fois sincère dans ses craintes et calculée dans ses objectifs.
L'escalade trumpienne : anatomie d'une menace militaire contre l'Iran
Le rapport de CNN du 28 janvier 2026 et les plans de frappe
Le rapport de CNN publié le 28 janvier 2026, signé par une équipe de sept journalistes parmi lesquels Natasha Bertrand, Kylie Atwood, Zachary Cohen, Jennifer Hansler, Oren Liebermann, Kevin Liptak et Kristen Holmes, a révélé l’ampleur des scénarios militaires envisagés par l’administration Trump. Selon des sources proches du dossier, le président américain envisage un nouveau plan de frappe majeur contre l’Iran, incluant des frappes aériennes contre les dirigeants du pays et les responsables de la sécurité, ainsi que le bombardement des installations nucléaires et des institutions gouvernementales. Trump n’aurait pas encore pris de décision finale, mais estime disposer de « davantage d’options » grâce à l’arrivée d’un groupe aéronaval au Moyen-Orient. Les discussions sur de nouvelles propositions de frappe auraient été relancées en raison de l’échec des pourparlers préliminaires entre Washington et Téhéran sur la limitation du programme nucléaire et de la production de missiles balistiques iraniens.
L’ambition de Trump, selon un responsable américain cité par CNN, serait de mener une « frappe puissante et décisive » qui forcerait Téhéran à accepter les conditions américaines pour un cessez-le-feu, avec la volonté de « déclarer victoire rapidement ». Cette approche, typique de la pensée stratégique trumpienne où la force brute est censée engendrer la soumission, ignore cependant des réalités militaires complexes. Deux responsables américains ont reconnu qu’une frappe militaire contre l’Iran serait « bien plus difficile » qu’une opération précise et clandestine. L’Iran dispose d’un arsenal comprenant des systèmes de défense aérienne, des missiles balistiques, des drones d’attaque, ainsi que des avions de combat américains et russes vieillissants mais éprouvés au combat. Même si ces capacités sont largement surpassées en nombre et en technologie par les systèmes américains modernes, elles rendent toute frappe décisive considérablement plus complexe qu’un simple bombardement de routine.
Le précédent des frappes de l’été 2025
Ce n’est pas la première fois que l’administration Trump brandit la menace militaire contre l’Iran, et ce n’est pas non plus la première fois qu’elle passe à l’acte. L’administration avait déjà vanté les bombardements de sites nucléaires iraniens de l’année précédente comme l’un de ses « grands succès militaires ». Des bombardiers furtifs B-2 de l’US Air Force avaient largué 14 des plus grosses bombes au monde, frappant deux installations nucléaires iraniennes sans aucune perte américaine. Le conflit Israël-Iran de juin 2025 avait également marqué un tournant dramatique, transformant radicalement le paysage géopolitique régional. Les analystes préviennent cependant que toute nouvelle attaque contre la République islamique ne ressemblerait probablement pas aux frappes ponctuelles qui avaient ciblé trois objectifs nucléaires l’été précédent. L’enjeu serait cette fois plus vaste, plus profond, et les conséquences potentiellement plus dévastatrices.
La menace de Téhéran de riposter immédiatement à toute agression américaine ajoute une couche supplémentaire de danger. Un conseiller proche de l’ayatollah Ali Khamenei a menacé de cibler Israël en cas d’attaque, une escalade qui pourrait déclencher une conflagration régionale impliquant de multiples acteurs. Des responsables iraniens auraient contacté leurs homologues au Qatar, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et en Turquie pour les avertir que si l’Iran est attaqué, les bases américaines dans chacun de ces pays seraient visées. Cette menace crédible, compte tenu de l’arsenal de missiles balistiques iraniens qui, selon le Middle East Institute, est « réapprovisionné avec l’aide de la Chine », transforme tout scénario de frappe américaine en un jeu de dominos potentiellement catastrophique pour l’ensemble de la région.
Je regarde la carte du Moyen-Orient ce soir, et je ne peux m’empêcher de frissonner. Ce que je vois, ce n’est pas un échiquier géopolitique abstrait réservé aux analystes en costume-cravate ; c’est un baril de poudre posé sur le toit du monde, et plusieurs dirigeants semblent s’amuser avec des allumettes. Donald Trump parle de « frappe décisive » comme on commanderait un repas au restaurant — vite, efficace, et on passe au dessert. Mais la guerre n’est pas un menu à la carte. Elle dévore les innocents, consume les économies, ravage les générations. Je pense aux manifestants iraniens qui descendent dans la rue pour réclamer du pain et de la dignité, et qui risquent de se retrouver sous les bombes de ceux qui prétendent les libérer. L’ironie est si cruelle qu’elle en devient obscène. Et je me demande, avec une colère que je ne tente même pas de contenir, si quiconque à la Maison-Blanche a pris la peine de calculer le nombre de vies humaines que coûterait cette « victoire rapide » dont Trump semble rêver.
