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CHRONIQUE : « Merci Donald » — Quand la survie d’un peuple se negocie en deux mots de gratitude forcee
Crédit: Adobe Stock

La mise en scene d’un exploit auto-proclame

29 janvier 2026. Maison-Blanche. Reunion de cabinet. Donald Trump, entoure de ses secretaires, prend la parole devant les cameras avec cette assurance granitique que rien n’entame. I personally asked President Putin not to fire on Kyiv and the cities and towns for a week during this extraordinary cold, declare-t-il. Personnellement. Le mot resonne comme un tampon officiel appose sur un document d’etat. Il ne s’agit pas d’une demarche collective de l’administration americaine, ni d’un travail de fond mene par les canaux diplomatiques habituels. Non. C’est lui. Sa voix. Son influence. Sa relation personnelle avec le maitre du Kremlin. Trump ajoute, avec une satisfaction a peine contenue, que beaucoup lui avaient conseille de ne pas passer cet appel, que Poutine n’accepterait jamais. Et pourtant, assure-t-il, he did it. La formule est celle d’un vendeur qui vient de conclure un contrat que tout le monde jugeait impossible. Sauf que l’objet de la transaction n’est pas un immeuble a Manhattan — ce sont des vies humaines, la survie de millions de civils, le droit de ne pas mourir de froid dans son propre salon. Trump va meme plus loin : il qualifie la reponse de Poutine de very nice. Tres gentil. Comme si l’on parlait d’un voisin qui consent a baisser le volume de sa musique un dimanche matin, et non d’un chef d’Etat qui accepterait momentanement de ne pas bombarder des civils.

Le silence assourdissant du Kremlin

Et voila le detail que l’euphorie de la Maison-Blanche ne peut masquer : le Kremlin n’a pas confirme. Aucun porte-parole russe n’a corrobore les propos de Trump. Dmitri Peskov, interroge le meme jour sur une eventuelle treve des frappes, a simplement refuse de commenter. Pas de confirmation. Pas de dementi. Le vide. Ce silence n’est pas un oubli — c’est une strategie. En ne s’engageant publiquement sur rien, Moscou se menage toutes les options. Si les frappes s’arretent, Poutine pourra pretendre que c’etait sa propre decision, un geste de bonne volonte souveraine qui n’a rien a voir avec une requete americaine. Si les missiles continuent de tomber, le Kremlin dira simplement qu’il n’a jamais pris un tel engagement. Dans les deux cas, Poutine conserve le controle du recit. Et dans les deux cas, Zelensky aura dit merci pour quelque chose qui n’existe peut-etre pas. Rappelons le precedent de mars 2025 : apres un appel de deux heures et demie avec Poutine, Trump avait annonce un cessez-le-feu de trente jours sur les infrastructures energetiques. Le Kremlin avait propose une version radicalement differente des engagements. Sur le terrain, les frappes avaient continue sous d’autres formes. Combien de fois, cher lecteur, doit-on assister au meme spectacle avant de cesser d’y croire ?

La difference fondamentale entre Trump et Poutine dans cette partie d’echecs tient en une phrase : Trump a besoin que le monde sache immediatement ce qu’il a fait ; Poutine prefere que le monde ne sache jamais exactement ce qu’il a accepte. L’un joue pour l’applaudimetre. L’autre joue pour le terrain. Et entre les deux, un peuple survit dans le froid.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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