Les raisons du refus categorique de Kiev
La position ukrainienne est claire et constante depuis que Poutine a lancé une invitation similaire à l’automne 2025 : un déplacement de Zelensky a Moscou est totalement exclu. Le président ukrainien avait alors replique avec une phrase devenue célèbre : Il peut venir à Kiev. Je ne peux pas aller à Moscou quand mon pays est sous les missiles, sous les attaques, chaque jour. Cette réponse résumé l’absurdite de la proposition russe : comment le chef d’État d’un pays envahi pourrait-il se rendre dans la capitale de l’agresseur, confier sa sécurité aux services qui orchestrent les bombardements de ses villes et le meurtre de ses concitoyens ?
Au-dela des questions de sécurité physique, il y a une dimension symbolique dévastatrice. Un président ukrainien se rendant a Moscou en pleine guerre enverrait un signal de soumission inacceptable a la population ukrainienne et a la communauté internationale. La propagande russe exploiterait immédiatement ces images pour montrer que Kiev vient négocier en position de faiblesse sur le territoire russe. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, avait pourtant indiqué que Zelensky était prêt a négocier des questions sensibles directement avec Poutine, notamment les questions territoriales et l’avenir de la centrale nucléaire de Zaporijjia. La volonté de dialogue existe côté ukrainien, mais pas a n’importe quel prix.
Le decret de 2022 comme obstacle juridique
La Russie invoque régulièrement un obstacle juridique supplémentaire : le decret signe par Zelensky le 4 octobre 2022, après l’annexion illegale par la Russie des quatre régions ukrainiennes de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia. Ce decret a entrine la décision du Conseil national de sécurité et de défense ukrainien declarant les négociations avec le président russe Vladimir Poutine impossibles. Moscou souligné que Kiev n’a jamais abroge ce decret, ce qui selon la Russie empêché juridiquement toute négociation directe. Le Kremlin utilisé cet argument pour renvoyer la responsabilité du blocage diplomatique sur l’Ukraine.
Cependant, la réalité juridique est plus nuancee que ne le pretend Moscou. Des sources proches du Kyiv Independent indiquent qu’il n’existe aucune barriere légale véritable empechant Zelensky de négocier. Le depute ukrainien Merezhko a d’ailleurs précise que l’interdiction s’applique aux autres, pas au président lui-meme, et qu’il ne voit aucune nécessité d’annuler ce decret. Zelensky a explique que son decret visait a stopper le separatisme et a empêcher des figures politiques ukrainiennes de mener des négociations parallèles avec la partie russe. Le texte permet d’ailleurs la poursuite de négociations mediees au niveau technique, notamment sur les échanges de prisonniers et la centrale de Zaporijjia.
Je trouve révélateur que le Kremlin brandisse ce decret de 2022 comme un obstacle insurmontable tout en ignorant allegrement le droit international qu’il viole chaque jour en bombardant des civils ukrainiens. Cette utilisation selective du droit est une constante de la diplomatie russe sous Poutine. On invoque le droit quand il sert ses intérêts, on le pietine quand il gene. C’est cette incoherence fondamentale qui rend si difficile toute négociation sérieuse avec Moscou.
La question explosive de la légitimité de Zelensky
L’argument russe de l’expiration du mandat présidentiel
Le Kremlin deploie un autre argument pour complexifier les négociations : la question de la légitimité de Zelensky. Le mandat présidentiel de cinq ans du dirigeant ukrainien a expire en mai 2024, et aucune élection n’a été organisée depuis. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a indiqué que le Kremlin ne reconnaît pas la légitimité de Zelensky et n’accepterait pas sa signature sur un accord de paix. Poutine lui-meme a déclaré que Zelensky n’a aucun droit de signer quoi que ce soit dans le cadre d’éventuelles négociations de paix. Cette stratégie vise clairement a saper la position de Zelensky comme interlocuteur credible.
Poutine a affirmé que Zelensky, en raison de son illegitimite presumee, ne pourrait meme pas lever son propre decret de 2022 interdisant les négociations. Selon le président russe, seul le parlement ukrainien, la Verkhovna Rada, pourrait annuler ce decret. L’Institute for the Study of War (ISW) a toutefois note que cette proposition contredit la Constitution ukrainienne, qui ne donné pas au parlement le pouvoir d’annuler des decrets presidentiels. L’objectif du Kremlin est transparent : fracturer la société ukrainienne, affaiblir le soutien occidental et compliquer toute négociation future.
