Les chiffres parlent d eux-memes, et ils sont devastateurs pour la marine russe. Depuis le debut de l invasion, les drones navals ukrainiens – Sea Baby en tete – ont frappe 21 navires russes, en ont detruit au moins 10 et en ont endommage gravement plusieurs autres. Parmi les victimes : la corvette Serguei Kotov (65 millions de dollars partie en fumee), le patrouilleur R-334 Ivanovets, les navires de debarquement Olenegorsky Gornyak et Cesar Kounikov, la fregate Amiral Makarov, la corvette Pavel Derjavine.
Mais au-dela de ces pertes materielles, c est le bouleversement strategique qui impressionne. La flotte russe de la mer Noire, fierement basee a Sebastopol depuis des siecles – depuis Catherine II, pour etre precis -, a ete contrainte a une retraite humiliante. En juillet 2024, l Ukraine annonce que la Russie a retire son dernier patrouilleur de Crimee. La flotte historique a quitte son port d attache pour se refugier a Novorossiisk, puis encore plus loin, jusqu a Otchamtchira en Abkhazie, a pres de 700 kilometres des cotes ukrainiennes.
Le general David Petraeus, ancien commandant des forces americaines en Irak et en Afghanistan, ne cache pas son admiration : « Le fait que l Ukraine, sans aucun navire de guerre significatif, ait pu couler plus d un tiers de la flotte russe de la mer Noire et la forcer a se retirer de Sebastopol et de la mer Noire occidentale est un hommage extraordinaire au secteur technologique ukrainien et a ceux qui portent l uniforme. »
Cette retraite forcee a eu des consequences strategiques majeures. Elle a permis a l Ukraine de rouvrir les corridors d exportation de cereales, vitaux pour son economie et pour la securite alimentaire mondiale. Elle a demontre qu une puissance sans marine conventionnelle peut neanmoins obtenir la maitrise operationnelle d un espace maritime face a un adversaire theoriquement superieur. En d autres termes, l Ukraine a reecrit le manuel de la guerre navale.
Le coup de maitre du 3 juin 2025
L attaque contre le pont de Crimee du 3 juin 2025 illustre parfaitement la maturite atteinte par le programme Sea Baby. A 4h44 du matin, une explosion ebranle l un des piliers sous-marins du pont de Kertch, cette infrastructure pharaonique de 19 kilometres que Vladimir Poutine avait inauguree en grande pompe en 2018 pour symboliser le rattachement « definitif » de la Crimee a la Russie.
L operation, minutieusement preparee pendant plusieurs mois, a mobilise des drones Sea Baby pour acheminer des explosifs equivalant a 1 100 kilogrammes de TNT jusqu aux supports du pont. Selon le SBU, les degats infliges aux fondations sont « importants ». C est la troisieme attaque reussie contre ce pont depuis le debut de la guerre, apres celles d octobre 2022 et juillet 2023.
Mais le veritable tour de force technologique est venu en decembre 2025. Le SBU a revele avoir frappe un sous-marin de classe Kilo dans le port de Novorossiisk avec un nouveau systeme baptise « Sub Sea Baby » – un drone sous-marin, cette fois, operant de maniere completement immergee comme une torpille autonome. C est la premiere fois dans l histoire militaire qu un vehicule sous-marin sans equipage reussit a frapper un sous-marin ennemi. Un jalon historique qui a fait frissonner les etats-majors du monde entier.
Le Sharp Shark-10 chinois : copie ou evolution ?
C est dans ce contexte de revolution doctrinale que la Chine a devoile son UB1 Sharp Shark-10 au salon UMEX 2026. Et le moins que l on puisse dire, c est que la filiation avec le concept ukrainien est evidente.
L analyste naval H.I. Sutton, specialiste reconnu des systemes sous-marins et navals non conventionnels, ne s y est pas trompe : « Le navire est largement influence par les developpements en matiere d USV issus de la guerre en Ukraine », ecrit-il dans son analyse pour Covert Shores. Mais il ajoute aussitot : « Pourtant, il presente encore de nombreuses indications d une pensee de grande marine. »
Et c est la que reside le paradoxe chinois. Avec ses 12,5 metres de longueur et sa largeur importante, le Sharp Shark-10 est certes plus imposant que le Sea Baby. Mais son armement ? Etrangement similaire. Une station d arme telecommandee pouvant accueillir une mitrailleuse de 12,7 mm ou 14,5 mm – exactement comme les dernieres versions du Sea Baby. Six cellules de lancement vertical pour des munitions rodeuses ou des missiles guides – l Ukraine fait de meme avec ses lance-roquettes Grad. Deux plateformes d appontage pour drones multirotors de surveillance – une capacite que le Sea Baby possede egalement.
