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CHRONIQUE : Poutine invite Zelensky à Moscou et le silence ukrainien en dit plus long que tous les discours
Crédit: Adobe Stock

Abu Dhabi ou l’illusion du progrès

Les 23 et 24 janvier 2026, Abu Dhabi a accueilli les premières véritables négociations trilatérales entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis depuis le début de l’invasion. Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Trump, et Jared Kushner avaient rencontré Poutine au Kremlin quelques heures auparavant pour des discussions qui se sont prolongées jusqu’à trois heures du matin. Les mots choisis pour décrire ces échanges — constructifs, francs, fructueux — appartiennent au vocabulaire habituel de la diplomatie. Mais derrière ces qualificatifs se cache une réalité bien plus sombre. Youri Ouchakov l’a rappelé sans ambiguïté : sans résolution de la question territoriale selon la formule convenue à Anchorage, il n’y aura pas de règlement durable. Ce que cela signifie concrètement ? L’Ukraine doit céder le Donbass. L’Ukraine doit retirer ses forces des territoires que la Russie revendique mais n’a jamais entièrement conquis.

Zelensky a qualifié ces pourparlers de premiers pas vers la fin de la guerre. Il a évoqué des discussions sur les paramètres possibles d’un cessez-le-feu, sur le besoin d’un contrôle américain du processus, sur la nécessité de garanties de sécurité réelles. Mais dans la même foulée, il a rappelé que les questions les plus sensibles demeurent irrésolues. Le futur du Donbass. Le sort de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia. Le statut des territoires occupés. Ce ne sont pas des détails techniques. Ce sont les fondements mêmes de la souveraineté ukrainienne. Et sur ces points, la position russe n’a pas bougé d’un millimètre. Pendant que les délégations discutaient dans les salons climatisés des Émirats, les drones russes frappaient Kyiv et Kharkiv, privant d’électricité des millions d’Ukrainiens en plein hiver.

La cynique synchronisation des missiles et des mots

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, n’a pas mâché ses mots. Poutine a ordonné une frappe massive brutale contre l’Ukraine au moment même où les délégations se réunissaient à Abu Dhabi pour faire avancer le processus de paix mené par l’Amérique. Ses missiles n’ont pas seulement touché notre peuple, ils ont aussi frappé la table des négociations. Cette phrase résume tout le paradoxe de la position russe. D’un côté, le Kremlin multiplie les déclarations sur sa volonté de dialogue. De l’autre, il continue d’infliger des souffrances quotidiennes à la population civile ukrainienne. Les attaques sur les infrastructures énergétiques ont laissé des centaines de milliers de foyers sans chauffage ni eau dans les régions de Dnipropetrovsk et Zaporizhzhia. Le maire de Dnipro, Borys Filatov, a parlé d’une véritable urgence nationale.

Cette stratégie n’a rien d’accidentel. Elle vise à mettre l’Ukraine à genoux avant même que les négociations ne puissent aboutir. Chaque jour de bombardement supplémentaire affaiblit la position de Kyiv. Chaque coupure d’électricité sape le moral d’une population qui endure déjà quatre années de guerre. Et c’est dans ce contexte que Poutine invite Zelensky à venir s’asseoir en face de lui, à Moscou, pour discuter. Comme si tout cela n’était qu’un désaccord entre voisins qu’on pourrait régler autour d’un thé.

Qu’est-ce qu’une invitation à la paix quand celui qui la propose continue de tuer ? Je pose la question sincèrement. Parce que je cherche à comprendre. Et plus je regarde ce dossier, plus je me demande si nous ne sommes pas tous en train de regarder un spectacle de marionnettes dont les ficelles sont parfaitement visibles. Poutine sait que Zelensky ne viendra jamais à Moscou. Il le sait pertinemment. Alors pourquoi cette invitation ? Pour pouvoir dire ensuite que c’est l’Ukraine qui refuse le dialogue.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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