La réalité constitutionnelle ukrainienne
La Constitution ukrainienne prevoit que le président reste en fonction jusqu’à ce qu’un successeur soit elu et assumente (Article 108). La législation électorale ukrainienne interdit formellement la tenue d’élections sous la loi martiale, en vigueur depuis février 2022. Le parlement ukrainien prolonge cette loi martiale tous les 90 jours, fournissant un mécanisme de contrôle démocratique. Le principe de continuite constitutionnelle est profondément ancre dans le système ukrainien : en vertu de l’Article 108(1), le président en exercice reste en poste jusqu’à l’élection et l’investiture d’un nouveau président, assurant la stabilité de l’executif.
Les sondages montrent que la vaste majorité des Ukrainiens, bien que critiques envers le président, acceptent le report des élections jusqu’en temps de paix. Le parlement ukrainien a d’ailleurs adopte une résolution symbolique reconfirmant la légitimité de Zelensky comme chef de l’État. Le 9 décembre 2025, Zelensky a déclaré être prêt a organiser des élections dans un delai de 60 a 90 jours si les États-Unis et les alliés européens de l’Ukraine garantissaient les conditions de sécurité nécessaires. La Verkhovna Rada a meme forme un groupe de travail special le 26 décembre 2025 pour préparer un projet de loi sur la tenue d’élections presidentielles sous loi martiale. La crédibilité de la Russie sur cette question est d’ailleurs contestable : sa propre élection présidentielle de 2024 a été critiquee par les observateurs internationaux pour des niveaux de fraude sans précédent.
Les pourparlers d'Abou Dabi : un contexte diplomatique sans précédent
Les premiers pourparlers trilateraux depuis le debut de la guerre
La déclaration d’Ouchakov ne peut être comprise sans la replacer dans le contexte des pourparlers trilateraux historiques tenus a Abou Dabi les 23 et 24 janvier 2026. Pour la première fois depuis l’invasion russe de février 2022, des delegations de la Russie, de l’Ukraine et des États-Unis se sont reunies dans la capitale emiratie. Cote ukrainien, le négociateur en chef Roustem Oumerov et le chef du renseignement militaire Kyrylo Boudanov étaient presents. Les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont facilite les discussions. Le président des Emirats, Cheikh Mohammed, a personnellement accueilli les delegations.
Les discussions se sont conclues sans accord formel mais dans une atmosphère qualifiée de constructive par toutes les parties. Les EAU ont decrit les échanges comme incluant un engagement direct entre les représentants russes et ukrainiens sur les éléments en suspens du cadre de paix proposé par les États-Unis, ainsi que des mesures de confiance. Zelensky a déclaré que les discussions bilaterales avaient porté sur les parametres pour mettre fin a la guerre et les conditions de sécurité nécessaires. Le porté-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a tempere les attentes en declarant qu’il serait prématuré d’attendre des résultats significatifs des premiers contacts, tout en saluant leur esprit constructif.
Le Donbass comme point de blocage fondamental
Le point d’achoppement central reste la question territoriale, et plus spécifiquement le Donbass. Zelensky a qualifié la question du Donbass de cle des négociations. La Russie exige le retrait des forcés ukrainiennes des régions de Donetsk et de Louhansk, qu’elle a illegalement annexees mais qu’elle n’a pas entièrement conquises. Poutine a affirmé a plusieurs reprises que la Russie prendra l’ensemble du Donbass par la forcé a moins que Kiev ne le cede dans un accord de paix. Les forcés russes controlent actuellement environ 90 pour cent de la région du Donbass.
Le secretaire d’État américain Marco Rubio a qualifié le differend territorial de point de friction le plus difficile. Kiev a répété a de nombreuses reprises qu’il ne cedera pas a la Russie un territoire que Moscou n’a pas réussi a conquerir sur le champ de bataille. Un responsable américain a indiqué que les représentants russes et ukrainiens devraient probablement tenir d’autres discussions en Russie ou en Ukraine avant qu’un sommet Zelensky-Poutine ne soit envisageable. Le prochain cycle de négociations est prévu le 1er février a Abou Dabi, et les attentes sont prudemment optimistes des deux côtés.