L'appel téléphonique Poutine-Pezeshkian : la diplomatie en coulisses
La conversation du 16 janvier 2026 et ses enjeux
Bien avant la déclaration de Peskov du 29 janvier, le Kremlin avait déjà activé ses canaux diplomatiques au plus haut niveau. Le 16 janvier 2026, le président Vladimir Poutine a eu un entretien téléphonique avec le président iranien Massoud Pezeshkian, marquant sa première réaction publique aux dernières tensions au Moyen-Orient. Ce coup de fil intervenait dans un contexte doublement sensible : les manifestations massives en Iran provoquées par l’inflation galopante depuis fin décembre 2025, et les menaces américaines d’intervention militaire. Le même jour, Poutine a également contacté le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, signalant une volonté de jouer un rôle de médiateur multilatéral dans une crise aux ramifications multiples. Le Kremlin a présenté ces échanges comme partie intégrante des « efforts continus » de Poutine pour « désescalader les tensions » entre Washington et Téhéran.
Au cours de cette conversation, Pezeshkian a informé Poutine des efforts soutenus du gouvernement iranien pour normaliser la situation dans le pays. Les deux dirigeants ont réaffirmé que la Russie et l’Iran soutiennent « unanimement et systématiquement la désescalade des tensions », tant autour de l’Iran que dans la région dans son ensemble, et la résolution de tout problème émergent par des « moyens exclusivement politiques et diplomatiques ». Ils ont également confirmé leur engagement mutuel à renforcer le partenariat stratégique entre les deux pays et à mettre en oeuvre des projets économiques conjoints dans divers domaines. Dmitri Peskov a qualifié cette démarche de « une assistance non seulement à l’Iran, mais à l’ensemble de la région, ainsi qu’à la cause de la stabilité et de la paix régionales ». Cette formulation révèle la stratégie communicationnelle du Kremlin : se positionner non pas comme un allié partial de l’Iran, mais comme un acteur oeuvrant pour le bien commun régional.
La diplomatie russe face au dilemme iranien
La position de la Russie dans cette crise est plus nuancée qu’il n’y paraît à première vue. D’un côté, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a « résolument condamné l’ingérence étrangère déstabilisatrice » dans les affaires intérieures de l’Iran, accusant des puissances étrangères de tenter de transformer des manifestations pacifiques en « émeutes cruelles et insensées » et de chercher un changement de régime. Cette rhétorique s’inscrit dans le narratif habituel de Moscou, qui voit dans chaque soulèvement populaire la main de l’Occident et le spectre des « révolutions de couleur ». Le représentant permanent de la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU, Vassily Nebenzia, a d’ailleurs accusé les États-Unis de « faire monter les tensions et d’attiser l’hystérie autour de l’Iran », qualifiant les manifestants iraniens de victimes de « méthodes éprouvées de révolutions de couleur ».
De l’autre côté, la Russie doit composer avec une réalité délicate : elle est l’alliée d’un régime qui tire sur ses propres citoyens. Les 2 677 morts documentées par les organisations de défense des droits humains constituent un chiffre qui, même pour un Kremlin aguerri à l’art de la relativisation, est difficile à ignorer complètement. La diplomatie russe navigue donc entre la défense de son partenaire stratégique, la condamnation de l’ingérence étrangère, et un appel à la retenue qui vise aussi bien Téhéran dans sa répression que Washington dans ses menaces militaires. Ce grand écart diplomatique, s’il témoigne d’une certaine habileté, révèle aussi les limites d’une position qui tente de ménager des intérêts fondamentalement contradictoires. Le Kremlin veut préserver son allié iranien, empêcher une guerre américaine qui déstabiliserait toute la région, et maintenir un canal de communication avec Trump dans le contexte plus large des relations russo-américaines, notamment sur le dossier ukrainien.
