La reference a la guerre d’Afghanistan n’est pas anodine. Cette aventure militaire sovietique, qui s’est etiree de 1979 a 1989, a laisse des cicatrices profondes dans la memoire collective russe. Elle a contribue a l’effondrement de l’URSS, traumatise une generation de veterans et forge ce qu’on a appele le « syndrome afghan » – cette detresse psychologique des soldats revenus brises d’un conflit incompris et impopulaire.
Les chiffres officiels sovietiques evoquaient environ 15 000 morts et 35 000 blesses sur dix ans de guerre. Des estimations plus precises parlent de 14 453 soldats tues, 53 753 blesses, 118 avions et 333 helicopteres perdus. A l’epoque, ces pertes avaient choque l’opinion publique, sape le moral national et accelere la desintegration du systeme sovietique.
Or, ce que la Russie perd desormais en un seul mois en Ukraine depasse ce qu’elle a perdu en dix ans en Afghanistan. Les pertes russes en Ukraine sont quinze fois superieures a celles de l’Afghanistan. Cinq fois plus importantes que toutes les guerres russes et sovietiques combinees depuis 1945 – incluant l’Afghanistan et les deux guerres de Tchetchenie.
La bataille d’Avdiivka, a elle seule, entre octobre 2023 et fevrier 2024, a coute plus de vies russes que la totalite de la guerre d’Afghanistan. Environ 17 000 soldats tues en quatre mois d’offensive acharnee pour s’emparer d’une petite ville ukrainienne. Trente mille autres blesses. Pour quoi ? Pour des ruines. Pour des decombres. Pour rien.
L'illusion de la victoire
Car c’est la le paradoxe le plus cruel de cette guerre : malgre ces sacrifices incommensurables, les gains territoriaux russes restent derisoires. Depuis 2022, la Russie n’a augmente que de 12% la superficie des territoires ukrainiens sous son controle. En deux ans, depuis le debut de 2024, les forces russes n’ont gagne que 1,5% du territoire ukrainien.
Le rapport du CSIS decrit une progression « plus lente que presque toutes les offensives majeures de toutes les guerres du siecle dernier ». Les chiffres sont vertigineux de pathétisme : les troupes russes avancent a un rythme de 15 a 70 metres par jour dans leurs offensives les plus « reussies ». Soixante-dix metres. La longueur d’un terrain de football. Par jour. Au prix de centaines de vies.
Pour donner une perspective historique : lors de la bataille de la Somme en 1916, l’un des bains de sang les plus atroces de la Premiere Guerre mondiale, les forces francaises progressaient d’environ 80 metres par jour. La Russie de Poutine, avec ses pretentions de grande puissance militaire, fait moins bien que les poilus de Verdun. Moins bien qu’il y a plus d’un siecle. Avec des drones, des missiles hypersoniques et des satellites, elle reproduit – en pire – les carnages absurdes des tranchees de 1914-1918.
En 2024, les forces russes ont conquis environ 3 604 kilometres carres – soit 0,6% de l’Ukraine, une superficie inferieure a l’Etat americain du Delaware. En 2025, les gains ont ete legerement superieurs : 4 831 kilometres carres, soit 0,8% du territoire ukrainien. Au total, environ 8 400 kilometres carres en deux ans. Le cout ? Pres de 700 000 pertes pour la seule annee 2025.
Le deni du Kremlin
Face a ces revelations accablantes, quelle est la reaction de Moscou ? Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a balaye le rapport d’un revers de main, suggerant de se fier plutot aux informations du ministere de la Defense. Un conseil pour le moins cocasse quand on sait que la derniere declaration officielle russe sur les pertes militaires remonte a… septembre 2022. A l’epoque, le ministere affirmait que moins de 6 000 soldats russes avaient ete tues. Depuis, plus rien. Le silence. L’omerta.
Ce silence est eloquent. Il trahit une verite que le Kremlin refuse d’admettre : cette guerre est un desastre. Pas seulement humanitaire. Pas seulement economique. Un desastre existentiel pour la Russie elle-meme.
