L’offensive ukrainienne sur Koursk en aout 2024 a constitue un tournant psychologique majeur. Pour la premiere fois depuis la Seconde Guerre mondiale, une armee etrangere foulait le sol russe. Plus de 76 000 personnes ont fui les zones frontalieres. L’Ukraine a revendique le controle de 1 000 kilometres carres de territoire russe, une humiliation que le Kremlin a mis des mois a effacer, et encore partiellement.
Selon les donnees de l’Institute for the Study of War, les forces russes n’ont reussi a reprendre qu’environ 473 kilometres carres dans l’oblast de Koursk en 2025. En mars 2025, la ville de Soudzha, apres plus de six mois d’occupation ukrainienne, restait un point chaud du conflit. Des combats violents persistent en janvier 2026 dans les districts de Soumy, Krasnopolsky et Hlouchkovsky.
Pour les populations locales, cette realite est traumatisante. Ces Russes qui avaient interiorise le recit d’une armee invincible decouvrent que leur propre sol peut etre envahi, que leurs maisons peuvent etre detruites, que le bouclier que Poutine avait promis n’existe pas. La dissonance cognitive est immense. Comment continuer a croire a la victoire quand l’ennemi frappe a votre porte ?
L'economie de guerre et ses fractures sociales
Au-dela des bombardements et des evacuations, c’est l’ensemble de l’edifice economique russe qui craque. Les regions frontalieres, autrefois prosperes grace au commerce transfrontalier avec l’Ukraine, sont desormais entierement dependantes des subsides federaux. Belgorod et Koursk ont perdu leur tissu economique traditionnel. Les entreprises ont ferme, les investissements se sont taris, la jeunesse est partie ou a ete mobilisee.
En septembre 2025, plus de 66% des 89 regions russes accusaient des deficits budgetaires, selon le Centre polonais d’etudes orientales. Parmi les plus touchees : Koursk et Belgorod, mais aussi les traditionnellement defavorisees Kalmoukie, Mari El, Pskov, ainsi que les regions industrielles de Kemerovo et Irkoutsk en Siberie.
Le 1er janvier 2026, le gouvernement russe a releve la TVA de 20 a 22% et supprime des exemptions fiscales pour les petites entreprises. Les consequences sont immediates et palpables : la vodka a augmente de 17%, les soins dentaires pourraient grimper de 50%, le cafe de 25%, les voitures neuves de 10 a 20%. Pour une population dont le pouvoir d’achat s’erode depuis trois ans, ces hausses sont un coup de massue supplementaire.
La fracture sociale est desormais beante. Vingt pour cent de la population russe tire ses revenus du secteur militaire ou de la production de guerre : leurs salaires ont considerablement augmente. Les quatre-vingts pour cent restants absorbent le cout de cette economie de guerre a travers des impots plus eleves, une inflation persistante et des services publics en declin. C’est une societe a deux vitesses qui emerge, avec ses privileges pour ceux qui servent la machine de guerre et sa pauperisation pour tous les autres.
Le rouble et le mirage de la stabilite
Paradoxalement, le rouble russe affiche une sante apparente qui defie les predictions. Depuis le debut de 2025, la monnaie russe s’est appreciee d’environ 45%, se negociant autour de 78 roubles pour un dollar. Mais cette force est artificielle, soutenue par une chute des importations et des taux d’interet maintenus a des niveaux prohibitifs par la Banque centrale.
La Banque de Russie a certes abaisse son taux directeur a 16% en decembre 2025, mais ce niveau reste extraordinairement eleve. Le credit demeure inaccessible pour la plupart des entreprises civiles. L’economie russe, apres avoir connu une croissance de plus de 4% en 2023-2024, a vu son expansion ralentir a environ 1% en 2025. Les perspectives pour 2026 sont tout aussi moroses.
Le financement preferentiel de l’industrie de defense a creuse le deficit budgetaire federal et alimente l’inflation. Si le gouvernement revendique avoir fait passer l’inflation de 9,5% a moins de 6%, rares sont les economistes independants qui croient a l’objectif officiel de 4% pour mi-2026. Les Russes ordinaires, eux, constatent chaque jour que leur quotidien coute plus cher.
