Pour comprendre la profondeur du probleme, il faut d’abord regarder les chiffres. Et les chiffres sont accablants. Selon la Commission europeenne, si tous les Etats membres avaient consacre 2% de leur PIB a la defense entre 2006 et 2020, cela aurait represente 1100 milliards d’euros supplementaires pour les budgets militaires. Plus que le budget annuel de defense des Etats-Unis. Cette somme colossale, les Europeens ne l’ont pas depensee. Ils ont prefere ce que les economistes appellent pudiquement le « dividende de la paix » : plus de 7000 milliards d’euros economises depuis la fin de la Guerre froide, reinvestis dans les systemes sociaux, les infrastructures civiles, le confort d’une epoque ou l’on croyait que l’histoire etait terminee.
Pendant ce temps, la Russie et la Chine augmentaient leurs budgets de defense de 300% et 600% respectivement. L’Europe, elle, se contentait d’une hausse collective de 20% sur la meme periode. Le reveil a ete brutal le 24 fevrier 2022, quand les chars russes ont franchi la frontiere ukrainienne. Depuis, les budgets de defense europeens sont passes de 218 milliards d’euros en 2021 a 392 milliards en 2025. Une hausse spectaculaire en apparence, mais qui ne fait que commencer a combler un retard abyssal.
Mark Rutte a ete clair sur ce point : meme l’objectif de 5% du PIB consacre a la defense d’ici 2035, accepte par les allies europeens lors du sommet de l’OTAN a La Haye en juin 2025, ne suffirait pas a assurer l’autonomie strategique du continent. « Si vous voulez vraiment faire cavalier seul, oubliez que vous pourrez jamais y arriver avec 5%. Il faudra 10%. Vous devrez construire votre propre capacite nucleaire. Ca coute des milliards et des milliards d’euros. »
Le plan ReArm Europe : revolution ou illusion ?
Face a cette realite, l’Union europeenne a tente de reagir. Le 4 mars 2025, Ursula von der Leyen, presidente de la Commission europeenne, a devoile le plan « ReArm Europe » – rebaptise depuis « Readiness 2030 » apres que certains dirigeants nationaux ont juge le terme « Rearm » trop martial. L’objectif affiche : mobiliser jusqu’a 800 milliards d’euros pour la defense europeenne.
Sur le papier, le plan est ambitieux. Il comprend un nouvel instrument de 150 milliards d’euros leve sur les marches pour fournir des prets aux Etats membres souhaitant investir dans des capacites de defense antimissile, des systemes d’artillerie, des munitions, des drones et des systemes anti-drones. Il active egalement la clause de sortie nationale du Pacte de stabilite et de croissance, permettant aux Etats membres d’exclure les depenses de defense de leurs comptes nationaux. Selon les estimations, cela pourrait liberer 257 milliards d’euros de depenses annuelles supplementaires sur les quatre prochaines annees, soit un maximum de 650 milliards d’euros sur l’ensemble de la periode.
Mais les critiques n’ont pas tarde. Car les 800 milliards annonces sont largement un mirage comptable. Le nouveau financement reel s’eleverait plutot a 143 milliards d’euros environ. Le reste n’est qu’une « suggestion » aux Etats membres d’augmenter leurs propres budgets. Les outils les plus ambitieux, comme l’emprunt via le Mecanisme europeen de stabilite ou une facilite de type « Next Generation EU », ont ete laisses de cote.
L’Allemagne a certes annonce une decision historique de son Parlement : consacrer jusqu’a 1000 milliards d’euros aux infrastructures et a la defense. Mais comme le soulignent les analystes, les decisions de Berlin restent largement nationales. Le plan d’achats 2025-2026 de l’Allemagne n’alloue que 8% de son budget annuel de 83 milliards de dollars aux systemes americains, l’essentiel etant dirige vers des programmes nationaux ou europeens. Et surtout, Berlin refuse obstinement d’inclure l’UE dans sa reflexion sur les achats de defense.
Le poison de la fragmentation
Car c’est la le coeur du probleme europeen, bien plus que la question des milliards. L’Europe de la defense n’existe pas. Ce qui existe, ce sont 27 armees, 27 ministeres de la Defense, 27 marches nationaux avec des barrieres elevees a la concurrence exterieure et des appels d’offres transeuropeens limites.
