Six cent mille departs et un silence de cimetiere
Pensez a une ville que vous connaissez, une capitale vibrante, animee, pleine de cafes, de transports en commun, de bruits de pas sur les trottoirs. Maintenant, videz-la d’un cinquieme de sa population en moins de trois semaines. C’est exactement ce qui est arrive a Kyiv. Depuis l’attaque massive du 9 janvier 2026, 600 000 residents ont quitte la capitale ukrainienne. Le maire Vitali Klitschko a lui-meme encourage les habitants restants a partir. Six cent mille personnes. Ce n’est pas un exode statistique, c’est une hemorragie urbaine, le depart silencieux de familles entieres portant des sacs, des enfants, des souvenirs, marchant dans des rues ou la neige n’est plus deblayee parce que les services municipaux n’ont plus l’electricite pour faire fonctionner leurs equipements. La ville qui a resiste aux premieres semaines de l’invasion russe en fevrier 2022 avec une fierte farouche se vide maintenant sous l’effet conjugue des bombes et du gel. La population d’avant-guerre de Kyiv etait de pres de 3 millions d’habitants. Combien restent aujourd’hui dans ces immeubles dont les radiateurs ont eclate sous l’effet du gel, dont les canalisations ont cede, dont les murs suintent le givre ?
Olena a soixante-sept ans. Elle vit au douzieme etage d’un immeuble du quartier d’Obolon, au nord de Kyiv. Son appartement n’a plus de chauffage depuis le 9 janvier. Elle dort avec trois couches de couvertures, un manteau d’hiver, des chaussettes en laine superposees. Le matin, elle fait chauffer de l’eau sur un rechaud de camping que sa voisine lui a prete, et elle place des briques tiedes dans son lit pour conserver un semblant de chaleur. L’electricite revient par tranches de trois a quatre heures, suivies de coupures de dix a quinze heures. Pendant ces heures noires, la temperature interieure chute a des niveaux ou le corps humain ne peut plus se rechauffer seul. Olena refuse de partir. Elle dit que son mari est enterre dans le cimetiere a dix minutes a pied et qu’elle ne l’abandonnera pas. Cette obstination, cette fidelite aux morts face au froid des vivants, c’est l’histoire de milliers d’Ukrainiens ages qui n’ont nulle part ou aller et qui attendent, enveloppes dans leurs manteaux, que le thermometre ou la guerre leur accorde un repit.
L’infrastructure en ruines et le spectre de l’effondrement total
Les chiffres de la destruction energetique de l’Ukraine sont aussi froids que l’air qui s’engouffre dans les appartements beants. Depuis le debut de la saison de chauffage en octobre, le Service de securite ukrainien a recense au moins 256 frappes aeriennes russes sur les installations energetiques et les systemes d’approvisionnement en chaleur du pays. Kyiv a besoin de 1 700 megawatts pour alimenter les services de ses 3,6 millions d’habitants. Le maire Klitschko a reconnu que la capitale ne dispose que d’environ la moitie de l’electricite necessaire. « C’est la premiere fois dans l’histoire de notre ville que, lors de gelees aussi severes, la majeure partie de la cite est restee sans chauffage et avec un deficit enorme d’electricite », a-t-il declare. Selon le responsable du holding energetique DTEK, les residents ne recoivent du courant que trois a quatre heures d’affilee, puis subissent des coupures de dix a quinze heures. En decembre, les Kyiviens etaient deja prives d’electricite 9,5 heures par jour en moyenne. La situation s’est depuis dramatiquement aggravee.
Mais le probleme depasse la seule question electrique. Le systeme de chauffage centralise de Kyiv, un reseau massif qui achemine de l’eau chaude a travers des kilometres de canalisations vers des milliers d’immeubles d’habitation pouvant atteindre vingt-cinq etages, a ete frappe au coeur. Les frappes russes ont endommage les centrales thermiques et les pompes, provoquant le gel de l’eau dans les tuyaux et l’eclatement des canalisations. Dans de nombreux immeubles, le fluide caloporteur n’a pas ete vidange a temps, ce qui signifie que les radiateurs et les tuyaux endommages necessitent desormais un remplacement complet, et non une simple reparation. L’eau courante a disparu de quartiers entiers. Certains residents ont decouvert que l’eau avait gele jusque dans la cuvette de leurs toilettes. Les experts avertissent que la paralysie du systeme d’assainissement pourrait engendrer une crise sanitaire sans precedent. Comment repare-t-on un reseau de chauffage urbain quand il fait moins trente dehors, quand les generateurs diesel de secours cessent eux-memes de fonctionner a cause du gel ? La reponse est simple et terrifiante : on ne repare pas. On attend. On survit. Ou on part.
Quand un systeme de chauffage urbain concu pour proteger des millions de personnes devient l’arme involontaire de leur calvaire, nous franchissons un seuil moral que les conventions internationales n’avaient peut-etre pas anticipe avec assez de precision. Cibler les infrastructures energetiques en plein hiver, c’est transformer chaque radiateur eteint en sentence. Le froid ne fait pas de distinction entre combattant et civil, entre homme et enfant, entre resistant et resignee. Il prend tout.