Je suis frappé par le decalage entre le discours diplomatique et la réalité sur le terrain. Pendant que l’on parle de sommets et de rencontres au plus haut niveau, les bombes continuent de tomber sur les villes ukrainiennes. Ce paradoxe est au coeur de la crise actuelle : comment négocier sérieusement avec un interlocuteur qui ne cesse de bombarder votre pays tout en vous invitant chez lui pour discuter ? La question territoriale du Donbass est un noeud gordien que ni les pourparlers d’Abou Dabi ni un hypothétique sommet à Moscou ne pourront trancher facilement.
Davos, Trump et la nouvelle donné diplomatique
Le discours incendiaire de Zelensky au Forum économique mondial
Le 22 janvier 2026, Volodymyr Zelensky a prononcé un discours cinglant au Forum économique mondial de Davos, critiquant vertement l’Europe pour son manque de leadership. Le président ukrainien a accuse le continent européen d’être perdu et de tenter de convaincre le président américain Trump de l’aider plutot que de s’unir pour se defendre. Il a compare la situation de l’Ukraine a un jour de la marmotte sans fin, alors que le plus grand conflit européen depuis la Seconde Guerre mondiale approche de sa quatrieme année. Zelensky a appelé a une coalition d’action européenne et a questionne la capacité de l’OTAN a répondre a une agression.
Ce discours faisait suite a une rencontre qualifiée de bonne avec le président Trump, également présent a Davos. Zelensky a révélé qu’un accord avait été trouve sur les garanties de sécurité américaines pour l’Ukraine dans l’après-guerre, sans en preciser le contenu. Il a indiqué que ces garanties étaient prêtes a être signees par les dirigeants et ratifiees par le parlement ukrainien et le Congres américain. Le 26 janvier, Zelensky a confirmé que l’accord de sécurité américain était prêt a 100 pour cent. Trump a déclaré que Poutine et Zelensky voulaient tous deux un accord et que tout le monde fait des concessions.
L’envoi de Kushner et Witkoff à Moscou
Le meme 22 janvier, les envoyés américains Jared Kushner et Steve Witkoff se sont rendus a Moscou pour des discussions avec Poutine qui ont dure plus de trois heures et demie. Poutine a accueilli les Americains peu avant minuit, dans un cadre inhabituel qui souligné l’urgence des discussions. Trump avait déclaré qu’un accord était raisonnablement proche et Witkoff avait affirmé que les négociations en étaient reduites a un dernier point de friction. Ces rencontres au sommet entre Americains et Russes montrent que Washington joue simultanément sur les deux tableaux.
La diplomatie américaine sous Trump adopte une approche radicalement différente de celle de l’administration Biden. Washington se positionne comme un médiateur actif plutot qu’un soutien inconditionnel de l’Ukraine. Cette reconfiguration change la dynamique des négociations : l’Ukraine ne peut plus compter sur un soutien américain automatique et doit naviguer dans un environnement ou son principal allié pousse activement vers des compromis. Les responsables américains ont projeté de la confiance quant à la possibilité d’un accord, affirmant que le contrôle territorial de l’est de l’Ukraine est le dernier point de blocage. Mais cet enjeu est sans doute le plus difficile et de nombreux experts restent sceptiques.
La dernière rencontre Poutine-Zelensky : un souvenir lointain
Paris, décembre 2019 : le format Normandie
La dernière rencontre en personne entre Zelensky et Poutine remonte au mois de décembre 2019, lors des négociations au format Normandie a Paris. A l’époque, le conflit se limitait au Donbass et l’espoir d’un reglement diplomatique existait encore. Zelensky, elu président quelques mois plus tot avec la promesse de ramener la paix, avait rencontre Poutine sous la médiation du président français Emmanuel Macron et de la chanceliere allemande Angela Merkel. La reunion avait debouche sur quelques avancees modestes, dont un échange de prisonniers et un engagement envers un cessez-le-feu.
Depuis cette rencontre parisienne, le monde a radicalement change. L’invasion russe a grande échelle de février 2022 a transformé un conflit régional en une guerre totale impliquant des centaines de milliers de soldats. Aucun contact direct entre les deux dirigeants n’a eu lieu depuis. L’ecart entre les conditions de 2019 et celles de 2026 est abyssal : les pertes humaines se comptent en dizaines de milliers, des millions d’Ukrainiens sont deplaces, et la Russie occupe environ vingt pour cent du territoire ukrainien. Envisager un nouveau sommet dans ces conditions représenté un défi diplomatique d’une ampleur sans précédent.