Le resultat est une fragmentation catastrophique. Les forces armees europeennes comptent 29 types de destroyers differents, 17 types de chars de bataille, 20 types d’avions de chasse. Les Etats-Unis, eux, se contentent de quatre, un et six respectivement. Cette multiplication des systemes n’est pas seulement couteuse – la Commission europeenne estime que le manque de cooperation coute entre 25 et 100 milliards d’euros par an – elle est surtout operationnellement desastreuse. Comment mener des operations conjointes quand les munitions de l’un ne sont pas compatibles avec les canons de l’autre ? Comment assurer la logistique d’une force multinationale quand chaque contingent a ses propres pieces de rechange ?
Les chiffres sont eloquents : une meilleure cooperation dans les achats et la recherche de defense pourrait permettre d’economiser jusqu’a 30% des 290 milliards d’euros que les 27 Etats de l’UE consacrent actuellement a leurs budgets de defense. Mais pour atteindre cette efficacite, il faudrait que les Etats membres acceptent de renoncer a leur souverainete industrielle de defense. Et c’est precisement la que le bat blesse.
Car la defense reste le dernier carre de la souverainete nationale. Chaque pays veut conserver ses industries strategiques, ses emplois qualifies, son autonomie de decision. La France defend Dassault et Naval Group. L’Allemagne protege Rheinmetall et TKMS. L’Italie mise sur Leonardo. Chacun reve d’etre le pivot de la defense europeenne, aucun n’accepte d’etre le sous-traitant de l’autre. Et quand il faut acheter du materiel en urgence, comme ce fut le cas apres l’invasion de l’Ukraine, chacun court chez les Americains ou les Sud-Coreens plutot que d’attendre les delais interminables des programmes europeens conjoints.
Le domaine terrestre : le talon d'Achille
L’analyse de l’equilibre des forces entre l’Europe et la Russie revele une verite que beaucoup preferent ignorer : le domaine terrestre reste le point faible de l’Europe. Meme si les armees europeennes conservent un avantage qualitatif en matiere de formation, de commandement et de tactiques interarmees, la Russie dispose d’un avantage decisif en termes de masse, de puissance de feu, de capacite de mobilisation et de tolerance a l’attrition.
La question des munitions est emblematique. La capacite de production annuelle de munitions en Europe est passee de 300 000 obus en 2022 a environ 2 millions prevus fin 2025. Une multiplication par sept qui temoigne des efforts accomplis. Mais la Russie produit plus de munitions en un an que tous les pays de l’OTAN reunis. Le commissaire europeen a la Defense Andrius Kubilius le reconnait lui-meme : l’UE ne produit encore qu’a 50% de la capacite necessaire.
Les projections sont inquietantes. Avec ses 250 000 obus par mois, qui pourraient encore augmenter, la Russie surpasse largement l’objectif de l’OTAN de 267 000 obus mensuels pour 2026. Meme en atteignant cet objectif, l’Alliance ne ferait qu’atteindre la parite – insuffisant pour une dissuasion credible.
La fragilite industrielle europeenne tient aussi a sa dependance aux matieres premieres rares. Les explosifs comme le TNT et le RDX restent limites, le continent dependant d’un seul producteur majeur de TNT en Pologne. Plusieurs pays membres de l’OTAN, comme la France, la Suede et le Royaume-Uni, ont prevu de nouvelles usines de poudre pour ameliorer leur situation d’ici 2026, mais les goulots d’etranglement persistent.
Dans le domaine aerien, l’Europe beneficie d’une superiorite quantitative et qualitative claire. Mais sans le soutien massif des Etats-Unis, maintenir cette suprematie aerienne exigerait de combler des deficits significatifs. Et c’est precisement cette dependance que Rutte a mise en lumiere avec sa franchise brutale.