L'hemorragie demographique d'une guerre qui s'eternise
Les chiffres sont vertigineux. Depuis fevrier 2022, pres de 1,2 million de victimes ont ete recensees cote russe, soit plus de pertes que n’importe quelle puissance majeure dans n’importe quel conflit depuis la Seconde Guerre mondiale. Environ 250 000 soldats russes auraient ete tues en Ukraine, avec plus de 950 000 blesses au total.
Au rythme actuel, les pertes combinees russo-ukrainiennes pourraient atteindre 2 millions d’ici le printemps 2026. The Economist estimait qu’a l’automne 2025, la Russie avait perdu environ 1% de sa population masculine d’avant-guerre. Une saignee demographique qui, dans un pays deja confronte a un declin de population, aura des consequences incalculables pour les generations futures.
Le president ukrainien Volodymyr Zelensky a detaille les pertes russes recentes : 35 000 soldats russes elimines en decembre 2025, 30 000 en novembre, 26 000 en octobre. Ces chiffres, meme s’ils sont sujets a caution, temoignent d’une intensite de combat qui broie les hommes a un rythme insoutenable.
Recrutement : le modele russe a bout de souffle
Le Kremlin fait face a un dilemme existentiel. Pour maintenir son effort de guerre, il lui faut environ 45 000 nouvelles recrues par mois. Selon le chef du renseignement ukrainien Kyrylo Boudanov, la Russie a recrute 403 000 soldats en 2025, atteignant son objectif. L’objectif pour 2026 est de 409 000.
Mais le systeme de primes genereuses qui a longtemps attire des volontaires issus des regions les plus pauvres arrive a ses limites. Dans certaines regions, les paiements ont deja ete reduits faute de fonds. Les tactiques de recrutement recourent de plus en plus a la coercition et a la tromperie : entreprises contraintes de fournir des volontaires, detentions illegales pour forcer les hommes a signer des contrats.
Le service militaire obligatoire est devenu extremement dangereux. Les autorites usent de violences physiques contre les conscrits, les torturent par la privation de sommeil, falsifient des signatures sur les contrats et vont parfois jusqu’a tuer ceux qui refusent de signer. Ces pratiques, selon les analystes, devraient devenir systemiques en 2026.
Les contraintes economiques et budgetaires rendent de nouvelles augmentations de primes irrealisables. Le Kremlin est pousse a envisager des options politiquement plus risquees : elargissement de l’age de conscription, durcissement de la conformite au recrutement, ou une mobilisation de masse. L’analyse des experts est claire : le modele de recrutement par contrat a atteint ses limites. L’epuisement fiscal et l’impasse sur le champ de bataille signifient que les tactiques de chair a canon ne peuvent garantir la victoire russe.
L'opinion publique : le silence assourdissant d'une nation muselee
Que pensent vraiment les Russes de cette guerre ? La question est d’autant plus difficile a trancher que jusqu’a 80-90% des personnes sollicitees refusent desormais de repondre aux sondages. Cette muraille de silence temoigne d’une societe terrorisee, ou exprimer une opinion dissidente peut conduire a la prison.
Les donnees disponibles revelent neanmoins des tendances lourdes. Selon le sondeur independant Levada, environ deux tiers des Russes soutiennent desormais des pourparlers de paix, le chiffre le plus eleve depuis le debut de la guerre en 2022. Un sondage de VTsIOM, organisme controle par l’Etat, publie le 24 decembre 2025, indiquait que 55% des Russes s’attendent a ce que la guerre prenne fin en 2026 et esperent un retour a la vie normale.
En novembre 2024, 57% des sondages favorisaient un cessez-le-feu en Ukraine, contre seulement 35% qui soutenaient la poursuite des combats. Lorsqu’on leur demandait s’ils approuveraient une nouvelle mobilisation forcee, 49% des repondants preferaient voir les hostilites cesser, contre seulement 29% favorables a une nouvelle mobilisation.
Ces chiffres dessinent le portrait d’une population qui n’est pas prete a se battre elle-meme. Beaucoup de Russes qui expriment leur fatigue et leur mecontentement face a la guerre disent en meme temps qu’ils ne peuvent pas se permettre de perdre. Mais le rejet quasi universel d’une seconde vague de mobilisation prouve qu’ils ne sont pas disposes a aller au front. L’echec presque total des autorites a recruter des volontaires a travers la Russie en est une autre preuve accablante.