Survivre a moins trente sans chauffage, anatomie de l'impossible
Le corps humain face au froid absolu
A moins trente degres Celsius, l’air brule les poumons comme de l’acide. La peau exposee peut subir des gelures en moins de dix minutes. Le corps humain commence a perdre sa capacite de thermoregulation lorsque sa temperature interne descend sous les 35 degres, seuil de l’hypothermie. Dans un appartement sans chauffage et sans electricite, avec des fenetres qui ne sont pas concues pour resister a de tels extremes, la temperature interieure peut chuter a zero degre ou moins en quelques heures. Les equipes de Medecins sans Frontieres presentes en Ukraine signalent des cas d’hypothermie parmi les patients et le personnel soignant lui-meme, pres de la ligne de front. Une urgence nationale a ete declaree. Que fait-on quand le froid n’est plus un desagrement mais un tueur silencieux qui s’infiltre sous chaque porte, dans chaque fissure, a travers chaque vitre ? Les Ukrainiens de Kyiv ont developpe des strategies de survie transmises par les reseaux sociaux. Sur la plateforme Threads, des tutoriels circulent pour fabriquer des chauffages de fortune. Ceux qui disposent encore du gaz dans leurs logements placent des briques sur la cuisiniere a gaz, les laissent chauffer, puis les utilisent comme sources de chaleur rayonnante.
Dmytro a quarante-deux ans, il est ingenieur informatique et travaille depuis son appartement du quartier de Pechersk, au centre de Kyiv. Quand l’electricite revient pour ses quatre heures quotidiennes, il charge simultanement son ordinateur, son telephone, deux batteries externes et une lampe frontale. Il cuisine pour la journee entiere en une seule session. Il remplit toutes les bouteilles disponibles d’eau chaude qu’il glisse ensuite dans son lit et sous ses vetements. Le reste du temps, il porte trois couches de vetements, un bonnet, des gants, et travaille a la lumiere d’une bougie quand ses batteries sont epuisees. Ses doigts sont si froids qu’il tape sur le clavier avec des moufles coupees au bout. Son ecran d’ordinateur affiche des lignes de code pendant que la glace recouvre l’interieur de sa fenetre. Ce contraste entre la modernite numerique et la survie primitive est l’image meme de l’Ukraine de janvier 2026 : un pays du vingt-et-unieme siecle ramene par la guerre aux conditions du dix-neuvieme. Les commerces qui possedent des generateurs ouvrent leurs portes comme des refuges, proposant chaleur et prises electriques. Des points de chauffage improvises naissent dans les sous-sols, les halls d’immeubles, les stations de metro.
Les espaces de chaleur et la solidarite du desespoir
A Kyiv, plus de 1 200 espaces chauffes securises fonctionnent actuellement, completes par 68 points de chauffage supplementaires installes par les services d’urgence et les partenaires humanitaires. Le Premier ministre Yulia Svyrydenko a pris des mesures d’urgence, notamment la reduction du couvre-feu nocturne pour permettre aux citoyens d’acceder aux centres de chauffage et aux points d’alimentation electrique. Les vacances scolaires ont ete prolongees a Kyiv jusqu’au 1er fevrier. Les ecoles ne peuvent plus garantir des temperatures acceptables dans les salles de classe. Les magasins, les cafes, les restaurants qui auraient pu offrir un peu de repit ont ete contraints de fermer. L’eclairage public a ete reduit au minimum pour preserver les ressources energetiques. La ville, la nuit, est plongee dans une obscurite que seuls percent les phares des rares voitures et la lueur orange des bougies derriere les fenetres givrees. Avez-vous deja marche dans une capitale europeenne plongee dans le noir, a moins vingt, sans savoir quand la lumiere reviendra ? C’est le quotidien de ceux qui sont restes.
La solidarite se manifeste de mille manieres. Des voisins qui ne se parlaient pas partagent desormais un rechaud, un generateur, une couverture. Des groupes de citoyens organisent des rondes pour verifier que les personnes agees isolees dans les etages superieurs des immeubles sont encore en vie. Car le froid tue en silence. Il endort. Il engourdit. Il prend ceux qui s’endorment seuls, sans que personne ne s’en apercoive avant le lendemain. Mykola, retraite de soixante-quatorze ans vivant au huitieme etage d’un immeuble sans ascenseur fonctionnel dans le quartier de Sviatoshyn, descend chaque matin ses huit etages a pied pour rejoindre le point de chauffage le plus proche, une ancienne bibliotheque municipale reconvertie en refuge. Il y passe la journee, boit du the chaud, parle avec d’autres retraites, puis remonte le soir dans son appartement glace pour une nuit de resistance physique. Ses genoux le font souffrir a chaque marche. Mais l’alternative est de rester dans un appartement ou la temperature ne depasse pas deux degres. La dignite humaine, dans ces conditions, se mesure en marches d’escalier gravies malgre la douleur, en tasses de the partagees, en couvertures offertes par des inconnus.