Le travail de verification mene par eng-trl »>Mediazona et BBC Russian offre un contrepoint precieux a la propagande officielle. Ces journalistes independants, travaillant avec une equipe de benevoles, ont compile une liste nominative des morts russes a partir de sources publiques verifiables : publications de proches sur les reseaux sociaux, necrologies dans les medias locaux, declarations des autorites regionales. Au 13 janvier 2026, ils avaient documente 165 661 deces de soldats et contractuels russes.
Mais meme ce chiffre, aussi considerable soit-il, est probablement largement sous-estime. Les experts militaires consultes estiment que cette compilation ne represente que 45 a 65% du bilan reel. Ce qui placerait le nombre de morts russes quelque part entre 243 000 et 352 000. Le CSIS, avec ses propres methodologies et sources, arrive a la fourchette haute de 325 000.
L'Ukraine en souffrance
Il serait indecent de parler des pertes russes sans evoquer l’immense souffrance ukrainienne. Ce pays de 40 millions d’habitants se bat pour sa survie depuis pres de quatre ans. Ses pertes – 500 000 a 600 000 victimes, dont jusqu’a 140 000 morts – representent une saignee demographique catastrophique pour une nation deja confrontee au vieillissement de sa population.
Mais au-dela des champs de bataille, c’est toute l’infrastructure civile qui est methodiquement detruite. Les frappes russes sur le reseau energetique ukrainien ont plonge le pays dans la pire crise hivernale depuis le debut de l’invasion. En janvier 2026, le systeme energetique ukrainien ne peut repondre qu’a 60% de la demande nationale d’electricite.
Kiev, la capitale, a connu ce que son maire Vitali Klitschko a qualifie de « premiere fois dans l’histoire de notre ville ou, par des froids aussi severes, la majeure partie de la ville s’est retrouvee sans chauffage et avec un deficit enorme d’electricite ». Des temperatures de -19 degres Celsius. Des centaines d’immeubles sans chauffage. Des millions de personnes dans l’obscurite et le froid.
A Dnipropetrovsk, plus d’un million de personnes ont ete touchees. A Kharkiv, deuxieme ville du pays, 400 000 habitants ont connu des « difficultes avec l’electricite ». Le gouvernement ukrainien a declare l’etat d’urgence dans le secteur energetique. L’ONU a lance un appel humanitaire de 2,31 milliards de dollars pour 2026.
C’est ca, la strategie russe. Puisqu’elle ne peut pas vaincre l’armee ukrainienne sur le terrain, la Russie s’en prend aux civils. Puisqu’elle ne peut pas avancer de plus de quelques dizaines de metres par jour, elle detruit les centrales electriques, les reseaux de chauffage, les infrastructures vitales. Elle congele les femmes, les enfants, les vieillards. Elle transforme l’hiver en arme.
Le piege economique
La Russie peut-elle soutenir ce rythme indefiniment ? Les chiffres budgetaires suggerent que le Kremlin y est bien decide, mais a quel prix ?
Le budget russe pour 2026 consacre pres de 40% des depenses federales a la defense et a la securite – un niveau sans precedent dans l’histoire russe moderne. Les depenses militaires officielles s’elevent a 12,93 trillions de roubles (environ 161,6 milliards de dollars). Si l’on ajoute les depenses de securite interieure, on atteint environ 7% du PIB.
Pour financer cette guerre, le Kremlin a augmente la TVA de 20% a 22%, puise dans le Fonds national de prevoyance (dont les actifs liquides sont tombes a des niveaux historiquement bas), et creuse le deficit budgetaire. Les depenses prevues pour 2026 s’elevent a 44,1 trillions de roubles, les recettes a 40,3 trillions, soit un deficit de 3,8 trillions de roubles (1,6% du PIB).
Mais plus grave que le deficit, c’est l’essoufflement economique qui menace. Apres deux annees de croissance superieure a 4% en 2023-2024 – dopee par les depenses militaires -, la croissance russe devrait s’effondrer a environ 1% en 2025-2026. Le Fonds monetaire international prevoit meme 0,6% en 2025 et 1% en 2026.
Les economistes russes eux-memes reconnaissent que la contribution marginale des depenses militaires a la croissance diminue. Les contraintes de main-d’oeuvre et de ressources persistent. L’inflation galope. Et les depenses militaires, en « evincant » les autres services publics, creent les conditions d’une stagnation prolongee voire d’une recession.
