Pour comprendre l’impasse actuelle, il faut saisir pourquoi le Donbas représente bien plus qu’un simple morceau de terre pour les deux belligérants. Cette région, dont le nom dérive du bassin houiller du Donets, constitue le cœur industriel de l’Ukraine. Avant 2014, le Donbas représentait environ 15,7% du PIB ukrainien et 14,7% de sa population. Ses mines de charbon, ses aciéries, ses usines métallurgiques et ses ports font de cette région un enjeu économique majeur.
Mais l’importance du Donbas dépasse largement les considérations économiques. Pour Moscou, cette région représente une victoire symbolique indispensable. Le Donbas occupe une place centrale dans la mythologie soviétique, comme terre de l’homme soviétique par excellence, cette figure idéalisée du travailleur héroïque qui a construit l’empire industriel de l’URSS. Les vagues de migration organisées pendant l’ère soviétique ont fait du Donbas une région à forte population russophone, ce qui permet au Kremlin de présenter son intervention comme une mission de protection des populations russes, un narratif aussi vieux que l’impérialisme lui-même.
Pour l’Ukraine, céder le Donbas reviendrait à récompenser l’agresseur, à valider le principe selon lequel la force militaire peut redessiner les frontières en Europe au XXIe siècle. Le président Zelensky a été catégorique sur ce point : Kiev ne cédera pas de territoire que Moscou n’a pas réussi à conquérir par les armes. Cette position, qui peut sembler intransigeante vue de loin, prend tout son sens quand on considère que des milliers de soldats ukrainiens sont morts pour défendre ces 5 000 kilomètres carrés.
Les négociations d'Abu Dhabi : premiers pas ou faux espoirs ?
Les pourparlers qui se sont tenus les 23 et 24 janvier 2026 à Abu Dhabi ont marqué une première historique : pour la première fois depuis le début de l’invasion en février 2022, des représentants russes et ukrainiens se sont assis face à face, avec des médiateurs américains, pour discuter d’une possible fin des hostilités. Les délégations ont quitté la table sans accord, mais avec l’engagement de poursuivre les discussions.
Le contexte de ces négociations est révélateur des rapports de force en jeu. Les émissaires de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se sont rendus à Abu Dhabi immédiatement après avoir été reçus à Moscou par Vladimir Poutine, où ils avaient discuté d’un règlement ukrainien lors d’entretiens qui se sont prolongés jusqu’aux petites heures du matin. Cette séquence diplomatique illustre parfaitement la stratégie de l’administration Trump : se positionner comme l’arbitre indispensable capable de parler aux deux parties.
Zelensky a qualifié les discussions de « constructives », tout en précisant qu’il était « encore trop tôt pour tirer des conclusions ». Le président ukrainien a souligné que « la chose la plus importante est que la Russie soit prête à mettre fin à cette guerre qu’elle a commencée ». Cette formulation n’est pas anodine : elle rappelle qui est l’agresseur et qui est l’agressé, une distinction que les discours sur le « compromis » et les « concessions mutuelles » tendent parfois à estomper.
Du côté russe, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réitéré la position de Moscou avec une clarté glaçante : « La position bien connue de la Russie est que les forces armées ukrainiennes doivent quitter le territoire du Donbas, elles doivent en être retirées. C’est une condition préalable très importante. » En d’autres termes, la Russie n’a pas bougé d’un pouce sur ses exigences maximales.
L’ironie cruelle de ces négociations n’a échappé à personne : à la veille du deuxième jour de pourparlers, la Russie a lancé une salve de drones et de missiles sur l’Ukraine, privant des millions de personnes d’électricité alors que les températures plongeaient sous zéro. Kiev a accusé Moscou de saboter les négociations en lançant une nouvelle « nuit de terreur russe ». Comment négocier de bonne foi avec quelqu’un qui vous bombarde pendant que vous parlez ?
L'ombre des accords de Minsk : les leçons d'un échec
Quiconque observe les négociations actuelles avec un tant soit peu de mémoire historique ne peut s’empêcher de penser aux accords de Minsk, ces deux tentatives avortées de résolution du conflit dans le Donbas en 2014 et 2015. L’échec de ces accords offre des enseignements précieux pour quiconque espère que les pourparlers actuels aboutiront à une paix durable.