Le froid comme arme, comme levier et comme juge
La strategie russe de destruction energetique hivernale
Il faut nommer les choses avec la precision qu’elles meritent. La destruction systematique de l’infrastructure energetique ukrainienne par la Russie n’est pas un dommage collateral. C’est une strategie militaire deliberee qui vise a rendre la vie impossible pour les civils pendant les mois d’hiver. Rosemary DiCarlo, Sous-Secretaire generale des Nations unies, l’a affirme devant les ambassadeurs : « Alors que les temperatures plongent bien au-dessous de zero, la Federation de Russie a intensifie ses attaques systematiques ciblant l’infrastructure energetique de l’Ukraine. » Les frappes russes de cet hiver ont vise la quasi-totalite des centrales electriques du pays, seules les installations nucleaires ayant apparemment ete epargnees. L’attaque du 9 janvier a laisse la moitie de Kyiv sans chauffage et de nombreux residents sans electricite pendant des jours dans des temperatures largement en dessous de zero. Celle du 20 janvier a prive 5 635 immeubles residentiels de chauffage, soit environ la moitie des blocs d’appartements de la capitale. La vice-ministre des Affaires etrangeres Mariana Betsa a confirme que « presque la moitie de Kyiv etait en blackout » apres cette attaque. Le 24 janvier, alors meme que les emissaires de l’Ukraine, de la Russie et des Etats-Unis etaient reunis a Abu Dhabi pour des pourparlers trilateraux, des centaines de drones et de missiles ont de nouveau frappe les deux plus grandes villes d’Ukraine.
Ce calendrier n’est pas anodin. Frapper les infrastructures energetiques en plein coeur de l’hiver, c’est utiliser le climat comme multiplicateur de souffrance. Chaque centrale detruite ne prive pas seulement de lumiere : elle prive de chaleur, d’eau, de capacite a cuisiner, de capacite a travailler, de capacite a soigner. Les hopitaux fonctionnent sur des generateurs de secours qui, eux-memes, peinent a demarrer quand le diesel fige sous l’effet du gel. La question lancinante qui se pose est celle-ci : a quel moment la destruction deliberee d’un systeme de chauffage urbain en plein hiver, dans un pays ou des millions de civils dependent de ce systeme pour survivre, cesse-t-elle d’etre un acte de guerre et devient-elle autre chose, quelque chose que le droit international humanitaire devrait qualifier avec plus de force ? Les Conventions de Geneve protegent les biens indispensables a la survie de la population civile. Un reseau de chauffage a moins trente degres est aussi vital que l’eau potable en plein desert. Sa destruction deliberee pose des questions juridiques et morales que la communaute internationale ne peut continuer a esquiver.
Le mot « gentil » et ce qu’il revele
Revenons sur ce mot utilise par Trump pour qualifier la decision presumee de Poutine : « tres gentil ». En anglais, « very nice ». Ce choix lexical merite une analyse attentive, car il eclaire la maniere dont cette crise humanitaire est percue depuis Washington. Qualifier de « gentil » le fait de ne pas bombarder des civils pendant une semaine de froid extreme, c’est etablir comme norme acceptable le bombardement lui-meme. C’est transformer l’absence temporaire de violence en vertu. C’est inverser l’echelle morale de telle sorte que ne pas tuer devienne un acte de generosite plutot qu’une obligation fondamentale. Le contraste entre la legerete du mot et la gravite de la situation est abyssal. D’un cote, un adjectif qu’on utiliserait pour remercier un voisin qui a tenu la porte. De l’autre, la survie de millions de personnes dans une capitale europeenne devastee par des mois de frappes sur ses arteres vitales. Comment ne pas entendre dans ce decalage le bruit sourd d’une banalisation de la violence ?
Le langage diplomatique a toujours eu ses pudeurs et ses perversions. Mais qualifier de « gentil » l’arret temporaire d’une campagne de bombardement sur des civils, c’est franchir une frontiere semantique qui devrait nous alarmer autant que les temperatures. Quand les mots cessent de porter le poids du reel, quand « gentil » peut designer l’absence momentanee de destruction, c’est notre capacite collective a nommer l’inacceptable qui gele a son tour. Et ce gel-la ne se mesure pas en degres Celsius.
Les morts que le froid n'a pas le temps de pleurer
Six vies fauchees pendant que les mots s’echangent
Le jour meme ou Trump prononcait ces mots, le 29 janvier 2026, des frappes russes ont tue au moins six personnes dans le sud et le centre de l’Ukraine. Une attaque de drones a coute la vie a trois personnes dans la region de Zaporizhzhia pendant la nuit. Les autorites regionales et les services d’urgence ont confirme ces deces avec la sobriete administrative qui accompagne desormais chaque matin de cette guerre. Six morts. Un chiffre qui ne fera pas la une des journaux internationaux, absorbe par l’annonce plus spectaculaire d’un hypothetique cessez-le-feu temporaire. Pourtant, ces six vies etaient la veille encore des visages, des voix, des gestes quotidiens. Quelqu’un preparait le petit-dejeuner. Quelqu’un dormait en esperant que le chauffage reviendrait au matin. Quelqu’un regardait peut-etre la neige tomber en se demandant combien de temps encore. Et puis un drone, un bruit, un silence. Le president Zelensky a averti que Moscou planifiait une autre frappe de grande envergure, malgre les discussions en cours pour d’eventuels pourparlers supplementaires le week-end suivant.
