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CHRONIQUE : Moscou conseille à la Pologne de « relire Poutine » – La guerre des mémoires s’intensifie
Crédit: Adobe Stock

Pour comprendre la violence de cette confrontation mémorielle, il faut remonter au 23 août 1939, dans les salons du Kremlin, où deux hommes s’apprêtent à changer le cours de l’histoire. Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich hitlérien, et Viatcheslav Molotov, son homologue soviétique, signent ce qui restera comme l’un des documents les plus infâmes du XXe siècle.

Le pacte de non-agression germano-soviétique comportait deux parties. La partie publique était relativement banale : un engagement mutuel de non-agression pour dix ans. Mais c’est la partie secrète, le fameux protocole additionnel, qui allait sceller le sort de millions d’êtres humains. Ce document, dont l’URSS a nié l’existence jusqu’en 1989, divisait l’Europe de l’Est en sphères d’influence. L’Estonie, la Lettonie et la Bessarabie tombaient dans l’escarcelle soviétique. Quant à la Pologne, elle était littéralement découpée : la ligne de partage suivrait les fleuves Narew, Vistule et San.

Neuf jours plus tard, le 1er septembre 1939, Hitler envahissait la Pologne par l’ouest, déclenchant la Seconde Guerre mondiale. Le 17 septembre, Staline lui emboîtait le pas par l’est. Le 29 septembre, les deux dictateurs se partageaient officiellement le pays. La Pologne cessait d’exister en tant qu’État indépendant, victime d’un double coup de poignard dans le dos.

Pour les Polonais, ce traumatisme fondateur n’a jamais été digéré. Comment pourrait-il l’être ? Leur pays a été rayé de la carte par l’accord cynique de deux régimes totalitaires, avant de subir six années d’occupation nazie marquées par l’extermination systématique de ses citoyens juifs et de son élite intellectuelle. Et quand la « libération » est enfin arrivée, elle s’est accompagnée de quarante-cinq années de domination soviétique, de répression politique et d’asservissement économique.

C’est précisément ce que Nawrocki a voulu rappeler à Auschwitz : oui, les soldats soviétiques ont ouvert les portes du camp. Mais non, ils n’ont pas apporté la liberté. Ils ont apporté une autre forme d’oppression.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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