Alors pourquoi cette taille superieure ? La reponse tient peut-etre dans ce que Sutton identifie comme la vocation presumee du Sharp Shark-10 : « Les sources chinoises suggerent que le Shark-10 est concu comme un noeud dans les reseaux defensifs cotiers. L inference est qu il s agit d un USV concu pour chasser d autres USV. »
Deux philosophies, deux doctrines
Cette revelation est capitale pour comprendre la divergence sino-ukrainienne. L Ukraine a developpe le Sea Baby comme une arme offensive asymetrique, destinee a harceler et detruire une flotte ennemie superieure en nombre et en puissance de feu. La Chine, elle, semble concevoir le Sharp Shark-10 comme un outil defensif, destine a proteger ses cotes et ses installations contre… des drones navals similaires au Sea Baby.
L ironie est savoureuse : Pekin developpe un contre-drone naval en s inspirant du drone qu il cherche a contrer. C est comme si les concepteurs des missiles anti-aeriens avaient copie l aerodynamisme des avions qu ils veulent abattre.
Mais cette approche revele aussi les preoccupations strategiques de la Chine. Face a Taiwan, qui developpe activement ses propres drones navals inspires du modele ukrainien (le SeaShark 680, le SeaShark 800, l Endeavor Manta de CSBC Corporation), Pekin anticipe une menace asymetrique comparable a celle que la Russie a subie en mer Noire. Si Taiwan, en cas de conflit, deploie des essaims de drones kamikazes contre la flotte d invasion chinoise, il faudra bien des moyens pour les intercepter. Le Sharp Shark-10 pourrait etre cette reponse.
Les analystes du RAND Corporation ont d ailleurs note que « les planificateurs de la marine chinoise etudient attentivement l utilisation ukrainienne des vehicules de surface sans equipage ». Ils identifient cinq avantages que les USV presentent au combat selon la doctrine chinoise : dissimulation efficace, faible cout de fabrication et d utilisation, forte capacite destructrice, modes de controle intelligents, et potentiel d operation autonome.
Taiwan : le prochain theatre de la guerre des drones navals
La competition entre les doctrines ukrainienne et chinoise trouve son terrain d application naturel dans le detroit de Taiwan. Et ce qui se joue la-bas depasse largement le cadre d une simple course aux armements.
Taiwan, longtemps dependant de livraisons d armes americaines pour sa defense, a tire les lecons de la mer Noire. Le ministere de la Defense nationale a alloue environ 27 millions de dollars a la phase initiale de son programme de drones navals. Le constructeur naval public CSBC Corporation a devoile en novembre 2025 l Endeavor Manta, un USV a coque trimaran de 8,6 metres de longueur, expressement concu pour operer dans le detroit de Taiwan.
Le president de CSBC, Huang Cheng-hung, ne s en cache pas : les drones navals ukrainiens, qui ont « contribue de maniere significative a paralyser la flotte russe de la mer Noire », ont inspire le developpement de l Endeavor Manta. L entreprise privee Thunder Tiger teste de son cote le SeaShark 800, capable de transporter 1 200 kg d explosifs sur 500 kilometres.
Mais la Chine ne reste pas inactive. L Armee populaire de liberation (APL) a teste durant l ete 2025 certains des systemes autonomes les plus avances au monde, y compris des technologies d essaim pour drones aeriens et navals. En juin, Pekin aurait effectue des essais en vol de son dernier « drone mere » a haute altitude et longue endurance, le Jiu Tian SS-UAV, capable de larguer entre 100 et 150 munitions rodeuses plus petites.
L exercice « Strait Thunder-2025A » d avril 2025 a vu le groupe aeronautique du porte-avions Shandong s approcher a 24 milles nautiques des cotes taiwanaises – la proximite la plus grande jamais enregistree lors d un exercice majeur de l APL. Cette demonstration de force intervient precisement au moment ou les deux camps accelerent le deploiement de technologies d essaim.
Le paradoxe de la fenetre de capacite
Les analystes du Global Taiwan Institute ont identifie ce qu ils appellent le « paradoxe de la fenetre de capacite ». A mesure que les capacites de drones de Taiwan atteignent leur maturite – un pic d efficacite attendu vers 2025-2026 -, la Chine fait face a une fenetre d opportunite qui se retrecit, pendant laquelle ses avantages militaires traditionnels peuvent encore l emporter sur les defenses par essaim.
Cette compression temporelle pourrait creer des incitations pour Pekin a agir plus tot que prevu. C est le cercle vicieux de la dissuasion asymetrique : plus les drones de defense se perfectionnent, plus l attaquant potentiel pourrait etre tente d agir avant que ces defenses ne soient pleinement operationnelles.
Dans ce contexte, le Sharp Shark-10 apparait comme une reponse defensive, certes, mais aussi comme un element d une strategie plus large. La Chine se prepare a une guerre des drones navals, qu elle soit l attaquant ou le defenseur. Et elle a clairement etudie le modele ukrainien pour s y preparer.
L innovation ukrainienne : un modele pour le monde
Ce qui frappe, lorsqu on analyse l evolution du Sea Baby et son influence sur les programmes navals mondiaux, c est la rapidite avec laquelle l Ukraine a su innover sous la pression existentielle de la guerre.
Le think tank britannique Chatham House l a souligne dans une etude publiee en mars 2025 : « L Ukraine peut enseigner a l Europe et au monde en matiere d innovation dans la guerre moderne. » Ce qui distingue l approche ukrainienne, ce n est pas tant la sophistication technologique individuelle de ses systemes que sa capacite a « regulierement devancer la Russie dans le cycle d innovation ».
La lecon est limpide : dans la guerre moderne, l avantage technologique est temporaire. C est celui qui peut adapter et mettre a l echelle ses innovations le plus rapidement qui aura le dessus. L Ukraine l a demontre en faisant evoluer le Sea Baby de simple bateau-suicide a plateforme de combat multi-missions en moins de trois ans.
Cette doctrine emergente de la « letalite distribuee et adaptable », comme la qualifient certains analystes, met l accent sur l agilite et l innovation comme actifs strategiques ultimes. Elle prouve qu un reseau decentralise de systemes intelligents peut surpasser une hierarchie navale traditionnelle et centralisee.
L attaque du Sub Sea Baby contre le sous-marin russe de Novorossiisk, en decembre 2025, suggere que nous assistons a l emergence d un nouveau paradigme de la guerre navale. Un paradigme ou le cout des plateformes, le risque pour les equipages et la persistance operationnelle comptent autant que les mesures traditionnelles de la puissance navale.
Le cout comme arme strategique
L asymetrie des couts est peut-etre l aspect le plus revolutionnaire de la doctrine ukrainienne. Un drone Sea Baby coute quelques dizaines de milliers de dollars – certaines estimations parlent de 50 000 dollars pour les versions de base. La corvette Serguei Kotov qu il a coulee en valait 65 millions. Le retour sur investissement, si l on peut s exprimer ainsi dans un contexte aussi tragique, est proprement phenomenal.
Comme l a note un analyste du Small Wars Journal, « un bateau sans equipage relativement bon marche peut paralyser ou detruire un navire de guerre valant des dizaines de millions de dollars, et il peut le faire tout en operant en groupes coordonnes, en utilisant le trafic commercial comme couverture, et en exploitant les limites des defenses navales heritees du passe ».
Ce n est pas de la chance ou de la nouveaute. C est une doctrine deliberement construite autour de la vitesse, de l efficience des couts et de l adaptabilite. L Ukraine a demontre qu un pays peut atteindre la parite tactique contre une force superieure grace a la guerre improvisee par drones.
Pourquoi la taille chinoise n est pas la bonne reponse
Revenons maintenant a notre question initiale : pourquoi la Chine construit-elle un drone naval deux fois plus gros que le Sea Baby ukrainien pour un armement similaire ?
La reponse revele, a mon sens, une incomprehension fondamentale de ce qui fait le succes de l approche ukrainienne. En gonflant les dimensions du Sharp Shark-10, Norinco a certes obtenu plus d espace pour des capteurs, des plateformes de drones de surveillance et un mat de communications non repliable. Mais elle a aussi augmente la signature radar, le cout unitaire, la complexite logistique et la vulnerabilite du systeme.
L essence meme de la doctrine ukrainienne repose sur la masse et l expendabilite. Mieux vaut dix drones a 50 000 dollars qu un seul a 500 000. Mieux vaut perdre cinq drones dans une attaque coordonnee et en toucher la cible que de risquer une plateforme couteuse. La force du Sea Baby, c est qu il est jetable sans regret strategique.
Le Sharp Shark-10, avec sa taille imposante et sa complexite technologique – stabilisation des armes par IA, mat de communications fixe, multiples capteurs – s inscrit dans une logique de « grande marine » que la guerre en Ukraine a precisement remise en question. C est comme si, apres avoir observe le succes des guerilleros face aux armees regulieres, on decidait de creer des unites de guerilla… equipees de chars d assaut.
L erreur du mimetisme sans comprehension
H.I. Sutton met le doigt sur le probleme lorsqu il note que le Sharp Shark-10 presente de « nombreuses indications d une pensee de grande marine ». La Chine a copie la forme sans saisir le fond. Elle a reproduit l apparence d un drone naval de combat sans integrer la philosophie d emploi qui en fait l efficacite.
Cette erreur n est pas propre a la Chine. Elle est typique des grandes puissances navales traditionnelles qui observent l innovation asymetrique avec les lunettes de leur doctrine etablie. Elles voient des specifications techniques a ameliorer plutot qu un changement de paradigme a adopter.
L Ukraine, elle, n avait pas le luxe de ce biais cognitif. Privee de flotte conventionnelle, elle a du inventer a partir de zero. Et c est paradoxalement cette faiblesse initiale qui lui a permis d innover radicalement, sans etre encombree par des decennies de doctrine navale traditionnelle.
Les lecons pour l Europe et l Occident
Si la Chine peut se permettre de developper des drones navals surdimensionnes sans consequence immediate, les nations europeennes et occidentales devraient y reflechir a deux fois avant d imiter son approche.
L etude de la London School of Economics publiee en avril 2025, intitulee « Ukraine s Drone Ecosystem and the Defence of Europe: Lessons Lost », est a cet egard revelatrice. Elle suggere que l Europe risque de manquer les enseignements fondamentaux de l innovation ukrainienne si elle se contente d observer de loin sans adapter sa propre doctrine.
La vraie lecon de la mer Noire n est pas qu il faut developper des drones navals. C est qu il faut repenser fondamentalement la guerre navale a l ere des systemes autonomes. Les porte-avions de plusieurs milliards de dollars, les destroyers lance-missiles, les sous-marins nucleaires – tous ces joyaux des marines traditionnelles sont desormais vulnerables a des essaims de drones coutant une fraction de leur prix.
Comme le note le CSIS dans son analyse des lecons maritimes du conflit russo-ukrainien, « l accent conventionnel sur les forces lourdes en puissance de feu construites autour de plateformes couteuses – chars, navires de guerre, avions avances – est remis en question par l efficacite des actifs a bas cout et consommables, en particulier les drones ».
Selon les estimations de l OTAN, les drones ukrainiens ont ete responsables de plus de 65% des chars russes detruits. En mer, la proportion est probablement encore plus elevee. Ces chiffres devraient donner des sueurs froides aux planificateurs navals qui continuent d investir dans des plateformes traditionnelles sans integrer la menace des essaims autonomes.
Conclusion : l eleve depasse-t-il le maitre ?
Pour repondre a la question posee en titre de cette chronique : non, l eleve chinois ne depasse pas le maitre ukrainien. Il l imite, certes, mais sans en comprendre pleinement les lecons. En construisant plus gros, Pekin s eloigne de l essence meme de l innovation ukrainienne.
Le Sea Baby n est pas un succes parce qu il est technologiquement superieur. Il est un succes parce qu il est adaptable, abordable, deployable en masse et parfaitement calibre pour sa mission. Ses concepteurs, contraints par des ressources limitees et une urgence existentielle, ont du optimiser chaque element pour un effet maximum au cout minimum.
Le Sharp Shark-10 chinois, lui, porte les stigmates d une bureaucratie de defense riche et traditionnelle. Plus de capteurs, plus de plateformes de drones, plus de capacites embarquees – mais aussi plus de cout, plus de complexite, plus de vulnerabilite. C est l approche du « toujours plus » face a la philosophie ukrainienne du « juste ce qu il faut ».
Cela ne signifie pas que la Chine est vouee a l echec dans le domaine des drones navals. Pekin dispose de ressources colossales et d une base industrielle impressionnante. Le pays peut se permettre de developper simultanement plusieurs approches et de les tester. Mais pour l instant, le Sharp Shark-10 ressemble davantage a un exercice de benchmarking qu a une veritable innovation doctrinale.
L Ukraine, de son cote, continue d avancer. Le Sub Sea Baby, ce drone sous-marin qui a frappe un sous-marin russe en decembre 2025, represente deja la prochaine etape de cette revolution. Pendant que d autres copient le Sea Baby, Kyiv invente deja la generation suivante.
C est peut-etre la lecon ultime de cette comparaison sino-ukrainienne. Dans la guerre des drones, comme dans toute course a l innovation, ce n est pas celui qui copie le mieux qui gagne. C est celui qui innove le plus vite. Et pour l instant, malgre tous ses moyens, la Chine court apres une Ukraine qui a une longueur d avance – non pas en taille, mais en agilite strategique.
Le petit Sea Baby ukrainien, ne de la necessite et de l ingeniosite, a change le cours de la guerre en mer Noire. Son grand cousin chinois, le Sharp Shark-10, n a pour l instant qu impressionne les visiteurs d un salon d armement. Entre l innovation forgee au feu du combat et la demonstration sur stand d exposition, il y a plus qu une difference de taille. Il y a un gouffre d experience et de maturite operationnelle que Pekin devra combler s il veut vraiment maitriser l art de la guerre navale asymetrique.
En attendant, les ingenieurs du SBU continuent leur travail, quelque part en Ukraine, avec des budgets de crowdfunding et une creativite que les geants de l industrie de defense mondiale peinent a reproduire. L histoire retiendra peut-etre que la plus grande revolution navale du XXIe siecle est nee non pas dans les arsenaux d une superpuissance, mais dans les ateliers improvises d un pays en guerre pour sa survie.
Signe Maxime Marquette
Sources
andtech/whychinaisbuildingusvtwicesizeofukrainesseababydespitesimilararmament-17299.html »>Why China Is Building USV Twice Size of Ukraine s Sea Baby Despite Similar Armament – Defence Express
China s New Naval Drone Dwarfs Ukraine s Sea Baby – United24 Media
New Chinese Maritime Drone: UB1 Shark-10 – Covert Shores (H.I. Sutton)
China Unveils Sharp Shark 10 Armed USV at DIMDEX 2026 – Naval News
UB1 Sharp Shark Armed USV Demonstrates China s Expanding Naval Drone Capabilities – Army Recognition
Baby »>Sea Baby – Wikipedia
Ukraine Presents New Generation of Sea Baby Naval Drones – Army Recognition
SBU reveals next-gen Sea Baby naval drones – Kyiv Independent
Ukraine s SBU unveils new Sea Baby drones that struck Crimean Bridge – NV
CrimeanBridge_explosion »>2025 Crimean Bridge explosion – Wikipedia
Ukraine strikes Russian submarine with Sub Sea Baby drone – Naval News
Ukraine s Sub Sea Baby Strike: A Strategic Inflection Point – Defense.info
Ukraine s Upgraded Sea Baby Drone Forces Russian Fleet Retreat – DroneXL
What Chinese Navy Planners Are Learning from Ukraine s Use of USVs – RAND Corporation
Lessons from the Ukraine Conflict – CSIS
Maritime Domain Lessons from Russia-Ukraine – CSIS
What Ukraine can teach Europe and the world about innovation in modern warfare – Chatham House
Shrinking the Strait: How Drone Warfare is Erasing Taiwan s Strategic Depth – Global Taiwan Institute
The Drone Swarm Paradox in the Taiwan Strait – The Diplomat
Taiwan s USV Development and Strategic Learning from Ukraine – Center for Maritime Strategy
A Brief Summary of the Battle of the Black Sea – USNI News
Step by Step, Ukraine Built a Technological Navy – USNI Proceedings
Ukraine s $50,000 naval drones are hunting Russia s Black Sea fleet – Euromaidan Press
The New Arms Race: Global Drone Dominance – Small Wars Journal
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.