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CHRONIQUE : Moscou invite Zelensky en terre ennemie, un sommet au coeur du piège diplomatique russe
Crédit: Adobe Stock

Les raisons du refus categorique de Kiev

La position ukrainienne est claire et constante depuis que Poutine a lancé une invitation similaire à l’automne 2025 : un déplacement de Zelensky a Moscou est totalement exclu. Le président ukrainien avait alors replique avec une phrase devenue célèbre : Il peut venir à Kiev. Je ne peux pas aller à Moscou quand mon pays est sous les missiles, sous les attaques, chaque jour. Cette réponse résumé l’absurdite de la proposition russe : comment le chef d’État d’un pays envahi pourrait-il se rendre dans la capitale de l’agresseur, confier sa sécurité aux services qui orchestrent les bombardements de ses villes et le meurtre de ses concitoyens ?

Au-dela des questions de sécurité physique, il y a une dimension symbolique dévastatrice. Un président ukrainien se rendant a Moscou en pleine guerre enverrait un signal de soumission inacceptable a la population ukrainienne et a la communauté internationale. La propagande russe exploiterait immédiatement ces images pour montrer que Kiev vient négocier en position de faiblesse sur le territoire russe. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, avait pourtant indiqué que Zelensky était prêt a négocier des questions sensibles directement avec Poutine, notamment les questions territoriales et l’avenir de la centrale nucléaire de Zaporijjia. La volonté de dialogue existe côté ukrainien, mais pas a n’importe quel prix.

Le decret de 2022 comme obstacle juridique

La Russie invoque régulièrement un obstacle juridique supplémentaire : le decret signe par Zelensky le 4 octobre 2022, après l’annexion illegale par la Russie des quatre régions ukrainiennes de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia. Ce decret a entrine la décision du Conseil national de sécurité et de défense ukrainien declarant les négociations avec le président russe Vladimir Poutine impossibles. Moscou souligné que Kiev n’a jamais abroge ce decret, ce qui selon la Russie empêché juridiquement toute négociation directe. Le Kremlin utilisé cet argument pour renvoyer la responsabilité du blocage diplomatique sur l’Ukraine.

Cependant, la réalité juridique est plus nuancee que ne le pretend Moscou. Des sources proches du Kyiv Independent indiquent qu’il n’existe aucune barriere légale véritable empechant Zelensky de négocier. Le depute ukrainien Merezhko a d’ailleurs précise que l’interdiction s’applique aux autres, pas au président lui-meme, et qu’il ne voit aucune nécessité d’annuler ce decret. Zelensky a explique que son decret visait a stopper le separatisme et a empêcher des figures politiques ukrainiennes de mener des négociations parallèles avec la partie russe. Le texte permet d’ailleurs la poursuite de négociations mediees au niveau technique, notamment sur les échanges de prisonniers et la centrale de Zaporijjia.

Je trouve révélateur que le Kremlin brandisse ce decret de 2022 comme un obstacle insurmontable tout en ignorant allegrement le droit international qu’il viole chaque jour en bombardant des civils ukrainiens. Cette utilisation selective du droit est une constante de la diplomatie russe sous Poutine. On invoque le droit quand il sert ses intérêts, on le pietine quand il gene. C’est cette incoherence fondamentale qui rend si difficile toute négociation sérieuse avec Moscou.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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