L'effondrement du cadre nucléaire : du JCPOA à la terre brûlée diplomatique
De l’accord de Vienne 2015 au retrait américain de 2018
La crise actuelle ne peut se comprendre sans un retour aux fondamentaux du dossier nucléaire iranien. Le Plan d’action global conjoint (JCPOA), finalisé à Vienne le 14 juillet 2015 entre l’Iran et le groupe P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité — Chine, France, Russie, Royaume-Uni, États-Unis — plus l’Allemagne) avec l’Union européenne, représentait un accomplissement diplomatique majeur. L’Iran acceptait de ne pas produire l’uranium hautement enrichi ni le plutonium pouvant être utilisés dans une arme nucléaire, en échange d’un allègement des sanctions. Certaines restrictions avaient des dates d’expiration : après dix ans, les restrictions sur les centrifugeuses devaient être levées ; après quinze ans, les limites sur la quantité d’uranium faiblement enrichi que l’Iran pouvait posséder. Cet accord, malgré ses imperfections, constituait le seul cadre juridique international encadrant le programme nucléaire iranien.
En mai 2018, lors de son premier mandat, Donald Trump a tenu sa promesse de campagne en retirant les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Les sanctions américaines réimposées dans le cadre de la campagne de « pression maximale » s’appliquaient à tous les pays et entreprises faisant affaire avec l’Iran, coupant ce dernier du système financier international et rendant caduques les dispositions économiques du JCPOA. En réaction, l’Iran a progressivement renié ses engagements pris dans le cadre de l’accord, et vers 2023, il se trouvait au bord de la capacité de percée nucléaire. La tentative de l’administration Biden de ressusciter l’accord s’est heurtée à un désaccord fondamental sur la séquence des actions : Washington voulait que l’Iran revienne d’abord à ses obligations avant la levée des sanctions, tandis que Téhéran exigeait l’inverse. À la fin du mandat de Biden, le bilan diplomatique était quasi nul.
La spirale de 2025 : guerre, sanctions snapback et mort du JCPOA
L’année 2025 a marqué la destruction définitive de tout cadre diplomatique. Le 4 février 2025, Trump, de retour au pouvoir, a signé un mémorandum présidentiel de sécurité nationale imposant une « pression maximale » sur le gouvernement iranien, incluant une « campagne robuste et continue d’application des sanctions ». Initialement optimiste sur un nouvel accord, la Maison-Blanche qualifiait en avril 2025 les pourparlers en cours de « constructifs ». Mais le 9 juin 2025, Trump annonçait que l’Iran avait rejeté un accord visant à créer un consortium nucléaire régional au Moyen-Orient qui aurait pris le contrôle des capacités d’enrichissement iraniennes. Le 13 juin 2025, Israël attaquait l’Iran, et les États-Unis frappaient des installations nucléaires iraniennes. Trump déclarait avoir « abandonné tout travail sur l’allègement des sanctions » après le « défi rhétorique » iranien.
La séquence catastrophique s’est poursuivie avec l’activation du mécanisme de snapback. Le 28 août 2025, les pays du E3 — France, Allemagne et Royaume-Uni — ont déclenché ce mécanisme, affirmant que l’Iran avait « de manière croissante et délibérée cessé d’honorer ses engagements JCPOA » depuis 2019. Le secrétaire d’État Marco Rubio a qualifié cette action de « leadership mondial décisif ». Le 28 septembre 2025, les sanctions onusiennes étaient officiellement réimposées, et le snapback de 2025 les a non seulement rétablies mais étendues indéfiniment. Le 18 octobre 2025, « Jour de terminaison » prévu — dix ans après le jour d’adoption —, l’Iran a officiellement annoncé la terminaison de l’accord. Le JCPOA, autrefois salué comme un accord de non-prolifération historique, était mort. La Chine et la Russie avaient introduit le 26 septembre une résolution visant à prolonger l’examen du « dossier nucléaire iranien » par le Conseil de sécurité jusqu’en avril 2026, mais cette résolution n’a pas été adoptée.
J’écris ces lignes avec un sentiment de gâchis historique qui me noue l’estomac. Le JCPOA, quoi qu’on en dise, était le seul filet de sécurité diplomatique que l’humanité avait tissé pour empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire militaire. Imparfait, certes. Insuffisant, peut-être. Mais il existait, il fonctionnait dans les limites de ce qu’un accord international peut accomplir. Et nous l’avons regardé mourir, lentement, méthodiquement, assassiné par la désinvolture trumpienne de 2018, par l’immobilisme de Biden, par l’intransigeance de Téhéran, par les calculs de toutes les parties. Aujourd’hui, nous sommes nus face à la menace nucléaire iranienne, sans cadre juridique, sans mécanisme de vérification, sans rien d’autre que des menaces de bombes et des appels à négocier dans le vide. Et c’est dans ce désert diplomatique que Dmitri Peskov ose dire qu’il reste du temps pour négocier. Je veux y croire, désespérément, mais la raison me souffle que le temps est un luxe que personne ne semble pressé d’utiliser à bon escient.