Ce synchronisme cruel entre les annonces diplomatiques et la violence sur le terrain est devenu le rythme de cette guerre. Pendant que les emissaires parlent de paix dans les salons climatises d’Abu Dhabi, les missiles continuent leur trajectoire au-dessus des villes ukrainiennes. Pendant que Trump evoque la « gentillesse » de Poutine, des familles fuient Kyiv dans des voitures surchargees. Les villes de Kharkiv, Odessa et Dnipro sont egalement touchees par la crise energetique et les bombardements. La geographie de la souffrance s’etend bien au-dela de la capitale. Chaque ville ukrainienne vit sa propre version de cet enfer hivernal, avec ses propres morts, ses propres departs, ses propres strategie de survie. Et chaque matin, les Ukrainiens se reveillent en se demandant si le jour sera celui du repit ou celui de la prochaine frappe. Cette incertitude permanente, cette impossibilite de prevoir, est elle-meme une forme de torture psychologique que le froid vient decupler.
L’appel humanitaire et les chiffres de la detresse
Les Nations unies estiment que 10,8 millions de personnes en Ukraine ont besoin d’aide humanitaire. Un appel de 2,31 milliards de dollars a ete lance pour 2026 afin de soutenir 4,12 millions de personnes confrontees aux besoins les plus graves. La Norvege a offert une subvention initiale de 200 millions de dollars. Ces chiffres, dans leur enormite, risquent de devenir abstraits. Alors ramenons-les a l’echelle humaine. Dix virgule huit millions, c’est plus que la population de la Suede. C’est un pays entier qui a besoin d’aide pour traverser l’hiver. C’est autant de personnes agees qui n’ont pas de couvertures supplementaires, d’enfants dont les ecoles sont fermees, de malades dont les hopitaux fonctionnent a capacite reduite, de meres qui ne savent pas comment nourrir leurs enfants quand le courant est coupe quinze heures par jour. L’organisation Medecins sans Frontieres rapporte que son personnel et ses patients vivent et travaillent sans les necessites de base. Pres de la ligne de front, les equipes constatent des cas d’hypothermie parmi les blesses. Une urgence nationale a ete declaree par le president Zelensky dans le secteur energetique.
Lecteur, lectrices, lectrices et lecteurs de cette chronique, il faut mesurer ce que signifie la vie quotidienne sous ces conditions. Il ne s’agit pas d’un camping hivernal ou d’un defi de survie televisuel. Il s’agit de millions de personnes dans un pays moderne, dote d’universites, de startups, de musees, de theatres, qui se retrouvent contraintes de chauffer leurs maisons avec des briques posees sur des cuisinieres, de dormir tout habillees, de faire fondre de la neige pour avoir de l’eau. Le contraste entre ce que l’Ukraine etait il y a quatre ans et ce qu’elle endure aujourd’hui est un rappel brutal de la fragilite de la civilisation face a la violence organisee. Tout ce qui separe le confort du chaos, c’est un reseau electrique, un systeme de canalisations, un accord entre etres humains pour ne pas detruire ce qui permet a d’autres etres humains de vivre. Quand cet accord est rompu, le vingt-et-unieme siecle s’effondre en quelques semaines.
Les pourparlers dans le desert pendant que l'Ukraine gele
Abu Dhabi, la paix negociee sous la climatisation
Il y a quelque chose de vertigineusement ironique dans le fait que les negociations de paix pour mettre fin a la guerre en Ukraine se tiennent a Abu Dhabi, ville du desert ou la climatisation est une necessite permanente, pendant que les Ukrainiens meurent de froid. Les 23 et 24 janvier 2026, les Emirats arabes unis ont accueilli les premiers pourparlers trilateraux de l’histoire de ce conflit, reunissant des delegations ukrainienne, russe et americaine. Cote americain, l’emissaire Keith Witkoff et Jared Kushner etaient accompagnes du secretaire a l’Armee Dan Driscoll et du general Alexus Grynkewich, commandant supreme de l’OTAN. La delegation ukrainienne comprenait Rustem Umerov, responsable du Conseil de securite nationale, Andrii Hnatov, chef de l’etat-major, et Kyrylo Budanov, chef du bureau presidentiel. La partie russe etait dirigee par l’amiral Igor Kostyukov et composee de responsables militaires. Avant ces pourparlers, Witkoff et Kushner avaient rencontre Poutine au Kremlin pendant quatre heures.
Les resultats de cette premiere session ont ete qualifies de « constructifs » par Zelensky, qui a ecrit sur Telegram que « toutes les parties ont convenu de rendre compte a leurs capitales sur chaque aspect des negociations et de coordonner les prochaines etapes avec leurs dirigeants ». Mais le Kremlin a ensuite indique qu’il n’y avait pas eu de percee et a reaffirme ses exigences : la cession de l’ensemble du Donbass, que l’Ukraine controle encore partiellement. Kyiv refuse de ceder tout territoire qu’elle detient encore, creant une impasse que Witkoff a resumee a Davos en disant que les negociations en etaient « reduites a une seule question ». L’agence TASS a rapporte que les discussions incluaient d’eventuelles zones tampon et des mecanismes de surveillance. L’Ukraine exige quant a elle des garanties de securite de la part de ses allies occidentaux, y compris les Etats-Unis, pour dissuader la Russie d’envahir a nouveau. La prochaine session est prevue dimanche a Abu Dhabi. Mais quel poids auront ces discussions si les bombes continuent de tomber entre deux rounds de negociations ? Quelle confiance peut-on construire sur des ruines encore fumantes ?