La catastrophe demographique
Mais le veritable cout de cette guerre se mesure peut-etre moins en roubles qu’en vies humaines – et en avenir demographique. La Russie, deja confrontee a une crise de natalite aigue avant meme l’invasion, voit sa situation s’aggraver dramatiquement.
Le taux de fecondite russe est tombe a 1,41 enfant par femme en 2023 – son plus bas niveau en dix-sept ans. Poutine lui-meme admet que la demographie represente l’un des defis les plus serieux de la Russie, fixant un objectif de 1,6 pour 2030 qu’il juge insuffisamment ambitieux, revant d’atteindre 2,3. Un fantasme.
Car pendant que le Kremlin reve de berceaux, il remplit des cercueils. Les 325 000 morts russes en Ukraine sont principalement des hommes en age de travailler et de procreer. Ils ne fonderont pas de famille. Ils n’auront pas d’enfants. Ils ne contribueront pas a l’economie. Ils sont partis.
Et ils ne sont pas les seuls a avoir quitte la Russie. La guerre a declenche un exode massif de capital humain : quelque 800 000 Russes, majoritairement jeunes, eduques et urbains, ont fui le pays pour echapper a la conscription ou exprimer leur desaccord. Les cerveaux qui auraient pu construire l’avenir de la Russie construisent desormais celui de Dubaï, d’Istanbul ou de Tbilissi.
Les projections sont vertigineuses. Meme sans tenir compte des effets de la guerre, la population russe devrait diminuer de 11% d’ici 2045. La population projetee pour 2100 tourne autour de 126 millions d’habitants – contre 145 millions aujourd’hui. Une chute vertigineuse qui menace les fondements memes de l’Etat russe.
Les personnes agees de 65 ans et plus representent deja plus de 18% de la population (un record historique) et ce chiffre devrait atteindre 24% au milieu du siecle. Une population vieillissante sans afflux de jeunes travailleurs devient un fardeau insupportable pour les systemes de retraite et de sante. L’effondrement de la securite sociale est une perspective tres reelle.
La longue marche vers nulle part
Et pour quoi, au juste, la Russie sacrifie-t-elle son avenir ? Cette guerre, declenchee le 24 fevrier 2022 avec l’ambition declaree de « demilitariser et denazifier » l’Ukraine, devait, selon les plans initiaux du Kremlin, s’achever en dix jours. Kiev devait tomber en trois jours. L’Ukraine devait capituler, s’agenouiller, disparaitre en tant qu’entite souveraine.
Presque quatre ans plus tard, Kiev tient toujours. L’Ukraine resiste toujours. Et la Russie, empetree dans une guerre d’usure qu’elle n’avait pas anticipee, envoie vague apres vague de soldats mourir pour des gains territoriaux insignifiants.
Le rapport du CSIS note une statistique saisissante : cette semaine, la guerre a franchi un seuil symbolique. Elle dure desormais depuis 1 418 jours – plus longtemps que la « Grande Guerre patriotique », la periode de la Seconde Guerre mondiale telle qu’elle est commemoree en Russie (de l’invasion allemande de juin 1941 a la capitulation nazie de mai 1945).
Vladimir Poutine, qui a bati sa legitimite sur le culte de la victoire de 1945, qui a fait de la memoire de la Grande Guerre patriotique un pilier de l’identite nationale russe, mene desormais une guerre plus longue que celle contre Hitler. Une guerre qui coute plus cher en vies humaines que toutes les guerres russes depuis 1945 combinees. Une guerre dont les objectifs initiaux – la chute rapide de Kiev, l’aneantissement de l’Etat ukrainien – ont echoue de maniere spectaculaire.
Les tractations en cours
Pendant ce temps, les negociations de paix semblent progresser – au moins selon certaines declarations. Le president americain Donald Trump, de retour a la Maison Blanche, a fait de la fin de la guerre en Ukraine l’une de ses priorites. Son emissaire special, Steve Witkoff, a affirme au Forum de Davos que les negociations etaient « a la fin maintenant », reduites a un seul point de desaccord.