Les réactions internationales : un front fragile contre l'escalade
La Turquie, le Pakistan et les puissances régionales en alerte
La déclaration du Kremlin n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans un mouvement international plus large de résistance à la logique de guerre promue par Washington. La Turquie, membre de l’OTAN, s’est positionnée comme un acteur clé de la médiation. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que son pays cherchait à « soutenir un accord entre l’Iran et les États-Unis qui aboutisse à une situation gagnant-gagnant », ajoutant que « la stabilité de la région en dépend ». Ankara a ses propres raisons de craindre une conflagration : la Turquie accueille des millions de réfugiés syriens et redoute une nouvelle vague de déplacés en cas d’effondrement du régime iranien. Sa préoccupation première concerne le risque de troubles dans les régions kurdes de l’Iran, qui pourraient traverser la frontière et raviver le séparatisme kurde, surtout après un accord historique avec le PKK l’année précédente.
Le Pakistan, voisin direct de l’Iran, partage des inquiétudes similaires liées aux effets de débordement. Le pays craint d’être entraîné dans des insurrections transfrontalières impliquant des groupes séparatistes armés opérant dans les régions frontalières agitées de l’Iran. Plus de 300 ressortissants pakistanais sont rentrés d’Iran en l’espace de deux jours à la mi-janvier, et le nombre de rapatriés ne cesse d’augmenter. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères a exprimé de « profondes préoccupations » en soulignant que le dialogue reste la seule voie viable. L’Arabie saoudite et le Qatar se sont également prononcés contre une attaque américaine sur l’Iran, un positionnement remarquable pour des pays qui avaient longtemps considéré Téhéran comme leur principal rival régional. Le rapprochement saoudo-iranien brokérisé par la Chine continue de tenir, ancré dans les intérêts saoudiens de maintenir un environnement stable pour le développement économique.
La Chine et l’ONU en première ligne diplomatique
Au Conseil de sécurité des Nations Unies, le représentant permanent de la Chine a émis un avertissement sévère contre tout aventurisme militaire contre l’Iran. Pékin, qui entretient ses propres relations stratégiques avec Téhéran et qui, selon plusieurs rapports, aide l’Iran à reconstituer son stock de missiles balistiques, a tout intérêt à éviter une guerre qui perturberait ses approvisionnements en pétrole et ses routes commerciales. Le soutien chinois à la position russe en faveur du dialogue n’est pas fortuit : il reflète une convergence d’intérêts entre Moscou et Pékin pour maintenir un ordre international multipolaire où la force militaire américaine ne constitue pas le dernier mot. Cette coalition informelle russo-sino-turco-saoudienne en faveur de la retenue constitue un fait géopolitique majeur, même si sa cohérence et sa durabilité restent à démontrer.
Un développement particulièrement notable, rapporté par Foreign Policy, concerne la formation d’une nouvelle alliance militaire englobant la Turquie, le Pakistan, l’Égypte et certains États arabes, clairement destinée à contrebalancer les menaces israéliennes perçues, qu’une attaque contre l’Iran ne ferait qu’exacerber. Les responsables iraniens auraient contacté leurs homologues au Qatar, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et en Turquie pour les prévenir que si l’Iran est attaqué, les bases américaines dans chacun de ces pays seraient ciblées. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a personnellement contacté ses homologues aux Émirats et en Turquie, tandis qu’Ali Larijani, chef de l’organe de sécurité nationale iranien, s’est entretenu avec le ministre qatarien des Affaires étrangères. Cette toile d’avertissements diplomatiques croisés illustre le potentiel explosif de tout scénario militaire : une attaque contre l’Iran ne resterait pas confinée au territoire iranien mais embraserait potentiellement tout le golfe Persique.
La stratégie russe : entre intérêts propres et diplomatie de nécessité
Pourquoi le Kremlin ne peut pas se permettre une guerre américano-iranienne
Derrière les déclarations de Peskov se cachent des calculs stratégiques que Moscou ne verbalise pas ouvertement mais qui structurent fondamentalement sa politique. Premièrement, une guerre américano-iranienne déstabiliserait un allié avec lequel la Russie vient de signer un traité stratégique de vingt ans. L’effondrement ou l’affaiblissement radical du régime iranien priverait Moscou d’un partenaire essentiel dans sa stratégie de contournement des sanctions occidentales. Les systèmes de paiement alternatifs en cours de développement, les corridors de transport, les projets énergétiques conjoints — tout cela serait compromis par un conflit majeur. Deuxièmement, la Russie est elle-même engagée dans une guerre en Ukraine et ne peut se permettre de voir l’attention et les ressources militaires américaines soudainement libérées d’un éventuel bourbier iranien. Paradoxalement, tant que la tension avec l’Iran mobilise une partie de l’appareil de sécurité américain, la pression sur le dossier ukrainien reste partiellement diluée.