La repression comme seul rempart
Face a ces signes de fatigue, le Kremlin a choisi la maniere forte. Depuis fevrier 2022, plus de 13 000 Russes ont ete juges en lien avec la legislation introduite depuis le debut de l’invasion, dont 4 500 militaires. Plus de personnes ont ete jugees pour extremisme et critique des autorites russes qu’il n’y en avait eu cumulativement pour anti-sovietisme pendant des periodes equivalentes sous Khrouchtchev et Brejnev.
Au debut de la guerre, des manifestations visibles avaient eu lieu, notamment a Moscou et Saint-Petersbourg. Selon OVD-Info, au moins 14 906 personnes ont ete detenues entre le 24 fevrier et le 13 mars 2022, incluant les plus grandes arrestations de masse de l’histoire post-sovietique le 6 mars.
L’Etat a elabore un recit qui presente toute dissidence comme antipatriotique, reduisant davantage l’opposition au silence. Les arrestations, l’emprisonnement, les lourdes amendes ont dissuade beaucoup de participer a des manifestations publiques. Le cout de l’opposition visible est devenu prohibitif.
Alexei Navalny, principale figure de l’opposition, est mort dans des circonstances suspectes dans une colonie penitentiaire arctique le 16 fevrier 2024, a seulement 47 ans. Sa disparition a decapite un mouvement deja affaibli par des annees de persecution.
Pourtant, des poches de resistance persistent. A Vladivostok, a l’automne 2025, des gens ont proteste contre la taxe sur les voitures importees. A la fin de 2025, a Saint-Petersbourg et dans d’autres villes, une vague de musiciens de rue a interprete des chansons anti-gouvernementales et anti-guerre, attirant de vastes audiences. Les autorites ont repondu en arretant les musiciens. Fin 2024, des epouses de soldats mobilises ont proteste contre l’absence de rotation des troupes au front depuis plus d’un an.
Le front : une guerre d'usure sans percee decisive
Sur le terrain militaire, la situation evolue lentement mais inexorablement. En 2025, les forces russes ont conquis 4 831 kilometres carres en Ukraine, soit environ 0,8% du territoire ukrainien, a une moyenne mensuelle de 171 miles carres. Un rythme lent, epuisant, qui ne ressemble en rien a la victoire eclair promise par le Kremlin.
Moscou a priorise la conquete du reste de l’oblast de Donetsk. A Pokrovsk, les Russes controlaient 67,63% de la ville en decembre 2025. Velyka Novosilka est tombee, Toretsk a ete entierement prise, et les attaques sur Kostyantynivka ont commence. A Zaporijjia, les forces russes progressent vers la capitale regionale de 670 000 habitants, menacant des villages situes a seulement 7 kilometres des limites de la ville.
Dans l’oblast de Zaporijjia, 44 localites ont fait l’objet d’evacuations obligatoires en raison de la deterioration de la situation securitaire, affectant quelque 3 000 enfants et familles. Hulyaipole, ville strategique, s’est transformee en vaste zone grise ou les combats font rage.
Comme l’a note l’analyste militaire Michael Kofman, la capacite de l’un ou l’autre camp a realiser une percee operationnelle a disparu depuis longtemps. La guerre n’est plus definie par les blindes lourds et l’artillerie des premieres annees, mais par les drones, les mines et la puissance de feu. C’est une guerre d’usure dans laquelle chaque metre se paie en vies humaines.
La strategie du Kremlin pour 2026
Le Kremlin considere 2026 comme une annee cruciale pour atteindre ses objectifs maximalistes. L’offensive russe ne ressemble pas a une percee : malgre le maintien de l’initiative sur le front depuis deux ans, son avancee est une pression lente et epuisante qui ne s’arrete pas, meme quand elle ne produit pas de resultats rapides.
La Russie a adapte ses tactiques il y a quelques mois, passant de grandes assauts mecanises qui avaient entraine d’enormes pertes en personnel et en equipement, a des tactiques d’infiltration utilisant plusieurs equipes de deux soldats pour etablir des tetes de pont avant l’arrivee des renforts. Cette approche reduit les pertes mais ralentit encore davantage la progression.
L’energie reste une arme majeure. Cet hiver, les attaques russes ont cible non plus les centrales electriques mais les quelque 3 500 sous-stations ukrainiennes, se concentrant sur les grandes villes comme Kiev et Odessa. La capacite de production disponible de l’Ukraine est tombee de 33,7 GW au debut de l’invasion a environ 14 GW, provoquant des pannes allant jusqu’a quatre jours.