Le role ambigu de Washington entre mediation et complaisance
La position des Etats-Unis dans cette crise oscillle entre mediation active et une forme de complaisance envers Moscou qui inquiete les observateurs. Trump se positionne comme l’artisan de la paix, celui qui decroche son telephone pour appeler Poutine et obtient une treve d’une semaine. L’emissaire Witkoff parle de negotiations productives. Mais le cadrage meme de cette annonce pose question. Presenter comme un succes diplomatique le fait que Poutine accepte de ne pas bombarder des civils pendant sept jours de froid mortel, c’est accepter implicitement que le bombardement de ces memes civils le reste du temps est une donnee du probleme, et non le probleme lui-meme. C’est deplacer le curseur de l’acceptable de telle maniere que l’absence de violence devient l’exception genereuse, et non la norme attendue. Les Europeens, largement absents de ce recit, regardent cette dynamique se deployer avec une inquietude croissante. La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni sont reduits au role de spectateurs dans une negotiation qui engage l’avenir du continent.
Il est tentant de se rejouir de toute lueur dans l’obscurite de cette guerre. Une semaine sans bombardement, si elle se concretise, ce sont des vies epargnees, des canalisations qui ne seront pas detruites, du temps gagne pour tenter de restaurer un semblant de normalite. Mais la joie devrait etre temperee par la lucidite. Un cessez-le-feu motive par la meteo, annonce unilateralement, non confirme par l’autre partie, n’est pas un pas vers la paix. C’est une parenthese climatique dans un conflit qui reprendra des que le thermometre remontera. La paix veritable ne se negocie pas en degres Celsius. Elle se construit sur des engagements reciproques, des garanties de securite, un respect du droit international que ni le froid ni la chaleur ne devraient conditionner.
Les voix d'Ukraine entre gratitude mesuree et defiance
Zelensky, le remerciement comme outil diplomatique
La reaction du president Volodymyr Zelensky a l’annonce de Trump releve de l’art de l’equilibrisme diplomatique. Zelensky a remercie les efforts americains tout en formulant son commentaire avec une prudence calculee. « Nos equipes ont discute de cela aux Emirats arabes unis. Nous attendons que les accords soient mis en oeuvre », a-t-il ecrit sur X. Le choix des mots est revealateur. « Nous attendons » : ce n’est ni une celebration ni un rejet. C’est la position d’un dirigeant qui sait que les promesses non tenues sont la monnaie courante de cette guerre, mais qui ne peut se permettre de rebuter son principal soutien. Zelensky a egalement averti que Moscou planifiait une autre frappe massive, ce qui suggere que les services de renseignement ukrainiens n’accordent qu’un credit limite a l’annonce du cessez-le-feu. La gratitude affichee envers Washington est un outil diplomatique autant qu’une emotion. L’Ukraine depend des Etats-Unis pour son soutien militaire, financier et politique. Chaque mot de Zelensky est pese sur la balance de cette dependance.
Mais sous cette gratitude calibree, on devine l’amertume d’un pays qui voit sa survie soumise aux appels telephoniques entre deux dirigeants dont aucun ne vit sous les bombes. Les Ukrainiens qui grelottent dans leurs appartements sans chauffage ne se soucient probablement pas de savoir si Trump considere Poutine comme « gentil ». Ce qu’ils veulent, c’est de l’electricite, de l’eau chaude, un toit qui ne laisse pas passer le froid. Ce qu’ils veulent, c’est que les drones cessent de venir la nuit, pas seulement pendant une semaine de grand froid, mais pour toujours. Ce qu’ils veulent, c’est une paix qui ne soit pas conditionnee a la meteorologie mais fondee sur le droit et la justice. Le decalage entre le discours diplomatique et la realite vecue est un abime dans lequel s’engouffre la confiance des civils envers les processus politiques. Et dans cet abime, le froid s’engouffre aussi.
Le silence de Moscou, plus eloquent qu’un discours
Le Kremlin n’a pas confirme. Repetition necessaire. Dmitri Peskov a refuse de commenter. Ce silence est en soi une declaration. Dans le langage du Kremlin, ne pas confirmer les propos de Trump, c’est se garder toutes les options ouvertes. C’est pouvoir dire, si les bombardements reprennent pendant la vague de froid, qu’aucun engagement n’avait ete pris. C’est aussi, potentiellement, une maniere de laisser Trump s’avancer seul sur un terrain ou un dementi humiliant est toujours possible. La Russie maitrise depuis longtemps l’art du silence strategique. Ne rien dire, c’est laisser l’autre interpreter, esperer, s’engager, puis constater que l’interpretation etait erronee. Ce mecanisme a ete utilise maintes fois dans l’histoire de ce conflit. Des annonces de corridors humanitaires qui n’ont jamais ete respectes, des cessez-le-feu proclames et violes dans l’heure, des retraits annonces et jamais effectues. Le silence de Moscou sur la promesse rapportee par Trump devrait etre lu non comme une confirmation tacite, mais comme une ambiguite deliberee, une porte entrouverte que le Kremlin peut refermer a sa convenance.