Troisièmement, une guerre contre l’Iran provoquerait un choc pétrolier dont les conséquences économiques seraient imprévisibles. Si les prix du pétrole flambent, la Russie, en tant que grand exportateur, pourrait en bénéficier à court terme, mais la perturbation des marchés mondiaux et l’instabilité généralisée pourraient aussi aggraver la récession globale qui affecterait ses propres exportations. Quatrièmement, le Kremlin cherche à se positionner comme un acteur indispensable de la stabilité internationale, un médiateur crédible capable de parler à toutes les parties. L’appel de Peskov au dialogue s’inscrit dans cette stratégie de soft power que Poutine a déployée dans plusieurs contextes — du dossier syrien au rapprochement Trump-Kim Jong-un. Des rapports récents, relayés notamment par Newsweek et le Times of Israel, suggèrent que Poutine aurait accepté de contribuer à l’organisation de pourparlers entre Trump et l’Iran, une médiation qui, si elle aboutissait, renforcerait considérablement le prestige diplomatique de Moscou sur la scène mondiale.
Les rapports sur la médiation russe entre Trump et Téhéran
L’information la plus intrigante de ces dernières semaines concerne la possibilité que Poutine joue un rôle actif de médiateur entre Trump et l’Iran. Selon des rapports relayés par Newsweek et le Times of Israel, alors que Trump se rapproche de Poutine — dans un contexte où les deux dirigeants semblent partager une relation personnelle inhabituellement cordiale —, la Russie se serait proposée pour faciliter les négociations nucléaires entre Washington et Téhéran. Cette dynamique est fascinante parce qu’elle place la Russie dans une position triangulaire où elle est simultanément l’alliée stratégique de l’Iran et un interlocuteur privilégié de l’administration Trump. Si Moscou parvient à orchestrer un retour au dialogue, elle en tirerait un triple bénéfice : la préservation de son allié iranien, le renforcement de sa relation avec Washington, et l’affirmation de son statut de puissance mondiale incontournable.
Cependant, les obstacles à cette médiation sont colossaux. L’Iran ne fait plus confiance aux États-Unis après le retrait du JCPOA en 2018 et les frappes militaires de 2025. Trump, de son côté, exige une capitulation quasi totale sur le programme nucléaire, ce qui est politiquement impossible pour le régime de Téhéran, surtout dans le contexte actuel de manifestations populaires qui menacent sa survie. Le JCPOA est officiellement mort depuis octobre 2025, les sanctions onusiennes sont réimposées indéfiniment, et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est tenue à l’écart depuis que le parlement iranien a voté la suspension de la coopération. Dans ce désert diplomatique, la marge de manoeuvre pour un quelconque accord est extraordinairement étroite. Pourtant, c’est précisément dans ce contexte que la déclaration de Peskov prend tout son sens : en affirmant que le « potentiel de négociation n’est pas épuisé », le Kremlin tente de maintenir ouverte une porte que toutes les autres parties semblent déterminées à fermer.
Je vais être d’une honnêteté brutale avec vous, lecteurs : je ne sais pas si la médiation russe peut fonctionner. Intellectuellement, je vois les arguments pour — Poutine parle aux deux parties, il a un intérêt concret à empêcher la guerre, il dispose de leviers diplomatiques réels. Émotionnellement, je suis habité par un doute profond, parce que la Russie de 2026 n’est pas un médiateur neutre ; c’est un pays en guerre qui a ses propres problèmes de légitimité internationale. Mais je refuse de sombrer dans le cynisme total qui consiste à dire que parce que les motivations sont impures, l’initiative est forcément vouée à l’échec. L’histoire de la diplomatie est jalonnée d’accords conclus entre adversaires animés par des intérêts contradictoires. Si Poutine parvient à ramener Trump et les Iraniens autour d’une table, même pour des raisons entièrement égoïstes, je serai le premier à applaudir. Parce que l’alternative — des B-2 au-dessus de Téhéran, des missiles balistiques sur les bases du Golfe, et des milliers de morts — est infiniment pire que n’importe quelle négociation imparfaite.