Les accords de Minsk I, signés en septembre 2014, et Minsk II, signés en février 2015, partageaient un défaut fondamental : ils ont été négociés dans un contexte de défaite militaire ukrainienne. Après la débâcle d’Ilovaisk en août 2014, puis celle de Debaltseve en février 2015, Kiev s’est retrouvée contrainte de signer des accords désavantageux sous la pression des circonstances. La Russie, tout en niant officiellement être partie au conflit malgré la présence évidente de ses forces sur le terrain, a pu dicter ses conditions sans assumer de responsabilités.
Le problème central des accords de Minsk résidait dans leur séquençage impossible. Pour l’Ukraine, la priorité était de rétablir la sécurité avant de mettre en œuvre les dispositions politiques. Pour la Russie, c’était l’inverse : décentralisation d’abord, avec des élections locales qui auraient légitimé ses mandataires dans le Donbas. Cette contradiction fondamentale a rendu les accords inapplicables dès leur signature.
La disposition sur le « statut spécial » pour Donetsk et Lougansk n’était pas une véritable décentralisation du pouvoir, mais un mécanisme visant à saper la souveraineté ukrainienne. Les protocoles créaient effectivement des États dans l’État qui auraient fonctionné comme des proxys russes. La plupart des Ukrainiens considéraient ces accords comme une forme de capitulation imposée à leur pays, ce qui signifiait qu’il n’y avait aucun moyen de les mettre en œuvre avec le soutien populaire.
Entre avril 2014 et février 2022, le conflit dans le Donbas a coûté plus de 14 000 vies, dont plus de la moitié après la signature de l’accord de Minsk II. Le cessez-le-feu n’en était pas vraiment un : les violations étaient quotidiennes, les tirs sporadiques constants, et la guerre de basse intensité s’est poursuivie pendant huit ans jusqu’à l’invasion à grande échelle de 2022.
La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les négociateurs ont tiré les leçons de cet échec. Les signes ne sont pas encourageants. La Russie adopte la même tactique qu’en 2014-2015 : exiger des concessions territoriales et politiques majeures tout en continuant ses opérations militaires. L’Ukraine se retrouve à nouveau sous pression pour accepter un compromis qui ressemble fort à une capitulation partielle.
La carte redessinée : près de quatre ans de guerre
Pour mesurer l’ampleur de ce qui est en jeu à Abu Dhabi, il faut retracer les bouleversements territoriaux de ces quatre années de guerre. Le 24 février 2022, Vladimir Poutine a lancé son invasion depuis le nord, l’est et le sud de l’Ukraine. Les troupes russes ont rapidement atteint les faubourgs de Kiev, mais leurs tentatives de capturer la capitale et d’autres villes du nord-est se sont heurtées à une résistance acharnée.
Les premiers mois de la guerre ont vu des retournements spectaculaires. En avril 2022, l’Ukraine a repoussé les forces russes de la région de Kiev après d’intenses combats. À l’automne 2022, la contre-offensive ukrainienne a permis de reprendre des portions significatives du territoire dans la région de Kharkiv et de forcer un retrait russe de la rive ouest du Dniepr, incluant la ville stratégique de Kherson.
Mais depuis, la tendance s’est inversée. L’année 2023 a vu la chute de Bakhmout après des mois de combats acharnés, et la contre-offensive ukrainienne de l’été 2023 s’est soldée par un échec relatif, ne réussissant pas à percer les lignes défensives russes. En 2024, la Russie a repris l’initiative, capturant Avdiivka en février et lançant une nouvelle offensive dans la région de Kharkiv en mai. Au total, la Russie a gagné plus de 4 000 kilomètres carrés de territoire en 2024.
L’année 2025 a poursuivi cette tendance inquiétante pour Kiev. En juin, Moscou a annoncé avoir pris le contrôle total de la région de Lougansk. En juillet, la ville stratégique de Tchasiv Iar est tombée après des mois d’assaut. L’incursion ukrainienne audacieuse dans la région russe de Koursk en août 2024, qui avait constitué un coup psychologique majeur contre le Kremlin, a été annulée en avril 2025, les forces ukrainiennes ayant été repoussées hors du territoire russe.