Les leçons du passé pour l’avenir
L’histoire des négociations russo-ukrainiennes offre des leçons importantes. Les accords de Minsk de 2014 et 2015 avaient tente de geler le conflit au Donbass, mais n’ont jamais été pleinement appliques par aucune des parties. La Russie a depuis admis que ces accords lui avaient servi a gagner du temps pour préparer l’invasion de 2022. Les négociations d’Istanbul au printemps 2022, qui avaient semble approcher d’un compromis, ont echoue dans des circonstances encore debattues. Chaque tentative de dialogue a été marquée par la mefiance et les accusations reciproques de mauvaise foi.
Cette histoire pese lourdement sur les perspectives d’un éventuel sommet. Kiev n’a aucune raison de faire confiance aux garanties de sécurité offertes par Moscou, un État qui a viole le Memorandum de Budapest de 1994 dans lequel la Russie garantissait l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de son abandon de l’arsenal nucléaire sovietique. La question n’est donc pas seulement de savoir ou un sommet pourrait avoir lieu, mais si un accord négocié avec Moscou aurait la moindre chance d’être respecte.
Je garde en mémoire l’échec des accords de Minsk et la violation du Memorandum de Budapest. L’histoire des engagements russes est une longue suite de promesses brisees. Quand Ouchakov promet de garantir la sécurité de Zelensky à Moscou, on ne peut s’empêcher de penser aux multiples cas d’empoisonnement d’opposants sur sol russe. La confiance ne se decrete pas, elle se construit par des actes. Et les actes de la Russie, depuis 2014, ont systématiquement détruit toute base de confiance avec l’Ukraine.
Les enjeux stratégiques derrière l'invitation
La bataille de la perception internationale
L’invitation de Zelensky a Moscou releve avant tout d’une stratégie de communication soigneusement orchestrée. Le Kremlin cherche à projeter une image d’ouverture et de bonne volonté auprès de la communauté internationale, et en particulier auprès de l’administration Trump qui pousse activement vers un accord. En proposant un sommet assorti de garanties de sécurité, Moscou se présente comme la partie raisonnable du conflit. Si Kiev refuse, la Russie pourra affirmer que c’est l’Ukraine qui bloque le processus de paix. Si Kiev accepte, le Kremlin obtient une victoire symbolique majeure en recevant le président ukrainien sur son territoire.
Cette stratégie s’inscrit dans la competition pour l’opinion publique mondiale qui accompagne tout conflit prolonge. Les pays du Sud global, dont beaucoup entretiennent des relations avec Moscou, sont particulièrement sensibles aux signaux d’ouverture diplomatique. L’Arabie saoudite, la Turquie et les Emirats arabes unis, qui jouent un rôle de mediateurs, observent attentivement la reaction de chaque partie. Le Kremlin sait que le récit de la guerre est aussi important que la guerre elle-meme, et que chaque geste diplomatique est une arme dans cette bataille des perceptions. L’invitation a Moscou est une piece maitresse de cette stratégie informationnelle.
Les calculs de Washington
L’administration Trump se trouve dans une position délicate. D’un côté, le président américain a fait de la fin de la guerre en Ukraine une priorité de sa politique étrangère, promettant une résolution rapide. De l’autre, il ne peut accepter que la Russie dicte les conditions d’un sommet au point d’en faire une humiliation pour l’Ukraine. Les envoyés américains ont suggéré que des discussions supplémentaires seraient nécessaires avant un sommet au plus haut niveau. Witkoff a déclaré que les pourparlers étaient très constructifs et que Trump et toute son équipe sont dévoués a apporter la paix.
Washington pourrait proposer un lieu neutre pour un éventuel sommet, comme cela a été fait avec les pourparlers d’Abou Dabi. La Suisse, la Turquie ou un autre pays tiers pourraient servir de terrain neutre. Le refus de Moscou de considérer tout autre lieu que sa propre capitale complique cependant cette option. La dynamique actuelle montre que Trump est prêt a exercer une pression sur les deux parties, mais la question est de savoir jusqu’ou il ira pour forcer un compromis sur le lieu de la rencontre.
Les obstacles pratiques a un sommet
La sécurité comme enjeu existentiel
Les garanties de sécurité offertes par le Kremlin pour un déplacement de Zelensky a Moscou sont, dans le contexte actuel, depourvues de toute crédibilité. La Russie est un pays ou des opposants politiques ont été empoisonnes, ou des journalistes critiques sont assassines, et ou les services de sécurité operent en dehors de tout cadre juridique transparent. Confier la sécurité du président ukrainien aux autorités russes serait un pari qu’aucun responsable de la sécurité ukrainienne ne pourrait cautionner. L’assassinat ou la capture de Zelensky serait une catastrophe stratégique pour l’Ukraine.