Mais cette guerre de l’energie est a double tranchant. Les frappes ukrainiennes sur les centrales thermiques de Belgorod et Orel ont provoque des pannes de courant en territoire russe. Pour la premiere fois, ce sont les Russes qui decouvrent les affres des coupures d’electricite en plein hiver.
Une population russe prise en etau
Dans les regions frontalieres, la population russe vit desormais une realite que les habitants de Moscou ou Saint-Petersbourg peuvent encore ignorer. A Belgorod, a Koursk, le tonnerre de la guerre resonne quotidiennement. Les familles sont dechirees entre le devoir patriotique que leur enjoint la propagande d’Etat et l’instinct de survie qui leur hurle de fuir.
Les deplacements internes creent des tensions inedites. Selon une pieces/unwanted-people-internal-displacement-in-russia-caused-by-the-russo-ukrainian-war/ »>analyse de recherche, les personnes deplacees dans les regions de Belgorod et Briansk ne recoivent pas les memes compensations que celles de la region de Koursk, creant un traitement inegal entre deplaces internes russes. L’absence du terme personnes deplacees internes dans la legislation russe a mis ces Russes deplaces dans un flou juridique, avec des reponses de protection essentiellement improvisees, motivees par des considerations politiques plutot qu’humanitaires.
Le gouvernement russe pretend que la region de Koursk est entierement liberee des troupes ukrainiennes, ce qui est factuellement faux. Ce mensonge officiel ajoute a la confusion et au desarroi des populations locales, qui constatent chaque jour l’ecart entre le recit du Kremlin et leur realite vecue.
Putin et la guerre : un pari existentiel
Pourquoi Vladimir Poutine persiste-t-il ? Selon les analystes de Foreign Affairs, le president russe considere que le temps joue en sa faveur. Il mise sur l’epuisement occidental, sur les divisions politiques aux Etats-Unis et en Europe, sur l’incapacite des democraties a maintenir un effort de guerre prolonge.
Les cotes de popularite de Poutine, telles que rapportees par les sondages russes, restent elevees, autour de 70%. Mais ces chiffres doivent etre interpretes avec prudence. Ils refletent moins une adhesion veritable qu’une apathie politique, une allegeance symbolique et l’absence d’alternative credible. Environ un quart a un tiers des Russes soutiennent Poutine simplement parce qu’il n’y a personne a qui le comparer.
Moins de 1% des responsables gouvernementaux russes ont des proches deployes en Ukraine, selon une etude du media independant Proekt. La contribution disproportionnee des regions rurales par rapport aux grands centres urbains cree un ressentiment qui, pour l’instant, reste contenu mais qui pourrait exploser si la guerre s’eternise.
L'Europe et l'Occident face a l'usure russe
Que signifie cette fatigue de guerre russe pour l’Occident ? Certains y voient un signe encourageant, la preuve que les sanctions et le soutien a l’Ukraine portent leurs fruits. D’autres mettent en garde contre un exces d’optimisme : une Russie acculee pourrait se reveler encore plus dangereuse, prete a toutes les escalades pour eviter ce qu’elle percevrait comme une humiliation.
A l’echelle internationale, 79% des citoyens de 25 pays voient la Russie defavorablement et 84% n’ont pas confiance en Poutine, selon le Pew Research Center. L’isolement diplomatique de Moscou est quasi total dans le monde occidental.
Mais la Russie n’a pas que des ennemis. La Chine, l’Inde, l’Iran continuent de commercer avec Moscou. Pres de 60% des exportations russes et 56% des importations sont desormais reglees en roubles, reduisant l’impact des sanctions sur le systeme financier occidental.
Vers un point de rupture ?
Assiste-t-on aux premisses d’un effondrement du soutien populaire a la guerre en Russie ? La reponse est incertaine. Le regime poutinien a demontre une capacite remarquable a absorber les chocs, a adapter son recit, a reprimer toute dissidence avant qu’elle ne prenne de l’ampleur.
Pourtant, les signaux de fatigue sont la, indeniables. Les 55% de Russes qui esperent une fin de la guerre en 2026, les deux tiers qui soutiennent des negociations de paix, les familles de soldats qui protestent contre l’absence de rotation au front, les regions frontalieres qui se vident de leurs habitants : autant d’indicateurs d’une societe qui, sans le dire ouvertement, aspire a autre chose que cette guerre eternelle.
