Skip to content
CHRONIQUE : L’Europe mobilise ses espions face au retrait de Washington, un tournant historique du renseignement transatlantique
Crédit: Adobe Stock

L’aveu historique des chefs du renseignement néerlandais

L’un des développements les plus significatifs de cette reconfiguration est venu des Pays-Bas. En octobre 2025, les chefs du renseignement néerlandais ont publiquement admis qu’ils partageaient moins d’informations avec leurs homologues américains et évaluaient la coopération au cas par cas. C’est la première fois qu’un pays allié reconnaissait aussi ouvertement avoir restreint le flux de renseignements vers Washington. Les deux agences concernées, l’AIVD (service civil) et le MIVD (service militaire), ont confirmé une attitude plus sélective dans le partage d’informations avec la CIA et la NSA, motivée par des risques de politisation et d’utilisation abusive des données partagées.

Selon le Financial Times, les Néerlandais se montraient particulièrement prudents concernant le renseignement lié à la Russie. Deux parlementaires américains, Himes et Castro, ont averti que cette rupture de confiance menaçait directement la sécurité nationale des États-Unis. La décision néerlandaise ne constitue pas un acte isolé : elle s’inscrit dans un mouvement plus large qui touche également le Royaume-Uni, pourtant membre fondateur de l’alliance Five Eyes, cette coopération entre les cinq nations anglophones qui constitue le noyau dur du renseignement occidental depuis 1946. Ces retraits coordonnés représentent une fissure sans précédent au sein des réseaux de renseignement les plus critiques des États-Unis.

Le rapprochement intra-européen du renseignement

Tandis que la confiance envers Washington s’érode, les services néerlandais ont intensifié leur coopération avec leurs partenaires européens. Selon deux hauts responsables néerlandais, les espions néerlandais ont renforcé le partage de renseignements avec un groupe de services d’Europe centrale et du Nord, incluant les pays scandinaves, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Pologne. Cette dynamique de rapprochement dépasse les cadres institutionnels existants comme l’alliance Maximator, qui réunit le Danemark, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et la Suède autour de la coopération en matière de SIGINT (renseignement d’origine électromagnétique).

Ce mouvement illustre une tendance de fond : les agences européennes ne cherchent plus simplement à maintenir le statu quo avec Washington, mais construisent activement des canaux alternatifs de coopération. Les Pays-Bas, en tant que membre de l’alliance Nine Eyes (extension des Five Eyes incluant la France, le Danemark, la Norvège et les Pays-Bas), occupent une position charnière dans cette reconfiguration. Leur décision de privilégier la coopération européenne envoie un signal politique puissant qui pourrait encourager d’autres nations à suivre le même chemin.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu