Les premiers secours arrivés sur place ont découvert une scène d’apocalypse. Des restes humains éparpillés, calcinés, méconnaissables. Le bureau du procureur régional de Kharkiv a dû faire appel à des analyses médico-légales ADN pour déterminer que les fragments retrouvés appartenaient à six personnes distinctes. Six vies fauchées en un instant par une décision prise à des centaines de kilomètres de là, dans un centre de commandement russe où des opérateurs de drones ont guidé leurs engins vers un train rempli de civils.
Parmi les scènes qui resteront gravées dans les mémoires, celle d’un soldat ukrainien sauvant une femme et son bébé du wagon en flammes. Cette image, capturée et diffusée par les médias internationaux, cristallise à elle seule le contraste absolu entre la barbarie de l’attaque et l’humanité de ceux qui risquent leur vie pour sauver leurs compatriotes. Ce soldat, dont le nom n’a pas été révélé, incarne cette Ukraine qui refuse de plier, qui continue de protéger les siens malgré tout.
Mais tous n’ont pas eu cette chance. Pour les familles des victimes, le cauchemar ne fait que commencer. Comment faire le deuil de proches dont les corps ont été si ravagés qu’il a fallu des tests génétiques pour les identifier ? Comment accepter qu’un simple voyage en train, un acte si banal, si quotidien, puisse se transformer en sentence de mort ?
Zelensky et la dénonciation sans équivoque du terrorisme
La réaction du président ukrainien Volodymyr Zelensky a été immédiate et sans ambiguïté. Sur le réseau social X, il a publié la vidéo du wagon en flammes accompagnée d’un message cinglant : « Dans n’importe quel pays, une frappe de drone sur un train civil serait considérée de la même manière : purement comme un acte de terrorisme. Il n’y a et il ne peut y avoir aucune justification militaire pour tuer des civils dans un wagon de train. »
Ces mots ne sont pas simplement une condamnation rhétorique. Ils constituent un appel à la communauté internationale pour qu’elle reconnaisse enfin la nature véritable de cette guerre. Car ce que la Russie mène en Ukraine n’est plus, depuis longtemps, une opération militaire conventionnelle. C’est une campagne systématique de terreur contre la population civile, visant à briser le moral ukrainien par l’horreur et la souffrance.
Zelensky a poursuivi en soulignant l’escalade de la capacité meurtrière russe : « Les Russes ont considérablement augmenté leur capacité à tuer, leur capacité à terroriser », a-t-il déclaré, réitérant son appel aux alliés occidentaux pour qu’ils exercent davantage de pression sur Moscou. La Première ministre ukrainienne Yulia Svyrydenko a renchéri, qualifiant l’attaque de « crime contre l’humanité ».
Ces qualifications ne sont pas hyperboliques. Elles correspondent précisément à la définition juridique internationale des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Cibler délibérément des civils, utiliser la terreur comme arme de guerre, frapper des infrastructures essentielles à la vie quotidienne : tout cela constitue des violations flagrantes du droit international humanitaire, des Conventions de Genève, et des principes fondamentaux qui distinguent la guerre de la barbarie pure.
L'ombre de Starlink : quand la technologie occidentale pourrait servir le terrorisme russe
L’attaque du 27 janvier soulève une question profondément troublante qui dépasse le cadre de l’incident lui-même. Selon plusieurs analystes de défense ukrainiens, les drones Shahed qui ont frappé le train pourraient avoir été guidés grâce à la technologie Starlink d’Elon Musk. Si cette hypothèse se confirme, elle révélerait une dimension particulièrement sombre de ce conflit.
Serhiy Beskrestnov, conseiller du ministre ukrainien de la Défense connu sous l’indicatif « Flash », a déclaré dans une publication sur les réseaux sociaux que le train en mouvement avait été touché par des « Shaheds avec contrôle en ligne ». Quelques jours plus tôt, le 24 janvier, une autre attaque près de Kropyvnytskyi avait déjà soulevé des soupçons similaires. Selon Beskrestnov, les indicateurs techniques suggéraient que les drones ne s’appuyaient pas sur les drones relais traditionnels pour maintenir le contrôle, pointant plutôt vers une connectivité par satellite.
« Ces Shaheds contrôlés manuellement volaient presque au ras du sol pour ne pas être détectés par les radars », a-t-il expliqué. « Mais il n’y avait pas de drones à proximité pour créer un réseau radio maillé. J’en conclus que nous assistons à la première utilisation de Shaheds contrôlés via Starlink. »
Cette révélation, si elle s’avère exacte, est accablante. Starlink, le réseau de satellites d’internet à haut débit de SpaceX, a été fourni à l’Ukraine dès le début de l’invasion pour permettre aux forces armées et à la population de maintenir des communications dans un environnement où les infrastructures traditionnelles étaient constamment ciblées. C’est une technologie qui a sauvé d’innombrables vies ukrainiennes. Mais aujourd’hui, cette même technologie pourrait être retournée contre eux.
SpaceX maintient que « Starlink n’est pas actif en Russie, ce qui signifie que le service ne fonctionne pas dans ce pays. SpaceX n’a jamais vendu ni commercialisé Starlink en Russie, et n’a expédié aucun équipement vers des destinations en Russie. » Cependant, et c’est là que le bât blesse, si les services Starlink restent indisponibles sur le territoire de la Fédération de Russie, la connectivité satellite est accessible dans les territoires ukrainiens temporairement occupés, à l’intérieur des frontières de 1991. Les forces russes exploitent de plus en plus cet accès.
Des rapports antérieurs ont montré que les fabricants de drones russes ne cachent plus cette capacité et annoncent ouvertement Starlink comme une option standard pour leurs systèmes. Malgré les sanctions internationales et les efforts mondiaux pour restreindre l’accès, l’État agresseur a trouvé de multiples canaux d’approvisionnement pour les terminaux Starlink.
Beskrestnov a décrit l’intégration de Starlink comme un « gros problème » pour les troupes ukrainiennes, affirmant que « les drones avec ce type de contrôle ne sont pas susceptibles à la guerre électronique et touchent précisément la cible sous le contrôle d’un opérateur depuis la Fédération de Russie ». Si cela se confirme, l’utilisation d’un contrôle par satellite représenterait un changement significatif dans la manière dont les drones de type Shahed sont employés, permettant potentiellement aux opérateurs de les guider manuellement sur de longues distances tout en contournant les contre-mesures traditionnelles de guerre électronique.
CBS News a sollicité SpaceX pour obtenir des commentaires sur les allégations selon lesquelles sa technologie Starlink pourrait avoir été utilisée dans la frappe de drone sur le train, et plus largement par les forces russes pour cibler des infrastructures civiles en Ukraine. L’entreprise n’a pas répondu.
Une journée noire parmi tant d'autres
L’attaque contre le train de Kharkiv ne s’est pas produite de manière isolée. Elle s’inscrit dans une journée particulièrement meurtrière pour l’Ukraine. Quelques heures avant la frappe sur le train, des drones russes avaient frappé la ville portuaire d’Odessa dans le sud du pays pendant la nuit, tuant trois personnes et en blessant vingt-cinq autres. Au total, les attaques russes de ce 27 janvier ont fait douze morts à travers l’Ukraine.
Cette escalade meurtrière s’inscrit dans le contexte plus large de la campagne hivernale russe contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Depuis des mois, Moscou intensifie ses bombardements sur les centrales électriques, les lignes à haute tension, les installations de chauffage, dans le but explicite de priver des millions d’Ukrainiens d’électricité et de chaleur en plein hiver, alors que les températures plongent bien en dessous de zéro.
Le vice-ministre ukrainien de l’Énergie, Mykola Kolisnyk, a déclaré le 13 janvier que la Russie « met le paquet » pour détruire le système électrique de l’Ukraine. « Aujourd’hui, la Russie a lancé une attaque seulement cinq jours après le bombardement précédent, utilisant des drones et des missiles balistiques », a-t-il précisé. Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a quant à lui averti : « C’est la première fois en quatre ans de guerre à grande échelle que nous voyons une situation de cette ampleur. »
Les chiffres sont vertigineux. Le 23 décembre 2025, les forces armées ukrainiennes ont rapporté que la Russie avait lancé 635 drones et 38 missiles sur le pays durant la nuit, dont 587 drones et 34 missiles ont été abattus ou neutralisés. Cette attaque était la plus importante frappe combinée russe depuis le 6 décembre et la troisième plus importante de toute la guerre.
Soixante-dix pour cent de Kyiv s’est retrouvé sans électricité après que la Russie a pilonné l’Ukraine avec des drones, des missiles de croisière et des missiles balistiques. Alors que la capitale fait face à des pannes prolongées et des températures glaciales, les responsables et experts en énergie avertissent que les infrastructures de la ville atteignent leurs limites.
Le bilan humain d'une guerre contre les civils
Les données récemment publiées par les Nations Unies dressent un tableau accablant. L’année 2025 a été la plus meurtrière pour les civils en Ukraine depuis 2022, avec 2 514 tués et 12 142 blessés. En juin 2025, l’ONU notait que les attaques russes contre les infrastructures au cours des cinq premiers mois de l’année avaient entraîné un nombre de victimes civiles supérieur de 50 % à celui de la même période l’année précédente.
Les armes à longue portée, drones et missiles, sont les principales responsables de cette hécatombe. De janvier à novembre 2024, ces armes avaient tué 509 civils et en avaient blessé 2 462. Sur la même période en 2025, les décès civils dus aux armes à longue portée ont augmenté de 27 % pour atteindre 645, et les blessés de 68 % pour atteindre 4 123.
En novembre 2025 seul, au moins 226 civils ont été tués et 952 blessés à travers l’Ukraine, l’utilisation de missiles puissants à longue portée et de drones dans des zones urbaines densément peuplées représentant plus de la moitié de toutes les victimes civiles. En 2025, au moins onze travailleurs du secteur énergétique ont été tués ou blessés dans l’exercice de leurs fonctions, tentant de maintenir les services essentiels pour la population civile.
Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques. Chacun représente une vie brisée, une famille endeuillée, une communauté meurtrie. Derrière chaque nombre se cachent des histoires individuelles de souffrance et de perte que les mots peinent à capturer.
La communauté internationale face à ses responsabilités
Face à cette escalade systématique de la violence contre les civils, quelle est la réponse de la communauté internationale ? La Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a noté que « ces dernières semaines et ces derniers jours, la Fédération de Russie a intensifié ses attaques contre les infrastructures civiles en Ukraine, en particulier les infrastructures énergétiques ». Elle a souligné que « ces frappes quotidiennes entravent gravement les efforts de réparation et laissent des millions de civils sans services essentiels au milieu de températures hivernales glaciales ».
La Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre des commandants militaires russes concernant les attaques contre les infrastructures électriques de l’Ukraine, entre autres charges. Mais ces mandats, aussi symboliquement importants soient-ils, n’ont pas arrêté les bombardements. Vladimir Poutine et ses généraux continuent d’agir en toute impunité, sachant pertinemment qu’aucune force internationale ne viendra les arrêter physiquement.
Le paradoxe est cruel. L’Ukraine subit des pressions pour accepter un accord de paix soutenu par les États-Unis afin de mettre fin à une guerre qui dure depuis près de quatre ans. Mais quel genre de paix peut-on négocier avec un régime qui cible délibérément les trains de civils, qui bombarde les maternités, qui transforme l’hiver en arme de destruction massive contre des millions de personnes innocentes ?
La question n’est pas rhétorique. Elle se pose avec une acuité douloureuse à chaque nouvelle attaque, à chaque nouveau bilan de victimes civiles. Comment parler de négociations avec un État qui considère le terrorisme comme un outil légitime de politique étrangère ?
L'arme de l'hiver et la stratégie de la terreur
Poutine a fait de l’hiver une arme. Cette stratégie, que certains analystes qualifient de « weaponization of winter », vise à infliger une souffrance maximale à la population civile ukrainienne en la privant de chauffage et d’électricité pendant les mois les plus froids. L’objectif est clair : briser la volonté de résistance du peuple ukrainien en rendant sa vie quotidienne insupportable.
Cette approche n’est pas nouvelle dans l’histoire. Elle rappelle les sièges médiévaux où l’on affamait les populations pour les forcer à capituler. Elle évoque aussi les pires heures du XXe siècle, quand des régimes totalitaires utilisaient la famine et le froid comme instruments de soumission des peuples. La différence, c’est que nous sommes en 2026, que nous disposons de satellites capables de documenter chaque atrocité, de médias internationaux capables de les diffuser, et d’institutions internationales censées prévenir et punir de tels actes.
Et pourtant, les bombardements continuent. Les civils meurent. Les infrastructures s’effondrent. Et le monde regarde, impuissant ou indifférent, selon les jours et les humeurs.
L’attaque du train de Kharkiv est emblématique de cette stratégie plus large. Frapper un train de passagers, c’est s’attaquer à la mobilité même d’une population. C’est dire aux Ukrainiens : « Vous n’êtes nulle part en sécurité. Ni chez vous, ni dans les abris, ni dans les transports. Partout où vous irez, nous pourrons vous atteindre. » C’est le message que les terroristes du monde entier cherchent à transmettre. Et c’est exactement ce que fait la Russie de Poutine.
Le courage ukrainien face à la barbarie
Face à cette terreur systématique, la réponse ukrainienne force l’admiration. Les équipes de secours qui se précipitent sur les lieux des attaques, sachant qu’ils risquent d’être visés par des frappes secondaires. Les techniciens de l’énergie qui réparent inlassablement les lignes électriques, parfois sous le feu ennemi. Les conducteurs de train qui continuent d’assurer leurs trajets malgré les dangers constants. Les citoyens ordinaires qui refusent de se laisser terroriser, qui continuent de vivre, de travailler, d’aimer, de rêver d’un avenir meilleur.
Ce soldat anonyme qui a sauvé une femme et son bébé du wagon en flammes incarne cette Ukraine qui refuse de plier. Ces actes d’héroïsme quotidien, souvent non documentés, non célébrés, constituent le véritable rempart contre la barbarie russe. Car la stratégie de Poutine ne peut réussir que si les Ukrainiens abandonnent, que s’ils perdent espoir, que s’ils décident collectivement que le prix de la résistance est trop élevé.
Or, après presque quatre ans de guerre, après des dizaines de milliers de morts, après des millions de déplacés, après des destructions incalculables, les Ukrainiens tiennent toujours. Ils tiennent parce qu’ils savent que l’alternative, la soumission à un régime qui considère leur existence même comme une menace, serait pire encore que la guerre.
Ce que nous devons comprendre et ne jamais oublier
L’attaque du 27 janvier contre le train de Kharkiv n’est pas un incident isolé qu’on peut reléguer aux faits divers internationaux. C’est un acte de terrorisme d’État, délibéré, documenté, revendiqué de facto par le silence complice du Kremlin. C’est la manifestation concrète d’une politique de terreur systématique contre une population civile dont le seul crime est de vouloir vivre libre.
Quand Zelensky qualifie cette attaque de terrorisme, il ne fait pas de la rhétorique politique. Il nomme précisément ce qu’il voit. Et nous, observateurs lointains de ce conflit, avons le devoir d’entendre cette qualification et de la prendre au sérieux.
Car le terrorisme prospère dans l’indifférence. Il se nourrit de notre capacité à détourner le regard, à relativiser l’horreur, à nous habituer à l’inacceptable. Chaque fois que nous traitons une attaque contre un train de civils comme un simple fait de guerre, nous normalisons la barbarie. Chaque fois que nous acceptons le bombardement systématique des infrastructures civiles comme une tactique militaire parmi d’autres, nous trahissons les principes mêmes sur lesquels nos sociétés prétendent être fondées.
La question de Starlink, si les allégations se confirment, ajoute une dimension supplémentaire à cette tragédie. Elle nous rappelle que la technologie n’est jamais neutre, que les outils que nous créons peuvent être détournés de leurs fins initiales, et que les entreprises technologiques, qu’elles le veuillent ou non, sont des acteurs géopolitiques dont les décisions peuvent avoir des conséquences mortelles.
SpaceX doit répondre aux questions qui lui sont posées. Non pas pour satisfaire une curiosité malsaine, mais parce que si ses technologies sont effectivement utilisées pour guider des drones meurtriers vers des trains de civils, l’entreprise a une responsabilité morale et possiblement légale qu’elle ne peut éluder par le silence.
Conclusion : le terrorisme ne doit pas devenir la nouvelle normalité
Dans les jours et les semaines qui viennent, d’autres attaques frapperont l’Ukraine. D’autres civils mourront. D’autres infrastructures seront détruites. C’est une certitude statistique dans cette guerre d’usure que la Russie mène avec une cruauté méthodique.
Mais nous ne devons pas nous y habituer. Nous ne devons pas traiter ces horreurs comme une routine lointaine, comme un bruit de fond de l’actualité internationale. Chaque victime mérite que nous nous souvenions de son humanité. Chaque attaque mérite que nous la dénoncions pour ce qu’elle est.
Le train de Kharkiv transportait 291 passagers qui ne demandaient rien d’autre que de voyager d’un point A à un point B. Des gens ordinaires, avec des vies ordinaires, des espoirs ordinaires. Des gens comme vous et moi. Et certains d’entre eux sont morts, calcinés, déchiquetés, parce qu’un régime terroriste a décidé que leur existence était un obstacle à ses ambitions impériales.
C’est cela, le terrorisme. Et c’est cela que nous devons combattre, par nos mots, par nos actes, par notre refus obstiné de regarder ailleurs.
Zelensky a raison. Dans n’importe quel pays, une frappe de drone sur un train civil serait considérée comme un acte de terrorisme. Il est temps que le monde entier traite la Russie de Poutine en conséquence.
Signé Maxime Marquette
Sources
NBC News – Russian strike on passenger train in northeastern Ukraine kills 5
CBC News – Russian drone strike on passenger train in Ukraine’s Kharkiv region kills 5
CBS News – As Ukraine accuses Russia of terrorism with deadly strike on train, is Starlink helping Moscow target civilians?
Euronews – Russia strikes passenger train in Ukraine, killing five
Radio Free Europe/Radio Liberty – Russian Attacks Kill Civilians Across Ukraine After Drone Strike On Passenger Train
Ukrinform – Russians strike passenger train in Kharkiv region with drones
UNITED24 Media – Russian Shahed Drones Strike Civilian Passenger Train in Kharkiv Region
Gwara Media – Russia launches drone strike at train with 291 passengers in Kharkiv oblast
UPI – At least 5 killed, 2 hurt, in Russian drone attack on Ukrainian train
Boursorama – Ukraine: Cinq morts dans une frappe russe contre un train, Zelensky dénonce du terrorisme
La Presse – Frappes russes en Ukraine: Onze morts, un train et des infrastructures énergétiques touchés
France 24 – Guerre en Ukraine: un train frappé par des drones russes
The Week – Ukrainian soldier rescues woman with baby from burning passenger train after Russian drone strike
UNITED24 Media – Russia May Have Used Starlink-Guided Shahed Drones for the First Time
Newsweek – Ukraine Discovers Starlink on Downed Russian Shahed Drone
Ukrainska Pravda – New Russian drone operated via Starlink spotted for the first time
United Nations in Ukraine – Russian Attacks on Ukraine’s Energy Infrastructure Deepen Civilian Hardship
Atlantic Council – Putin is weaponizing winter as Russia tries to freeze Ukraine into submission
Kyiv Independent – Energy crisis in Kyiv unprecedented, Mayor says
Defence Matters – Kharkiv rail strike raises questions over Russia’s civilian targeting
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