Perspectives : les scénarios possibles pour les semaines à venir
Le scénario diplomatique : un improbable retour à la table
Plusieurs scénarios se dessinent pour les semaines et les mois à venir. Le premier, le plus optimiste, verrait un retour effectif au dialogue entre Washington et Téhéran, possiblement facilité par la Russie, la Turquie ou une combinaison d’intermédiaires. Ce scénario nécessiterait que Trump accepte de modérer ses exigences maximalistes et que l’Iran accepte de revenir à la table des négociations malgré les traumatismes accumulés. Les négociations d’Abu Dhabi, mentionnées dans les déclarations du Kremlin, pourraient constituer un embryon de ce processus, Peskov ayant noté que ces « négociations d’experts » pourraient « prendre plus d’un jour si nécessaire ». Le cadre d’un nouvel accord devrait être fondamentalement différent du JCPOA défunt, possiblement plus ambitieux dans sa portée — couvrant le programme nucléaire, les missiles balistiques et l’influence régionale — mais aussi plus flexible dans ses mécanismes, intégrant des garanties de sécurité que l’Iran exigera après les frappes de 2025.
Ce scénario, bien que souhaitable, se heurte à des obstacles majeurs. La confiance entre les parties est au plus bas. L’Iran a vu un accord validé par le Conseil de sécurité de l’ONU déchiré unilatéralement par les États-Unis, suivi de frappes militaires sur ses installations les plus sensibles. Quelle garantie Washington pourrait-il offrir qu’un nouvel accord serait respecté, surtout sachant que le prochain président américain pourrait tout aussi facilement l’annuler ? Les Iraniens ont aussi des contraintes internes : avec des manifestations qui secouent le pays, le régime ne peut pas se permettre d’apparaître faible devant son opinion publique en acceptant des conditions humiliantes. La source diplomatique régionale citée dans les médias turcs avait d’ailleurs averti qu’il pourrait être « trop tard », notant que le rythme des discussions est lent et « pourrait finir par être trop tardif ». Cette tension entre l’urgence de la situation et la lenteur inhérente à la diplomatie constitue le paradoxe central de la crise actuelle.
Le scénario militaire : les conséquences d’une frappe américaine
Le second scénario, le plus redouté, verrait Trump ordonner des frappes militaires contre l’Iran. Le Middle East Institute a averti que « ce ne sera pas une autre guerre de douze jours », en référence au conflit relativement bref de l’été 2025. Les capacités militaires iraniennes, bien qu’inférieures à celles des États-Unis, sont suffisantes pour infliger des dégâts significatifs aux forces américaines et à leurs alliés régionaux. L’arsenal de missiles balistiques iraniens, réapprovisionné avec l’aide chinoise, représente une menace directe pour les bases américaines au Bahreïn, au Qatar, aux Émirats, en Arabie saoudite et au Koweït. Les drones d’attaque, les milices alliées au Liban, en Irak et au Yémen, et la capacité de l’Iran à bloquer le détroit d’Ormuz — par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial — constituent autant de leviers de représailles qui pourraient transformer une opération militaire limitée en conflagration régionale.
Les conséquences humanitaires et économiques d’un tel scénario seraient catastrophiques. Au-delà des pertes humaines directes, un conflit provoquerait une crise des réfugiés affectant tous les pays voisins — Turquie, Pakistan, Irak, Afghanistan — déjà fragilisés par leurs propres défis internes. Le choc pétrolier résultant pourrait faire flamber les prix de l’énergie à des niveaux inédits, aggravant l’inflation mondiale et poussant des économies déjà fragiles vers la récession. La menace iranienne de cibler Israël en cas d’attaque ajouterait une dimension supplémentaire au conflit, risquant de déclencher une guerre régionale totale impliquant Israël, le Hezbollah, et potentiellement d’autres acteurs. C’est précisément ce scénario apocalyptique que Peskov et le Kremlin cherchent à éviter en insistant sur le fait que la voie diplomatique reste ouverte, même si cette affirmation relève peut-être davantage du voeu pieux que de l’analyse froide.
Conclusion : Le temps comme dernière ressource diplomatique
L’appel du Kremlin dans une perspective historique
La déclaration de Dmitri Peskov du 29 janvier 2026, telle que rapportée par The Moscow Times, s’inscrit dans une tradition diplomatique russe qui, malgré toutes les critiques légitimes que l’on peut adresser à Moscou, a parfois contribué à éviter le pire. Lorsque le Kremlin affirme que le « potentiel de négociation n’est pas épuisé », il ne dit pas que la paix est assurée ; il dit que la guerre n’est pas inévitable. Cette nuance est capitale dans un monde où le langage de la confrontation a pris le dessus sur celui du compromis. La Russie, avec tous ses défauts et ses arrière-pensées, occupe une position unique dans cette crise : elle parle à Téhéran, elle parle à Washington, elle parle à Tel-Aviv, et elle a un intérêt vital à ce qu’aucune de ces capitales ne déclenche une guerre dont les conséquences échapperaient à tout contrôle. Le traité stratégique de janvier 2025 avec l’Iran, les canaux de communication avec l’administration Trump, et la capacité de Poutine à jouer simultanément plusieurs parties sur l’échiquier mondial confèrent à Moscou un levier diplomatique que peu d’autres acteurs possèdent.