Aujourd’hui, les troupes russes occupent près de 20% du territoire ukrainien. La ligne de front s’est stabilisée dans une guerre de position qui évoque les pires heures de la Première Guerre mondiale, avec des gains mesurés en centaines de mètres au prix de milliers de vies.
Le coût humain : des chiffres qui donnent le vertige
Derrière les discussions sur les frontières et les garanties de sécurité, il y a des êtres humains dont la vie a été détruite par cette guerre. Selon la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies, 2025 a été l’année la plus meurtrière pour les civils ukrainiens depuis 2022. Au total, au moins 2 514 civils ont été tués et 12 142 blessés en 2025, soit une augmentation de 31% par rapport à 2024.
Les pertes causées par les drones à courte portée ont augmenté de 120% en 2025, faisant 577 civils tués et 3 288 blessés, contre 226 tués et 1 528 blessés en 2024. Les armes à longue portée (missiles et munitions rôdeuses) ont causé 35% des pertes civiles en Ukraine en 2025, soit 682 tués et 4 443 blessés, une augmentation de 65% par rapport à 2024.
Les pertes militaires sont encore plus vertigineuses, bien que les chiffres exacts restent contestés. oftheRusso-Ukrainianwar »>Un rapport du Centre for Strategic and International Studies (CSIS) estime les pertes militaires russes à plus de 950 000, dont jusqu’à 250 000 morts. Du côté ukrainien, le président Zelensky a évoqué en janvier 2025 le chiffre de 400 000 tués ou blessés.
La crise humanitaire dépasse largement le décompte des victimes. Près d’un quart de la population ukrainienne d’avant-guerre a été contrainte de fuir son domicile. En septembre 2025, 5,75 millions de réfugiés ukrainiens étaient enregistrés dans le monde, dont 5,2 millions en Europe, tandis que 3,75 millions de personnes restaient déplacées à l’intérieur du pays. Plus de 12,7 millions de personnes en Ukraine ont besoin d’aide humanitaire.
Les attaques sur les infrastructures énergétiques ont causé des dégâts considérables. Entre décembre 2024 et décembre 2025, plus de 1 000 installations énergétiques ont été touchées, soit environ 70% du total, provoquant des coupures de courant récurrentes qui perturbent le chauffage, l’approvisionnement en eau et les services publics essentiels. Les attaques ont endommagé ou détruit plus de 2,5 millions de logements à travers l’Ukraine, soit environ 13% du parc immobilier.
En janvier 2026, alors que les températures descendaient à moins 15 degrés Celsius, les attaques sur les infrastructures énergétiques se sont poursuivies, plaçant les civils dans tout le pays face à un risque accru. C’est dans ce contexte de terreur quotidienne que les négociateurs se réunissent pour discuter de l’avenir des frontières.
Trump, l'Europe et la question des garanties de sécurité
L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025 a bouleversé l’équation diplomatique du conflit ukrainien. Le président américain, qui avait promis pendant sa campagne de mettre fin à la guerre en 24 heures, a rapidement fait pression sur Kiev pour qu’elle accepte un accord de paix, sous peine de perdre le soutien américain.
Les États-Unis offrent à l’Ukraine des garanties de sécurité pour 15 ans dans le cadre du plan de paix proposé. Lors de la réunion de Paris en janvier 2026, le Royaume-Uni et la France ont signé une « Déclaration d’intention » pour envoyer des troupes en Ukraine afin de garantir tout futur accord. Les deux nations ont indiqué qu’elles établiraient des « pôles militaires » à travers l’Ukraine et des installations de protection pour les forces armées ukrainiennes.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que Berlin « n’exclut fondamentalement rien » concernant son implication future, précisant que l’Allemagne « continuera à s’engager politiquement, financièrement et aussi militairement », avec des options potentielles incluant « le déploiement de forces pour l’Ukraine sur le territoire voisin de l’OTAN après un cessez-le-feu ».
Mais derrière cette façade d’unité, les Européens sont divisés. Les sondages montrent que les Britanniques et les Polonais pensent que l’Europe devrait soutenir l’Ukraine jusqu’au retrait russe, mais la majorité des personnes interrogées en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne disent qu’elles soutiendraient un accord de paix, même s’il implique que la Russie conserve des parties du territoire ukrainien.