La question n’est pas tant de savoir si les Russes sont fatigues de la guerre, ils le sont manifestement, mais plutot de savoir si cette fatigue peut se transformer en force politique capable d’inflechir la trajectoire du Kremlin. Dans un systeme ou toute opposition est criminalisee, ou les medias sont strictement controles, ou la moindre critique peut conduire a des annees de prison, la lassitude populaire peut rester indefiniment impuissante.
Le paradoxe russe : fatigues mais prisonniers
Il y a quelque chose de profondement tragique dans la situation des Russes des regions frontalieres. Ils sont les premieres victimes d’une guerre qu’ils n’ont pas choisie, dans un pays ou ils n’ont aucun moyen legal d’exprimer leur desaccord. Ils subissent les bombardements ukrainiens tout en sachant que ces bombardements sont la consequence d’une agression commise en leur nom par leur propre gouvernement.
Beaucoup ont interiorise le recit officiel selon lequel la Russie ne pouvait pas faire autrement, que l’OTAN menacait leurs frontieres, que l’Ukraine devait etre denazifiee. Mais meme ceux qui croient a cette propagande voient bien que la victoire promise n’arrive pas, que les cercueils continuent de s’aligner, que leur vie quotidienne se deteriore.
Cette dissonance cognitive est le terreau sur lequel pourrait germer un veritable mouvement anti-guerre. Mais elle peut aussi simplement se muer en resignation, en acceptation fataliste d’un destin sur lequel on n’a aucune prise. L’histoire russe est riche de ces episodes ou le peuple a endure l’inimaginable sans se revolter.
Ce que l'avenir nous reserve
L’annee 2026 sera decisive. Le Kremlin le sait, qui a fait de cette annee l’horizon de ses objectifs maximalistes. L’Ukraine le sait, qui se bat pour sa survie avec une determination inentamee. L’Occident le sait, ou l’on s’interroge sur la perennite du soutien a Kiev.
Si les tendances actuelles se maintiennent, la Russie continuera de grignoter du territoire ukrainien au prix de pertes epouvantables. Les regions frontalieres russes continueront de subir les frappes ukrainiennes. L’economie russe continuera de se deteriorer lentement sous le poids des depenses militaires et des sanctions. Et le peuple russe continuera de s’epuiser dans une guerre dont il ne voit pas l’issue.
Mais l’histoire a l’art de surprendre. Un accident, une crise economique majeure, un echec militaire spectaculaire, ou simplement l’accumulation de petites frustrations quotidiennes peuvent precipiter des changements que personne n’avait anticipes. L’Union sovietique, que tous croyaient eternelle, s’est effondree en quelques mois.
Pour l’heure, dans les rues de Belgorod et de Koursk, les Russes continuent de vivre au rythme des alertes aeriennes. Ils font leurs courses dans des supermarches aux rayons qui se degarnissent, ils serrent leurs enfants un peu plus fort contre eux quand le ciel gronde, ils evitent de parler politique avec leurs voisins. Ils sont fatigues, c’est certain. Mais cette fatigue peut-elle se transformer en force de changement ? C’est la question a laquelle l’histoire repondra.
Signe Maxime Marquette
Sources
The Economist – Near the front line, Russians are growing tired of war
Kyiv Independent – Ukraine war latest update
Pravda – Notes of a veteran: Belgorod
Euromaidan Press – Russia’s poor regions crack first
The Moscow Times – Russia’s Economy in 2026
CSIS – Russia’s Grinding War in Ukraine
Al Jazeera – Russian war fatalities rising to unsustainable levels
Euromaidan Press – Russia recruited 403,000 soldiers in 2025
The Moscow Times – Russia Needs Men to Fight in 2026
Modern Diplomacy – War-Weariness in Polls
Kyiv Independent – Poll shows 55% of Russians expect war to end in 2026
CEPA – Crimes of Freedom: Putin’s War on the Opposition
Critical Threats – Russian Offensive Campaign Assessment
Meduza – Russia’s economy heading into 2026
pieces/unwanted-people-internal-displacement-in-russia-caused-by-the-russo-ukrainian-war/ »>Researching Internal Displacement – Unwanted People
Foreign Affairs – Why Putin Still Prefers War
Pew Research Center – Views of Russia and Putin
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