Mais le temps, précisément, est un facteur ambivalent. Il peut être l’allié de la diplomatie, offrant aux parties l’espace nécessaire pour reculer sans perdre la face. Il peut aussi être l’ennemi de la stabilité, permettant aux préparatifs militaires de s’intensifier, aux rhétoriques de se durcir, aux incidents de se multiplier jusqu’au point de non-retour. Le déploiement d’un groupe aéronaval américain au Moyen-Orient, les menaces iraniennes de représailles massives, les manifestations populaires qui continuent de secouer Téhéran et les grandes villes du pays — tout cela dessine un paysage où chaque jour qui passe sans accord augmente le risque d’un dérapage, volontaire ou accidentel. La question n’est plus de savoir si Peskov a raison de dire qu’il reste du temps pour négocier. La question est de savoir combien de temps il reste avant que ce temps ne soit définitivement écoulé. Et à cette question, ni le Kremlin, ni la Maison-Blanche, ni Téhéran ne semblent avoir de réponse claire.
Un appel à la responsabilité collective
En dernière analyse, la crise américano-iranienne de janvier 2026 dépasse largement le cadre bilatéral. Elle met à l’épreuve l’ensemble du système international et sa capacité à prévenir les conflits dans un monde où les institutions multilatérales sont affaiblies, où les traités sont déchirés, où la force prime de plus en plus sur le droit. L’appel de la Russie au dialogue, rejoint par la Turquie, le Pakistan, la Chine, l’Arabie saoudite et le Qatar, constitue un signal encourageant mais insuffisant. Il ne suffit pas d’appeler au dialogue ; encore faut-il que les parties soient disposées à dialoguer sincèrement, avec la volonté réelle de faire des concessions. Or, dans l’état actuel des choses, ni Trump ni le régime iranien ne semblent prêts à cette démarche. Le premier veut une « victoire décisive », le second lutte pour sa survie. Entre ces deux absolutismes, l’espace pour le compromis est dangereusement étroit, et c’est dans cet interstice que la diplomatie internationale, portée entre autres par Moscou, doit tenter de s’insinuer avant qu’il ne soit trop tard.
Le monde retient son souffle devant le golfe Persique, espérant que la raison l’emportera sur la déraison, que les calculs stratégiques de Moscou, pour une fois, serviront la cause de la paix autant que celle des intérêts russes. Les prochaines semaines seront décisives. Les négociations d’experts à Abu Dhabi, l’évolution de la situation interne en Iran, les décisions de Trump concernant l’option militaire, et la capacité de la communauté internationale à maintenir la pression en faveur du dialogue détermineront si 2026 sera l’année d’un nouveau tournant diplomatique ou celle d’une catastrophe que personne n’aura su — ou voulu — empêcher. Dans cette attente insupportable, le mot de Peskov résonne comme un mantra aussi fragile qu’essentiel : le potentiel de négociation n’est pas épuisé. Puissions-nous encore avoir la sagesse de le vérifier avant de le détruire irrémédiablement.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette chronique adopte une perspective anti-guerre assumée, fondée sur la conviction que les conflits armés entre grandes puissances constituent une menace existentielle pour l’humanité et que la diplomatie, même imparfaite, doit toujours primer sur l’option militaire. Ce positionnement ne signifie pas une approbation aveugle de la politique du Kremlin ou du régime iranien. La Russie de Vladimir Poutine mène une guerre d’agression en Ukraine qui viole le droit international, et le régime de Téhéran réprime brutalement sa propre population. Ces réalités sont reconnues et intégrées dans l’analyse. L’auteur considère que la déclaration de Peskov peut être simultanément motivée par des intérêts stratégiques russes et porteuse d’un message légitime en faveur de la désescalade.
Le chroniqueur ne prétend pas à la neutralité mais à l’honnêteté intellectuelle. Les mini-éditoriaux intégrés dans le texte reflètent des opinions personnelles engagées, clairement identifiées comme telles. L’analyse factuelle qui les entoure s’efforce de présenter les différentes perspectives en jeu, y compris celles avec lesquelles l’auteur est en désaccord. Le lecteur est invité à former son propre jugement sur la base des faits présentés et des sources citées, en tenant compte du positionnement éditorial déclaré de cette chronique. La transparence sur les biais est considérée comme un impératif éthique supérieur à toute prétention illusoire d’objectivité absolue.