La question nucleaire : le dernier tabou
Car au-dela des chars, des avions et des munitions, il y a l’ultime garantie de securite : le parapluie nucleaire. « Sans les Etats-Unis, » a prevenu Mark Rutte, « l’Europe perdrait le garant ultime de sa liberte, qui est le parapluie nucleaire americain. »
L’Europe dispose pourtant de deux puissances nucleaires : la France et le Royaume-Uni. Mais leurs arsenaux, bien que credibles pour une dissuasion nationale, sont-ils suffisants pour proteger l’ensemble du continent ? Emmanuel Macron a ouvert le debat en proposant d’etendre le parapluie nucleaire francais aux allies europeens. Lors d’un discours prononce le 5 mars 2025, il a initie un dialogue strategique sur l’extension de la valeur protectrice de la dissuasion francaise – tout en conservant la souverainete presidentielle sur les decisions nucleaires.
Interroge sur la question de savoir si Paris utiliserait ses armes nucleaires pour defendre les pays scandinaves, Macron a repondu par un « absolument oui » decisif. Des pas concrets ont ete faits : au moins un avion ravitailleur d’un partenaire europeen (l’Italie) a participe a un exercice de la force aerienne strategique francaise. Un traite d’amitie et de cooperation renforcee franco-polonais a ete signe a Nancy le 9 mai 2025, engageant les deux pays a une assistance mutuelle en cas d’agression armee et appelant a un « dialogue strategique » plus approfondi, y compris dans les domaines lies a la dissuasion.
Mais la realite politique est plus complexe. L’Allemagne, bien que son dirigeant Friedrich Merz ait appele a une discussion sur le « partage nucleaire » avec la France, reste historiquement resistante a l’escalade nucleaire. La Pologne a montre plus d’interet a approfondir sa cooperation nucleaire avec les Etats-Unis. Les pays baltes voient dans la protection americaine la garantie ultime de leur survie.
Et en France meme, les obstacles ne manquent pas. Marine Le Pen, dont le Rassemblement national gagne du terrain, a explicitement declare que la dissuasion nucleaire francaise est pour la France seule. Les responsables francais clarifient que toute disposition par laquelle Paris transfererait la souverainete sur l’utilisation de ses propres bombes nucleaires a une institution europeenne ou a un autre Etat est un « no go » en termes de politique interieure.
La position francaise est unique : Paris dispose d’un controle souverain sur la conception, la fabrication, le deploiement et l’exploitation de ses forces nucleaires, y compris les composants nucleaires, les missiles, ainsi que les avions et sous-marins qui les transportent. C’est different du Royaume-Uni, dont la prise de decision reste autonome mais qui achete ses missiles balistiques lances par sous-marins aux Etats-Unis. Cette independance technologique donne a la France une marge de manoeuvre que Londres n’a pas, mais elle implique aussi des couts et des responsabilites considerables.
L'Ukraine : le revelateur et le catalyseur
Dans ce grand jeu strategique, l’Ukraine occupe une place centrale. Comme l’a rappele Volodymyr Zelensky a Davos : « L’Europe doit savoir comment se defendre. » Le president ukrainien a soutenu que le continent n’etait toujours pas pret a tenir seul sans le soutien americain. Ses remarques refletent une anxiete croissante a travers l’Europe : des decennies de dependance a la protection americaine ont laisse le continent mal prepare pour une ere plus dangereuse.
Deux facteurs majeurs ont jusqu’a present contribue a dissuader la Russie d’une agression militaire ouverte contre la zone euro-atlantique : la cohesion de l’OTAN, dans laquelle l’engagement de Washington est un element cle, et la resistance continue de l’Ukraine, qui mobilise la majeure partie de la puissance militaire russe. Si l’un de ces deux facteurs devait s’affaiblir, le risque d’une confrontation armee ouverte entre la Russie et l’Europe augmenterait considerablement.
Or, ces deux piliers tremblent. L’administration Trump n’a pas demande l’approbation du Congres pour une nouvelle aide militaire americaine a l’Ukraine, laissant l’Europe financer seule la defense ukrainienne depuis plus d’un an. Le Congres americain a bien insere une disposition autorisant 400 millions de dollars pour l’Initiative d’assistance a la securite de l’Ukraine pour chacune des deux prochaines annees, malgre l’absence de demande de l’administration Trump. Mais cette marge de manoeuvre du legislatif face a l’executif ne saurait durer indefiniment.