Et c’est dans cette zone grise que vivent les Ukrainiens. Entre promesse et menace. Entre le froid qui tue et le froid qui, peut-etre, protege temporairement. Entre l’espoir d’une semaine sans bombes et la certitude que la semaine suivante ramènera leur lot de frappes. Le calendrier meteorologique indique que le pic de froid extreme est attendu debut fevrier, avec des temperatures nocturnes pouvant descendre a moins trente degres et des maximales diurnes restant entre moins quinze et moins vingt-deux degres. Si Poutine a reellement promis une treve, c’est pendant cette fenetre infernale qu’elle devrait s’appliquer. Mais si aucune confirmation ne vient de Moscou, chaque nuit sans frappe sera attribuee soit a la promesse, soit au hasard, soit a des considerations tactiques russes sans lien avec un quelconque accord. L’incertitude elle-meme est une arme.
Quand le climat reecrit les regles de la guerre
Le precedent historique du froid comme facteur militaire
L’histoire ne manque pas d’exemples ou le froid a joue un role determinant dans les conflits armes. L’hiver russe a brise la Grande Armee de Napoleon en 1812. Il a contribue a l’echec de l’Operation Barbarossa d’Hitler devant Moscou en 1941. Le general Hiver, comme on le surnomme, a toujours ete un allie de la Russie face aux envahisseurs. L’ironie tragique de la situation actuelle est que ce meme general Hiver se retourne contre les civils d’un pays que la Russie agresse, et que Moscou utilise deliberement le froid comme amplificateur de sa strategie de destruction. Mais il y a une dimension inedite dans l’episode du 29 janvier 2026 : pour la premiere fois, le froid n’est plus seulement un facteur militaire ou humanitaire. Il devient un argument diplomatique, un levier de negociation, un element du langage politique entre deux chefs d’Etat. Trump a utilise le froid extreme comme motif explicite de sa demande a Poutine. Poutine, selon Trump, a accepte en raison de ce meme froid. Le climat est entre dans l’arene diplomatique non pas comme une abstraction lointaine, mais comme une urgence immediate qui conditionne des decisions de guerre et de paix.
Cela cree un precedent troublant. Si un cessez-le-feu peut etre obtenu pour cause de froid extreme, qu’en est-il des canicules, des inondations, des autres evenements climatiques extremes que le rechauffement planetaire promet de multiplier ? Verrons-nous emerger une nouvelle forme de diplomatie climatique ou les conditions meteorologiques dictent le rythme des combats ? Et surtout, que dit cette logique sur la valeur accordee a la vie humaine en temps de guerre ? Si le froid est une raison suffisante pour suspendre les bombardements, pourquoi la seule presence de civils ne l’est-elle pas ? Cette question, lancinante, douloureuse, sans reponse satisfaisante, est peut-etre la plus importante que pose cette journee du 29 janvier 2026. Elle resonne au-dela de l’Ukraine, au-dela de cette guerre, au coeur meme de notre rapport collectif a la violence et a ceux qui la subissent.
Le rechauffement global et le paradoxe du froid mortel
Il peut paraitre paradoxal de parler de froid record a l’ere du rechauffement climatique. Les climatologues expliquent pourtant que la destabilisation du vortex polaire peut provoquer des descentes d’air arctique de plus en plus brutales sur l’Europe et l’Asie, generant des episodes de froid extreme meme dans un contexte de temperatures moyennes globalement en hausse. L’hiver 2025-2026 en Ukraine illustre ce phenomene avec une cruaute particuliere. Les temperatures annoncees pour debut fevrier, moins trente degres la nuit dans certaines regions, sont exceptionnelles meme pour un pays habitue aux hivers rigoureux. Mais l’exceptionnalite du froid est decuplee par la vulnerabilite creee par la guerre. Un hiver extreme dans une Ukraine en paix, dotee de son infrastructure energetique intacte, serait un defi geeable. Le meme hiver dans une Ukraine dont les centrales sont detruites, dont les canalisations eclatent, dont la moitie de la capitale est privee d’electricite, devient une catastrophe humaine d’une ampleur difficile a apprehender depuis nos salons chauffes.
Et c’est la tout le probleme de la couverture mediatique de cette crise. Comment transmettre la realite d’un froid a moins trente sans chauffage a un public qui lit ces lignes dans un interieur tempere ? Comment faire ressentir ce que vit une mere de famille de Kyiv qui regarde ses enfants dormir sous cinq couches de couvertures en priant pour que l’electricite revienne avant que la temperature interieure ne descende sous zero ? Les mots ont leurs limites. Les images aussi. La seule chose qui puisse combler cet ecart, c’est l’exercice de l’imagination et de l’empathie. Fermez les yeux. Coupez le chauffage. Eteignez les lumieres. Attendez. Attendez encore. Attendez quinze heures. C’est cela, Kyiv en ce moment. Sauf que vous, vous pouvez rouvrir les yeux et rallumer.