Meme si l’on ecarte le scénario extrême d’un attentat, le simple contrôle logistique exerce par Moscou sur un tel sommet poserait des problèmes majeurs. Le Kremlin maitriserait l’accès aux communications, les déplacements, le nombre d’accompagnateurs autorises et l’ensemble de l’environnement du sommet. Zelensky serait en position de vulnérabilité maximale, ce qui affecterait inévitablement sa capacité a négocier librement. La diplomatie sérieuse exige un terrain d’entente ou les deux parties se sentent en sécurité, et Moscou ne remplit manifestement pas cette condition pour la partie ukrainienne.
La préparation diplomatique nécessaire
Ouchakov lui-meme a reconnu que des contacts a ce niveau devaient être bien prepares et orientes vers des résultats concrets. Cette déclaration est révélatrice : elle suggéré que la Russie elle-meme ne considéré pas un sommet immédiat comme réaliste. La préparation d’un sommet au plus haut niveau dans un conflit de cette ampleur nécessité des mois de négociations prealables au niveau technique, l’identification de points d’accord potentiels, et la définition d’un agenda précis. Les pourparlers d’Abou Dabi ne sont que le debut de ce processus.
Le Kremlin avait d’ailleurs indiqué plus tot que l’agenda d’une rencontre Poutine-Zelensky n’était pas du tout prêt. Les positions des deux parties restent extrêmement eloignees sur les questions fondamentales : les frontières, le statut des territoires occupes, les garanties de sécurité pour l’Ukraine et la perspective d’une adhesion à l’OTAN. Un sommet mal préparé pourrait être contre-productif, creant des attentes qu’un échec viendrait inévitablement devoyer. La sagesse diplomatique commande de progresser par étapes avant d’envisager une rencontre au sommet, et les deux parties semblent en être conscientes malgre la rhetorique.
Les scénarios possibles pour l'avenir
Un sommet en terrain neutre comme compromis
Le scénario le plus plausible pour une éventuelle rencontre Poutine-Zelensky serait un sommet en terrain neutre, sur le modèle des pourparlers d’Abou Dabi. Les Emirats arabes unis, la Turquie, la Suisse ou un autre pays tiers pourraient accueillir une telle rencontre, offrant des garanties de sécurité credibles pour les deux parties. Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est régulièrement proposé comme médiateur, et la Turquie avait accueilli les pourparlers d’Istanbul en 2022. Un tel compromis permettrait de dépasser l’impasse sur le lieu sans que personne ne perde la face.
Cependant, la déclaration de Peskov selon laquelle Moscou est le seul lieu envisage complique cette option. Si la Russie maintient cette position rigide, il faudra une pression considérable de Washington pour l’en faire devier. Trump, qui a montre sa capacité a exercer une pression sur les deux parties, pourrait proposer une rencontre trilaterale avec les trois presidents dans un lieu neutre, transformant un sommet bilateral en une initiative américaine. Cette approche aurait l’avantage de placer les États-Unis au centre de l’accord et de garantir une forme de supervision internationale.
Le risque d’un échec diplomatique prolonge
Le scénario pessimiste voit la question du lieu du sommet devenir un pretexte pour reporter indefiniment toute rencontre au plus haut niveau. La Russie insiste sur Moscou, l’Ukraine refuse, et les deux parties se rejettent mutuellement la responsabilité du blocage. Pendant ce temps, le conflit continue, les pertes s’accumulent, et la pression pour un cessez-le-feu augmente sans qu’un cadre politique ne soit en place. Ce scénario favoriserait un gel du conflit de facto, avec une ligne de front stabilisee mais aucun accord formel.
Un échec prolonge des négociations aurait des consequences graves pour toutes les parties. L’Ukraine continuerait de subir des pertes humaines et des destructions massives. La Russie resterait soumise aux sanctions internationales qui pesent sur son economie. L’Europe devrait maintenir un effort de défense couteux. Et les États-Unis verraient echouer la promesse de Trump de mettre fin rapidement a la guerre. La pression conjuguee de ces facteurs pourrait toutefois forcer les parties a trouver un compromis sur le lieu du sommet, meme si les positions initiales semblent irreconciliables.