La loi d’autorisation de la defense nationale (NDAA) pour l’exercice 2026 temoigne des divergences entre le Congres republicain et l’administration Trump sur la direction de la politique americaine envers les allies europeens. Elle exige du Pentagone une evaluation de l’impact sur la securite nationale americaine et des consultations interagences si le Departement de la Defense entend reduire les effectifs americains en Europe en dessous de 76 000 (actuellement environ 100 000) pendant plus de 45 jours. Mais ces garde-fous legislatifs ne font que ralentir un desengagement que beaucoup percoivent comme ineluctable.
Les faiblesses russes : une fenetre d'opportunite ?
Il serait pourtant errone de ne voir que les faiblesses europeennes. La Russie elle-meme presente des vulnerabilites significatives. Son elan economique a culmine fin 2024, et le pays derive maintenant vers la stagflation. Ce declin se manifeste par des desequilibres croissants : une inflation galopante (le taux de la Banque centrale a atteint 21% pendant pres de trois trimestres), un deficit budgetaire croissant (prevu a -2,6% en 2025), et le retrecissement rapide de la partie liquide du Fonds de richesse nationale.
Les perspectives a long terme pour la Russie sont sombres. Son potentiel de modernisation est reduit, et son economie devrait ralentir severement, devenant de plus en plus dependante de la Chine. Crucialement, le secteur gazier russe ne se remettra pas de la perte du marche europeen, ce qui se traduira par une perte estimee de revenus d’exportation de 160 milliards d’euros sur la periode 2025-2030 pour Gazprom.
Les pays europeens ont le potentiel necessaire – c’est-a-dire les moyens economiques, les capacites militaires et l’expertise technologique – pour faire face a la Russie d’ici 2030, a condition qu’ils fassent preuve de la volonte politique necessaire. C’est cette volonte politique qui fait defaut, plus que les ressources financieres.
La feuille de route 2030 : le chemin de crete
Les dirigeants des 27 nations de l’Union europeenne se sont rallies autour de la Feuille de route pour la preparation de la defense 2030, un plan visant a atteindre la preparation militaro-securitaire et l’autonomie strategique d’ici la fin de la decennie. Le plan initie un investissement considerable dans la defense, a partir de 2026, destine a doter l’Europe de capacites suffisantes pour dissuader et repondre a toute agression adverse dans tous les domaines.
En tete de la liste des priorites figurent quatre projets phares, dont deux font l’objet d’une urgence particuliere : l’Initiative europeenne de defense contre les drones et la Surveillance du flanc est. Cette hierarchisation est directement liee a l’utilisation par la Russie de la guerre hybride, qui comprend des penetrations repetees de l’espace aerien UE-OTAN par des avions pilotes et des drones dans des pays comme l’Estonie, la Pologne et la Roumanie.
Pour chacun des neuf domaines de capacites strategiques, la Commission veut mettre en place des coalitions de capacites avec des nations chefs de file d’ici le premier trimestre 2026, afin que chaque groupe d’Etats membres de l’UE puisse collecter des donnees sur les capacites industrielles et lancer des projets d’ici le premier semestre 2026. A partir de mi-2026, la Commission presentera un apercu de l’augmentation des capacites industrielles, ainsi qu’une evaluation des risques pour assurer l’approvisionnement fiable en ressources. L’objectif est de reformer 200 000 personnels de l’industrie de defense d’ici fin 2026.
Mais les pays situes le long des frontieres etendues de la Russie et ceux situes plus loin ont des perceptions differentes. Les premiers considerent ces projets comme urgents et necessaires ; les seconds remettent en question leur cout, leur viabilite et l’imposition de decisions de defense par Bruxelles dans ce qu’ils considerent comme des prerogatives nationales souveraines.
La question mal posee
Alors, l’Europe peut-elle acheter son independance pour 1000 milliards d’euros ? La question elle-meme est mal posee. Car le probleme n’est pas d’abord financier. Les Europeens ont les moyens de depenser davantage – ils l’ont prouve avec les plans de relance post-Covid et la reponse a la crise energetique. Le probleme est politique, institutionnel, culturel.
L’independance strategique ne s’achete pas. Elle se construit, sur des decennies, a travers des choix difficiles que les democraties europeennes ont systematiquement repousses. Construire une capacite nucleaire europeenne credible ? Politiquement explosif. Unifier les marches de defense ? Les lobbies industriels nationaux s’y opposeront jusqu’au bout. Accepter une veritable autorite de commandement integree ? Impossible sans transfert de souverainete que les opinions publiques refusent.