Le president ukrainien Volodymyr Zelensky a annonce la tenue de premieres discussions trilaterales Etats-Unis – Russie – Ukraine, une avancee significative. Il a affirme que le plan de paix en 20 points etait agree a 90%, les garanties de securite americano-ukrainiennes a 100%, et la dimension militaire entierement reglee.
Mais Trump lui-meme a tempere cet optimisme, evoquant une « haine anormale » entre Poutine et Zelensky qui complique les discussions. Et les points d’achoppement restent considerables : le sort des territoires ukrainiens occupes, que Moscou exige de conserver ; la question de l’adhesion de l’Ukraine a l’OTAN ; les garanties de securite post-cessez-le-feu.
Le Royaume-Uni et la France ont signe une « Declaration d’intention » prevoyant le deploiement de troupes sur le sol ukrainien pour garantir un eventuel accord. Une « Coalition des volontaires » europeenne se forme, avec la promesse d’etablir des « hubs militaires » et des installations protegees pour les armes sur le territoire ukrainien.
Mais la Russie a deja rejete l’idee de tout deploiement de troupes de pays de l’OTAN en Ukraine. Et tant que Moscou conservera l’avantage sur le champ de bataille – meme au prix de pertes astronomiques -, certains doutent de sa volonte reelle de negocier. Pourquoi accepter un compromis quand on peut continuer a grignoter du terrain ?
Le visage de la folie
Il y a quelque chose de profondement troublant dans la lecture de ces rapports. Ce n’est pas seulement l’horreur des chiffres – bien que cette horreur soit reelle. C’est l’absurdite fondamentale de l’entreprise.
Regardez les faits, froidement. La Russie a perdu 1,2 million d’hommes – morts, blesses, disparus – pour gagner moins de 1,5% du territoire ukrainien en deux ans. Elle perd mille soldats par jour pour avancer de quelques dizaines de metres. Elle sacrifie l’equivalent de la population d’une ville moyenne chaque mois. Elle ruine son economie, epuise ses reserves, hypotheque son avenir demographique.
Et pour quoi ? Pour des terres devastees. Pour des villes en ruines. Pour un Donbass transforme en champ de crateres. Pour le « droit » d’administrer des decombres.
Vladimir Poutine, en juillet 2021, avait publie un essai intitule « Sur l’unite historique des Russes et des Ukrainiens », dans lequel il affirmait que l’Ukraine n’avait « pas de base historique » en tant que nation distincte, qu’elle faisait partie du « patrimoine national russe ». Cette vision – qualifiee d’imperialisme, de revisionnisme historique et de desinformation par les experts – est la racine ideologique de cette guerre.
Mais l’ironie cruelle est que cette guerre a precisement fait ce que Poutine voulait empecher : elle a forge une identite nationale ukrainienne plus forte que jamais, soude la nation dans la resistance, et creuse un fosse de haine entre deux peuples que le Kremlin pretendait reunir.
Qui peut serieusement croire, aujourd’hui, a une « unite » russo-ukrainienne ? Qui peut imaginer qu’apres des centaines de milliers de morts, apres Boutcha et Marioupol, apres les bombardements de Kiev et les viols systematiques documentes par les enqueteurs de l’ONU, les Ukrainiens accepteront jamais d’etre « reunis » avec leurs bourreaux ?
Les lecons de l'histoire
La guerre d’Afghanistan a contribue a la chute de l’Union sovietique. Les historiens l’appellent souvent « le Vietnam de l’URSS » – un conflit qui a sape le moral national, ruine les finances publiques, et expose les faiblesses structurelles d’un systeme a bout de souffle.
L’Ukraine de 2026 pourrait-elle etre l’Afghanistan de la Russie de Poutine, en version demultipliee ? Les pertes sont quinze fois superieures. Le cout economique est colossal. L’isolement international est sans precedent depuis la Guerre froide. Les sanctions occidentales, meme contournees partiellement, pesent sur l’economie. Et la crise demographique, deja grave avant la guerre, s’accelere vers la catastrophe.
Je ne pretends pas predire la chute du regime Poutine. Les autocraties ont une resilience que les democraties sous-estiment souvent. Mais je note que la derniere fois qu’un dirigeant russe a lance son armee dans une guerre d’usure interminable, contre un adversaire sous-estime, en tablant sur une victoire rapide qui ne venait pas… cela ne s’est pas bien termine.