La semaine qui vient, entre espoir fragile et incertitude totale
Ce que la meteorologie promet et ce que la diplomatie ne garantit pas
La semaine prochaine s’annonce comme la plus dangereuse de cet hiver ukrainien. Les previsions meteorologiques indiquent des temperatures nocturnes a moins trente degres Celsius dans certaines regions, avec des maximales diurnes restant entre moins quinze et moins vingt-deux degres. Kyiv sera parmi les zones les plus touchees. Dans ces conditions, chaque heure sans chauffage est une heure de survie. Chaque frappe supplementaire sur une infrastructure energetique deja exsangue pourrait etre la frappe de trop, celle qui fait basculer la crise en catastrophe irreversible. Si la treve annoncee par Trump se concretise, elle offrira sept jours de repit pendant lesquels les equipes de maintenance pourront tenter de reparer ce qui peut l’etre, les convois humanitaires pourront acheminer des generateurs, des couvertures, du combustible, et les Ukrainiens pourront souffler, litteralement. Mais si la treve ne tient pas, si Moscou n’a jamais reellement donne son accord, si les drones reprennent leur ballet nocturne au-dessus de Kyiv pendant le pic de froid, les consequences humanitaires seront incalculables.
Les pourparlers prevus dimanche a Abu Dhabi porteront sur les contacts militaires et les mecanismes de surveillance d’un potentiel cessez-le-feu. L’emissaire Witkoff a affirme a Davos que les negociations etaient « reduites a une seule question », celle du Donbass, que la Russie exige en totalite et que l’Ukraine refuse de ceder. Cette impasse territoriale est le noeud gordien de tout accord potentiel. En attendant, le froid ne negocie pas. Il ne fait pas de compromis. Il ne connait pas les zones tampon ni les mecanismes de surveillance. Il avance, implacable, a travers les murs fissures et les fenetres mal isolees des immeubles de Kyiv, et il rappelle a tous les protagonistes de ce drame que le temps n’est pas une abstraction diplomatique mais une realite biologique. A moins trente, le corps humain ne attend pas la fin des negociations. Il cede. Et chaque jour perdu en pourparlers sans resultat est un jour ou le froid avance son propre agenda, indifferent aux calculs politiques des hommes.
L’Ukraine apres le degel, la question que personne ne pose
Supposons que la vague de froid passe. Supposons que la treve tienne une semaine, ou meme qu’elle ne tienne pas mais que les temperatures remontent a des niveaux moins meurtriers. Que se passera-t-il ensuite ? La question n’est presque jamais posee dans le tumulte de l’actualite immediate, mais elle conditionne l’avenir de millions de personnes. Les infrastructures energetiques detruites ne se reconstruisent pas en quelques semaines. Les canalisations eclatees par le gel necessitent des mois de travaux. Les centrales thermiques bombardees demandent des annees et des milliards pour etre remplacees. Les 600 000 personnes qui ont quitte Kyiv reviendront-elles ? Dans quels logements, avec quel chauffage, quelle eau courante, quelle electricite ? La reconstruction de l’Ukraine est deja un defi colossal. La destruction hivernale de son reseau energetique ajoute une couche de complexite qui repousse encore l’horizon du retour a la normale. Et pendant ce temps, la guerre continue. Les negociations pietinent. Le Donbass reste la ligne de fracture irreconciliable.
L’Ukraine de demain se construira dans les decombres de cet hiver. Chaque immeuble prive de chauffage, chaque ecole fermee, chaque famille deplacee est un fragment du prix que ce pays paie pour sa souverainete. Et dans ce prix, il y a le froid, ce compagnon silencieux et mortel qui ne figure dans aucun communique officiel, dans aucune resolution du Conseil de securite, dans aucune declaration conjointe, mais qui tue avec la regularite d’une horloge mal remontee. Le 29 janvier 2026 restera peut-etre comme le jour ou le froid est entre dans le vocabulaire diplomatique. Ou un president americain a telephone a un president russe pour lui demander de ne pas bombarder des gens qui gelent. Ou le mot « gentil » a ete prononce pour decrire la decision de ne pas tuer pendant sept jours. Ce jour-la, le thermometre a mesure autre chose que la temperature. Il a mesure la profondeur de notre echec collectif a proteger ceux qui n’ont rien demande d’autre que de vivre dans un pays libre, chaud et eclaire.