Plus préoccupant encore, lors d’une conférence téléphonique, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, le chancelier Merz et le président Macron ont exprimé leurs inquiétudes quant aux négociations menées par les émissaires américains. Macron a déclaré : « Il y a une possibilité que les États-Unis trahissent l’Ukraine sur la question du territoire sans clarté sur les garanties de sécurité. » Merz a exhorté Zelensky à être « extrêmement prudent dans les jours à venir », affirmant « Ils jouent des jeux, à la fois avec vous et avec nous », faisant probablement référence aux émissaires de Trump, Witkoff et Kushner.
Le Donbas : céder ou ne pas céder ?
C’est la question centrale qui hante les négociations actuelles. Rubio affirme que les différences se réduisent, mais la réalité sur le terrain suggère que le fossé reste abyssal. Poutine exige que tout règlement pour mettre fin à la guerre inclue le contrôle total du Donbas par la Russie. Zelensky a catégoriquement refusé de céder du territoire.
Les villes ukrainiennes du Donetsk, notamment Kramatorsk et Sloviansk, constituent des éléments clés de la « ceinture de forteresses » des défenses ukrainiennes. Si elles tombaient aux mains de la Russie ou étaient cédées, les avancées russes pourraient s’accélérer considérablement. Ces villes ne sont pas seulement des positions défensives : elles abritent des centaines de milliers de civils ukrainiens qui refusent de vivre sous occupation russe.
La position ukrainienne est claire : on ne cède pas à l’ennemi ce qu’il n’a pas pu conquérir. Cette position a une logique morale évidente : récompenser l’agression encouragerait de futures agressions. Mais elle a aussi une logique stratégique : tout accord qui laisserait à la Russie le contrôle de territoires qu’elle n’a pas conquis militairement serait perçu comme une victoire par Moscou, renforçant le régime de Poutine et affaiblissant la position de l’Ukraine pour l’avenir.
Du côté russe, la logique est différente mais tout aussi inflexible. Poutine a annexé illégalement les quatre régions de Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijjia en septembre 2022, alors même que la Russie ne contrôlait pleinement aucune de ces quatre régions. Pour le Kremlin, accepter un accord qui ne reconnaît pas ces annexions serait un aveu d’échec. Poutine a besoin de pouvoir présenter cette guerre comme une victoire à son opinion publique, et cela passe par le contrôle total du Donbas.
C’est cette collision entre deux logiques irréconciliables qui rend les négociations si difficiles. Quand Rubio dit que « les différences se réduisent », il parle peut-être des questions secondaires, mais sur la question centrale, celle du territoire, aucun des deux camps n’a bougé d’un centimètre.
Les scénarios possibles : paix, guerre gelée ou escalade ?
Face à cette impasse, plusieurs scénarios sont envisageables. Le premier, celui d’une paix véritable, impliquerait des concessions majeures de l’un ou l’autre camp, voire des deux. L’Ukraine pourrait accepter de renoncer formellement au territoire actuellement occupé par la Russie en échange de garanties de sécurité solides et d’un chemin clair vers l’intégration européenne et atlantique. La Russie pourrait accepter de ne pas exiger le territoire qu’elle n’a pas conquis en échange de la levée partielle des sanctions et de garanties que l’Ukraine ne rejoindra pas l’OTAN. Ce scénario, bien que souhaitable, semble actuellement le moins probable.
Le deuxième scénario est celui d’une guerre gelée, similaire à ce qui s’est produit après les accords de Minsk. Un cessez-le-feu serait décrété le long de la ligne de front actuelle, sans reconnaissance formelle des annexions russes par l’Ukraine ni retrait russe. Ce scénario aurait l’avantage d’arrêter les combats et les pertes humaines, mais il laisserait le conflit non résolu, avec un risque permanent de reprise des hostilités. C’est probablement le scénario le plus probable à court terme si les négociations aboutissent.
Le troisième scénario est celui d’une continuation de la guerre, voire d’une escalade. Si les négociations échouent, les combats reprendront de plus belle. La Russie pourrait tenter une nouvelle offensive pour conquérir militairement ce qu’elle n’a pas pu obtenir diplomatiquement. L’Ukraine pourrait recevoir davantage d’armes occidentales et tenter de reprendre du territoire. Ce scénario serait catastrophique en termes de pertes humaines, mais il n’est pas exclu si aucun des deux camps ne veut céder.