Conclusion : Une invitation empoisonnee qui révélé les fractures du processus de paix
L’invitation du Kremlin a Zelensky de se rendre a Moscou pour rencontrer Poutine est un exercice diplomatique qui révélé plus qu’il ne resout. Elle exposé le fosse immense qui séparé les deux parties, non seulement sur les questions de fond comme le territoire et les garanties de sécurité, mais aussi sur les conditions memes d’un dialogue. La Russie cherche à négocier en position de forcé, dictant le lieu et les termes. L’Ukraine refuse de se soumettre a une mise en scène qui equivaudrait a une capitulation symbolique.
Les pourparlers d’Abou Dabi ont ouvert une voie que le prochain cycle du 1er février devra approfondir. L’engagement américain sous Trump change la donné, mais ne peut a lui seul combler le gouffre entre Moscou et Kiev. La question du lieu d’un éventuel sommet est un symptome d’un problème bien plus profond : l’absence totale de confiance entre les belligerants. Tant que cette confiance ne sera pas construite, brique par brique, à travers des accords partiels et des gestes concrets, un sommet au plus haut niveau restera un objectif lointain — quel que soit le lieu choisi.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Cette chronique est redigee dans une perspective editoriale indépendante, fondee sur les principes du droit international, de la souveraineté des États et du respect de l’intégrité territoriale. L’auteur considéré l’invasion russe de l’Ukraine comme une violation flagrante de la Charte des Nations Unies et du droit international. Cette position n’empêché pas une analysé critique des décisions de toutes les parties, y compris l’Ukraine et ses alliés occidentaux.
Le chroniqueur s’efforce de distinguer les faits rapportés par les sources des analyses editoriales présentées dans les mini-editoriaux clairement identifiés. Les opinions exprimees en première personne n’engagent que l’auteur et visent a enrichir la réflexion du lecteur, non a lui imposer une vision unique.
Méthodologie et sources
Cette analysé s’appuie sur des sources primaires incluant les déclarations officielles du Kremlin rapportees par le Kyiv Independent, les agences de presse internationales et les médias spécialisés. Les informations factuelles proviennent de multiples sources croisees pour garantir leur fiabilite. Les citations sont attribuees a leurs auteurs et replacees dans leur contexte.
L’auteur reconnaît les limites inherentes à l’analysé d’un conflit en cours, ou l’information est souvent incomplete, partielle ou instrumentalisee par les parties. Les sources russes officielles sont traitees avec la prudence qu’imposé un régime autoritaire connu pour sa manipulation informationnelle. Les sources ukrainiennes sont également soumises a un examen critique, le contexte de guerre favorisant la communication stratégique de toutes les parties.
Nature de l’analysé
Ce texte constitue une chronique d’analysé et non un reportage factuel. Il combine des éléments informatifs vérifiés avec des interprétations editoriales clairement signalees. Les projections et scénarios evoques représentent des hypothèses analytiques basees sur les tendances observables, non des predictions.
L’auteur n’a aucun lien financier ou institutionnel avec les gouvernements ou organisations mentionnes dans cette chronique. L’analysé est produite de manière indépendante dans un objectif d’information et de réflexion critique.
Sources
Sources primaires
Kyiv Independent : Russia says it’s ready for Zelensky-Putin meeting
TASS : Russia considers Moscow sole venue for talks with Zelensky
India TV News : Russia invites Zelenskyy to Moscow for Ukraine peace talks, assures his safety
Sputnik : Trump Proposed That Russia Consider Possibility of Putin-Zelensky Meeting
ABC News : Russia, Ukraine and US hold 1st trilateral talks since start of war
Sources secondaires
Euronews : Abu Dhabi hosts Russia-Ukraine peace talks with territorial issues a priority
The Hill : Volodymyr Zelensky rejects Vladimir Putin’s Moscow invite, proposes Kyiv talks instead
Axios : Zelensky at Davos — Trump has exposed Europe’s weakness
Al Jazeera : Ukraine’s Zelenskyy says US security agreement 100% ready to be signed
Atlantic Council : Russia attacks Zelenskyy’s legitimacy to derail US-led Ukraine peace talks
Kyiv Independent : Didn’t Zelensky imposé a ban on talks with Putin? Not really
Newsweek : Putin is Really Keen For Zelensky Meeting to Happen in Moscow
Military.com : Zelenskyy Says Trilateral Talks Ended Constructively
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