Méthodologie et sources
Cette chronique s’appuie sur un corpus de sources diversifiées couvrant un spectre géopolitique large. La source principale est l’article de The Moscow Times du 29 janvier 2026, un média indépendant anglophone basé en Russie reconnu pour la qualité de sa couverture des affaires russes. Les déclarations officielles du Kremlin ont été vérifiées via l’agence TASS et le site officiel du Kremlin. Les informations sur les plans militaires américains proviennent du rapport de CNN du 28 janvier 2026, rédigé par une équipe de sept journalistes spécialisés. Les données sur le traité russo-iranien ont été recoupées avec les analyses du Carnegie Endowment for International Peace, de Wikipedia et de sources gouvernementales. Les réactions internationales ont été compilées à partir de Al Jazeera, Al-Monitor, US News, Foreign Policy, du Middle East Institute et de CNN.
La méthodologie adoptée consiste à croiser systématiquement les sources pour vérifier l’exactitude des faits rapportés, tout en reconnaissant que dans un contexte de crise en évolution rapide, certaines informations peuvent être incomplètes ou sujettes à révision. Les citations sont reproduites fidèlement, avec indication de leur source. Les interprétations et analyses sont clairement distinguées des faits bruts. L’auteur n’a pas eu accès à des sources confidentielles et s’appuie exclusivement sur des informations publiées dans des médias accessibles au public. La chronologie des événements a été reconstituée à partir de multiples sources afin de garantir sa précision. Toute erreur factuelle portée à l’attention de l’auteur sera corrigée dans les meilleurs délais.
Nature de l’analyse
Ce texte constitue une chronique d’opinion informée, combinant une dimension analytique fondée sur des faits vérifiables et une dimension éditoriale assumant un point de vue personnel et engagé. Il ne s’agit ni d’un reportage factuel pur ni d’un éditorial déconnecté des réalités empiriques, mais d’un exercice hybride visant à éclairer le lecteur sur les enjeux de la crise américano-iranienne tout en partageant avec lui les réflexions et les émotions qu’elle suscite chez un observateur attentif de la géopolitique internationale. Les passages en italique signalent explicitement les moments où le texte bascule du registre analytique au registre éditorial.
L’analyse présentée dans cette chronique reflète l’état des connaissances disponibles au 29 janvier 2026. La situation évoluant rapidement, certains éléments pourraient être dépassés au moment de la lecture. L’auteur encourage les lecteurs à consulter les sources citées pour suivre l’évolution du dossier et à exercer leur esprit critique face à toute information, y compris celle présentée dans ce texte. La géopolitique est un domaine où les certitudes sont rares et où l’humilité intellectuelle constitue la première vertu de l’analyste. Cette chronique aspire à contribuer au débat public en offrant un éclairage structuré et documenté, tout en reconnaissant les limites inhérentes à toute analyse en temps réel d’événements dont les ramifications complètes ne seront connues que dans les semaines et les mois à venir.
Sources
Sources primaires
The Moscow Times — Kremlin Believes U.S. and Iran Still Have Time to Negotiate – 29 janvier 2026
TASS — Negotiation potential on Iran not exhausted, military action to create chaos — Kremlin – 29 janvier 2026
CNN — Trump weighs major new strike on Iran as nuclear discussions show no progress – 28 janvier 2026
Kremlin.ru — Telephone conversation with President of Iran Masoud Pezeshkian – 16 janvier 2026
The Moscow Times — Putin Holds First Talks With Iranian, Israeli Leaders Amid Mass Protests and U.S. Threats – 16 janvier 2026
Al-Monitor — Russia urges US-Iran talks, warns against use of force – 29 janvier 2026
Sources secondaires
Carnegie Endowment for International Peace — New Russia-Iran Treaty Reveals the Limits of Their Partnership – janvier 2025
Newsweek — Putin Agrees to Help Broker Talks Between Trump and Iran – janvier 2026
Times of Israel — As Trump cozies up to Putin, Russia offers to mediate US-Iran nuclear talks – janvier 2026
Al Jazeera — World reacts to Iran protests, US military threats against Tehran – 13 janvier 2026
Middle East Institute — Potential US military strikes on Iran: This won’t be another 12-Day War – janvier 2026
CNBC — Russia watches as ally Iran edges closer to collapse – 14 janvier 2026
Foreign Policy — Iran Protests: Why an American Attack Would Backfire – 14 janvier 2026
US News — Russia Urges US-Iran Talks, Warns Against Use of Force – 29 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.