Le froid passera, les questions resteront
Ce que cette semaine dit de notre epoque
Cette chronique touche a sa fin, mais le froid ukrainien, lui, ne fait que commencer son offensive de fevrier. Ce que les evenements du 29 janvier 2026 revelent depasse la question d’un cessez-le-feu temporaire ou d’un appel telephonique entre deux presidents. Ils revelent un monde ou la souffrance humaine n’est prise en compte que lorsqu’elle atteint un seuil si extreme que meme les plus cyniques ne peuvent l’ignorer. Ils revelent une diplomatie qui reagit aux evenements climatiques plutot qu’aux principes humanitaires. Ils revelent une asymetrie fondamentale entre ceux qui decident et ceux qui subissent, entre ceux qui prononcent le mot « gentil » dans une salle de reunion chauffee et ceux qui comptent les heures avant le retour de l’electricite dans un immeuble glace. Mais ils revelent aussi, et c’est peut-etre la seule lueur dans cette nuit polaire, la resilience extraordinaire d’un peuple qui refuse de plier. Les Ukrainiens qui restent a Kyiv, qui montent et descendent huit etages dans le froid pour rejoindre un point de chauffage, qui partagent leurs generateurs et leurs couvertures, qui inventent des chauffages de fortune avec des briques et des cuisinieres, ces Ukrainiens ecrivent avec leurs mains gelees un chapitre de l’histoire que les manuels futurs ne pourront pas ignorer.
Le froid passera. Le printemps reviendra. Les temperatures remonteront. Mais les centrales resteront en ruines. Les canalisations resteront eclatees. Les 600 000 departs de Kyiv resteront dans les memoires. Et les questions, elles, resteront sans reponse. Comment en sommes-nous arrives la ? Comment un cessez-le-feu peut-il dependre d’un bulletin meteo ? Comment le mot « gentil » peut-il coexister avec le mot « bombardement » dans la meme phrase sans que personne ne s’etouffe ? Comment dix virgule huit millions de personnes peuvent-elles avoir besoin d’aide humanitaire dans un pays situe au coeur de l’Europe sans que cela provoque une mobilisation proportionnelle a l’urgence ? Ces questions sont les notres. Elles ne disparaitront pas avec le redoux. Elles resteront, glaciales, dans la conscience de quiconque aura pris le temps de regarder ce qui se passe, en ce moment meme, de l’autre cote de nos frontieres.
Un appel a ne pas detourner le regard
Il serait facile, lecteur, de refermer cette page et de passer a autre chose. Le flux d’informations nous y invite en permanence. Demain, une autre actualite viendra recouvrir celle-ci comme la neige recouvre les traces de pas. Mais les Ukrainiens qui se battent contre le froid cette nuit, en ce moment meme, pendant que vous lisez ces mots, n’ont pas ce luxe. Leur realite ne change pas au rythme de nos notifications. Leur froid ne disparait pas quand nous fermons notre navigateur. Leur attente ne se termine pas quand nous passons au sujet suivant. La moindre des choses que nous puissions faire, depuis nos interieurs chauffes et eclaires, c’est de maintenir notre attention. De ne pas laisser le froid ukrainien devenir un fait divers meteorologique. De nous souvenir que derriere chaque chiffre, il y a Olena et ses briques tiedes, Dmytro et ses moufles coupees, Mykola et ses huit etages quotidiens. De rappeler a nos gouvernements que l’aide humanitaire n’est pas une option mais une obligation. Et de poser, inlassablement, les questions que le froid pose a notre humanite commune. Car le vrai gel, celui dont il faut avoir peur, n’est pas celui qui fait descendre le thermometre a moins trente. C’est celui qui fait descendre notre capacite d’indignation a zero.
Nous vivons une epoque ou la meteorologie est devenue un argument de negociation entre puissances nucleaires, ou la temperature exterieure determine la duree d’un cessez-le-feu, ou survivre a l’hiver est considere comme un privilege plutot que comme un droit. Si cette realite ne nous glace pas le sang autant que le froid ukrainien glace les canalisations de Kyiv, c’est que notre propre systeme d’alerte morale a, lui aussi, besoin d’une serieuse remise en etat.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
ONU News – Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis – janvier 2026
PBS News – Trump says he personally asked Putin not to attack Kyiv amid brutal cold – 29 janvier 2026
Medecins sans Frontieres – Surviving the cold without electricity in Ukraine – janvier 2026
Sources secondaires
The Age – Trump says Putin will halt Kyiv bombing during looming cold snap – 30 janvier 2026
Fox News – Trump says Putin agreed to halt Kyiv strikes for one week amid brutal cold – 29 janvier 2026
Washington Examiner – 600,000 residents flee Ukraine’s capital over destruction of energy infrastructure – janvier 2026
NBC News – Kyiv is freezing in the dark as Russian strikes leave Ukraine’s capital powerless – janvier 2026
CNN – Bitter winter cold bites for Kyiv’s residents as Russia steps up attacks – 11 janvier 2026
Euronews – Almost half of Kyiv without heat and power – 20 janvier 2026
NPR – Ukrainians are sharing hacks online on how to survive winter power cuts – 26 janvier 2026
Euronews – Abu Dhabi hosts Russia-Ukraine peace talks – 24 janvier 2026
Al Jazeera – Ukraine-Russia-US hold talks in Abu Dhabi – 23 janvier 2026
The Irish Times – Trump claims Putin agreed to halt strikes on Ukraine energy grid amid extreme cold – 29 janvier 2026
CNN – Russian strikes and the coldest winter in years leave Ukrainians freezing but defiant – 17 janvier 2026
Al Jazeera – Russian attacks cause energy emergency in freezing Ukraine – 15 janvier 2026
KPBS – Russian strikes knock out heat in freezing Kyiv as peace talks continue – 24 janvier 2026
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