L’argent peut acheter des equipements, pas une culture strategique. Il peut financer des usines de munitions, pas une volonte collective de se battre. Il peut payer des soldats, pas la cohesion politique necessaire pour decider de les engager. Or, c’est precisement cette cohesion qui fait la force de la garantie americaine. Quand les Etats-Unis disent qu’une attaque contre un allie de l’OTAN sera consideree comme une attaque contre les Etats-Unis eux-memes, cette parole est credible parce qu’elle emane d’une puissance unique, avec une chaine de commandement claire et une capacite de decision rapide.
Imaginez maintenant une situation de crise ou 27 Etats europeens devraient decider a l’unanimite de recourir a la force nucleaire. Le temps que les consultations aboutissent, les chars ennemis seraient deja a Varsovie.
Le choix qui reste a faire
Mark Rutte a raison sur un point : les Europeens qui croient pouvoir se defendre seuls sans effort supplementaire massif vivent dans un reve. Mais il a tort sur un autre : l’objectif n’est peut-etre pas de remplacer completement la garantie americaine, mais de la completer suffisamment pour que Washington ne puisse plus faire chanter ses allies.
Car c’est la le vrai enjeu. Pas l’autonomie totale, qui est probablement hors de portee a l’horizon visible. Mais une autonomie suffisante pour negocier d’egal a egal, pour avoir des options, pour ne pas etre forces d’accepter n’importe quoi sous peine de se retrouver nus face a la menace russe.
Les prochaines annees seront decisives. La phase de rattrapage necessiterait des depenses cumulees d’environ 1800 milliards d’euros sur dix ans (2026-2035) pour un groupe de grands pays de l’UE, soit environ 2000 milliards si l’ensemble de l’UE participe. Des sommes considerables, mais pas hors de portee pour un ensemble economique qui reste le deuxieme du monde.
L’Europe a les moyens de sa securite. Il lui reste a trouver la volonte. Et peut-etre, paradoxalement, est-ce le scepticisme de ses allies qui finira par la forcer a grandir. Car s’il y a une chose que l’histoire enseigne, c’est que les nations trouvent rarement la volonte de changer tant qu’elles n’y sont pas absolument contraintes.
En 2026, l’Europe se trouve a un carrefour. D’un cote, la tentation du confort : continuer a se reposer sur une garantie americaine de plus en plus conditionnelle, en esperant que le prochain president sera plus accommodant. De l’autre, le chemin ardu de la responsabilite : accepter que la securite a un prix, que la souverainete exige des sacrifices, que la liberte se defend.
Les 1000 milliards de deficit accumules ne sont pas qu’un chiffre. Ils sont le symbole de trois decennies d’illusions perdues. Les rattraper ne suffira pas a acheter l’independance. Mais ne pas les rattraper garantirait la dependance perpetuelle.
« Bonne chance, » a dit Mark Rutte. Ce n’est pas de chance que l’Europe a besoin. C’est de courage.
Sources
Euromaidan Press – Von der Leyen calls for European independence through defense spending and Ukraine membership
NPR – NATO chief wishes ‘good luck’ to those who think Europe can defend itself without U.S. help
Euronews – Von der Leyen pitches 800bn defence package ahead of EU leaders’ summit
IFRI – Europe-Russia: Balance of Power Review
War on the Rocks – Force de l’Europe: How Realistic is a French Nuclear Umbrella?
Foreign Affairs – How Europe Lost: Can the Continent Escape Its Trump Trap?
Goldman Sachs – The Future of European Defense
European Parliament Think Tank – EU Member States’ defence budgets
OSW – US defence budget for 2026: Congress approves continued support for Ukraine
Carnegie Endowment – Taking the Pulse: What Issue Is Europe Ignoring at Its Peril in 2026?
Consilium – EU defence in numbers
European Commission – Around 2 billion to strengthen EU’s defence industry readiness
TIME – How Europe Can Find Its Strength in 2026
Euronews – Mark Rutte defies MEPs and praises Donald Trump as ‘very important’ to NATO
CSIS – Transforming European Defense
Signe Maxime Marquette
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