Conclusion : les leçons de l'histoire et les périls du présent
Quand Marco Rubio affirme que « les différences se réduisent » sur la question territoriale ukrainienne, il exprime peut-être un espoir sincère ou peut-être une tactique diplomatique visant à maintenir la pression sur les deux parties. Mais l’histoire récente nous invite à la prudence. Les accords de Minsk nous ont appris que les compromis négociés sous la contrainte, sans véritable volonté des parties de les respecter, ne mènent qu’à une paix illusoire qui prépare la prochaine guerre.
Le Donbas reste ce qu’il a toujours été depuis 2014 : le nœud gordien du conflit russo-ukrainien. Cette région industrielle, peuplée de millions de personnes, est devenue le symbole de tout ce qui oppose les deux pays. Pour la Russie, c’est un territoire à « libérer » et à rattacher à la mère patrie. Pour l’Ukraine, c’est une partie intégrante de son territoire national qu’elle refuse de céder à l’agresseur.
Les négociations d’Abu Dhabi représentent peut-être une opportunité historique de mettre fin à quatre années de carnage. Mais elles comportent aussi le risque de répéter les erreurs du passé : un accord boiteux qui ne satisfait vraiment personne, qui ne résout pas les problèmes fondamentaux et qui prépare la prochaine escalade.
Ce qui est certain, c’est que toute paix durable devra répondre à plusieurs exigences contradictoires. Elle devra offrir à l’Ukraine des garanties de sécurité suffisamment solides pour qu’elle accepte de cesser les combats sans craindre une future agression. Elle devra permettre à Poutine de présenter l’issue comme une victoire, ou du moins pas comme une défaite humiliante. Et elle devra être acceptable pour les populations concernées, tant les Ukrainiens qui ont tant sacrifié que les Russes qui ont été nourris pendant des années de propagande nationaliste.
En attendant, la guerre continue. Les drones survolent les villes ukrainiennes, les missiles frappent les infrastructures énergétiques, les soldats meurent dans les tranchées du Donbas. Chaque jour qui passe sans accord alourdit le bilan humain de ce conflit. Mais un mauvais accord pourrait être pire qu’un non-accord : il pourrait légitimer l’agression, encourager de futures violations du droit international et préparer une guerre encore plus dévastatrice.
Les fantômes du Donbas, ces milliers de soldats et de civils morts depuis 2014, hantent la table des négociations. Leur sacrifice exige que toute paix soit juste, pas seulement expédiente. C’est le défi auquel font face les négociateurs réunis à Abu Dhabi et ceux qui les soutiennent ou les pressent depuis leurs capitales respectives. L’histoire les jugera sur leur capacité à trouver un équilibre entre la fin des souffrances immédiates et la construction d’une paix qui ne soit pas simplement le prélude à la prochaine guerre.
Signé Maxime Marquette
Sources
TASS – Ukraine territorial issue still unresolved, but differences shrinking — Rubio
US News – Rubio Says Work Under Way to Resolve ‘Very Difficult’ Donetsk Issue
Euronews – More talks expected next week after Abu Dhabi meeting
Al Jazeera – Ukraine-Russia-US hold talks in Abu Dhabi
The National – Zelenskyy says it’s too early to draw conclusions
CBC – Russia shows no sign of compromise as delegations meet in Abu Dhabi
Military.com – Kremlin says Abu Dhabi talks constructive but major challenges remain
PBS – A timeline of territorial shifts during Russia’s war on Ukraine
Al Jazeera – Why does Russia want Ukraine’s Donbas region?
Chatham House – The Donbas region remains an intractable issue
Kyiv Independent – 6 things to know about the Donbas region
ECFR – Ukraine, Russia, and the Minsk agreements: A post-mortem
Kyiv Independent – What were the Minsk Agreements and why did they fail?
NPR – U.S. offers Ukraine 15-year security guarantee
ABC News – European nations commit to troops in Ukraine
Euronews – Ukraine peace plan: Where Europeans agree, and where they don’t
UN Human Rights – 2025 deadliest year for civilians in Ukraine since 2022
UNHCR – Ukraine emergency
oftheRusso-Ukrainianwar »>Wikipedia – Casualties of the Russo-Ukrainian war
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