L’histoire ne se repete pas, dit-on, mais elle rime. Et les rimes de l’Ukraine 2026 avec l’Afghanistan des annees 1980 sont troublantes.
Le prix de l'indifference
Pendant que j’ecris ces lignes, quelque part sur la ligne de front ukrainienne, des hommes meurent. Des Russes, envoyes par leur gouvernement dans un hachoir a viande. Des Ukrainiens, defendant leur terre contre l’envahisseur. Quarante, cinquante, parfois plus d’une centaine par jour de chaque cote. Des vies brisees. Des familles detruites. Des enfants orphelins.
Et nous, que faisons-nous ? Nous lisons les rapports. Nous hochons la tete. Nous passons a autre chose. L’Ukraine, apres presque quatre ans, est devenue un bruit de fond. Une guerre « oubliee » qui ne fait plus la une. Un conflit « gele » dans nos consciences bien avant de l’etre sur le terrain.
C’est peut-etre la lecon la plus amere de ce rapport du CSIS. Pas les chiffres, aussi effroyables soient-ils. Mais notre capacite a les absorber, a les normaliser, a les accepter comme le cout ordinaire des affaires internationales. Un million deux cent mille victimes ? Ah oui, c’est beaucoup. Et sinon, qu’y a-t-il au menu ce soir ?
Le plus grand triomphe de cette guerre pourrait etre d’avoir anesthesie notre capacite d’indignation. D’avoir transforme l’inimaginable en statistique. D’avoir fait de l’horreur une routine.
Conclusion : Le choix qui reste
Dans les semaines et les mois qui viennent, les negociations de paix pourraient aboutir. Ou echouer. Un cessez-le-feu pourrait etre signe. Ou pas. L’Ukraine pourrait etre contrainte a des concessions territoriales douloureuses. Ou la guerre pourrait continuer, ajoutant des centaines de milliers de victimes supplementaires au bilan deja effroyable.
Ce qui est certain, c’est que rien ne sera jamais plus comme avant. Pas pour l’Ukraine, qui porte les cicatrices d’une agression brutale. Pas pour la Russie, qui a sacrifie une generation sur l’autel des ambitions imperiales de son dirigeant. Pas pour l’Europe, qui a redecouvert la guerre a ses frontieres. Pas pour l’ordre international, qui a ete ebranle dans ses fondements.
1,2 million de victimes russes. 500 000 a 600 000 victimes ukrainiennes. Peut-etre 2 millions au total d’ici le printemps 2026. Ces chiffres sont le testament d’une folie. Le prix du sang verse pour des fantasmes irredentistes. La facture d’une guerre absurde, criminelle, et fondamentalement inutile.
Et quand, un jour, les historiens se pencheront sur cette epoque, ils se demanderont comment nous avons pu laisser cela se produire. Comment nous avons pu regarder, et ne rien faire. Comment nous avons pu compter les morts, et continuer a vivre.
La reponse, je le crains, ne sera pas a notre honneur.
Signe Maxime Marquette
Sources
Deutsche Welle – 1.2 million Russian soldiers killed, injured in Ukraine: report
Center for Strategic and International Studies – Russia’s Grinding War in Ukraine
NATO – Remarks by Secretary General Mark Rutte at World Economic Forum, Davos
eng-trl »>Mediazona – Russian losses in the war with Ukraine
Defense News – Casualties in Ukraine war could hit 2 million, report warns
Al Jazeera – Ukraine scrambling for energy as Russian strikes hit infrastructure
The Moscow Times – Russia’s Economy in 2026: More War, Slower Growth and Higher Taxes
Atlantic Council – A Russia without Russians? Putin’s disastrous demographics
United24 Media – Russia Now Loses as Many Troops in One Month in Ukraine as the USSR Did in 10 Years in Afghanistan
Al Jazeera – Ukraine, Russia, US to meet for first trilateral talks
ABC News – European nations commit to troops in Ukraine as part of milestone peace talks
UkraineWorld – Russia’s 2026 Budget: Built for War, Not Peace
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